Dimanche en apesanteur

Le monde entier semble en apnée. Les campagnes se taisent — un silence si profond que même un merle n'oserait pas déranger. Et dans les villes, c’est pas mieux : un calme artificiel, comme si quelqu’un avait posé une cloche de verre sur les trottoirs.

Dedans les maisons, certains sont en famille, à table, à rire trop fort pour remplir quelque chose qu’on ne dit pas. Et puis il y a les autres… les solitaires. Eux n’ont personne à leurs côtés. Alors ils flottent dans leur appartement comme dans une station spatiale : sans gravité, sans bruit, avec pour seule compagnie le flood de la journée qui avance sans se presser.

Tout est fermé. L’après-midi est cadenassée, verrouillée, interdite de surprises. On dirait un décor figé, mis en pause.

Et quand tout se replie dans le silence et qu’il ne te reste plus que ce grand flottement, tu fouilles au fond de toi, dans ton bagage, qu’il soit lourd ou léger. Parce qu’il n’y a parfois rien d’autre à faire : se retourner vers ce qu’on porte, ce qu’on a ramassé, ce qui nous a tenus debout jusque-là.

Et au loin… Noël approche. Même ambiance, même solitude emballée dans du papier-cadeau brillant. La même sensation, mais en plus fort, en plus clinquant, en plus ironique. Un dimanche éternel, puissance dix.

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