Le néon rose

Comment dire...hier soir, mon laptop a décidé qu’il voulait mourir. Pas un petit malaise, hein. Non. La mort théâtrale. Le type qui s’effondre au milieu du salon en criant “Dites à ma famille que je l’aimais !”.

J’ai soufflé par le nez.

J’étais crevé, j’avais juste envie d’une série pour oublier un peu le réel qui, lui, ne plante pas mais freeze un peu trop souvent à mon goût.

Et bim, l’écran noir. Fin de partie. Le kernel me barre la route. Il ne veut rien savoir.

Alors, j’ai refait ce que je fais toujours dans ces moments-là : j’ai enfilé ma blouse d’apprenti sorcier Linux. Pas le Gandalf de l’informatique, non. Plutôt un stagiaire de Poudlard qui connaît juste assez de sortilèges pour ne pas faire exploser la baraque...dans 70% des cas.

J’ai ressorti une vieille clé live de Mint Mate, comme on reprend une vieille Renault 5 qu’on avait oubliée dans un garage : elle n’a plus les options, elle fume un peu, mais elle démarre au quart de tour.

Et avec elle, j’ai pu récupérer mes documents importants. Là, j’ai eu un moment de gratitude pour une clé USB que j'avais négligemment laissée dans l'oubli.

J’aurais pu en rester là, remettre Mint, refaire le même schéma…

Non. J’avais envie d’un truc neuf. Une vraie bagnole sortie d’usine. Sans les vieilles rayures. Sans la poussière du kilométrage passé.

Alors j’ai téléchargé Debian 13 netinstall. Le modèle Gnome, propre, silencieux, qui sent le neuf. J’ai mis ma clé bootable dans le contact, un peu tremblant, comme si je montais dans une voiture que j’aurais pas encore payée.

Et là… tout s’est passé comme dans un rêve. Pas de vis qui coince, pas d’écrou qui saute, pas ce bruit étrange que fait ton moteur quand tu veux pas qu’il le fasse.

Fluide, l'installation ! Au départ, j'avais peur de respirer trop fort.

Le moteur démarre. Du velours ! Je me retrouve devant un bureau tout propre. Un genre de tableau de bord minimaliste. Sans les surcouches. Sans les vieux réflexes. Juste… quelque chose qui fonctionne.

J’ai regardé ça. Mon laptop ressuscité! Mon chaos réparé! Mon quotidien remis d’aplomb avec trois commandes et une pincée d’entêtement. YES !

Dans ma tête, j'ai vu une image de série noire, un néon s’allumer.

Un truc rose, un peu bancal, brillant dans une rue sombre après la pluie, avec le mot : ESPOIR.

Je suis resté quelques secondes à Mate.r ce néon. Et une sensation bizarre : pas une certitude, pas un cri, pas une promesse énorme. Plutôt un murmure. Un clignotement timide. Un “hé… ça repart”.

Et j’ai souri. Avec la tête de quelqu’un qui a remis son moteur en marche dans la nuit noire et personne à l'horizon. Et vous ? Vous avez déjà exprimé de la gratitude à un néon ?

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