Colomba – Prosper Mérimée

C’est un court roman agréable à lire, au ton flegmatique, qui cache derrière son apparente légèreté une violence ancienne et persistante.

Mérimée décrit la Corse du XIXᵉ siècle. Ses mœurs. Ses codes sociaux. Et surtout la logique de la vendetta, à travers l’affrontement entre deux familles emblématiques : les Barricini et les Della Rebbia.

Comme un photographe, Mérimée multiplie les angles.

Celui d’une famille anglaise, extérieure, qui observe de loin la Corse comme un monde régi par ses propres lois.

Celui d’Orso Della Rebbia, officier en demi-solde, formé sur le continent, partagé entre une vision plus moderne de la justice et le poids de ses origines.

Le personnage central, c’est Colomba. Vengeresse. Déterminée. Implacable.

Colomba n’impose rien frontalement. Elle suggère. Elle rappelle. Elle oriente. Elle intrigue. Jusqu’à rendre la vengeance inévitable.

À la fin du roman, une scène se déroule à Pise, plusieurs mois après la vengeance. Colomba vit en apparence comme les continentaux : les manières, la tenue, l’adaptation sociale.

Mais intérieurement, elle demeure fidèle aux traditions corses.

Mérimée ne juge pas.

Il montre des racines profondes, immuables, capables de traverser le temps malgré l’apparente conformité au présent.

Ces racines fondent l’identité. Mais elles enferment aussi les individus dans un cycle de violence.

Colomba ? Les racines des origines et l’impossibilité d’y échapper. Deux composantes indissociables de son identité.

La lecture terminée, j’ai trouvé ce roman facile et agréable à lire, tout en offrant une réelle matière à réflexion.

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