Si Je Parle De Toi
Si je parle de toi, je fais le vide autour de moi. Je passe à côté de toi, je feins de ne pas te voir, et j’ai honte de moi.
Tu m’as donné la joie, une joie d’enfant, des larmes aux yeux, un cœur débordant et léger comme l’hélium.
Choyée, comblée, entourée de ton amour, flottant, les pieds légers, j’ai consumé mon plaisir sans plus un regard pour toi.
Et toi, tu veilles sur moi. Bien que je te tourne le dos, ton amour est si grand que tu ne t’en offusques pas. Patient, encore patient.
Tu guettes le moment où enfin je me retournerai pour poser mon regard sur toi et pleurer à nouveau, mais de t’avoir tenu loin de moi.
Qu’ai-je gagné ainsi ? Qu’ai-je perdu ainsi ? Ai-je connu plus fort que ton amour jusqu’à la mort ? Tu m’attends, là-bas.
Comme par un aimant, mes pas sont attirés vers toi. De honte, mes yeux baissés, par la puissance de ton amour, se relèvent vers ta lumière.
Je retourne vers toi. Sur ton visage, un sourire aimant, sans reproche, tes bras largement ouverts.
Après m’être égarée, je retourne vers toi. Je reviens du désert, où tout n’était que mirages et oasis à l’eau empoisonnée.
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