À 110

Il conduit sa Dacia sur l'autoroute à 110 maximum.

Pas besoin d'aller trop vite et la route va être longue, seul avec sa musique.

Pas de pression. Pas de radio. Pas de blabla. Non il préfère entendre des sons qu'il aime, le font vibrer et le stimulent.

Six cent kilomètres, c'est pas le bout du monde, mais, en comptant les arrêts, huit heures seront nécessaires – une journée de travail – une journée trait d'union.

Ce n'est pas par de gaité de cœur qu'il fait ce voyage. Plus par devoir. Aller moins vite, c'est s'accorder un sursis.

Sur la voie de gauche ça défile – au moins à 130.

– Dans chaque voiture, il y a une destinée, un parcours de vie, pense-t-il. Où vont-ils tous ? Où vont-elles ?

Il considère ces bagnoles qui le doublent – couleur, millésime, style. La voiture parle de son conducteur par l'aura qu'elle dégage. Il revoit les images tapageuses des publicités à la télévision des autres, ou sur les pubs forcées qui foisonnent sur internet.

Être ou paraître, voilà la question.

Pause ravitaillement et sandwich plus café. Un peu se mobiliser, s'étirer. Un peu rêver, observer. Un peu fumer ?

La fin du trajet est presque là. Déjà ?

Déjà il pense au retour...

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