La porte dérobée

Le carillon sonne à la porte. Un dring-dring ou des notes accueillantes. Les visiteurs sont arrivés. Ils ont été invités pour la première fois.

Une bonne bouteille à la main. C’est le minimum. Ou autre chose qui montre la bonne disposition de cœur, la bonne intention, la bonne éducation.

Un laisser passer vers l’intimité de l’autre. On entre. On découvre. Comme dans un musée. Il y a une atmosphère. Un décor.

Une bibliothèque, un tableau, une affiche, des objets symboliques porteurs de sens, pour montrer la direction. Playlist choisie. Lumière choisie elle aussi.

Salon est parfumé. Cône odoriférant. Un bouquet délicat. Le parfum sur la peau. Le déodorant.

Les sourires font l’ambiance. La tenue vestimentaire. Tout. Tout ici parle de l’hôte.

C’est mon havre de paix. Là je me sens bien…

Tout se déroule bien en principe. La prochaine fois, il y aura réciprocité.

Mais cette maison, comme toutes les autres, a sa porte dérobée que seul l’hôte connaît. Un corridor sombre qui mène à une chambre noire, éclairée d’une lumière rouge sang.

Là, pendent les souvenirs révélés et dissimulés. D’autres attendent, trempent encore dans des bacs. Ils montreront leur laideur en leur temps et rejoindront ceux suspendus.

Cette chambre n’était pas dans les plans. On aimerait qu’elle n’existe pas. Elle s’impose. Elle ouvre sa porte et appelle. Impossible de résister.

– Venez voir et bouchez-vous le nez. C’est ici l’envers du décor. Le musée de la mauvaise conscience et de la culpabilité.

“Il n`y a point de juste, pas même un seul…”

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