Manifeste de ma métamorphose

Je ne peux plus être celui qui soutient par réflexe. Je ne peux plus être celui qui anticipe, qui prévient, qui porte pour les autres.

Je reste au bord.

Je reste au bord du marais de Morva, dans cette mélancolie qui m’a toujours accompagné.

Je l’observe. Je l’habite. Mais je ne m’y enfonce plus pour sauver le monde.

Si l’on a besoin de moi, on me le dira.

Alors, peut-être, je me pencherai, je tendrai la main – mais seulement si c’est nécessaire et demandé.

Fini le rôle.

Fini le rôle que je me suis imposé pour exister à travers les autres.

Fini l’automatisme du soin, la vigilance permanente, le devoir de protéger.

Je choisis la présence sans mission.

Je choisis d’être là sans m’effacer. Je choisis le silence quand il est juste, l’écoute quand elle est réelle, le geste quand il est nécessaire.

Cette liberté que je dois prendre, ce n’est pas de l’indifférence.

Ma liberté est de rester au bord, de respirer, de sentir que je suis là, entier, et que je n’ai pas à sauver le monde.

Tel Atlas qui porte le monde sur son dos.

Ma liberté est de revenir à moi, même si le marais m’appelle, même s’il m’attire encore.

Je n’abandonne pas.

Je change seulement la manière de marcher.

Je marche avec moi.

Adieu Wendy !

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