Café noir

notes plates et sans sucre
d'un chef d'établissement
n'en attendez rien
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jesuismonsieurb

“Winning? Is that what you think it’s about? I’m not trying to win. I’m not doing this because I want to beat someone, or because I hate someone, or because I want to blame someone. It’s not because it’s fun. God knows it’s not because it’s easy. It’s not even because it works because it hardly ever does. I do what I do because it's right! Because it's decent! And above all, it's kind! It’s just that.. Just kind. If I run away today, good people will die. If I stand and fight, some of them might live. Maybe not many, maybe not for long. Hey, you know, maybe there's no point to any of this at all. But it's the best I can do. So I'm going to do it. And I will stand here doing it until it kills me. And you're going to die too! Some day. And how will that be? Have you thought about it? What would you die for? Who I am is where I stand. Where I stand is where I fall.” — The Doctor Doctor Who, “The Fall of the Doctor”

Arriver très tôt au lycée, c'est l'occasion de croiser ces gens qu'on voit si peu, modestes qu'ils sont jusque dans leurs déplacements. Ils vous disent bonjour avec un sourire vrai, parce que ces heures-là sont les leurs, et qu'ils sont heureux de vous y accueillir. J'apprends lentement leurs noms, leurs prénoms plus souvent. Il faut peu de temps, avec elles, avec eux, pour qu'une petite connivence s'installe. On partage un temps qui n'est pas celui du commun.

Un étudiant du lycée est mort durant les vacances. Y. était en première année de classe préparatoire, en lettres supérieures. Il avait dix-sept ans. Ça fait quelque chose d'écrire ça.

Le mot que sa maman nous a écrit pour nous annoncer cette terrible nouvelle, survenue la veille, est porteur d'un amour d'autant plus immense qu'il n'a plus son objet pour l'entendre.

Les enseignants ont été formidables de soutien pour la classe. Nous avons organisé ce matin une heure tous ensemble, en équipe, autour des élèves. C'était bien. On a pu raccommoder un peu, maladroitement mais avec sincérité, le trou qu'a laissé cette mort dans le réel.

Ce n'est pas ce qui nous fait le moins défaut, ces temps-ci.

Furetant dans un carton rempli de livres d'art, laissés par mon prédécesseur à ce poste, je tombe sur L'atelier de la recherche patiente, du Corbusier. Cet architecte est une figure locale, avec sa version réduite, à Firminy, de la Cité radieuse marseillaise.

Mais ce livre ne contient que des pages blanches. La couverture est bien là, dûment reliée à des folios entièrement blancs. Je n'ai aucune explication. L'encre n'a pas disparu : elle n'a jamais été posée sur ce papier plutôt épais, dont on imagine qu'il l'aurait bue avec une petite avidité.

J'ai donc un carnet de beau papier un peu jauni.