Planche 31
Exprimer ses émotions devrait être un geste banal de tous les jours, et pourtant parfois c’est quelque chose de très difficile, surtout pour les personnes autistes, pour plusieurs raisons :
Parfois, des informations sensorielles, ou autres informations nous manquent pour les identifier, c’est l’alexithymie
Des années d’injonctions à cacher son fonctionnement (camouflage) peut être un apprentissage très ancré bien que dangereux pour la santé (le camouflage est un facteur de risque suicidaire en particulier chez les femmes autistes)
Chez les personnes autistes, le langage paraverbal n’est pas maîtrisé, ce qui rend notre manière d’exprimer nos émotions différente des neurotypiques et peut entraîner des incompréhension entre les deux. Une personne neurotypique qui a pour habitude d’associer la colère avec des sourcils froncés peut ne pas comprendre lorsqu’une personne autiste lui dit « je suis en colère » en affichant un visage paraissant détendu. À tous mes amis, parents, conjoint, qui m’ont dit « je n’avais pas vu que tu étais si mal », je leur répondrais aujourd’hui « c’est normal, je ne l’ai pas dis dans ta langue »
Exprimer une émotion implique un échange social qui a un coût, surtout lorsque toute notre énergie est prise par l’émotion en question. Cela demande de pouvoir répondre aux questions de l’autre, le rassurer si besoin, gérer des remarques lorsqu’il y en a…
Tout cela représente des barrières à franchir, pourtant exprimer ses émotions est le seul moyen d’obtenir de l’aide. Si vous avez un proche autiste, offrez lui des moyens d’exprimer explicitement ses émotions. Moi j’aime bien exprimer l’intensité de 1 à 10, et je me dis que je devrais me servir plus souvent de cette méthode pour être comprise par les neurotypiques.