Mood defibrillator

Si j'écoute du metal, ce n'est pas pour la violence, ni pour le bruit.

C'est pour le cri.

Celui de l'autre quelque part, lancé dans l’obscurité, comme une décharge à travers moi.

Ça peut paraître étrange d’apprécier quelque chose de sombre en cherchant air pur et lumière. Pourtant, ça ne m’enferme pas. Ça me montre ce que je porte. Ça met en face de moi l'indissible.

Lyrics en anglais. Je ne comprends pas tout, et au fond… c’est mieux comme ça. Si je comprenais chaque mot, ça collerait peut-être pas.

Le fait de les partager pourrait donner une image de moi qui n’est pas la bonne, un reflet déformé. Je n’écoute pas les mots. Je prends autre chose. Je prends la vibration, l’élan, la fissure dans la voix.

C’est le cri qui compte. Pas le sens.

Quand la voix s’arrache, j’ai l’impression qu’elle dit ce que je tais. Un rugissement de l'âme.

Je reste silencieux, mais je me reconnais dans ce hurlement qui n’est pas le mien. C’est un miroir émotionnel, pas un message. C'est l'intensité de mon chaos, sans avoir à parler.

Exprimer ce que je ressens ? Je n'y parviens pas.

Et puis il y a ce choc — presque physique. Le morceau démarre comme une décharge.

Mon défibrillateur émotionnel à portée de playlist.

Quelque chose repart à l’intérieur, pas clair, pas stable, mais vivant.

C’est sombre, oui. Mais c’est le sombre censé me soigner.

La voix brute me confirme : « Tu n’es pas seul dans ce que tu ne parviens pas à dire. »

Ces lignes sont pour déposer toute ma contradiction. Pour que le cri cesse de tourner en rond au-dedans. Pour dire que parfois, laisser l’autre hurler à ma place… c’est la seule manière de reprendre mon souffle.

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