Vingt-quatre heures de la vie d'une femme – Stefan Zweig

Ce que j'ai ressenti en lisant

Le cœur de ce roman : la femme. Celle qui se tient sage dans les codes de son époque. Puis Henriette, l'adultère qui disparaît pour suivre un inconnu. Elle ne supportait plus, sans doute, d'être ignorée par son mari, effacée, prisonnière d'une routine.

Et puis la surprise : Mme C., 67 ans, touchée par la position de celui qui se fait l'avocat d'Henriette – ce personnage qui ressemble à Zweig lui-même, moderne, ouvert d'esprit, qui ose défendre l'indéfendable face à la bien-pensance. Elle trouve en lui un confesseur “laïque” qui lui permettra de se décharger d'un secret porté depuis vingt-cinq ans.

Ce qui m'a marqué

La scène du casino, avec le langage des corps, des mains, des visages-masques. Les joueurs qui tentent de maîtriser l'incontrôlable. Et ce jeune homme, possédé par son addiction, qui ne joue pas à cacher quoi que ce soit. Mme C. est fascinée. Elle le voit comme dans « un miroir concave » ; tout autour n'est que brouillard.

Le cœur nucléaire du roman : cette nuit passée à veiller sur lui, à le sauver, alors qu'il a tout perdu et a des idées suicidaires. Et surtout le matin, ce réveil où tout s'apaise. Lui est sauvé. Elle, se sent renaître. Elle troque ses habits sombres pour des vêtements clairs. Le veuvage ne lui siet plus. Ce sauvetage semble être le sien en même temps, une résurrection.

Un style qui m'a parfois égaré

J'avoue : les longues descriptions, les circonstances trop détaillées, les états d'âme qui s'étirent... Ça manque d'action par moments. De vrais plans de cinéma immobiles. À notre époque, on irait plus vite au but. C'est le style d'une autre société, d'un autre temps. Force ou faiblesse ? Ça dépend du lecteur.

Ce que j'en retiens

Mme C. tombe amoureuse de ce jeune homme – un écho à Henriette. Mais la suite m'a rattrapé : elle pensait innocemment l'avoir sauvé du suicide et de l'addiction. Ce qu'elle devra vivre à la suite sera une dévastation, une humiliation.

En le “sauvant”, elle se sauvait elle-même, sans se l'avouer. Elle espérait plus. Plus tard, elle aura honte de sa passion folle. Dans son esprit, elle a trahi tout ce qui comptait dans sa vie stable.

Mais le fait d'avoir pu raconter ce fardeau à cet avocat de circonstance l'a soulagée. Ce roman aurait pu s'intituler La Psychothérapie de Mme C.

Reste une question

Est-ce que sauver l'autre, c'est se sauver soi-même ? Ou est-ce parfois se perdre un peu plus ?

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