Je suis autiste

Moi j’aime bien ta choucroute, juste le choux lactofermenté et les patates cuites à basse température. Quelle épreuve ces gens réunis et ce qui se dit, ne s’écoute pas. Un tabloïd TV. C’est difficile à supporter pour moi, douloureux. Sans cesse entendu. Du discours. Personne ne parle. Je ne m’insère pas là dedans. Par refus peut-être. Par incapacité. Par dégoût. Ces moments pour moi vont jusqu’à la nausée. Une déferlante de tout ce à quoi je laisse peu de crédit dans ma vie. Moi j’aime bien ta choucroute. Il y a beaucoup d’amour, un vrai effort pour toi. Rien contre eux. Un sentiment d’interdit. Tellement trop… les propos qui contredisent ce qui est en train de se faire. Un avis sur tout. Tellement douloureux. Tellement dur. Juste le silence et se laisser une chance… sans discours. Sourire, respirer, se regarder et s’écouter en silence. Tout me semble embrayer, évident, prédéfini, prévisible, … il sera difficile de couper… on le sait. Quelle parole possible ? Ta choucroute… la seule parole qui brise le discours… tout de suite ramenée à ce dernier. Il faut… de la viande, du vin, … rien de tout cela juste ta choucroute. Mon autisme. Tout s’étale et se percute. Tous d’accord. Tout va mal. Absurde. Déprime et repli. Juste méditer, prendre soin. Durant cet apéro, l’idée m’a percuté, évidence : je suis autiste.