La caverne

Marcher, marcher sans cesse. Quand le sentier est droit ou sinueux, pilotage automatique. À la croisée des chemins, de quel côté sans boussole ? Où est-ce que ça mène ? De toute façon, je me sens perdu. Je ne sais qu’une chose : c’est qu’il faut marcher. Pas d’objectif. Marcher.

Je sais que le chemin lisse autrefois va être rocailleux et glissant. Je chuterai. J’aurai mal. J’aurai des blessures. Marcher sur un chemin désert. Pas âme qui vive. Pas de sourires. Pas de mains tendues. Espérer le soleil.

Les nuages lourds, gris et métalliques s’approchent. Ils portent en eux le grondement, l’éclair, puis la foudre. Je regarde tout autour à la recherche d’un cluseau, d’une caverne pour me mettre à l’abri, dans la pénombre, l’obscurité. De là, au loin, je scruterai le chemin.

Mais personne ne passe. Personne qui aurait le regard attiré vers la caverne. Le chemin, toujours ce chemin. Qu’en ai-je à faire de ce chemin.

Ma vision se brouille. Les pilules ne font plus d’effet. Je les jette loin, comme la Semeuse, pour ne pas les retrouver. Dans ma tête, la nostalgie serait un moindre mal. Perdu le chemin. Perdu la trace de mes pas. Comment retourner en arrière ? Où était ce chemin lumineux ?

Sortir de la caverne. Reprendre ce chemin où les couleurs sont diaphanes et deviennent peu à peu des nuances de gris. Au bout, il y aura un passage.

Derrière ce passage, vais-je trouver la lumière éclatante, des couleurs merveilleuses que je n’ai jamais connues ? Ou le noir total ? Il buio nero ?

Je sais quoi faire. Me coucher sur le côté, sur la roche dure et humide de la caverne. Fermer les yeux…

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