Au revoir Néli.
Dans une heure tu ne seras plus là... En attendant, tu broutes dans le jardin, tu as même trouvé un coin rempli de glands et je n'ai plus rien à y redire.
Je voudrais jouer au jeu des 100 souvenirs, en vrac, l'un appelant le suivant.
Je me souviens...
- De la première fois où je t'ai vue, sur ton annonce, gentille jument SF. Ta grande liste blanche, ton bout du nez rose, ton œil cerclé de blanc, ton bai cerise magnifique.
- De la visite avec une copine, on t'a emmenée en longe à la carrière municipale pour voir comment tu te déplaçais, et l'hélicoptère a décollé (ou atterrit ?) juste à côté. Tu n'as pas bougé. Incroyable.
- Mais du coup, pour ne pas te faire une fausse réputation de mental d'acier, je dois rajouter ta peur panique face à un robot tondeuse lors d'une rando dans les Alpes depuis chez Claire.
- Et ta peur systématique des gros cailloux. Big up à ma chute dans la neige suite à un galop à Montluel où on est passé à côté d'un gros caillou en contre haut. Tu m'avais impressionnée : tu as pilé, j'ai chuté, tu m'as attendue. Good girl.
- À Montluel, dans nos sorties avec Géraldine et son cheval qui l'embarquait, tu étais pratique : tu lui disais (au cheval) de rester derrière avec ton langage équin très explicite, et tu m'as laissé l'attraper au vol le jour où.
- À Montluel toujours, la gourme. Dans cette écurie où le foin pourri était stocké au dessus des boxes et où les gérants mettaient des chevaux de commerce dans les boxes des chevaux de proprio pendant que ceux-ci allaient au paddock. Tu m'as tellement impressionnée à te laisser soigner avec le mélange bétadine eau oxygénée qu'il fallait envoyer à la seringue dans ton abcès. Tu te laissais faire au clicker.
- Lors du stage de clicker training avec Hélène et Elodie. Tu étais amoureuse de Naka, et moi j'ai rencontré Hélène qui est devenue une amie. Tu as été à l'origine de plein de rencontres chouettes.
- Ton départ de chez ton naisseur. Je me rappelle que tu croques avec joie dans un épi de maïs. Tu rechignes à monter dans le van. Et le coup de spray anti mouche bien toxique dans le van juste avant de fermer pour que tu ne souffres pas des bestioles.
- La visite véto chez ton naisseur, Mr Chanet ou bien lieu dit le chanet ? En tous cas, tu étais sautée de la planche lors du test du naviculaire, mais il avait fallu tirer fort, et le véto a dit : ça peut être positif, mais ça peut aussi être juste qu'elle n'est pas beaucoup manipulée. Il n'avait émis aucune contre-indication à ton achat. Mais c'est de ce pied naviculaire que tu vas mourir.
- L'arrivée chez les Massat, voisine de box de Santino, que tu as ignoré jusqu'à ce que vous déménagiez ensemble à Échalas.
- Le transport pour Échalas, votre arrivée dans des boxes pour poneys, on aurait dit deux géants.
- La fois à Échalas où tu es au paddock avec Santino. Je t'appelle et tu reviens vers moi et Santino ne veut pas te laisser passer. Il se jette sur toi et t'arrache un bout de viande. Ton regard quand tu es paniquée et que tu ne comprends pas.
- De nouveau chez les Massat, tu étais accrochée à la porte coulissante du box. Je ne sais pas comment tu t'es débrouillée, mais tu t'es coincée sous la longe, tu as tirée, et tu es pendue, étranglée. Tu restes calme. Le père Massat arrive avec un gros couteau et scie la corde juste à côté de ta tête. Tu restes calme. Et tu es sauvée.
- L'ostéo qui passe te voir la première semaine à Vourles et qui est épatée de ta musculature. Il suppose que tu dois avoir grandi dans des prés en pente. J'en parle à tes naisseurs qui rigolent en disant que tu as grandi dans des prés « plats comme la main ».
- Chamadelle avec Laurianne, on se balade et on croise une famille de sangliers. Tu es super sage.
- Les Alpes, la fameuse rando en solo où on a croisé le robot tondeuse. On passe dans des endroits compliqués dont un passage étroit entre deux roches où les étriers frottent de chaque côté, puis un pont. Tu es brave.
- La rando dans le Vercors. Claire qui te juge comme une jument de « bac à sable », moi qui ne sait pas dire non, et ce chemin en bord de falaise super dangereux, tu gères. Et puis un pierrier, tu es ferrée, tu glisses, c'est long, et à un moment tu dis stop. Tu ne veux plus avancer. Tu as raison, j'aurais du dire non il y a longtemps. Mais je n'ai pas dit non, on est coincées, il faut continuer. On a continué, tu as été brave.
- Sans transition, stage chez F. Pignon. Tu es dans un paddock derrière l'écurie et tu tombes en amour de la jument de sport alezane du paddock à côté. Vous vous lancez des appels déchirants quand on vous sépare. C'était touchant.
- Pendant le stage avec Magali, tu es un peu sur les épaules, mais super mignonne. Magali est adorable, on galope un peu en cordelette.
- Premier cours de dressage. Ça fait même pas 3 mois que tu es arrivée, tu as mangé tous les DVD de la Cense, tu es beaucoup trop sage. Tu prends sur toi. Dans le cours on travaille les déplacements latéraux, tu stresses, tu évacues ton stress sur le mors en parlant, et je regrette déjà d'être allée trop vite.
- Cours de dressage à Echalas, j'ai honte de dire ton âge et le nombre d'années que tu as passées avec moi (à peine 2 ou 3 pourtant) et le fait qu'on ne fait pas grand chose techniquement parlant. Mais tu es gentille et tu travailles bien.
- Le manège d'Echalas, on joue en liberté avant chaque séance montée, même avec d'autres chevaux à côté qui travaillent, tu restes connectée avec moi. Un de tes jeux préférés c'est de faire la course, l'autre c'est de te cabrer. Je suis fière de nous, j'adore ces moments.
- Cours d'obstacle en cordelette dans le petit manège d'échalas. Je suis frustrée car tu bourres après un obstacle, je gueule un coup. Tu piles et tu lèves la tête comme si je t'avais arraché la gueule : mais tu étais en cordelette. Tu étais vraiment une super élève.
- Je me rappelle dans la grande carrière d'Échalas, tu cours, tu fuis dans le trot. Je tire, et puis je réfléchis. Je te demande le trèfle de la cense, on fait de longs arrêts au centre, et tu te calmes. Plus tard, tu seras tellement tranquille sous la selle (trop ?).
- Premières balades à Échalas dans les Combes. Je refuse de trotter et galoper tant que tu n'es pas sereine, j'ai du mal avec le jugement des autres. Je me rappelle cette combe juste en contre bas des écuries et comment tu la gérais tellement bien au pas, un pied après l'autre.
- Le stage de F. Pignon, je rentre dans le picadero devant une centaine de personnes, je suis terrorisée. Je te demande quelques exos, mais je ne suis pas là, et toi non plus. Tu te roules, je ne sais pas quoi faire. Est-ce que je dois te laisser faire, mais je vais passer pour une touriste, est-ce que je te mets en mouvement, mais alors je vais passer pour une méchante. Je ne sais pas trop pourquoi je suis là, tout se passait bien de mon point de vue. J'ai fini la mini démo nulle, je me sens nulle. Frédéric nous explique que techniquement tu es bien codée, mais que notre relation est nulle, qu'on n'a pas de relation. Je lui demande quoi faire, il me répond : « lui apprendre le sens de l'humour ». Je ressors totalement démunie, déprimée, démotivée. Après, je crois qu'on ne progressera plus techniquement pendant 10 ans...
- Les balades dans le Pilat. Je me souviens qu'on allait parfois le WE pic-niquer avec Thomas et des copains dans le Pilat. On montait à pied, et on pic-niquait ensuite. Tu étais parfaite, et tu avais compris qu'il y avait parfois des fruits et des légumes dans les tupperware.
- La montée dans les bois du Pilat, tu passes devant, je m'accroche à ta queue et tu m'aides à grimper.
- La traversée du pont grillagé (on voit tout dessous) avec Carole. C'était vraiment flippant, tu as vraiment géré. Quand je repense à celle qui aimait dire avec condescendance que tu étais une jument de bac à sable, tu avais tous tes diplômes de randonneuse hors norme. Tu aimais marcher d'un pas actif à la découverte du monde.
- Ton petit hennissement ce matin aux aurores, quand tu étais couchée de ton long dans le box, et que tu n'as pas relevé la tête. Ça ma brisé le cœur, mais au moins je sais que je prends la bonne décision aujourd'hui.
- Ta tête et ta douleur il y a quatre semaines quand ton antérieur gauche t'a lâché alors que tu souffrais déjà tellement du droit. Tes râles de souffrance. La véto qui vient en urgence et qui galère à faire toutes les images pour comprendre ce que tu as. Et le doute de savoir si tu vas passer le week-end. Et finalement l'equipalazone agit, et tu retrouves une démarche normale.
- Ton hennissement dès que tu me vois ou que tu m'entends dans le jardin.
- Ton hennissement comme pour me dire : je suis là ! quand je vous appelle et que je vous cherche dans les bois. Mais pour autant, si l'herbe est bonne, tu hésites à faire le déplacement vers moi.
- Ta détestation du van. Je me rappelle à Loire sur Rhône, dans ton grand pré, quand tu restais en haut du pré en me regardant avec l'air de celle qui a très bien compris, quand je venais avec le van.
- Cette séance nullissime à Échalas où j'ai été tellement frustrée que tu ne progresses pas avec le van, alors j'ai été dure en me disant qu'il fallait rendre encore plus inconfortable le fait de ne pas monter dans le van, et je n'ai fait que tout empirer, tout gâcher. Et je me suis assise sur un plot, et je t'ai regardé, et j'ai eu les larmes aux yeux, j'ai été tellement nulle.
- Notre premier concours d'equifeel, il fait froid, il y a de la brume. Tu gères de ouf tous les ateliers, SAUF le van. On gagne je crois. Et au retour, ce gars qui nous aide à te remonter dans le van avec une longe derrière les fesses. Il avait un timing parfait. Tu es montée.
- Ces derniers aller-retour au club de saint yzan en van. La répétition de ces petits voyages ont eu raison de tes appréhensions. À quelques mois de ta retraite, tu embarquais comme une fleur.
- Ta raideur des postérieurs quand Charlène doit te parer. Et le fait que tu as tellement confiance en l'humain que tu t'appuies sur nous comme sur un quatrième pied, ce qui franchement détruit le dos.
- Ta petite tendinite à Échalas en te relevant d'une révérence, et ta gentillesse pendant toute la durée où tu es restée enfermée au box.
- Ton goût pour les sourires. Les gamin·es du club qui ont découvert que tu savais faire ça et que tu le faisais pour réclamer des friandises et qui te le redemandait régulièrement.
- Le cross d'échalas : au galop en cordelette ! tu m'as embarquée un coup, mais tu as acceptée de te mettre sur le cercle, et après tu étais de nouveau connectée. C'était vraiment le paradis !
- Le concours de hunter avec Marine, on avait fait 7 heures de balade la veille, c'était pas une bonne idée, tu étais toute molle. Mais très jolie et parfaite avec ton licol en corde marron même si c'était pas autorisé.
- Ton opération du sinus droit. Ton premier hiver à Saint Yzan a été dur. Il a plu tout le temps, vous n'aviez pas d'abri, tu étais crevée. Alors au printemps ton système immunitaire a foutu le camp et tu nous as fait une énorme sinusite qui ne partait pas. On a fini par t'amener à Conques pour une trépanation. Je te revois dans le travail, la tête ouverte, le sang qui coule...
- La convalescence à Conques, je ne suis pas venue beaucoup te voir, je regrette.
- La convalescence à la maison. Soit disant la douleur était gérée. QUE DALLE. Tu ne mangeais quasiment pas, tu ne chassais plus Amalhia, tu avais tellement mal. J'en ai tellement voulu aux vétos de ne pas tenir compte de ta douleur... Oui mais c'est pas le protocole. Protocole mon c...
- Notre visite à Conques pour ta douleur au pied, les jeunes vétos qui te gueulent dessus parce que tu ne tiens pas sur la cale pour la radio « ah mais tu as encore la force de nous faire chier !!!! si tu bouges encore on te remet une dose tu vas voir tu feras moins la maligne ». Je n'ai rien su dire, j'avais envie d'hurler. Le véto sénior est arrivé, et calmement il a posé le pied de la jument qui s'est laissée faire. Elle était juste paniquée de ne pas comprendre ce qu'on attendait d'elle. J'ai perdu encore un peu confiance dans le corps médical sur leur compréhension de la psychologie des chevaux, et de leurs humain·es. Et toi tu as été résiliente.
Mais toi qui était si facile aux soins, tu es devenue plus rétive à chaque visite vétérinaire. Tu ne supportes plus le pas d'âne et la râpe au fond de la gorge, tu ne supportes plus que les vétos s'approchent de ton nez. Tu as dépassé ton quota de patience. Je comprends. C'est aussi pour ça que je n'ai pas voulu te ramener encore à Conques. Encore un risque de te faire gueuler dessus parce que tu es vivante. Dans 20 minutes tu seras morte, libérée des vétos impatients, libérée de la douleur. (larmes).
Hélène vient passer quelques jours à la maison à Pâques après un hiver tellement pluvieux. Il fait super beau, c'est joyeux. Tu profites du jardin et tu te couches pour dormir. Tu ronfles, tu rêves, et tu finis en photo dans un des livres d'Hélène.
Tu tousses beaucoup, alors je t'ai appris à respirer dans le baby haler, tu fais ça tellement bien, tu inspires super fort. Hélène t'a prise en photo un jour de beau soleil, bien appliquée, deuxième apparition dans les livres d'Hélène. Belle gosse.
Un soir à Montluel, après avoir été en stage avec Jacynthe Bouchard, je reviens armée de mon sac de 2 kg de carottes, et j'aimerais voir si tu peux proposer des trucs en renforcement positif. Tu ne comprends absolument rien et j'ai le droit à une immobilité tellement longue (sourire)
Cet autre soir à Montluel où on joue dans le petit manège. Tu quittes le cercle pour aller sauter 2 plots en plastique de 60 cm, mais dans la longueur. Le gérant qui voit ça hallucine. Je ne dis rien, mais en vrai, moi je ne te l'avais pas demandé (sourire). Et puis en vrai, tu fais souvent la gueule dans ces moments là, mais il ne voit pas ça. Les gens ne voient pas que les chevaux sont frustrés ou malheureux.
***
Tu es partie. Enfin, ton âme. Il reste ton grand corps couché sur le flanc dans l'herbe. Tu t'es couchée en douceur. Et puis tu as soufflé un grand coup. Et puis ton cœur a mis un peu plus de temps à lâcher l'affaire. Amalhia était plus intéressée par ton seau que par toi au départ. Ensuite elle a essayé de te réveiller, mais tu es partie. On attend l'équarrissage, mais c'est un stress pour moi et plus pour toi.
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- Échalas, dentiste sans sédation. Elle prend le temps, tu te laisses faire mais tu râles déjà pour les molaires, on ne refera plus sans sédation.
- Toujours Échalas, sur le cross à pied, tu sautes joyeusement dans le gué l'été.
- Encore Échalas, j'organise un concours d'Equifeel, je suis gelée, épuisée, et tu dévies sur le reculer sur 6 mètres, exo dont tu es la reine. À la fin de l'exo, je claque la badine sur ma botte contre moi même, mais tu le prends pour toi, tu pars au galop, saute la clôture de la carrière et galope dans le club. La honte...
- La fête d'Halloween à Échalas. Petite démo en licol puis en liberté devant les gamin·es du club. C'est ce qui a lancé ma mini carrière d'enseignante non officielle d'équitation éthologique.
- Montluel 2, le véto qui vient pour faire le prélèvement pour comprendre à quoi tu es allergique et qui te fait tousser. Le véto ne nous connait pas et est assez méprisant.
- Échalas, tu balades ma maman comme la jument sûre que tu sais être.
- Rando de printemps dans les monts du lyonnais avec Ariane. On se met en équilibre dans la montée pour voler des cerises sur le bord du chemin.
- Rando avec élo en Ardèche. Tu nous fais une énorme trouille en bloquant au milieu de la journée de rando, comme un coup de sang ou une crise d'emphysème. Et puis tu repars.
- Un peu plus loin dans cette rando, on est suivi par un âne qui a sauté la clôture de son pré. Je n'arrive pas à le faire dégager. Tu le menaces une fois, je t'encourage, une deuxième, et puis tu te jettes dessus toutes dents devant et il finit enfin par déguerpir.
***
Je suis ressortie car Amalhia t'appelait. C'est dur pour elle. Alors on a passé un bout d'aprèm à côté de toi avec Amalhia qui te veille. Et puis ensuite on est allé·es se promener avec Amalhia, Thomas et Iggy. Amalhia ne voulait pas trop partir, elle a beaucoup regardé derrière elle, et quand on est rentré·es, elle est revenue te voir et te lécher un peu.
***
- Je me rappelle toutes ces fois où, couchée, tu me laisses venir me mettre à côté de toi, ta confiance, et ta douceur.
- Quand tu as servi de promène-couillon pour les deux filles d'un collègue qui ont été insupportable.
- Quand une copine te monte et qu'elle n'a pas les mêmes codes que moi, et que tu ne bouge pas d'un cm : l'humiliation (sourire).
- Quand tu as laissé Thomas apprendre à monter quelques fois avant de boiter définitivement.
- Quand on sortait en dextre avec Amalhia, tu étais sage, bonne maîtresse d'école.
- Quand tu as eu une abeille coincée dans les crins derrière la têtière, et que j'ai eu super peur (et toi aussi ! )
- Quand on remontait au grand galop la côte de la balade vers la forêt de Loire. Globalement, tu étais vraiment une incroyable jument d'extérieur, et tu n'as pas transmis ça à Amalhia...
- Quand hier j'appelais Iggy qui a appris à escalader une barrière pour se faire la malle, et que c'est toi qui répondait.
- Toutes ces fois où tu as hennis hier dès que tu me voyais.
- Avec la véto pour les radios, tu te ranges comme une voiture en mode auto-park, tu es craquante.
- De nuit, avec ton couvre-rein fluo, dans la forêt autour de Vourles, à la lumière de la frontale, tu étais un peu plus sur l’œil que d'habitude.
- Quand tu as chassé le chien qui était rentré dans le rond de longe à Echalas, toutes dents dehors encore.
- Quand on était allées faire une démo dans un club où je donnais un stage d'étho, et que tu avais été moins bien qu'à la maison, évidemment. Mais c'était déjà très bien, à l'époque, la barre était basse.
- Quand on a passé quelques jours dans la Loire, que tu dormais dans le rond de longe géant, et que tu t'es blessée un pied dans la rivière.
- Quand tu pataugeais avec Nevada dans la mare des prés du Pilat.
- Dans ton paddock de régime dans ce même pré. Ironie de savoir que quelques années plus tard je galèrerais à te tenir en état.
- Ces reculés que tu faisais tellement bien, et avec tellement de coeur.
- Ce blabla sur le mors insupportable. Je l'ai déclenché dans les 3 premiers mois où tu es arrivée avec les cessions de mâchoire de Karl, et c'est disparu à Saint Yzan dans les dernières années, quand j'ai arrêté de te demander de céder, et que j'ai laissé le mouvement te mettre en place.
- Cette sale tête dans certains exos de travail à pied, et cette tête trop mims sur d'autres. Ça tu l'as filé à Amalhia, enfin, c'est probablement plutôt moi qui le génère.
- Ce concours de dressage pathétique où on est allées avec Laurianne. Mon stress du transport de se garer dans un parking tout boueux avec l'attelage le plus pourri de tous les compétiteurs ! Tu avais été sage, mais on n'était pas prêtes.
- Une séance de longue rênes sur le parking du haut d'échalas pendant que tu te remettais de ta petite tendinite.
- Le passage des branches basses restées à une taille poney lors d'un concours d'equifeel. Tu avais fait le chat, j'étais bluffée. Bon ensuite tu avais plus trop voulu passer les branches basses, c'était devenu nettement moins fun.
- La peur de te voir t'étouffer lorsque tu as fait une obstruction oesophagienne au pré, la galère du véto car on n'avait pas de lumière, le soulagement à la fin.
- Les vers gros comme mon petit doigt qu'on retrouve dans tes crottins, alors que tu étais toute maigre après Vourles, on te voyait la colonne au niveau du bassin. Clairement tes premiers mois avec moi ont été bien stressant, sorry.
- Des essais de selles à ne plus finir, et la wintec 2000 toute simple qui te va si bien.
- Ta tête à travers la porte du box à la maison, pendant ta convalescence.
- Le cirque que tu faisais avec un comportement d'entier quand Amalhia est revenue de ses 15 jours d'hospitalisation.
- Te voir revenir au galop l'été dernier pendant une récession de l'arthrose. Quel bonheur.
- Tes cabrés : beaux, droits et puissants. Tu ne m'as jamais fait peur.
- Tes oreilles en arrière sur les départs au galop. C'était pas notre kif ça. Alors que les heures et les heures de balade dans la nature en solo, ça ça te plaisait.
- Ta passion avec Revie, ta voisine de pré. Vous dormiez l'une à côté de l'autre, de chaque côté de la clôture.
- Ton goût pour les bananes, les kiwis, les avocats, enfin presque tous les fruits et légumes alors qu'Amalhia était beaucoup plus fine bouche.
- Avant-hier, quand tu as croqué le haut du plaqueminier que j'ai planté cet hiver en me regardant alors que je disais non. Tu gouttais à tous les végétaux du jardin après 1h de broutting d'herbe... Tu as même croqué dans un citron (yeux au ciel).
- Quand tu viens avec ton bout du nez dans mon cou, pour réclamer des grattouilles. Mon dieu que c'était doux. Et parfois tu posais ta tête. La sinusite a vraiment gâché ça.
- Quand tu me montres où tu veux que je te gratte : en me reculant dessus, en te grattant toi même d'abord. Très bonne communication avec les humain·es.
- Quand tu te mets toujours entre moi et la personne avec qui je parle dans ton paddock. Hé ! Occupez vous de moi !
- Quand tu fais ton pas espagnol martial, l'encolure haute, le regard presque fier.
- Quand tu fais le bisou, le flemehn, rattraper un objet, pousser un ballon, redresser un cône, et tous ces trucs inutiles que tu as appris au clicker.
- Quand tu changeais de main à peine je changeais mes appuis dans mes étriers...
- Quand tu m'as regardé ce matin en hennissant, droite au milieu de la cour, alors que je t'amenais ta dernière ration. Tu avais bon appétit. pas de pied pas de cheval. Plus de pied plus de cheval.
***
Au revoir Néli. Amalhia appelle, je vais l'amener te voir de nouveau.
Merci pour tout, et galope bien entre les étoiles.