Pech-Merle
Inspiré de faits réels
Ils entrent par le haut, comme leurs ancêtres et les ancêtres de leurs ancêtres.
Le passage est étroit.
Le soleil se faufile derrière eux, et se projette, timide, sur la pierre froide.
Deux hommes, deux femmes, un enfant.
L’enfant a peut-être neuf ans.
Le plus âgé approche de la cinquantaine.
Ils avancent lentement.
Par prudence, et aussi parce que plus ils progressent, plus l’obscurité s’épaissit.
Bientôt, ils devront allumer la flamme, sentir le bois brûlé et l’air se charger de chaleur.
Les parois animées sont déjà là depuis bien des lunes.
Elles n’attendent rien, sinon d’être admirées.
Les figures apparaissent maintenant.
Elles avaient toujours été là.
Un murmure circule entre les visiteurs.
Ici, la silhouette d’un cheval retient leur attention.
Juste au-dessus, une main plaquée sur la paroi.
Comme si quelqu’un, derrière la pierre, s’appuyait.
Une des femmes est enceinte.
Elle regarde le sol humide imprimer ses pieds nus en profondeur.
Le petit, lui, ne connaît pas encore ce lieu surprenant de beauté.
Les yeux écarquillés, il s’attarde un instant, touche presque l’argile, humant l’odeur ancienne, puis file pour rattraper les adultes.
Le silence se fait épais, ponctué du froissement de leurs pas.
15 000 ans plus tard – an 1915…
Trois jeunes adolescents s’aventurent dans le passage étroit.
La lumière artificielle de leur lampe à huile fait danser les ombres sur la roche humide.
Ils avancent lentement, curieux et prudents.
Les parois animées sont déjà là.
Elles n’attendent rien.
Tout à coup, ils s’arrêtent.
Un silence s’installe, seulement ponctué par un écho lointain de gouttes d’eau.
Une silhouette de cheval se dessine devant eux, et juste au-dessus, une main tracée comme au pochoir semble s'appuyer sur le temps.
Ils se penchent, et leurs doigts osent à peine effleurer l’argile.
L’un d’eux compare son pied à celui d’une petite empreinte. Un enfant.
Le plus jeune tente de fléchir son pouce comme celui dessiné sur la roche. Difficile.
Ils n'ont pas vu passer le temps et se décident à reprendre leur marche.
Le sol reçoit leurs pas nus ou presque.
Ils marchent dans les traces de ceux d’autrefois.
Quand ils ressortent,
la nuit est déjà tombée.
La lune, astre toujours présent, en est témoin.
15 000 ans plus tard – an 16 915… les parois sont sur le point d’être découvertes.
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