Position par défaut pour démarrer au clicker

#Animaux On reproche souvent au clicker de fabriquer des animaux qui te proposent toujours tout leur répertoire, ce qui est très pénible. Et c'est vrai que c'est un défaut courant du travail avec des friandises mal fait.

Un peu de théorie

Le travail avec des récompenses

Aujourd'hui la plupart des entraîneur·ses utilisent des récompenses alimentaires pour travailler les animaux. Souvent, c'est en plus des techniques classiques d'éducation basées sur la dominance ou la peur. J'ai d'ailleurs commencé comme ça.

Le clicker training est un courant d'éducation des animaux qui est issu d'une application des théories de l'apprentissage aux animaux marins. Ce sont des entraîneuses dans les delphinariums qui ont développé cette méthode d'éducation basée sur l'utilisation de récompenses d'abord alimentaires.

Ce type d'éducation basé sur l'utilisation de friandises s'appuie sur la théorie du renforcement positif :

Renforcement positif : Quand l'animal fait une action qui est suivie d'une récompense, alors il a plus de chance de refaire cette action dans le futur.

Le comportement par défaut

Plus un comportement a été récompensé (parfois involontairement par l'humain·e), plus la probabilité que l'animal fasse ce comportement est élevé. C'est pour ça qu'en clicker training, on fait très attention à enseigner rapidement un comportement par défaut que l'on va renforcer énormément pour que ça devienne quasiment un réflexe pour l'animal.

J'aime beaucoup une phrase que dit un éducateur canin américain dont j'ai oublié le nom (peut-être Ken Ramirez ?) :

Tu ne peux pas apprendre à un chien à ne pas quémander, mais tu peux lui apprendre comment tu veux qu'il quémande.

Chez nous, le comportement par défaut c'est :

Le comportement par défaut en pratique

Avec Iggy, le chien de la famille

Iggy était un chien qui ne tenait pas en place quand on l'a récupéré au refuge (dur à croire aujourd'hui) et qui était surexcité en extérieur. On a suivi les conseils de Emilie Larham (Kikopup) dans ces vidéos sur le travail du chien qui fait de la prédation (super excité par le gibier). Elle conseille d'utiliser un tapis pour apprendre au chien à se poser.

On a travaillé ce comportement de plusieurs manières :

  1. En mode clicker training, en récompensant dès qu'il mettait un pied sur le tapis.
  2. En laisse, j'ai le tapis à mes pieds, le chien est libre de faire ce qu'il veut dans la limite de la longueur de la laisse. Quand il est un tout petit peu plus calme, je récompense.
  3. Dans la vie de tous les jours : on avait au début toujours un tapis là où on lui demandait d'aller (dans son paddock, sur la terrasse, à côté de la table dans le jardin, dans la cuisine, etc.). Toutes les bonnes choses arrivent sur le tapis : friandises, saladier de pâte à crêpes à lécher, câlins, ...

Désormais, le tapis est vraiment un comportement par défaut d'Iggy. Dès qu'il voit un truc sur lequel il peut se coucher qui ressemble vaguement à un tapis, il saute dessus et se couche. En général, c'est super pratique. Quand c'est un sac que je veux récupérer, un peu moins !

Voici une vidéo qui illustre bien le comportement par défaut d'Iggy. On le voit vraiment y aller même quand je ne le demande pas (ce qui d'un point de vue éducatif signifie que c'est pas complètement sous code. Mais pour moi c'est OK).

On voit aussi quelques autres codes/comportements appris sur la vidéo :

Avec les chevaux

Le comportement par défaut chez les chevaux, c'est en général la statue. On demande au cheval d'être immobile, la tête dans le prolongement du corps, dans une attitude relâchée, pendant que son humaine est à côté, avec une sacoche pleine de nourriture. Il n'y a pas de code vocal, le code corporel est l'humain·e qui est immobile avec de la nourriture dans la sacoche. Moi je rajoute aussi la main dans la sacoche pour aider à rendre plus clair.

J'ai démarré ce travail il y a très longtemps avec Amalhia. Mais quand j'ai appris le clicker, je faisais très attention au comportement de l'animal, mais moins à ses émotions. L'objectif n'est pas d'avoir un cheval immobile très haut en énergie / émotions qui est dans les starting blocks.

Amalhia, la vieille rombière

J'ai du reprendre il y a près d'un an tout le travail avec Amalhia pour rechercher plus de décontraction dans son attitude dans le travail à pied. Je suis satisfaite d'où on est en train d'arriver.

Sur cette vidéo avec Amalhia, on voit quelques codes en plus :

Mustang le papy

Mustang est un papy qui a été racheté au marchand de bêtes (en route pour l'abattoir) par le refuge du Haras des Ilots. Il est arrivé à la maison il y a un mois et demi (ou deux mois ?). Au départ, je ne l'ai pas beaucoup travaillé car j'avais des tonnes de soins à faire pour Amalhia (qui avait un énorme abcès à l'encolure).

Ensuite, on a pris le rythme d'une petite séance de 5-10' matin et soir. J'ai commencé par lui apprendre la statue d'abord en étant moi de l'autre côté de la barrière, puis à côté de lui. Ensuite on a beaucoup travaillé le fait de donner les pieds. En ce moment on travaille le fait de déplacer les épaules et de reculer.

Mustang a bien compris la statue, mais il est encore haut en émotions dans le travail au clicker, partagé entre excitation et inquiétude.

Pour aller plus loin

Quelques ressources pour aller plus loin :