Carnaval
À l'heure où sont écrite ces lignes, les éditorialistes déversent leurs larmes de crocodiles sur les plateaux télévisés, les grands et sages élus de la Républiques appellent à un supposé calme et louent les vertus du retour au calme et des manifestations pacifiques et de fait, dorénavant tristement inefficace.
C'est dans les cendres de cette drôle de fête que naît le Merle Ponctué. Une naissance qui s'apparente à un carnaval. Cette fête populaire qui a longtemps servi de soupape à la colère populaire. Ce jour-ci, tout a été sens-dessus-dessous. La peur a enfin changé de camp, les puissants ont pu trembler brièvement et le peuple a pu retrouver un peu de pouvoir dans ces scènes de liesse et de révolte.
Les actions violentes, telles celles exercées aujourd'hui ne sont pas à opposer aux formes plus classiques de mobilisation. La lutte des classes doit-être totale et multiforme. La forme “émeute” (quel horrible terme !) se marie si bien aux autres types de mobilisation : blocus, assemblées générales, grèves, comités de popularisation, défilés syndicaux, bals et feux d'artifice ! Il faut de tout pour faire une lutte.
Seul soucis du carnaval : il n'a lieu qu'une fois par an, sans lendemain. Quel sera les suites de ce 17 octobre ? La fameuse date du 5 novembre avancé par les syndicats, le 24 octobre à Orléans contre le RN ? Quel sera le bilan de cette journée fort remplie ?
De la joie et beaucoup de questions accompagnent la naissance de ce Merle Ponctué, quel avenir réserve-t-on à ce terrible oiseau moqueur ?
Quel magnifique faire-part de naissance !