La Chambre Noire

Réflexion sur l’âme humaine

Le carillon sonne à la porte. Des notes accueillantes. Les visiteurs sont arrivés. Invités pour la première fois.

Une bonne bouteille à la main. C’est le minimum. Ou autre chose qui montre la bonne disposition de cœur, la bonne intention, la bonne éducation.

Un laisser-passer vers l’intimité de l’autre. On entre. On découvre.

Comme dans un musée. Une bibliothèque, un tableau, une affiche, des objets symboliques, porteurs de sens. Une playlist choisie. Une lumière choisie aussi.

Le salon est parfumé. Cône odoriférant ou bouquet délicat. Le parfum sur la peau. Le déodorant.

Les sourires font l’ambiance. La tenue vestimentaire. Tout, ici, parle de l’hôte.

Tout se déroule bien. La prochaine fois, il y aura réciprocité.

...

Mais cette maison, comme toutes les maisons, a une porte dérobée. Un corridor sombre que seul l’hôte connaît. Il mène à une chambre noire, éclairée d’une lumière rouge sang.

C’est le laboratoire argentique. Là où les images se révèlent. Sur des fils, comme des photos qui sèchent, pendent les souvenirs révélés et dissimulés. D’autres attendent, trempent encore dans des bacs. Ils montreront leur laideur en leur temps et rejoindront ceux suspendus.

Des ombres dansent sur les murs. Des murmures, à peine audibles, montent des bacs. La poignée de la porte est glacée.

Cette chambre n’apparaît pas dans les plans. On aimerait qu’elle n’existe pas. Elle s’impose. Elle ouvre sa porte et appelle. On voudrait l’éviter. Impossible de résister.

...

Il n’y a pas un juste, pas même un seul.


La Chambre Noire – Substack

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