<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/">
  <channel>
    <title>Tutoriels malicieux</title>
    <link>https://blogz.zaclys.com/tutoriels-malicieux/</link>
    <description></description>
    <pubDate>Sat, 18 Jul 2026 06:46:42 +0200</pubDate>
    <item>
      <title>Sortir de Google et des GAFAM</title>
      <link>https://blogz.zaclys.com/tutoriels-malicieux/sortir-de-google-et-des-gafam</link>
      <description>&lt;![CDATA[Introduction&#xA;&#xA;Nous vivons une époque où le temps nous est volé. Le capitalisme néolibéral a besoin, pour maintenir sa croissance, d&#39;exploiter l&#39;ensemble de l&#39;environnement dans lequel il évolue, et à fortiori les humain⸱e⸱s. Il s&#39;agit alors de maximiser (et donc voler) le temps des individus, qu&#39;ils soient producteur⸱ice⸱s ou consommateur⸱ice⸱s, et ce au service du capital. J&#39;appuie ici la notion de &#34;service au capital&#34;: le temps et les projets personnels sont vus comme &#34;inutiles&#34; ou &#34;à la marge&#34;, étant à systématiquement écraser et réprimer. Il est de plus en plus difficile de se regrouper en collectifs ou en syndicats s&#39;ils dérangent l&#39;ordre établi, de produire du commun, de protéger des espaces, de militer pour le changement, ou plus simplement de se reposer, de s&#39;ennuyer, d&#39;être &#34;inactif.ve.s&#34;. Il s&#39;agit donc, pour la bourgeoisie, de contrôler chaque temps non salarié, de &#34;repos&#34;, et de les transformer en des temps d&#39;activité qui lui est utile, qui lui permet d&#39;extraire de la plus-value, en l&#39;occurence des phases de consommation-production individualisées.&#xA;&#xA;Plusieurs outils permettent au capital de transformer le repos en phase de consommation-production. Ce qui nous intéresse ici, c&#39;est l&#39;usage massif des outils numériques comme &#34;moyens de production-consommation&#34; du capitalisme. Nos téléphones, nos ordinateurs, nos systèmes d&#39;exploitation, sont conçus non pas (plus) comme des moyens d&#39;émancipation, d&#39;apprentissage et d&#39;enseignement, d&#39;aide à des projets personnels, mais bien comme des outils de contrôle de masse, de mise en dépendance, d&#39;incitateurs à la consommation permanente, de sources de production de données non rémunérées (et donc d&#39;extraction de plus-value maximale). Lors de mes démarches, j&#39;ai pu repérer 3 principes fondamentaux de l&#39;oppression systématique par la grande bourgeoisie du numérique :&#xA;&#xA;contrôle du temps : économie de l&#39;attention, techniques psychologiques et physiologiques implémentées dans les logiciels pour maintenir l&#39;usager sur son appareil, comme les notifications, le scroll infini, la standardisation du temps de vidéos;&#xA;dépendance technique : l&#39;usager est mis en dépendance vis à vis des moyens proposés par les GAFAM, que ce soit dans sa pratique citoyenne, individuelle, ou au travail. Iel a besoin d&#39;un smartphone pour valider des opérations bancaires, de la suite Microsoft pour communiquer avec ses collègues, de réseaux sociaux pour ne pas être isolé socialement. De plus, l&#39;usage de formats propriétaires (word par exemple) empêchent l&#39;interopérabilité avec des logiciels alternatifs libres;&#xA;exploitation du temps libre et extraction de plus-value : la collecte de données permanente permet de produire de la valeur en extrayant l&#39;attention des usagers d&#39;une part, grâce aux publicités, ce qui génère de la consommation induite, mais aussi aujourd&#39;hui en utilisant les données récoltées pour entraîner des modèles d&#39;IA par exemple. Ne pas être soumis aux publicités demande de souscrire à un abonnement, certains outils essentiels deviennent payants pour étendre leurs fonctionnalités.&#xA;&#xA;Il est aujourd&#39;hui quasi-impossible de vivre sans smartphone équipé des services de Google, et difficile d&#39;utiliser un ordinateur sans les services de Microsoft, sans rentrer en conflit avec les pratiques sociales hégémoniques imposées par les structures bourgeoises. Idem quand il s&#39;agit de travailler pour une entreprise sans utiliser les services des GAFAM. De plus, il devient de plus en plus difficile de développer des logiciels libres sans l&#39;aval des grands conglomérats du numérique. Ces outils sont de fait entrés dans nos vies sans que l&#39;on ait de pouvoir de les refuser à moyen terme. Les monopoles des GAFAM leur permettent de librement nous soumettre à des algorithmes oppressifs, non respectueux de la vie privée et des données personnelles, incitant des comportements addictifs à haute valeur ajoutée pour la bourgeoisie, et volant le temps de vie libre de toustes.&#xA;&#xA;L&#39;objet de ce billet de blog est de se libérer, en partie, de ces réseaux oppressifs. Sans prétention d&#39;en faire une liste exhaustive, je livre mon travail pour permettre à d&#39;autres de lutter contre les GAFAM et la bourgeoisie numérique.&#xA;&#xA;Quitter Google et son hégémonie sur les smartphones&#xA;Quitter Google n&#39;est PAS simple. C&#39;est en faisant que ce constat que j&#39;ai pris la mesure du pouvoir qu&#39;ils ont sur nos vies. La conception de la plupart des applications Android du quotidien est faite de manière à les rendre dépendantes à Google, ses services et son architecture. Sans les services de Google, elle deviennent non fonctionnelles. Et celles qui restent utilisables, contiennent dans leur code les traqueurs qui permettent à Google de récupérer des données. La dé-googlisation demande donc des sacrifices plus ou moins grands selon le niveau de confidentialité souhaité. Et surtout, il est difficile de se détacher de certains services obligatoires (banque, réseaux sociaux et de communication) sans sortir de réseaux imposés par la société. Il reste cependant possible d&#39;adapter ses pratiques pour limiter son empreinte sur leurs serveurs.&#xA;&#xA;Pourquoi partir ?&#xA;  Si c&#39;est gratuit c&#39;est que c&#39;est toi le produit &#xA;&#xA;L&#39;adage si c&#39;est gratuit c&#39;est toi le produit s&#39;applique parfaitement au modèle économique des GAFAM. Sous couvert de services gratuits, la plus-value générée par notre attention, nos données, notre travail numérique, est intégralement extraite. Chaque recherche, clic, message envoyé, minute passée devant notre écran, alimente les conglomérats les plus puissants de la planète.&#xA;&#xA;Pour maximiser cette plus-value, il s&#39;agit donc pour la bourgeoisie numérique de maintenir au maximum notre présence sur leurs services. C&#39;est ce qui explique les différentes méthodes utilisées, sans que l&#39;on soit vraiment informé.e.s sur leur effet réel sur notre corps et notre cerveau : traqueurs invisibles, collecte continue de données, interfaces addictives, algorithmes qui ciblent et orientent nos centres d&#39;intérêts, et incitent à la réaction, notifications, captation visuelle et sonore de l&#39;attention, etc.&#xA;&#xA;Au delà de ces techniques, des structures institutionnelles sont mises en place pour accentuer cette dépendance. Disparition des postes téléphoniques, dématerialisation pour l&#39;administration et les transports, massification de la communication en ligne, individualisation de l&#39;urbanisme décourageant les rassemblements en physique, accès à des services essentiels comme l&#39;hôpital, les banques, nécessitant un smartphone.&#xA;&#xA;En partant de cet écosystème, c&#39;est non seulemement une démarche politique que j&#39;ai entrepris, mais aussi une démarche d&#39;émancipation de ces réseaux coercitifs. Avant d&#39;avoir entamé ce travail, je ne maîtrisais rien, que ce soit les données qui entrent et sortent de mon appareil, les applications installées sur mon appareil, je ne comprenais pas comment mon smartphone ou mon ordinateur fonctionnait, ce qui m&#39;empêchait de les réparer. Je n&#39;ai toujours pas une maîtrise parfaite, mais je pense m&#39;être beaucoup mieux approprié mes appareils aujourd&#39;hui.&#xA;&#xA;Enfin, il y a des limites fortes. Le monopole de Google sur les smartphones rend le départ très difficile. Certaines applications sont dépendantes de leurs services, et de nombreux outils sont dépendants de leurs infrastructures. Tout est fait pour décourager les alternatives libres, l&#39;interopérabilité, la réparation, les pratiques numériques indépendantes et autonomes.&#xA;&#xA;C&#39;est donc toute une démarche de remise en cause de l&#39;environnement numérique imposé par les GAFAM, modelant notre usage pour générer du profit. En échange, je cherche un usage basé sur mes besoins, maîtrisé, réparable, répétable, et indépendant.&#xA;&#xA;Au préalable, définir ses besoins&#xA;&#xA;Le processus de dégooglisation va donc bien au delà de simplement quitter les applications estampillées &#34;Google&#34;. Il s&#39;agit plutôt de changer tout son rapport au numérique, hors du cadre imposé par Google sur l&#39;ensemble des appareils. Et donc, il faut aussi réflechir aussi à quelle forme prend ce cadre imposé.&#xA;&#xA;Il me semble avoir reconnu deux principes poussant à considérer le smartphone conçu comme une source de consommation plutôt qu&#39;un outil répondant à des besoins.&#xA; &#xA;D&#39;abord, par la disponibilité imposée de produits : j&#39;achète un smartphone, des services sont installés dessus que je le veuille ou non, et quoi que je fasse ce service fonctionnera, je l&#39;utilise donc par défaut et son usage façonne mon rapport l&#39;outil &#34;smartphone&#34;. À cela s&#39;ajoutent les besoins créés par des popup incessant (par exemple sur instagram nous demandant à chaque ouverture d&#39;autoriser l&#39;accès à la localisation), ou une dématérialisation &#34;par défaut&#34; de certains services (notamment de l&#39;État).&#xA;&#xA;Ensuite, par la construction des dépôts de logiciels et la conception concurrencielle du développement d&#39;application (notamment l&#39;App Store), qui nous proposent &#34;d&#39;explorer les applications&#34;. Ce cadre constitue une structure consumériste, basée sur l&#39;addiction à la nouveauté permanente et à la mise sous dépendance d&#39;usage de chaque nouvelle application. Une application produite dans ce cadre ne sert pas tant à combler un besoin qui lui pré-existe qu&#39;à faire émerger un besoin par sa propre existence.&#xA;&#xA;Ces principes entraînent une décorrelation entre le besoin réel et le produit de consommation, qui est néfaste autant pour le consommateur que pour les développeur⸱euses, qui ne créent plus pour répondre à des besoins d&#39;usager⸱e⸱s mais pour faire émerger le besoin chez le consommateur potentiel et rendre ainsi leur produit concurrentiel. La finalité, c&#39;est la création permanente de marchés, propre au capitalisme. Sortir de ce système, c&#39;est faire la démarche inverse: définir/évaluer ses besoins, puis rechercher les produits existants pouvant y répondre (et créer son outil s&#39;il n&#39;existe pas). C&#39;est aussi s&#39;interroger sur le coût (humain, écologique, financier, sociétal) des outils et les risques que j&#39;encours (sur ma vie privée, sur les conséquences possibles sur ma santé...), à mettre sur la balance face à notre sentiment de besoin (est-ce que cela vaut le coût de subvenir à ce besoin, est-il essentiel ?). Il s&#39;agit enfin d&#39;interroger la convivialité des outils, leur effet sur nos usages, la possibilité de se les approprier, de les comprendre, les réparer ou les adapter à nos usages.&#xA;&#xA;Pour changer de manière d&#39;aborder les choses, j&#39;ai découvert la philosophie Unix. Elle se formule généralement par &#34;do one thing and do it well&#34;, c&#39;est-à-dire qu&#39;une bonne application est une application mono-tâche qui accomplit ce qu&#39;on lui demande de la manière dont on lui demande. C&#39;est une philosophie largement répandue dans le monde de l&#39;open source et du libre, qui permet souvent des applications très efficaces dans leur domaine (pas forcément mais la spécialisation aide souvent).&#xA;&#xA;Ainsi, en réfléchissant à tous ces axes (risques, coût, besoins, nécessité), j&#39;ai pu redéfinir en partie mes besoins. Évidemment, ils sont amenés à évoluer, et surtout sont modelés par mes usages passés dans le cadre du paradigme précédent et de la société qui agit sur moi: ais-je vraiment besoin d&#39;Instagram ? Je sais que mon besoin de réseaux sociaux comme Instagram est d&#39;une part addictif, d&#39;autre part une injonction sociétale, et tendra peut-être à diminuer (jusqu&#39;à être compensée par le risque de profilage que l&#39;application représente) si j&#39;arrive à trouver l&#39;énergie de me sevrer et si je trouve des alternatives de réseaux de sociabilité... et dans ce cas mon usage et mon besoin se transformeront, peut-être que je tendrai vers des applications semblables, libres et plus saines dans leur construction. L&#39;idée n&#39;est pas d&#39;abandonner des outils sans réfléchir, mais plutôt d&#39;amorcer le changement, et empêcher les GAFAM de nous maintenir sans discernement dans la pratique qu&#39;ils imposent.&#xA;&#xA;Les besoins que j&#39;ai relevés sont ainsi :&#xA;&#xA;pouvoir communiquer à travers mes réseaux (téléphone, messageries, réseaux sociaux, mails, gestionnaire de contacts)&#xA;avoir accès à des services essentiels pour moi (streaming musical et vidéo, accès à mes comptes bancaires, aux applications de transports, appareil photo...)&#xA;avoir un accès sécurisé à internet (sans traqueurs, sans pubs)&#xA;avoir un appareil sécurisé me permettant la double authentification (2FA)&#xA;pouvoir couper les services lorsque je ne les utilise pas, autant au niveau logiciel que matériel, en particulier le micro, la caméra, la localisation et l’accès internet&#xA;minimiser les données que je transmet si elles ne sont pas utiles ou sécurisées suffisamment pour que j&#39;accorde ma confiance au service qui les détient &#xA;limiter mon exposition aux publicités ciblées &#xA;minimiser le risque de fuites de données personnelles&#xA;&#xA;Pour subvenir à ces besoins, j&#39;ai identifié plusieurs pistes :&#xA;&#xA;adopter un comportement en ligne plus responsable et éclairé&#xA; continuer à suivre les bases, à savoir éviter le phishing, les sites internet non sécurisés et inconnus, éviter de télécharger des fichiers sur internet les yeux fermés, refuser les cookies sur les sites, ... &#xA; utiliser des mots de passe forts (et un gestionnaire de mot de passe en lequel j&#39;ai confiance)&#xA; utiliser au maximum un VPN au quotidien&#xA; continuer à m&#39;informer en continu sur les usages, les évolutions des applications, etc...&#xA;changer mon téléphone pour une marque qui me permet de quitter google (FairPhone en l&#39;occurence)&#xA;changer de système d&#39;exploitation pour une version sans Google&#xA;quitter un à un les services de Google, et passer tous mes comptes essentiels sur une nouvelle adresse mail, ou demander la suppression des données si le service est non-essentiel&#xA;adopter la philosophie UNIX pour les applications alternatives que j&#39;adopte (&#34;do one thing and do it well&#34;)&#xA;&#xA;Un sacré travail en perspective !&#xA;&#xA;Le plus difficile : lister ses comptes associés à Google&#xA;&#xA;S&#39;il y a une chose à faire en premier (car c&#39;est LONG), c&#39;est bien de préparer la suppression de son compte google (et donc la fermeture de son adresse Gmail). Le plus simple (pour commencer par le commencement), c&#39;est de récupérer ses données personnelles collectées par Google. Une part de données (qui ne seront probablement jamais utiles) peut être récupérée via Google Takeout. Cela peut notamment être intéressant pour transférer ses abonnements youtubes sous un nouveau service en local (par exemple PipePipe ou NewPipe), ou encore exporter et archiver ses mails au format Mbox en local, pour plus tard pouvoir y accéder via Thunderbird par exemple. Dès lors que l&#39;ensemble des mails sont sauvegardés, ils peuvent être supprimés sur gmail (intéressant quand on sait que Google et Microsoft se préparent à l&#39;accès total de tous nos mails pour leurs services d&#39;IA à des fins d&#39;entraînement) et enfin enregistrer les contacts sauvegardés sur notre compte google. Il s&#39;agit ensuite de vider les différents cloud (Google Drive, ou autres cloud détenus par les GAFAM), pour stocker tout en local.&#xA;&#xA;Cette phase est relativement longue, car Google détient beaucoup de données, et il serait malvenu de supprimer son compte avant de découvrir que nos contacts sont enregistrés chez eux et les perdre intégralement.&#xA;&#xA;Ensuite, l&#39;étape la plus longue est celle consistant à retrouver toutes les occurences de mon adresse gmail sur les comptes que j&#39;ai pu créer. C&#39;est mon problème principal encore aujourd&#39;hui, car j&#39;ai une adresse gmail depuis 2013, à laquelle sont liés 100% des comptes que j&#39;ai créé en 13 ans. Je n&#39;ai évidemment jamais noté les comptes que je créais. J&#39;attend, pour supprimer mon compte google, de ne plus avoir peur de perdre des services essentiels qui seraient dépendants de mon accès à mon adresse gmail. J&#39;ai trouvé quelques techniques pour aider à retrouver ses différents comptes:&#xA;&#xA;un premier moyen est de vérifier les services connectés à notre compte google (via internet, gérer mon compte google - Applis et services tiers). &#xA;ensuite, on peut aussi regarder les mails automatiques de création de compte reçus sur notre adresse gmail (sauf si on les a, comme moi, supprimés au fur et à mesure). &#xA;enfin, on peut définir une période (6 mois par exemple) où on conservera l&#39;adresse, et où à chaque utilisation d&#39;un compte lié à gmail, on changera l&#39;adresse liée. Au bout de 6 mois à un an, on peut imaginer que les services oubliés ne sont pas à ce point essentiels. &#xA;&#xA;Aussi, pour réduire la masse de comptes à modifier, un moyen peut aussi être de réfléchir encore une fois aux services dont j&#39;ai réellement besoin (ce qui réduit drastiquement la liste, et surtout permet de trouver rapidement les services concernés). Ce qui ne veut pas dire que je vais oublier simplement les comptes restants, car mon objectif est aussi de supprimer ces comptes, ou si cela n&#39;est pas possible facilement demander la suppression de mes données personnelle (ce qui n&#39;est pas toujours aisé, même avec le soutien des RGPD qui sont censées nous garantir ce droit).&#xA;&#xA;Un problème majeur peut subsister, notamment si l&#39;usage de services de google est nécessaire dans le cadre des études, du travail, de la famille... Pour les deux premiers, il est toujours possible de créer un nouveau compte Google, sans données permettant notre identification, et strictement utilisé dans le cadre du travail. Pour la famille... à vous de les convaincre de quitter aussi les GAFAM (l&#39;occasion aussi de montrer à quel point l&#39;accessibilité peut-être simplifié sans les innombrables services inutiles de Google).&#xA;&#xA;Ensuite, remplacer son adresse gmail&#xA;Pour pouvoir changer ses différents comptes liés à gmail, il faut évidemment trouver un service d&#39;hébergement d&#39;adresse mail alternatif. Dans ce cas, j&#39;utilise ProtonMail (j&#39;y paye l&#39;abonnement de base), un service Suisse sécurisé. Il existe de nombreux fournisseurs similaires, comme TutaMail, FastMail... Reste aussi la possibilité d&#39;auto-héberger son service de mail, ou de passer par un Chaton, ou en achetant de l&#39;espace sur des serveurs de son choix (cela est possible &#34;clés en mains&#34; en utilisant Zaclys, qui garde les données chez OVH en France et propose la possibilité de crypter notre espace). Personnellement j&#39;utilise ProtonMail (je l&#39;ai fait sans vraiment réflechir, c&#39;était une décision que j&#39;ai prise au tout début de mon parcours). Un désavantage certain est que la version gratuite ne permet pas de recevoir des mails sous Thunderbird (mais la version payante de base est abordable, et le service est de qualité). Attention aussi, récemment Proton a financé un influenceur d&#39;extrême droite (Vincent Lapierre) via une collaboration commerciale. Information moins grave mais qui a son importance, Proton est peut-être un des seuls services que j&#39;utilise qui dérogent à la règle &#34;do one thing but do it well&#34; (ils proposent un agenda, un mail, et un drive, ainsi qu&#39;un gestionnaire de mot de passe et un VPN que je n&#39;utilise pas), mais c&#39;est une solution de facilité que j&#39;ai trouvé en attendant de faire mieux. Un avantage (et je crois que Tuta le permet aussi) est que l&#39;on peut régler une redirection des mails Gmail vers Proton, ce qui aide à se détacher de Google pendant les 6 mois de prospection des comptes associés à gmail. Il est aussi possible d&#39;avoir plusieurs alias, menant à la même adresse, ce qui est assez pratique pour se prémunir du spam.&#xA;&#xA;En ce moment, je me suis tourné vers Zaclys, qui propose une alternative française à la suite Proton, avec des outils plus sobres. Le service coûte 12€ par an, pour un cloud (extensible si besoin moyennant quelques euros), une forge git, une adresse mail, un espace de blogging (le présent blog passe par Zaclys), etc... À terme, cela pourrait remplacer les services que je conserve sous Proton.&#xA;&#xA;Sur le point de l&#39;auto-hébergement, ou de l&#39;usage d&#39;un serveur personnel distant, c&#39;est une solution très intéressante et tout a fait cohérente, mais qui prend beaucoup de temps (et quelques risques). Mieux vaut prendre le temps de savoir ce que l&#39;on fait avant de se lancer dans ça.&#xA;&#xA;En profiter pour changer ses mots de passe&#xA;Modifier son adresse mail sur ses comptes, c&#39;est aussi l&#39;occasion rêvée de changer ses mots de passe ! Le mauvais usage est généralement d&#39;utiliser des mots de passe identiques, ou des &#34;patterns&#34; faciles à retenir pour se souvenir de tous ses mots de passe. C&#39;est un moyen très facile pour les hackers de récupérer nos accès quand nos identifiants fuitent sur un site ou un autre, aussi un mot de passe fort et différent pour chaque compte est essentiel. Mais c&#39;est embêtant, et la solution du calepin de mots de passe est une fausse bonne idée (il peut-être perdu, volé, etc...).&#xA;&#xA;J&#39;utilise un gestionnaire de mot de passe sécurisé par un mot de passe dit &#34;maître&#34;, c&#39;est-à-dire un mot de passe long mais unique, qui permet de débloquer tous les autres. Ma préférence s&#39;est portée sur BitWarden, car il permet de stocker en local et de manière chiffrée tous ses mots de passe, et propose le remplissage automatique sur internet (sous réserve de s&#39;être connecté à l&#39;aide de son mot de passe maître précédemment). Il suffit alors de laisser bitwarden générer de nouveaux mot de passe forts (environ 14-16 caractères, avec majuscules, chiffres et caractères spéciaux), avoir un mot de passe maître unique en tête (25 caractères environ), et tout enregistrer sur le gestionnaire de mot de passes. Il existe évidemment des alternatives qui fournissent le même service, comme Proton qui propose son propre gestionnaire par exemple, ou encore des outils fonctionnant en local comme Keypass (connu pour être plus sécurisé que Bitwarden).&#xA;&#xA;Changer de système d&#39;exploitation&#xA;Si la base d&#39;Android est libre et open source, la plupart des téléphones sont aujourd&#39;hui vendus nativement avec une version d&#39;Android propriétaire fonctionnant avec les services de Google (sans possibilité de les enlever). Certains d&#39;entre eux sont même quasi-impossibles à &#34;root&#34; (c&#39;est-à-dire prendre le contrôle pour installer un noyau de notre choix). Il s&#39;agit donc de trouver les systèmes d&#39;exploitation disponibles pour son téléphone.&#xA;&#xA;Les différentes versions existantes sur le marché sont généralement basées sur Android (les autres versions de Linux n&#39;étant pas à la hauteur aujourd&#39;hui, en tout cas pas assez utilisées pour bénéficier de développeurs):&#xA;&#xA;postMarketOS (beaucoup de compatibilités, sert notamment au reconditionnement de vieux appareils)&#xA;/e/OS (version très proche des android de google, mais sans la présence obligatoire des services google, beaucoup de compatibilités)&#xA;LineageOS (version d&#39;android complètement dégooglisée, servie avec une configuration minimale, assez compatible avec les appareils)&#xA;GrapheneOS (uniquement compatible avec les Google Pixel, bientôt avec Motorola, très sécurisé et performant)&#xA;&#xA;De manière générale, les téléphones les plus faciles à dégoogliser sont (étonnament) les Google Pixel. Les constructeurs alternatifs peuvent aussi être intéressants, par exemple FairPhone qui propose même des téléphones directement sous /e/OS à l&#39;achat (ce qui évite des manipulations sensibles et le déverrouillage du bootloader).&#xA;&#xA;Si le téléphone n&#39;est pas directement livré avec le système d&#39;exploitation, il faut chercher sur Internet, pour son téléphone en particulier, la compatibilité et la procédure à suivre pour le rooter. LineageOS par exemple propose un tutoriel pour chaque appareil supporté, à suivre du début à la fin pour installer un nouvel OS. De manière générale, il faudra utiliser un ordinateur, et suivre les procédures, qui impliqueront l&#39;utilisation de &#34;fastboot&#34; et &#34;adb&#34;, des outils dédiés pour la gestion d&#39;Android par ligne de commande depuis un ordinateur. Comme souvent, &#34;suivre le tutoriel&#34; est la solution (le plus difficile est de trouver le tutoriel, puis de régler les problèmes en cherchant dans les méandres d&#39;internet).&#xA;&#xA;J&#39;utilise personnellement LineageOS, avec Trébuchet comme gestionnaire d&#39;affichage (servi nativement), et en suis très heureux pour le moment. Au niveau du noyau, les services de Google ne sont pas actifs, et la sécurité est gérée par un outil linux intégré à Lineage. Mon téléphone est aussi chiffré (ses données ne sont pas déchiffrables sans accès autorisé au téléphone).&#xA;  mise à jour : de la version native de LineageOS, je suis passé à un patch contenant MicroG, projet open source permettant de faire croire à certaines applications que les services de Google sont actifs (attention aux services activés, certains fournissent des données à Google quand même)&#xA;&#xA;Sécuriser son accès à Internet&#xA;Pour sécuriser mes accès au réseau (et notamment éviter de donner mon adresse IP librement), j&#39;utilise un VPN. Je le couple à un bloqueur de DNS qui permet d&#39;empêcher les publicités intempestives. Ces services sont généralement payants, avec des fournisseurs assez variés. Au long de mes recherches, les meilleures possibilités que j&#39;ai trouvées sont probablement Proton VPN, et Mullvad VPN. Personnellement, j&#39;utilise Mullvad car c&#39;est un des services les plus avancés et sûrs (création de compte sans identifiants tels que mail et téléphone, plusieurs méthodes de blocage des traqueurs de données, prix bloqué et assuré à 5€ par mois, garanties avérées de protections des données, bloqueurs de DNS intégrés).&#xA;&#xA;De plus, j&#39;évite d&#39;utiliser au maximum des navigateurs internet privés (Google Chrome et Microsoft Edge pour ne pas les citer). À la place il y a l&#39;embarras du choix: Brave, Firefox (et ses nombreuses branches), Tor... Personnellement, après plusieurs essais j&#39;utilise Firefox, avec AdBlock en extension.&#xA;&#xA;Enfin, j&#39;évite aussi le moteur de recherche de Google (qui propose en abondance du contenu sponsorisé et des articles générés par IA en boucle). Deux solutions ici, DuckDuckGo (qui a le mérite de fonctionner assez bien, et sur lequel il est possible de supprimer l&#39;utilisation de l&#39;IA pour la recherche) ou Searxng, qui propose différents fournisseurs d&#39;agrégateurs de moteurs de recherche, avec des variations selon les instances (voir instances). En réalité, il y a une vraie limite ici car aucun moteur de recherche n&#39;arrive à la cheville de ce que fait Google, les autres se bornent généralement à faire des requêtes anonymes à l&#39;algorithme de Google.&#xA;&#xA;Au delà, la sécurité est toujours un compromis. Les bonnes pratiques (ne pas installer depuis des dépôts inconnus, faire régulièrement ses mises à jour, n&#39;autoriser que le strict nécessaire à notre usage de l&#39;application) suffisent généralement à minimiser le risque. Cela ne fera jamais de risque zéro, l&#39;essentiel est d&#39;être un minimum au courant des risques encourus quand on installe quelque chose.&#xA;&#xA;Trouver des applications alternatives&#xA;Maintenant que l&#39;usage du téléphone est sécurisé (autant que possible, la sécurité parfaite n&#39;existe pas), il s&#39;agit de subvenir aux besoins restants, et donc d&#39;installer les applications associées. Pour l&#39;usage classique du téléphone, des services sont déjà présents sur Lineage (appels, sms, agenda, calculatrice, ...) avec des applications open source. Pour le reste, l&#39;idée pour éviter Google est de ne pas passer par le Google Play Store. Il y a peu d&#39;alternatives, mais elles existent: d&#39;abord, le téléchargement direct des fichiers d&#39;applications via apkmirror sur internet... ce qui n&#39;est pas vraiment recommandé, notamment pour la gestion des mises à jour. Ensuite, l&#39;utilisation de gestionnaires de dépôts, comme F-droid qui fournit des applications libre et open source (FOSS en anglais). Ensuite, pour ce qui n&#39;existe pas sur F-droid, j&#39;utilise Aurora Store, qui est une &#34;copie&#34; du play store sans nécessité de se connecter à un compte Google (mode &#34;anonyme&#34;).&#xA;&#xA;Quand j&#39;installe des applications, je me pose les questions suivantes:&#xA;&#xA;est-ce que l&#39;application répond à un besoin essentiel pour moi ?&#xA;est-ce qu&#39;elle respecte la philosophie Unix (do one thing but do it well) ?&#xA;est-elle libre et open source, ou existe-t-il une alternative libre et open source ?&#xA;quel est le risque que je prend avec cette application ?&#xA;ai-je un moyen de diminuer ce risque ?&#xA;&#xA;En considérant la réponse à chaque question, j&#39;estime si le compromis entre les avantages et inconvénients apportés me convient. Cela m&#39;évite d&#39;installer &#34;compulsivement&#34; des applications qui ne vont faire qu&#39;aspirer mon attention sans que je l&#39;accepte vraiment (ou pas, mais on se sépare difficilement des addictions implantées par des années d&#39;usage des services des GAFAM).&#xA;&#xA;Sur l&#39;évaluation des risques, je pars généralement du principe que F-droid me donne les informations sur les risques (c&#39;est en général écrit dans la description), et je compte ensuite sur Aurora pour détecter les différents traqueurs présents dans mes applications.&#xA;&#xA;Sur la diminution des risques, j&#39;utilise un 3ème outil (après F-droid et Aurora Store): ReVanced. C&#39;est un outil de &#34;patch&#34; sur les applications, qui va venir changer le code source pour éviter certains services, traqueurs, gestionnaires de pubs... C&#39;est en même temps un bénéfice (j&#39;évite des traqueurs des GAFAM dans les applications supportées et qui l&#39;autorisent) et en même temps un risque (toucher au code source via des apk en ligne peut toujours comporter des risques de virus). Attention ici au risque, le patch est souvent interdit par les applications !&#xA;&#xA;Une note importante: toutes les applications ne fonctionnent pas sans les services de Google. Par exemple, &#34;l&#39;identité numérique&#34; service de l&#39;état français (ainsi que sa version par LaPoste), ne fonctionne pas sans services de Google. Elle ne fonctionne pas avec MicroG non plus. C&#39;est l&#39;occasion de se connecter aux services de l&#39;État avec de vrais mots de passe (de toutes façons les hackers n&#39;ont pas besoin de beaucoup d&#39;efforts pour récupérer les bases de données de l&#39;État au vu des dernières fuites).&#xA;&#xA;Ci-dessous, une liste non exhaustive (et sûrement pas mise à jour) des applications de remplacement que j&#39;ai sélectionné :&#xA;&#xA;a href=&#34;https://album.zaclys.com/App alternatives,a75,117385&#34; title=&#34;Ouvrir/voir cet album&#34; target=&#34;blank&#34;img src=&#34;https://album.zaclys.com/download.php?src=3&amp;docid=8564154&amp;v=1782737835&#34; style=&#34;border:0;margin:0;padding:0&#34;/abrstrongApplications alternatives/strong&#xA;&#xA;Prendre conscience des risques restants&#xA;Il n&#39;y a pas d&#39;usage sans risque, l&#39;essentiel est ici d&#39;être conscient des failles (et d&#39;agir en conséquences). Je sais par exemple que Facebook Messenger, Instagram, mes applications de banque, ... possèdent des traqueurs connus (Google advertisment par exemple). J&#39;essaie donc au maximum de diminuer progressivement mon empreinte numérique sur ces applications, et si pas possible au moins à sécuriser au maximum mon usage de ces dernières.&#xA;&#xA;Un point sur lequel je me pose aussi des questions (avec peu de réponses) est sur la sécurité des applications. Je ne sais pas vraiment quand je peux me fier ou non à telle ou telle application. Je n&#39;ai toujours pas de réponse sur ça.&#xA;&#xA;Conclusion&#xA;&#xA;J&#39;espère que tous les conseils que j&#39;ai donné permettront à certain⸱e⸱s de se libérer des GAFAM, et ainsi se défendre tant que cela est possible des atteintes à la liberté de ces conglomérats. Le logiciel libre est un lieu de lutte comme un autre, mais n&#39;oublions pas l&#39;origine capitaliste qui nous plongent dans ces situations. Donnez de la forces aux collectifs qui construisent des solidarités, ils sont essentiels à notre survie collective dans les avenirs qui viennent.&#xA;&#xA;Ressources utiles&#xA;&#xA;Subreddit degoogle&#xA;Compatibilité LineageOS&#xA;Forums XDA]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<h2 id="introduction" id="introduction">Introduction</h2>

<p>Nous vivons une époque où le temps nous est volé. Le capitalisme néolibéral a besoin, pour maintenir sa croissance, d&#39;exploiter l&#39;ensemble de l&#39;environnement dans lequel il évolue, et à fortiori les humain⸱e⸱s. Il s&#39;agit alors de maximiser (et donc voler) le temps des individus, qu&#39;ils soient producteur⸱ice⸱s ou consommateur⸱ice⸱s, et ce au service du capital. J&#39;appuie ici la notion de “service au capital”: le temps et les projets personnels sont vus comme “inutiles” ou “à la marge”, étant à systématiquement écraser et réprimer. Il est de plus en plus difficile de se regrouper en collectifs ou en syndicats s&#39;ils dérangent l&#39;ordre établi, de produire du commun, de protéger des espaces, de militer pour le changement, ou plus simplement de se reposer, de s&#39;ennuyer, d&#39;être “inactif.ve.s”. Il s&#39;agit donc, pour la bourgeoisie, de <strong>contrôler chaque temps non salarié</strong>, de “repos”, et de les transformer en des temps d&#39;activité qui lui est utile, qui lui permet d&#39;extraire de la plus-value, en l&#39;occurence des phases de consommation-production individualisées.</p>

<p>Plusieurs outils permettent au capital de transformer le repos en phase de consommation-production. Ce qui nous intéresse ici, c&#39;est l&#39;usage massif des outils numériques comme “moyens de production-consommation” du capitalisme. Nos téléphones, nos ordinateurs, nos systèmes d&#39;exploitation, sont conçus non pas (plus) comme des moyens d&#39;émancipation, d&#39;apprentissage et d&#39;enseignement, d&#39;aide à des projets personnels, mais bien comme des outils de contrôle de masse, de mise en dépendance, d&#39;incitateurs à la consommation permanente, de sources de production de données non rémunérées (et donc d&#39;extraction de plus-value maximale). Lors de mes démarches, j&#39;ai pu repérer 3 principes fondamentaux de l&#39;oppression systématique par la grande bourgeoisie du numérique :</p>
<ul><li><strong>contrôle du temps :</strong> économie de l&#39;attention, techniques psychologiques et physiologiques implémentées dans les logiciels pour maintenir l&#39;usager sur son appareil, comme les notifications, le scroll infini, la standardisation du temps de vidéos;</li>
<li><strong>dépendance technique :</strong> l&#39;usager est mis en dépendance vis à vis des moyens proposés par les GAFAM, que ce soit dans sa pratique citoyenne, individuelle, ou au travail. Iel a besoin d&#39;un smartphone pour valider des opérations bancaires, de la suite Microsoft pour communiquer avec ses collègues, de réseaux sociaux pour ne pas être isolé socialement. De plus, l&#39;usage de formats propriétaires (word par exemple) empêchent l&#39;interopérabilité avec des logiciels alternatifs libres;</li>
<li><strong>exploitation du temps libre et extraction de plus-value</strong> : la collecte de données permanente permet de produire de la valeur en extrayant l&#39;attention des usagers d&#39;une part, grâce aux publicités, ce qui génère de la consommation induite, mais aussi aujourd&#39;hui en utilisant les données récoltées pour entraîner des modèles d&#39;IA par exemple. Ne pas être soumis aux publicités demande de souscrire à un abonnement, certains outils essentiels deviennent payants pour étendre leurs fonctionnalités.</li></ul>

<p>Il est aujourd&#39;hui quasi-impossible de vivre sans smartphone équipé des services de Google, et difficile d&#39;utiliser un ordinateur sans les services de Microsoft, sans rentrer en conflit avec les pratiques sociales hégémoniques imposées par les structures bourgeoises. Idem quand il s&#39;agit de travailler pour une entreprise sans utiliser les services des GAFAM. De plus, il devient de plus en plus difficile de développer des logiciels libres sans l&#39;aval des grands conglomérats du numérique. Ces outils sont de fait entrés dans nos vies sans que l&#39;on ait de pouvoir de les refuser à moyen terme. Les monopoles des GAFAM leur permettent de librement nous soumettre à des algorithmes oppressifs, non respectueux de la vie privée et des données personnelles, incitant des comportements addictifs à haute valeur ajoutée pour la bourgeoisie, et volant le temps de vie libre de toustes.</p>

<p>L&#39;objet de ce billet de blog est de se libérer, en partie, de ces réseaux oppressifs. Sans prétention d&#39;en faire une liste exhaustive, je livre mon travail pour permettre à d&#39;autres de lutter contre les GAFAM et la bourgeoisie numérique.</p>

<h2 id="quitter-google-et-son-hégémonie-sur-les-smartphones" id="quitter-google-et-son-hégémonie-sur-les-smartphones">Quitter Google et son hégémonie sur les smartphones</h2>

<p>Quitter Google n&#39;est PAS simple. C&#39;est en faisant que ce constat que j&#39;ai pris la mesure du pouvoir qu&#39;ils ont sur nos vies. La conception de la plupart des applications Android du quotidien est faite de manière à les rendre dépendantes à Google, ses services et son architecture. Sans les services de Google, elle deviennent non fonctionnelles. Et celles qui restent utilisables, contiennent dans leur code les traqueurs qui permettent à Google de récupérer des données. La dé-googlisation demande donc des sacrifices plus ou moins grands selon le niveau de confidentialité souhaité. Et surtout, il est difficile de se détacher de certains services obligatoires (banque, réseaux sociaux et de communication) sans sortir de réseaux imposés par la société. Il reste cependant possible d&#39;adapter ses pratiques pour limiter son empreinte sur leurs serveurs.</p>

<h3 id="pourquoi-partir" id="pourquoi-partir">Pourquoi partir ?</h3>

<blockquote><p>Si c&#39;est gratuit c&#39;est que c&#39;est toi le produit</p></blockquote>

<p>L&#39;adage <em>si c&#39;est gratuit c&#39;est toi le produit</em> s&#39;applique parfaitement au modèle économique des GAFAM. Sous couvert de services gratuits, la plus-value générée par notre attention, nos données, notre travail numérique, est intégralement extraite. Chaque recherche, clic, message envoyé, minute passée devant notre écran, alimente les conglomérats les plus puissants de la planète.</p>

<p>Pour maximiser cette plus-value, il s&#39;agit donc pour la bourgeoisie numérique de <strong>maintenir au maximum notre présence sur leurs services</strong>. C&#39;est ce qui explique les différentes méthodes utilisées, sans que l&#39;on soit vraiment informé.e.s sur leur effet réel sur notre corps et notre cerveau : traqueurs invisibles, collecte continue de données, interfaces addictives, algorithmes qui ciblent et orientent nos centres d&#39;intérêts, et incitent à la réaction, notifications, captation visuelle et sonore de l&#39;attention, etc.</p>

<p>Au delà de ces techniques, des <strong>structures institutionnelles</strong> sont mises en place pour accentuer cette dépendance. Disparition des postes téléphoniques, dématerialisation pour l&#39;administration et les transports, massification de la communication en ligne, individualisation de l&#39;urbanisme décourageant les rassemblements en physique, accès à des services essentiels comme l&#39;hôpital, les banques, nécessitant un smartphone.</p>

<p>En partant de cet écosystème, c&#39;est non seulemement une démarche politique que j&#39;ai entrepris, mais aussi une <strong>démarche d&#39;émancipation de ces réseaux coercitifs</strong>. Avant d&#39;avoir entamé ce travail, je ne maîtrisais rien, que ce soit les données qui entrent et sortent de mon appareil, les applications installées sur mon appareil, je ne comprenais pas comment mon smartphone ou mon ordinateur fonctionnait, ce qui m&#39;empêchait de les réparer. Je n&#39;ai toujours pas une maîtrise parfaite, mais je pense m&#39;être beaucoup mieux approprié mes appareils aujourd&#39;hui.</p>

<p>Enfin, il y a des limites fortes. Le monopole de Google sur les smartphones rend le départ très difficile. Certaines applications sont dépendantes de leurs services, et de nombreux outils sont dépendants de leurs infrastructures. Tout est fait pour décourager les alternatives libres, l&#39;interopérabilité, la réparation, les pratiques numériques indépendantes et autonomes.</p>

<p>C&#39;est donc toute une démarche de remise en cause de l&#39;environnement numérique imposé par les GAFAM, modelant notre usage pour générer du profit. En échange, je cherche un usage basé sur mes besoins, maîtrisé, réparable, répétable, et indépendant.</p>

<h3 id="au-préalable-définir-ses-besoins" id="au-préalable-définir-ses-besoins">Au préalable, définir ses besoins</h3>

<p>Le processus de dégooglisation va donc bien au delà de simplement quitter les applications estampillées “Google”. Il s&#39;agit plutôt de <strong>changer tout son rapport au numérique</strong>, hors du cadre imposé par Google sur l&#39;ensemble des appareils. Et donc, il faut aussi réflechir aussi à quelle forme prend ce cadre imposé.</p>

<p>Il me semble avoir reconnu deux principes poussant à considérer le smartphone conçu comme une source de consommation plutôt qu&#39;un outil répondant à des besoins.</p>
<ol><li><p>D&#39;abord, par la <strong>disponibilité imposée de produits</strong> : j&#39;achète un smartphone, des services sont installés dessus que je le veuille ou non, et quoi que je fasse ce service fonctionnera, je l&#39;utilise donc par défaut et son usage façonne mon rapport l&#39;outil “smartphone”. À cela s&#39;ajoutent les besoins créés par des popup incessant (par exemple sur instagram nous demandant à chaque ouverture d&#39;autoriser l&#39;accès à la localisation), ou une dématérialisation “par défaut” de certains services (notamment de l&#39;État).</p></li>

<li><p>Ensuite, par la <strong>construction des dépôts de logiciels et la conception concurrencielle du développement d&#39;application</strong> (notamment l&#39;App Store), qui nous proposent “d&#39;explorer les applications”. Ce cadre constitue une structure consumériste, basée sur l&#39;addiction à la nouveauté permanente et à la mise sous dépendance d&#39;usage de chaque nouvelle application. Une application produite dans ce cadre ne sert pas tant à combler un besoin qui lui pré-existe qu&#39;à faire émerger un besoin par sa propre existence.</p></li></ol>

<p>Ces principes entraînent une <strong>décorrelation entre le besoin réel et le produit de consommation</strong>, qui est néfaste autant pour le consommateur que pour les développeur⸱euses, qui ne créent plus pour répondre à des besoins d&#39;usager⸱e⸱s mais pour faire émerger le besoin chez le consommateur potentiel et rendre ainsi leur produit concurrentiel. La finalité, c&#39;est la création permanente de marchés, propre au capitalisme. Sortir de ce système, c&#39;est faire la démarche inverse: définir/évaluer ses besoins, puis rechercher les produits existants pouvant y répondre (et créer son outil s&#39;il n&#39;existe pas). C&#39;est aussi s&#39;interroger sur le coût (humain, écologique, financier, sociétal) des outils et les risques que j&#39;encours (sur ma vie privée, sur les conséquences possibles sur ma santé...), à mettre sur la balance face à notre sentiment de besoin (est-ce que cela vaut le coût de subvenir à ce besoin, est-il essentiel ?). Il s&#39;agit enfin d&#39;interroger la convivialité des outils, leur effet sur nos usages, la possibilité de se les approprier, de les comprendre, les réparer ou les adapter à nos usages.</p>

<p>Pour changer de manière d&#39;aborder les choses, j&#39;ai découvert la <strong>philosophie Unix</strong>. Elle se formule généralement par <em>“do one thing and do it well”</em>, c&#39;est-à-dire qu&#39;une bonne application est une application mono-tâche qui accomplit ce qu&#39;on lui demande de la manière dont on lui demande. C&#39;est une philosophie largement répandue dans le monde de l&#39;open source et du libre, qui permet souvent des applications très efficaces dans leur domaine (pas forcément mais la spécialisation aide souvent).</p>

<p>Ainsi, en réfléchissant à tous ces axes (risques, coût, besoins, nécessité), j&#39;ai pu redéfinir en partie mes besoins. Évidemment, ils sont amenés à évoluer, et surtout sont modelés par mes usages passés dans le cadre du paradigme précédent et de la société qui agit sur moi: ais-je vraiment besoin d&#39;Instagram ? Je sais que mon besoin de réseaux sociaux comme Instagram est d&#39;une part addictif, d&#39;autre part une injonction sociétale, et tendra peut-être à diminuer (jusqu&#39;à être compensée par le risque de profilage que l&#39;application représente) si j&#39;arrive à trouver l&#39;énergie de me sevrer et si je trouve des alternatives de réseaux de sociabilité... et dans ce cas mon usage et mon besoin se transformeront, peut-être que je tendrai vers des applications semblables, libres et plus saines dans leur construction. <strong>L&#39;idée n&#39;est pas d&#39;abandonner des outils sans réfléchir, mais plutôt d&#39;amorcer le changement, et empêcher les GAFAM de nous maintenir sans discernement dans la pratique qu&#39;ils imposent.</strong></p>

<p><strong>Les besoins que j&#39;ai relevés sont ainsi :</strong></p>
<ul><li>pouvoir communiquer à travers mes réseaux (téléphone, messageries, réseaux sociaux, mails, gestionnaire de contacts)</li>
<li>avoir accès à des services essentiels pour moi (streaming musical et vidéo, accès à mes comptes bancaires, aux applications de transports, appareil photo...)</li>
<li>avoir un accès sécurisé à internet (sans traqueurs, sans pubs)</li>
<li>avoir un appareil sécurisé me permettant la double authentification (2FA)</li>
<li>pouvoir couper les services lorsque je ne les utilise pas, autant au niveau logiciel que matériel, en particulier le micro, la caméra, la localisation et l’accès internet</li>
<li>minimiser les données que je transmet si elles ne sont pas utiles ou sécurisées suffisamment pour que j&#39;accorde ma confiance au service qui les détient</li>
<li>limiter mon exposition aux publicités ciblées</li>
<li>minimiser le risque de fuites de données personnelles</li></ul>

<p><strong>Pour subvenir à ces besoins, j&#39;ai identifié plusieurs pistes :</strong></p>
<ul><li>adopter un comportement en ligne plus responsable et éclairé
<ul><li>continuer à suivre les bases, à savoir éviter le phishing, les sites internet non sécurisés et inconnus, éviter de télécharger des fichiers sur internet les yeux fermés, refuser les cookies sur les sites, ...</li>
<li>utiliser des mots de passe forts (et un gestionnaire de mot de passe en lequel j&#39;ai confiance)</li>
<li>utiliser au maximum un VPN au quotidien</li>
<li>continuer à m&#39;informer en continu sur les usages, les évolutions des applications, etc...</li></ul></li>
<li>changer mon téléphone pour une marque qui me permet de quitter google (FairPhone en l&#39;occurence)</li>
<li>changer de système d&#39;exploitation pour une version sans Google</li>
<li>quitter un à un les services de Google, et passer tous mes comptes essentiels sur une nouvelle adresse mail, ou demander la suppression des données si le service est non-essentiel</li>
<li>adopter la philosophie UNIX pour les applications alternatives que j&#39;adopte (“do one thing and do it well”)</li></ul>

<p>Un sacré travail en perspective !</p>

<h3 id="le-plus-difficile-lister-ses-comptes-associés-à-google" id="le-plus-difficile-lister-ses-comptes-associés-à-google">Le plus difficile : lister ses comptes associés à Google</h3>

<p>S&#39;il y a une chose à faire en premier (car c&#39;est LONG), c&#39;est bien de préparer la suppression de son compte google (et donc la fermeture de son adresse Gmail). Le plus simple (pour commencer par le commencement), c&#39;est de récupérer ses données personnelles collectées par Google. Une part de données (qui ne seront probablement jamais utiles) peut être récupérée via Google Takeout. Cela peut notamment être intéressant pour transférer ses abonnements youtubes sous un nouveau service en local (par exemple PipePipe ou NewPipe), ou encore exporter et archiver ses mails au format Mbox en local, pour plus tard pouvoir y accéder via Thunderbird par exemple. Dès lors que l&#39;ensemble des mails sont sauvegardés, ils peuvent être supprimés sur gmail (intéressant quand on sait que Google et Microsoft se préparent à l&#39;accès total de tous nos mails pour leurs services d&#39;IA à des fins d&#39;entraînement) et enfin enregistrer les contacts sauvegardés sur notre compte google. Il s&#39;agit ensuite de vider les différents cloud (Google Drive, ou autres cloud détenus par les GAFAM), pour stocker tout en local.</p>

<p>Cette phase est relativement longue, car Google détient beaucoup de données, et il serait malvenu de supprimer son compte avant de découvrir que nos contacts sont enregistrés chez eux et les perdre intégralement.</p>

<p>Ensuite, l&#39;étape la plus longue est celle consistant à retrouver toutes les occurences de mon adresse gmail sur les comptes que j&#39;ai pu créer. C&#39;est mon problème principal encore aujourd&#39;hui, car j&#39;ai une adresse gmail depuis 2013, à laquelle sont liés 100% des comptes que j&#39;ai créé en 13 ans. Je n&#39;ai évidemment jamais noté les comptes que je créais. J&#39;attend, pour supprimer mon compte google, de ne plus avoir peur de perdre des services essentiels qui seraient dépendants de mon accès à mon adresse gmail. J&#39;ai trouvé quelques techniques pour aider à retrouver ses différents comptes:</p>
<ul><li>un premier moyen est de vérifier les services connectés à notre compte google (via internet, gérer mon compte google – Applis et services tiers).</li>
<li>ensuite, on peut aussi regarder les mails automatiques de création de compte reçus sur notre adresse gmail (sauf si on les a, comme moi, supprimés au fur et à mesure).</li>
<li>enfin, on peut définir une période (6 mois par exemple) où on conservera l&#39;adresse, et où à chaque utilisation d&#39;un compte lié à gmail, on changera l&#39;adresse liée. Au bout de 6 mois à un an, on peut imaginer que les services oubliés ne sont pas à ce point essentiels.</li></ul>

<p>Aussi, pour réduire la masse de comptes à modifier, un moyen peut aussi être de réfléchir encore une fois aux services dont j&#39;ai réellement besoin (ce qui réduit drastiquement la liste, et surtout permet de trouver rapidement les services concernés). Ce qui ne veut pas dire que je vais oublier simplement les comptes restants, car mon objectif est aussi de supprimer ces comptes, ou si cela n&#39;est pas possible facilement demander la suppression de mes données personnelle (ce qui n&#39;est pas toujours aisé, même avec le soutien des RGPD qui sont censées nous garantir ce droit).</p>

<p>Un problème majeur peut subsister, notamment si l&#39;usage de services de google est nécessaire dans le cadre des études, du travail, de la famille... Pour les deux premiers, il est toujours possible de créer un nouveau compte Google, sans données permettant notre identification, et strictement utilisé dans le cadre du travail. Pour la famille... à vous de les convaincre de quitter aussi les GAFAM (l&#39;occasion aussi de montrer à quel point l&#39;accessibilité peut-être simplifié sans les innombrables services inutiles de Google).</p>

<h3 id="ensuite-remplacer-son-adresse-gmail" id="ensuite-remplacer-son-adresse-gmail">Ensuite, remplacer son adresse gmail</h3>

<p>Pour pouvoir changer ses différents comptes liés à gmail, il faut évidemment trouver un service d&#39;hébergement d&#39;adresse mail alternatif. Dans ce cas, j&#39;utilise ProtonMail (j&#39;y paye l&#39;abonnement de base), un service Suisse sécurisé. Il existe de nombreux fournisseurs similaires, comme TutaMail, FastMail... Reste aussi la possibilité d&#39;auto-héberger son service de mail, ou de passer par un <a href="https://www.chatons.org/" rel="nofollow">Chaton</a>, ou en achetant de l&#39;espace sur des serveurs de son choix (cela est possible “clés en mains” en utilisant Zaclys, qui garde les données chez OVH en France et propose la possibilité de crypter notre espace). Personnellement j&#39;utilise ProtonMail (je l&#39;ai fait sans vraiment réflechir, c&#39;était une décision que j&#39;ai prise au tout début de mon parcours). Un désavantage certain est que la version gratuite ne permet pas de recevoir des mails sous Thunderbird (mais la version payante de base est abordable, et le service est de qualité). <strong>Attention aussi, récemment Proton a financé un influenceur d&#39;extrême droite (Vincent Lapierre) via une collaboration commerciale</strong>. Information moins grave mais qui a son importance, Proton est peut-être un des seuls services que j&#39;utilise qui dérogent à la règle “do one thing but do it well” (ils proposent un agenda, un mail, et un drive, ainsi qu&#39;un gestionnaire de mot de passe et un VPN que je n&#39;utilise pas), mais c&#39;est une solution de facilité que j&#39;ai trouvé en attendant de faire mieux. Un avantage (et je crois que Tuta le permet aussi) est que l&#39;on peut régler une redirection des mails Gmail vers Proton, ce qui aide à se détacher de Google pendant les 6 mois de prospection des comptes associés à gmail. Il est aussi possible d&#39;avoir plusieurs alias, menant à la même adresse, ce qui est assez pratique pour se prémunir du spam.</p>

<p>En ce moment, je me suis tourné vers <strong>Zaclys</strong>, qui propose une alternative française à la suite Proton, avec des outils plus sobres. Le service coûte 12€ par an, pour un cloud (extensible si besoin moyennant quelques euros), une forge git, une adresse mail, un espace de blogging (le présent blog passe par Zaclys), etc... À terme, cela pourrait remplacer les services que je conserve sous Proton.</p>

<p>Sur le point de l&#39;auto-hébergement, ou de l&#39;usage d&#39;un serveur personnel distant, c&#39;est une solution très intéressante et tout a fait cohérente, mais qui prend beaucoup de temps (et quelques risques). Mieux vaut prendre le temps de savoir ce que l&#39;on fait avant de se lancer dans ça.</p>

<h3 id="en-profiter-pour-changer-ses-mots-de-passe" id="en-profiter-pour-changer-ses-mots-de-passe">En profiter pour changer ses mots de passe</h3>

<p>Modifier son adresse mail sur ses comptes, c&#39;est aussi l&#39;occasion rêvée de changer ses mots de passe ! Le mauvais usage est généralement d&#39;utiliser des mots de passe identiques, ou des “patterns” faciles à retenir pour se souvenir de tous ses mots de passe. C&#39;est un moyen très facile pour les hackers de récupérer nos accès quand nos identifiants fuitent sur un site ou un autre, aussi un mot de passe fort et différent pour chaque compte est essentiel. Mais c&#39;est embêtant, et la solution du calepin de mots de passe est une fausse bonne idée (il peut-être perdu, volé, etc...).</p>

<p>J&#39;utilise un gestionnaire de mot de passe sécurisé par un mot de passe dit “maître”, c&#39;est-à-dire un mot de passe long mais unique, qui permet de débloquer tous les autres. Ma préférence s&#39;est portée sur <strong>BitWarden</strong>, car il permet de stocker en local et de manière chiffrée tous ses mots de passe, et propose le remplissage automatique sur internet (sous réserve de s&#39;être connecté à l&#39;aide de son mot de passe maître précédemment). Il suffit alors de laisser bitwarden générer de nouveaux mot de passe forts (environ 14-16 caractères, avec majuscules, chiffres et caractères spéciaux), avoir un mot de passe maître unique en tête (25 caractères environ), et tout enregistrer sur le gestionnaire de mot de passes. Il existe évidemment des alternatives qui fournissent le même service, comme Proton qui propose son propre gestionnaire par exemple, ou encore des outils fonctionnant en local comme Keypass (connu pour être plus sécurisé que Bitwarden).</p>

<h3 id="changer-de-système-d-exploitation" id="changer-de-système-d-exploitation">Changer de système d&#39;exploitation</h3>

<p>Si la base d&#39;Android est libre et open source, la plupart des téléphones sont aujourd&#39;hui vendus nativement avec une version d&#39;Android propriétaire fonctionnant avec les services de Google (sans possibilité de les enlever). <strong>Certains d&#39;entre eux sont même quasi-impossibles à “root”</strong> (c&#39;est-à-dire prendre le contrôle pour installer un noyau de notre choix). Il s&#39;agit donc de trouver les systèmes d&#39;exploitation disponibles pour son téléphone.</p>

<p>Les différentes versions existantes sur le marché sont généralement basées sur Android (les autres versions de Linux n&#39;étant pas à la hauteur aujourd&#39;hui, en tout cas pas assez utilisées pour bénéficier de développeurs):</p>
<ul><li><strong>postMarketOS</strong> (beaucoup de compatibilités, sert notamment au reconditionnement de vieux appareils)</li>
<li><strong>/e/OS</strong> (version très proche des android de google, mais sans la présence obligatoire des services google, beaucoup de compatibilités)</li>
<li><strong>LineageOS</strong> (version d&#39;android complètement dégooglisée, servie avec une configuration minimale, assez compatible avec les appareils)</li>
<li><strong>GrapheneOS</strong> (uniquement compatible avec les Google Pixel, bientôt avec Motorola, très sécurisé et performant)</li></ul>

<p>De manière générale, les téléphones les plus faciles à dégoogliser sont (étonnament) les Google Pixel. Les constructeurs alternatifs peuvent aussi être intéressants, par exemple FairPhone qui propose même des téléphones directement sous /e/OS à l&#39;achat (ce qui évite des manipulations sensibles et le déverrouillage du bootloader).</p>

<p>Si le téléphone n&#39;est pas directement livré avec le système d&#39;exploitation, il faut chercher sur Internet, pour son téléphone en particulier, la compatibilité et la procédure à suivre pour le rooter. LineageOS par exemple propose un tutoriel pour chaque appareil supporté, à suivre du début à la fin pour installer un nouvel OS. De manière générale, il faudra utiliser un ordinateur, et suivre les procédures, qui impliqueront l&#39;utilisation de “fastboot” et “adb”, des outils dédiés pour la gestion d&#39;Android par ligne de commande depuis un ordinateur. Comme souvent, “suivre le tutoriel” est la solution (le plus difficile est de trouver le tutoriel, puis de régler les problèmes en cherchant dans les méandres d&#39;internet).</p>

<p>J&#39;utilise personnellement LineageOS, avec Trébuchet comme gestionnaire d&#39;affichage (servi nativement), et en suis très heureux pour le moment. Au niveau du noyau, les services de Google ne sont pas actifs, et la sécurité est gérée par un outil linux intégré à Lineage. Mon téléphone est aussi chiffré (ses données ne sont pas déchiffrables sans accès autorisé au téléphone).
&gt; <em>mise à jour : de la version native de LineageOS, je suis passé à un patch contenant MicroG, projet open source permettant de faire croire à certaines applications que les services de Google sont actifs (attention aux services activés, certains fournissent des données à Google quand même)</em></p>

<h3 id="sécuriser-son-accès-à-internet" id="sécuriser-son-accès-à-internet">Sécuriser son accès à Internet</h3>

<p>Pour sécuriser mes accès au réseau (et notamment éviter de donner mon adresse IP librement), j&#39;utilise un VPN. Je le couple à un bloqueur de DNS qui permet d&#39;empêcher les publicités intempestives. Ces services sont généralement payants, avec des fournisseurs assez variés. Au long de mes recherches, les meilleures possibilités que j&#39;ai trouvées sont probablement Proton VPN, et Mullvad VPN. Personnellement, j&#39;utilise Mullvad car c&#39;est un des services les plus avancés et sûrs (création de compte sans identifiants tels que mail et téléphone, plusieurs méthodes de blocage des traqueurs de données, prix bloqué et assuré à 5€ par mois, garanties avérées de protections des données, bloqueurs de DNS intégrés).</p>

<p>De plus, j&#39;évite d&#39;utiliser au maximum des navigateurs internet privés (Google Chrome et Microsoft Edge pour ne pas les citer). À la place il y a l&#39;embarras du choix: Brave, Firefox (et ses nombreuses branches), Tor... Personnellement, après plusieurs essais j&#39;utilise Firefox, avec AdBlock en extension.</p>

<p>Enfin, j&#39;évite aussi le moteur de recherche de Google (qui propose en abondance du contenu sponsorisé et des articles générés par IA en boucle). Deux solutions ici, DuckDuckGo (qui a le mérite de fonctionner assez bien, et sur lequel il est possible de supprimer l&#39;utilisation de l&#39;IA pour la recherche) ou Searxng, qui propose différents fournisseurs d&#39;agrégateurs de moteurs de recherche, avec des variations selon les instances (voir <a href="https://searx.space/" rel="nofollow">instances</a>). En réalité, il y a une vraie limite ici car aucun moteur de recherche n&#39;arrive à la cheville de ce que fait Google, les autres se bornent généralement à faire des requêtes anonymes à l&#39;algorithme de Google.</p>

<p>Au delà, la sécurité est toujours un compromis. Les bonnes pratiques (ne pas installer depuis des dépôts inconnus, faire régulièrement ses mises à jour, n&#39;autoriser que le strict nécessaire à notre usage de l&#39;application) suffisent généralement à minimiser le risque. Cela ne fera jamais de risque zéro, l&#39;essentiel est d&#39;être un minimum au courant des risques encourus quand on installe quelque chose.</p>

<h3 id="trouver-des-applications-alternatives" id="trouver-des-applications-alternatives">Trouver des applications alternatives</h3>

<p>Maintenant que l&#39;usage du téléphone est sécurisé (autant que possible, la sécurité parfaite n&#39;existe pas), il s&#39;agit de subvenir aux besoins restants, et donc d&#39;installer les applications associées. Pour l&#39;usage classique du téléphone, des services sont déjà présents sur Lineage (appels, sms, agenda, calculatrice, ...) avec des applications open source. Pour le reste, l&#39;idée pour éviter Google est de ne pas passer par le Google Play Store. Il y a peu d&#39;alternatives, mais elles existent: d&#39;abord, le téléchargement direct des fichiers d&#39;applications via apkmirror sur internet... ce qui n&#39;est pas vraiment recommandé, notamment pour la gestion des mises à jour. Ensuite, l&#39;utilisation de gestionnaires de dépôts, comme F-droid qui fournit des applications libre et open source (FOSS en anglais). Ensuite, pour ce qui n&#39;existe pas sur F-droid, j&#39;utilise Aurora Store, qui est une “copie” du play store sans nécessité de se connecter à un compte Google (mode “anonyme”).</p>

<p>Quand j&#39;installe des applications, je me pose les questions suivantes:</p>
<ul><li>est-ce que l&#39;application répond à un besoin essentiel pour moi ?</li>
<li>est-ce qu&#39;elle respecte la philosophie Unix (do one thing but do it well) ?</li>
<li>est-elle libre et open source, ou existe-t-il une alternative libre et open source ?</li>
<li>quel est le risque que je prend avec cette application ?</li>
<li>ai-je un moyen de diminuer ce risque ?</li></ul>

<p>En considérant la réponse à chaque question, j&#39;estime si le compromis entre les avantages et inconvénients apportés me convient. Cela m&#39;évite d&#39;installer “compulsivement” des applications qui ne vont faire qu&#39;aspirer mon attention sans que je l&#39;accepte vraiment (ou pas, mais on se sépare difficilement des addictions implantées par des années d&#39;usage des services des GAFAM).</p>

<p>Sur l&#39;évaluation des risques, je pars généralement du principe que F-droid me donne les informations sur les risques (c&#39;est en général écrit dans la description), et je compte ensuite sur Aurora pour détecter les différents traqueurs présents dans mes applications.</p>

<p>Sur la diminution des risques, j&#39;utilise un 3ème outil (après F-droid et Aurora Store): <strong>ReVanced</strong>. C&#39;est un outil de “patch” sur les applications, qui va venir changer le code source pour éviter certains services, traqueurs, gestionnaires de pubs... C&#39;est en même temps un bénéfice (j&#39;évite des traqueurs des GAFAM dans les applications supportées <em>et qui l&#39;autorisent</em>) et en même temps un risque (toucher au code source via des apk en ligne peut toujours comporter des risques de virus). Attention ici au risque, le patch est souvent interdit par les applications !</p>

<p>Une note importante: toutes les applications ne fonctionnent pas sans les services de Google. Par exemple, “l&#39;identité numérique” service de l&#39;état français (ainsi que sa version par LaPoste), ne fonctionne pas sans services de Google. Elle ne fonctionne pas avec MicroG non plus. C&#39;est l&#39;occasion de se connecter aux services de l&#39;État avec de vrais mots de passe (de toutes façons les hackers n&#39;ont pas besoin de beaucoup d&#39;efforts pour récupérer les bases de données de l&#39;État au vu des dernières fuites).</p>

<p>Ci-dessous, une liste non exhaustive (et sûrement pas mise à jour) des applications de remplacement que j&#39;ai sélectionné :</p>

<p><a title="Ouvrir/voir cet album" target="_blank"><img src="https://album.zaclys.com/download.php?src=3&amp;doc_id=8564154&amp;v=1782737835" style="border:0;margin:0;padding:0"></a><br><strong>Applications alternatives</strong></p>

<h3 id="prendre-conscience-des-risques-restants" id="prendre-conscience-des-risques-restants">Prendre conscience des risques restants</h3>

<p><strong>Il n&#39;y a pas d&#39;usage sans risque</strong>, l&#39;essentiel est ici d&#39;être conscient des failles (et d&#39;agir en conséquences). Je sais par exemple que Facebook Messenger, Instagram, mes applications de banque, ... possèdent des traqueurs connus (Google advertisment par exemple). J&#39;essaie donc au maximum de diminuer progressivement mon empreinte numérique sur ces applications, et si pas possible au moins à sécuriser au maximum mon usage de ces dernières.</p>

<p>Un point sur lequel je me pose aussi des questions (avec peu de réponses) est sur la sécurité des applications. Je ne sais pas vraiment quand je peux me fier ou non à telle ou telle application. Je n&#39;ai toujours pas de réponse sur ça.</p>

<h2 id="conclusion" id="conclusion">Conclusion</h2>

<p>J&#39;espère que tous les conseils que j&#39;ai donné permettront à certain⸱e⸱s de se libérer des GAFAM, et ainsi se défendre tant que cela est possible des atteintes à la liberté de ces conglomérats. Le logiciel libre est un lieu de lutte comme un autre, mais n&#39;oublions pas l&#39;origine capitaliste qui nous plongent dans ces situations. Donnez de la forces aux collectifs qui construisent des solidarités, ils sont essentiels à notre survie collective dans les avenirs qui viennent.</p>

<h2 id="ressources-utiles" id="ressources-utiles">Ressources utiles</h2>

<p><a href="https://www.reddit.com/r/degoogle/wiki/index/" rel="nofollow">Subreddit degoogle</a>
<a href="https://wiki.lineageos.org/devices/" rel="nofollow">Compatibilité LineageOS</a>
<a href="https://www.xda-developers.com/" rel="nofollow">Forums XDA</a></p>
]]></content:encoded>
      <guid>https://blogz.zaclys.com/tutoriels-malicieux/sortir-de-google-et-des-gafam</guid>
      <pubDate>Mon, 29 Jun 2026 15:03:06 +0200</pubDate>
    </item>
  </channel>
</rss>