Lectures féministes

Je continue mes lectures féministes. Et j'ai l'impression d'ouvrir mon univers et d'éclairer sous une lumière nouvelle quelques pensées, comportement et ressentis de longue haleine, à la lecture de “Réinventer l'amour” de Mona Chollet. Ces contradictions, qui ont longtemps fait de moi un être en colère, ne trouvent pas seulement leur source dans une quelconque réalité intrapsychique mais aussi et surtout dans le plaquage d'un modèle, de stéréotypes auxquels je ne correspondais pas. Pour le dire autrement, plutôt que de demander à la personne que je suis comment je me sentais, j'ai dû faire avec un discours de dénigrement du masculin et par la même du féminin. Si la masculinité était dénigrée par ma mère, elle n'en était pas moins présente et intro gérée. La semaine dernière, je me suis dit “en fait je ne suis pas gentil par nature, mais par peur d'être méchant”. Et ce méchant c'est l'homme dans le système patriarcal. A la lecture de Mona Chollet, je corresponds plus à la posture féminine : attention portée à l'amour, à autrui, attente et attente encore, tout pour l'autre, ... D'un côté ou de l'autre dans ce modèle, la relation hétérosexuelle est normée autour d'un principe de domination. Ma colère : celle de n'avoir pas été autorisé à être dominant, cette place qui m'était due. Mon cheminement : travailler une relation d'égalité, dans une posture empathique. Les violences induites par ce système patriarcal, le sont par les collages de stéréotypes sur les personnes. Plutôt que d'écouter ce que l'autre a à exprimer, c'est le museler derrière le masque des rôles et codes attendus. Et ceux-là même qui s'insurgent contre ces “invertis” ou ces “hystériques” qui brouillent les codes, renversent l'autorité et “on ne s'y retrouve plus” et “faut pas s'étonner que ... dénient eux-mêmes la violence infligée par le maintien d'un système qui leur assurent certes un confort de penser mais une perpétuation de la violence en laissant de côté tous ceux qui ne peuvent correspondre au modèle homme / femme attendu. C'est à dire tout le monde. Pour certains il sera plus facile que pour d'autres de nier une part de leur humanité pour correspondre au modèle attendu. Mais combien de patients en psychothérapie arrivent au cabinet et expriment “j'ai tout ce qui est attendu une femme / un mari, des enfants, une maison, une voiture mais ça ne va pas” ? Et si au lieu de demander aux petits humains de se comporter comme un homme ou comme une femme, on commençait par les écouter, se mettre à leur place, leur permettre d'exprimer ce qu'ils ressentent et valider cela. Aucune émotion n'est mauvaise ou mal. Toute la palette a droit de citer. Seuls les actes sont condamnables.