Pourquoi écrire ?

Ça fait un moment que j'ai envie d'écrire. L'envie de mettre à plat mes réflexions, brèves ou plus approfondies ; ces réflexions nocturnes que j'ai le soir à ma fenêtre en fumant mes deux seules et dernière cigarettes de la journée.

Je suis passée par différentes étapes pour tenter de prendre cette habitudes pour l'écriture, mais jusque là en vain.

Me connaissant je savais qu'une approche par la discipline n'allait pas fonctionner pour moi. Je n'arriverai pas à m'installer, ne serait-ce que quelques minutes, tous les jours pour écrire.

J'ai alors exploré différentes manières de rendre désirable l'écriture.

Comme souvent, j'ai démarré en cherchant des logiciels que je trouvais esthétiques pour m'inviter à écrire, mais sans succès. Cela n'était pas suffisant, et une fois sur mon ordinateur mon envie était détournée vers des lectures sur internet.

Je me suis alors dit qu'il fallait plutôt que j'écrive sur un support physique, pour ne pas être distrait par le numérique. Problème : mon écriture manuelle est inesthétique et douloureuse – je me suis récemment fait diagnostiqué d'un trouble : une dystonie focale au niveau de la main. Mais je suis une rééducation, tout espoir n'est pas perdu ! Peut-être pourrai-je prendre plaisir d'ici quelques mois à écrire à la main.

J'ai exploré ensuite une nouvelle idée : la machine à écrire. L'instrument est beau et ne peut servir qu'à une seule tâche : écrire. Son poids, qui est aussi un inconvénient, me permet également de penser à un espace dédié pour la machine à écrire chez moi.

J'ai alors commencé à mettre en place cette espace d'écriture, avec un petit bureau récupéré d'occasion, que j'ai pu partiellement retapé avec ma partenaire.

Mais cette sollicitation douce – par l'objet et l'aménagement d'espace – n'a pas été suffisante ; l'habitude d'écrire n'a pas infusée.

À ce moment là je me suis dit qu'en plus d'un objet dédié à l'écriture et plaisant à utiliser, il fallait aussi qu'il soit accessible tout au long de la journée pour me permettre d'écrire mes pensées lorsqu'elles viennent.

J'ai alors acheté différents carnet pour prendre des notes. Carnet que j'amène partout avec moi. J'ai bricolé une lanière pour y attacher le carnet et alors pouvoir l'avoir avec moi en bandoulière, même sans sac.

Je crois que ça a aidé. Même si l'écriture à la main était compliqué, ça m'a permis de prendre des notes diverses sur mon carnet et m'habituer à ce format.

Et puis cette usage du carnet était couplé avec l'objectif d'être moins dépendante de mon téléphone. De pouvoir avoir des feuillets pour mon agenda, mes tâches, mes listes, etc.

En ayant un carnet versatile qui avait aussi d'autres usages, je pense que cela m'a permis de m'habituer à prendre un stylo pour écrire – facilitant l'envie de mettre par écrit des réflexions.

Toutefois je ne suis pas arrivée à une situation où j'inscris de nombreuses pensées dans mon carnet, d'une part la barrière de l'écriture manuelle reste encore trop grande et d'autres part j'ai tout de même besoin de me poser sur un support pour écrire.

Toutes ces expériences m'amènent à aujourd'hui, où j'essai de nouveau de passer par le format numérique de blog.

Je me rends compte que revenir à ce format ne répond pas au première problématiques que j'avais formulé. Pourtant j'ai la sensation que cette fois-ci ça peut fonctionner, ou m'aider à avancer.

Peut-être que je me leurre. Ou peut-être aussi que j'ai mûrie. Que mon envie d'écrire à évoluer et s'est clarifiée. Que les premiers freins que j'avais identifié : distraction du numérique, création d'une habitude ; ont changé.

Je suis peut-être davantage en mesure maintenant de gérer mon envie de distraction ? Et les différents format que j'ai exploré ont peut-être initié, bonnant malant, une amorce d'habitude ?

En tous les cas : j'écris. Et ça me fait plaisir. C'est l'essentiel.

D'autre réflexions que j'ai pu avoir sur les freins que j'avais à écrire m'ont amené à me questionner aussi sur lae destinataire de l'écrit.

En effet j'ai l'impression que pour de précédentes tentatives ou l'écriture de certains billet, il était important pour moi d'identifier clairement pour qui et à qui j'écrivais.

Je me rendais compte qu'en ayant un ou une destinataire identifiée il m'était plus facile de dérouler une pensée. De la même manière, lorsque je suis dans mes pensées le soir à la fenêtre, ces réflexions prennent la forme de dialogues fictifs que je pourrai avoir avec des personnes de mon entourage.

C'est d'ailleurs souvent un point de départ des réflexions noctures, que de penser en premier lieu à une personne, et ensuite viennent les sujets de discussion.

C'est que récemment que m'est venu l'idée que ce qui rendait difficile l'écriture sur mon précédent blog était la question des destinataires, mais d'une nouvelle manière.

Je pensais jusque là que c'était parce que je n'avais pas d'interlocuteurice désignée. Mais de récentes situations m'ont aidé à comprendre que ce qui me mettait en difficulté ce n'était pas le flou sur la ou les personnes liseuses, mais davantage la variété de lecteurices potentielles.

Il y a quelques semaines j'ai eu une discussion avec une personne de mon réseau professionnel autour de ma posture profesionnelle et ce que qui faisait mon individualité. Et ce sujet m'a mis en difficulté.

Je ne parvenais pas à exprimer quel type de professionnelle je pouvais être, ou peut-être ne voulais-je pas le dire.

Et effectivement je prends conscience aujourd'hui de ma sensibilité au milieu dans lequel je vis. Comme beaucoup, je suis sensible au regard des autres, à ce qu'iels peuvent penser de moi. Mais je n'avais pas nécessairement réalisé que j'étais aussi dépendante du regard et des attentes des autres pour pouvoir me situer.

Pas tant que je sois incapable d'avoir une individualité, mais davantage parce que je redoute le jugement et l'exclusion. Alors je patiente et observe pour comprendre ce qui est attendu de moi et performer en conséquence. Et c'est seulement lorsque je pense avoir gagné une certaine confiance et légitimité que je me permets d'exprimer davantage mon personnalité, petit bout par petit bout.

C'est ainsi que j'en suis venu à faire le parallèle avec l'écriture. Ne sachant pas qui pourrait lire, je n'arrive pas à assumer mes écrits. Ne sachant pas qui pourrait lire, je ne sais pas ce qui peut être attendu de moi. Ne sachant pas qui pourrait lire, je m'inquiète que mon écrit puisse plaire à certains mais déplaire à d'autres. J'ai l'impression de jouer sur plusieurs tableaux, dans différentes sphères sociales, pour lesquelles je ne suis pas encore en confiance suffisante. Alors je m'abstient d'écrire.

L'écriture sous pseudo apparait donc comme une possible solution. Non pas pour ne pas avoir à assumer, mais pour ne pas avoir à devoir satisfaire.

Alors je pourrai me dire “arrête de penser aux autres”, mais ce n'est pas suffisament sécurisant pour moi.

Je verrai ce que cela donne.

Je me rends compte aussi en écrivant tout ça, qu'une des difficulté que je pensais identifiée comme étant le flou sur lae destinataire, ne se manifeste pas ici.

Alors certainement que penser à qui j'écris m'aide, comme je peux le faire dans mes réflexions du soir. Mais j'arrive aussi à écrire sans m'adresser à une personne en particulier. Et j'écris ce qui me vient. Ça me va. Tout cela me va bien.

Dans mes réflexion sur ce qui pouvait m'aider à écire, j'avais aussi un moment suggéré que démarrer un écrit en cherchant à répondre à une question pouvait être aidant. C'est d'ailleurs comme ça que j'ai démarré ce billet.

Mais je me questionne aussi sur ce point de départ. Constatant que là j'écris les choses qui me viennent, sans autre objectifs que dérouler de qui me vient à l'esprit. Chercher à répondre à une quesiton précise pourrait être limitant. Ou alors il faut que je n'utilise une question que comme amorce et non comme objet d'écriture.

Affaire à suivre.