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    <title>Réflexion &amp;mdash; Un rat bleu</title>
    <link>https://blogz.zaclys.com/un-rat-bleu/tag:Réflexion</link>
    <description>Au milieu d&#39;une forêt grise.</description>
    <pubDate>Tue, 21 Apr 2026 15:41:25 +0200</pubDate>
    <item>
      <title>Chicorée torréfiée</title>
      <link>https://blogz.zaclys.com/un-rat-bleu/chicoree-torrefiee</link>
      <description>&lt;![CDATA[Avant-propos&#xA;&#xA;Le contenu de cet article a été rédigé en grande partie le 21 février 2026, puis finalisé le lendemain.&#xA;&#xA;La compréhension de ce qui est référé par les URLs ci-dessous est conditionnée par une maîtrise de la langue anglaise écrite et orale. Il y a toutefois des morceaux qui ne la nécessitent pas : tout ce qui peut être capté par d’autres canaux sensoriels.&#xA;!--more--&#xA;Chicory : A Colorful Tale&#xA;&#xA;En français : « Chicorée : Un Conte Coloré ».&#xA;&#xA;J’ai redécouvert récemment sous une nouvelle lumière ce jeu vidéo, sorti et découvert en juin 2021. Une qui a projeté des ombres sur ma psyché depuis le début de cet hiver 2025/2026, par le prisme d’une vidéo sur ce jeu. Tout m’avait déjà été raconté dans le jeu : ce que ça fait d’être un(e) artiste, les côtés lumineux comme les plus sombres. Mais à l’époque, ça ne m’avait pas heurté. Je n’avais pas encore commencé le chemin artistique.&#xA;&#xA;Ce n’est qu’après le visionnage de cette vidéo que ça s’est activé, presque un an passé volontairement dans le processus artistique, en connaissance de mes motivations, mais moins des conséquences d’un tel choix. C’est une chose d’en entendre parler, de l’avoir en tête ; c’en est une autre de les traverser.&#xA;&#xA;Au stade où j’en suis, je suis incertain de recommander ou déconseiller la pratique d’un art à quelqu’un. Un usage thérapeutique coulerait de source. Ça aide à mieux supporter sa propre condition, et même à toucher la grâce, ne serait-ce qu’un instant. Mais dès que la flamme est allumée dans le for intérieur de cet individu, le processus est enclenché irréversiblement. Il y aura des moments où les ailes seront brûlées. La combustion n’est pas le plus dur, mais bien l’atterrissage. Certains humains ont fracturé leur esprit en s’y essayant.&#xA;&#xA;Pratiqué seul(e), isolé(e) d’individus et de sociétés humaines agonisant de ses blessures infligées par ses propres balles de plomb, et ayant perdu le sens des métaux précieux tout en courant incessamment derrière eux jusqu’à l’arrêt cardiaque, l’art est une discipline libératrice et fantastique. Ma pratique ne peut que s’y accorder. C’est cependant au contact d’essences plombées que sa substance purificatrice se corrompt et devient à son tour corruptrice. C’est une fois exposé au vacarme tempétueux des critiques et des jugements irréfléchis et impulsifs que l’enchantement se met à jouer des fausses notes. Un humain sage saurait pourtant que l’argent du verbe et la dorée virginité de la sérénité apportent infiniment plus de valeur à la vie que l’usinage véhément et venimeux de la basse supériorité de l’un sur les autres.&#xA;&#xA;Enfin... Ainsi est ce que je constate du monde humain moderne. Exposer ma flamme créatrice à du combustible toxique en provenance de ce dernier a déjà mis à rude épreuve mon esprit. L’art a cette particularité d’amplifier et de coupler tous les spectres et signaux faibles. Tout, mélangé avec tout, même quand il est plus avisé de garder certains dans leur chambre respective plutôt que dans la même cage. De la tendre douceur, en passant par l’incertitude anxieuse, jusqu’à la rage sourde et l’angoisse tonitruante.&#xA;&#xA;L’art m’a appris et continue de m’apprendre à vivre parmi les humains comme personne. Il m’a aussi lancé un défi : apprendre à aimer ; aimer tout le spectre de l’humanité, tous ses fantômes, toutes ses aspirations, tous ses rêves, réalisés comme brisés, toutes ses gammes de notes, des gravement fausses aux perçantes vraies. Et mettre chacun et chacune à sa juste place. C’est lent, c’est long, c’est douloureux. Se prendre des balles, encaisser le choc, se relever de l’affliction, plonger dans la blessure, désamorcer la mine, retirer la balle, éviter de la tirer sur quelqu’un d’autre à nouveau. Cette dernière étape est potentiellement la plus longue et la plus difficile du lot. Certains y ont laissé des plumes à essayer de s’y accrocher.&#xA;&#xA;Vincent Van Gogh&#xA;&#xA;Je me suis senti poussé aujourd’hui à me renseigner sur Vincent Van Gogh. Le peintre, certes, mais pas seulement. Au-delà de la présentation du statut de référence académique en art, il y a aussi Vincent Van Gogh, l’humain, l’esprit, l’âme. J’avais eu vent de certains traits de ses vie et carrière : un artiste autodidacte (au début), ayant appris son art sans formation académique, dévoué à la passion qui l’animait, dont le talent n’a été reconnu à grande échelle qu’après sa mort. Lui-même en doutait profondément de son vivant.&#xA;&#xA;Il est très probable que Vincent Van Gogh ait fait partie de mon éducation artistique, à l’école, au collège et/ou au lycée. Ma mémoire n’en a gardé aucune trace. J’en déduis que ça m’était passé au-dessus de la tête à l’époque. Mais aujourd’hui, j’y suis sensitif. Son unicité. L’amour insufflé dans ses œuvres. Ses choix, ce qu’il préfère dessiner, par exemple. Dans sa peinture, et aussi dans ses paroles et écrits cités.&#xA;&#xA;Je ne peux m’empêcher de lire une histoire dans la juxtaposition de ses citations. Le récit de sa vie, son parcours ; son état d’esprit du moment, celui qu’il a porté tout au long de son chemin artistique ; les distorsions de sa conscience à mesure que la condition humaine, les conséquences de sa maladie psychique et les cendres laissées par le passage de la passion plombent son âme.&#xA;&#xA;Vincent Van Gogh a trépassé à l&#39;âge de 37 ans. 2 ans auparavant, les premiers signes de maladie mentale se sont montrés. J’approche doucement de mes 30 ans cette année. Lui et moi avons développé le sens de la nature et avons été inspirés par elle au cours de notre vie. Je sais qu’accoler ces précédentes phrases peut donner l’impression que j’appréhende de sombrer, de vivre incertain de mon talent, de me voir ou d’être vu comme un échec, et/ou de tomber aux oubliettes comme lui. Tout ce que je suis en capacité de dire est que je ne considère pas ce concours de circonstances comme le fruit du hasard.&#xA;&#xA;Il n’a pas été et n’est pas le seul à être tourmenté par ces luttes intérieures. De ce que j’ai pu récolter, il semblerait que ça frappe toutes les personnes qui touchent au feu artistique avec une gravité plus ou moins aigüe. Tenter de franchir un portail, escalader un mur, ou traverser un vide abyssal sur une fine corde, enchaîné à une barre d’haltère aux poignets, à des boulets aux chevilles et à un sac à dos rempli de bagages du passé. Le vertige me vient très vite dans ces situations, alors je préfère éviter de regarder en bas et imaginer les horreurs qui m’y attendent. Mais c’est trop tard. Je suis déjà engagé sur le fil.&#xA;&#xA;La suite de l&#39;aventure&#xA;&#xA;Vais-je vaciller ? Chuter ? Perdre l’équilibre ? Être frappé par la foudre ? Emporté par la tempête ? Et qu’est-ce qui m’attend de l’autre côté ?&#xA;&#xA;Je ne sais pas. Devrais-je savoir ?&#xA;&#xA;Je ne suis pas sûr. Peut-être pas dans les détails. Tout ce que je sais est que l’art est un de mes rares moyens de me relier aux autres humains, dans leur état présent, et de me faire comprendre d’eux. Parfois, je sens que c’est le seul moyen. Tout ce que je peux faire, c’est d’accepter de prendre ce risque.&#xA;&#xA;L’art a un autre lapin dans son chapeau, un qui fait autant sauter de joie les uns que pétrifier de terreur les autres, et qui est pourtant essentiel dans la progression sur ce chemin : la surprise, l’inattendu, l’imprévisible, l’improvisé.&#xA;&#xA;Je verrai quand j’y serai.&#xA;&#xA;iframe style=&#34;border: 0; width: 100%; height: 42px;&#34; src=&#34;https://bandcamp.com/EmbeddedPlayer/album=709270856/size=small/bgcol=ffffff/linkcol=0687f5/track=1801478772/transparent=true/&#34; seamlessa href=&#34;https://radicaldreamland.bandcamp.com/album/chicory-a-colorful-tale-original-soundtrack&#34;Chicory: A Colorful Tale (Original Soundtrack) by Lena Raine/a/iframe&#xA;[Chicory home]: https://chicorygame.com/&#xA;[Chicory video]: https://www.youtube.com/watch?v=8w8s5P4OYko&#xA;[Van Gogh home]: https://www.vincentvangogh.org/&#xA;[Van Gogh quotes]: https://www.vincentvangogh.org/quotes.jsp&#xA;#Réflexion #Artiste #Chicory #VincentVanGogh]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<h2 id="avant-propos" id="avant-propos">Avant-propos</h2>

<p>Le contenu de cet article a été rédigé en grande partie le 21 février 2026, puis finalisé le lendemain.</p>

<p>La compréhension de ce qui est référé par les URLs ci-dessous est conditionnée par une maîtrise de la langue anglaise écrite et orale. Il y a toutefois des morceaux qui ne la nécessitent pas : tout ce qui peut être capté par d’autres canaux sensoriels.
</p>

<h2 id="chicory-a-colorful-tale-chicory-home" id="chicory-a-colorful-tale-chicory-home"><a href="https://chicorygame.com/" rel="nofollow">Chicory : A Colorful Tale</a></h2>

<p>En français : « Chicorée : Un Conte Coloré ».</p>

<p>J’ai redécouvert récemment sous une nouvelle lumière ce jeu vidéo, sorti et découvert en juin 2021. Une qui a projeté des ombres sur ma psyché depuis le début de cet hiver 2025/2026, par le prisme d’<a href="https://www.youtube.com/watch?v=8w8s5P4OYko" rel="nofollow">une vidéo sur ce jeu</a>. Tout m’avait déjà été raconté dans le jeu : ce que ça fait d’être un(e) artiste, les côtés lumineux comme les plus sombres. Mais à l’époque, ça ne m’avait pas heurté. Je n’avais pas encore commencé le chemin artistique.</p>

<p>Ce n’est qu’après le visionnage de cette vidéo que ça s’est activé, presque un an passé volontairement dans le processus artistique, en connaissance de mes motivations, mais moins des conséquences d’un tel choix. C’est une chose d’en entendre parler, de l’avoir en tête ; c’en est une autre de les traverser.</p>

<p>Au stade où j’en suis, je suis incertain de recommander ou déconseiller la pratique d’un art à quelqu’un. Un usage thérapeutique coulerait de source. Ça aide à mieux supporter sa propre condition, et même à toucher la grâce, ne serait-ce qu’un instant. Mais dès que la flamme est allumée dans le for intérieur de cet individu, le processus est enclenché irréversiblement. Il y aura des moments où les ailes seront brûlées. La combustion n’est pas le plus dur, mais bien l’atterrissage. Certains humains ont fracturé leur esprit en s’y essayant.</p>

<p>Pratiqué seul(e), isolé(e) d’individus et de sociétés humaines agonisant de ses blessures infligées par ses propres balles de plomb, et ayant perdu le sens des métaux précieux tout en courant incessamment derrière eux jusqu’à l’arrêt cardiaque, l’art est une discipline libératrice et fantastique. Ma pratique ne peut que s’y accorder. C’est cependant au contact d’essences plombées que sa substance purificatrice se corrompt et devient à son tour corruptrice. C’est une fois exposé au vacarme tempétueux des critiques et des jugements irréfléchis et impulsifs que l’enchantement se met à jouer des fausses notes. Un humain sage saurait pourtant que l’argent du verbe et la dorée virginité de la sérénité apportent infiniment plus de valeur à la vie que l’usinage véhément et venimeux de la basse supériorité de l’un sur les autres.</p>

<p>Enfin... Ainsi est ce que je constate du monde humain moderne. Exposer ma flamme créatrice à du combustible toxique en provenance de ce dernier a déjà mis à rude épreuve mon esprit. L’art a cette particularité d’amplifier et de coupler tous les spectres et signaux faibles. Tout, mélangé avec tout, même quand il est plus avisé de garder certains dans leur chambre respective plutôt que dans la même cage. De la tendre douceur, en passant par l’incertitude anxieuse, jusqu’à la rage sourde et l’angoisse tonitruante.</p>

<p>L’art m’a appris et continue de m’apprendre à vivre parmi les humains comme personne. Il m’a aussi lancé un défi : apprendre à aimer ; aimer tout le spectre de l’humanité, tous ses fantômes, toutes ses aspirations, tous ses rêves, réalisés comme brisés, toutes ses gammes de notes, des gravement fausses aux perçantes vraies. Et mettre chacun et chacune à sa juste place. C’est lent, c’est long, c’est douloureux. Se prendre des balles, encaisser le choc, se relever de l’affliction, plonger dans la blessure, désamorcer la mine, retirer la balle, éviter de la tirer sur quelqu’un d’autre à nouveau. Cette dernière étape est potentiellement la plus longue et la plus difficile du lot. Certains y ont laissé des plumes à essayer de s’y accrocher.</p>

<h2 id="vincent-van-gogh-van-gogh-home" id="vincent-van-gogh-van-gogh-home"><a href="https://www.vincentvangogh.org/" rel="nofollow">Vincent Van Gogh</a></h2>

<p>Je me suis senti poussé aujourd’hui à me renseigner sur Vincent Van Gogh. Le peintre, certes, mais pas seulement. Au-delà de la présentation du statut de <em>référence</em> académique en art, il y a aussi Vincent Van Gogh, l’humain, l’esprit, l’âme. J’avais eu vent de certains traits de ses vie et carrière : un artiste autodidacte (au début), ayant appris son art sans formation académique, dévoué à la passion qui l’animait, dont le talent n’a été reconnu à grande échelle qu’après sa mort. Lui-même en doutait profondément de son vivant.</p>

<p>Il est très probable que Vincent Van Gogh ait fait partie de mon éducation artistique, à l’école, au collège et/ou au lycée. Ma mémoire n’en a gardé aucune trace. J’en déduis que ça m’était passé au-dessus de la tête à l’époque. Mais aujourd’hui, j’y suis sensitif. Son unicité. L’amour insufflé dans ses œuvres. Ses choix, ce qu’il préfère dessiner, par exemple. Dans sa peinture, et aussi dans <a href="https://www.vincentvangogh.org/quotes.jsp" rel="nofollow">ses paroles et écrits cités</a>.</p>

<p>Je ne peux m’empêcher de lire une histoire dans la juxtaposition de ses citations. Le récit de sa vie, son parcours ; son état d’esprit du moment, celui qu’il a porté tout au long de son chemin artistique ; les distorsions de sa conscience à mesure que la condition humaine, les conséquences de sa maladie psychique et les cendres laissées par le passage de la passion plombent son âme.</p>

<p>Vincent Van Gogh a trépassé à l&#39;âge de 37 ans. 2 ans auparavant, les premiers signes de maladie mentale se sont montrés. J’approche doucement de mes 30 ans cette année. Lui et moi avons développé le sens de la nature et avons été inspirés par elle au cours de notre vie. Je sais qu’accoler ces précédentes phrases peut donner l’impression que j’appréhende de sombrer, de vivre incertain de mon talent, de me voir ou d’être vu comme un échec, et/ou de tomber aux oubliettes comme lui. Tout ce que je suis en capacité de dire est que je ne considère pas ce concours de circonstances comme le fruit du hasard.</p>

<p>Il n’a pas été et n’est pas le seul à être tourmenté par ces luttes intérieures. De ce que j’ai pu récolter, il semblerait que ça frappe toutes les personnes qui touchent au feu artistique avec une gravité plus ou moins aigüe. Tenter de franchir un portail, escalader un mur, ou traverser un vide abyssal sur une fine corde, enchaîné à une barre d’haltère aux poignets, à des boulets aux chevilles et à un sac à dos rempli de bagages du passé. Le vertige me vient très vite dans ces situations, alors je préfère éviter de regarder en bas et imaginer les horreurs qui m’y attendent. Mais c’est trop tard. Je suis déjà engagé sur le fil.</p>

<h2 id="la-suite-de-l-aventure" id="la-suite-de-l-aventure">La suite de l&#39;aventure</h2>

<p>Vais-je vaciller ? Chuter ? Perdre l’équilibre ? Être frappé par la foudre ? Emporté par la tempête ? Et qu’est-ce qui m’attend de l’autre côté ?</p>

<p>Je ne sais pas. Devrais-je savoir ?</p>

<p>Je ne suis pas sûr. Peut-être pas dans les détails. Tout ce que je sais est que l’art est un de mes rares moyens de me relier aux autres humains, dans leur état présent, et de me faire comprendre d’eux. Parfois, je sens que c’est le <em>seul</em> moyen. Tout ce que je peux faire, c’est d’accepter de prendre ce risque.</p>

<p>L’art a un autre lapin dans son chapeau, un qui fait autant sauter de joie les uns que pétrifier de terreur les autres, et qui est pourtant essentiel dans la progression sur ce chemin : la surprise, l’inattendu, l’imprévisible, l’improvisé.</p>

<p>Je verrai quand j’y serai.</p>

<iframe style="border: 0; width: 100%; height: 42px;" src="https://bandcamp.com/EmbeddedPlayer/album=709270856/size=small/bgcol=ffffff/linkcol=0687f5/track=1801478772/transparent=true/">&lt;a href=&#34;https://radicaldreamland.bandcamp.com/album/chicory-a-colorful-tale-original-soundtrack&#34;&gt;Chicory: A Colorful Tale (Original Soundtrack) by Lena Raine&lt;/a&gt;</iframe>

<p><a href="/un-rat-bleu/tag:R%C3%A9flexion" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Réflexion</span></a> <a href="/un-rat-bleu/tag:Artiste" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Artiste</span></a> <a href="/un-rat-bleu/tag:Chicory" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Chicory</span></a> <a href="/un-rat-bleu/tag:VincentVanGogh" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">VincentVanGogh</span></a></p>
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      <guid>https://blogz.zaclys.com/un-rat-bleu/chicoree-torrefiee</guid>
      <pubDate>Mon, 23 Feb 2026 11:58:02 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Le sens du mystère</title>
      <link>https://blogz.zaclys.com/un-rat-bleu/le-sens-du-mystere</link>
      <description>&lt;![CDATA[  “A life without some mystery is a life without imagination.”&#xA;  « Une vie sans un peu de mystère est une vie sans imagination. »&#xA;    Herbert S. Sinclair, du jeu Blue Prince, extrait de sa lettre adressée à son héritier sur un mystère familial non élucidé.&#xA;&#xA;[Herbert Sinclair]: https://blue-prince.fandom.com/wiki/HerbertSinclair&#xA;[Blue Prince]: https://www.blueprincegame.com/&#xA;&#xA;Une existence&#xA;&#xA;La vie ne serait-elle pas plus simple sans inconnu, sans mystère ? Les peurs associées n’existeraient pas. Celles de l’ombre, de ce qui s’y cache, de ce qu’elle renferme, de ce qui peut être déverrouillé. Il n’y aurait pas de vide. Aucune trame vierge à colorier, aucun silence à rythmer, aucun récipient à remplir, aucune abysse dans lequel plonger, aucun calice pour accueillir le fruit de l’imagination.&#xA;!--more--&#xA;L’imaginaire est vaste, même débordant. Des simples histoires aux légendes, en passant par les mythes, les fantaisies, les contes, les fictions, les fantasmes, les rumeurs, les murmures... Tous sont sujets à l’adaptation et la déformation à travers l’espace et le temps. Des vérités plus ou moins teintées, des mensonges plus ou moins déguisés, ou un mélange troublant des deux.&#xA;&#xA;Il n’y aurait pas d’artifices, de leurres, de mirages et de pièges. Aucun moyen de tromper, de se tromper, de s’égarer. Aucune tentation. Ça simplifierait les relations avec soi-même et avec l’altérité. Moins de frictions, de conflits et de souffrance. Les symphonies seraient plus faciles à composer seul comme à plusieurs.&#xA;&#xA;Une présence&#xA;&#xA;Et pourtant, le mystère est là, présent dans la vie de chacun. Certains passeront à côté sans l’apercevoir, telle l’entrée d’une ruelle coincée entre deux immeubles. D’autres le verront du coin de l’œil, sans s’arrêter. D’autres encore le regarderont à distance, en évitant de s’y engouffrer, au risque de s’y perdre. D’autres enfin oseront s’y frotter et plonger dedans, malgré le manque de garantie d’en ressortir vivant et intègre.&#xA;&#xA;Ainsi a évolué ma relation avec le mystère au fil du temps. Il change de visage sans prévenir, déstabilise mes fondations, me met à l’épreuve constamment. De la peur des ténèbres nocturnes, en passant par la rationalisation, le mutisme de mon imagination, jusqu’au retour de l’art dans ma vie. Ça a déjà été un long voyage, ne serait-ce que pour comprendre la raison d’être du mystère.&#xA;&#xA;Je ne suis pas parti les mains vides. La loupe 🔎 a été ma boussole et continue de l’être. J’ai appris à m’en servir, à en tirer le meilleur parti. Je n’étais pas seul non plus. L’esprit de ses utilisateurs les plus aguerris m’a accompagné dans mon aventure. Ils ont tous exercé le même métier, bien que les titres aient été différents:&#xA;&#xA;détective&#xA;inspecteur&#xA;investigateur&#xA;enquêteur&#xA;&#xA;Une perception&#xA;&#xA;La rencontre avec un mystère commence par le détecter. Utiliser ses sens pour trouver des indices et des pistes. Voir à travers les apparences, entendre l’appel du vide, flairer les subtilités, toucher les spectres, goûter au fruit défendu, se sentir attiré ou repoussé par l’inconnu.&#xA;&#xA;La peur peut bloquer ou altérer la perception du mystère. Elle m’a fait le fuir, l’ignorer et le faire taire pendant longtemps. Le noyer dans un lac d’assertions, sous une cascade de croyances. Pourtant, il a continué de me brûler d’envie de plonger en lui.&#xA;&#xA;J’ai essayé, encore et encore. Je me suis brûlé les doigts à chaque fois. Et les ailes aussi. Quand le mystère me touche, il peut me blesser. Et il vise bien. Pile entre les gouttes de la cascade. En plein dans les blessures encore ouvertes mais parfois oubliées. Les étincelles se faufilent dans les failles de l’armure. Je suis forcé de l’ôter et de me révéler vulnérable.&#xA;&#xA;Peu importe la sécurité avec laquelle je viens, il parvient à s’infiltrer, la percer et à me voir mieux que je me vois. Que voit-il ? Qu’entend-il ? Que pense-t-il de moi, de ce que je suis, de ce que je pense être ? Qu’attend-il de moi ? Me juge-t-il ? Que sait-il ? Que cache-t-il ? Parle-t-il ? En quel(s) langage(s) ? Comment le comprendre ?&#xA;&#xA;Plongé dans l’obscurité, la loupe est inutilisable. Il y a besoin d’éclairage. Se frotter au mystère sans détour est nécessaire pour générer des étincelles et allumer une torche. C’est douloureux et souffrant. L’agitation provoquée fait souvent déborder mes barrages. Les fleuves d’émotions se déversent. Le feu est brusquement étouffé.&#xA;&#xA;Une direction&#xA;&#xA;De temps à autre, je parviens à maintenir la flamme en vie. Je vois enfin où je me trouve. Un brouillard épais et froid, enveloppant des silhouettes d’arbres. Ils m’entourent de tous les côtés. Entre eux, des bouts de chemin se montrent timidement. Ils s’enfoncent plus loin dans la forêt. Tous les coins se ressemblent. Ça semble sans fin. Perdu. C’est la sensation qui me vient. Dans un labyrinthe de brume, de béton, de bitume et de brouhaha.&#xA;&#xA;Quand la peur et l’effroi mènent la danse, la perte invite l’abandon, le rejet, la trahison, l’injustice, l’humiliation ou un peloton de ces derniers, à la valse. De quoi perdre l’équilibre, être désorienté et tourmenté. Raisonner, argumenter, hausser le ton avec eux ne mènent à rien. Ces fantômes sont inlassables. Ils me distraient de ma destination: m’en sortir, de préférence, intègre.&#xA;&#xA;Mais où est la sortie ? Y en a-t-il une ? Où mènent toutes ces voies ? Laquelle choisir ? Le besoin de trouver des indices se fait sentir. La loupe s’avère utile. Elle me permet d’inspecter les lieux. Une vue détaillée peut révéler des traces, des indications sur ce qui m’attend plus loin, et peut-être même des directives à suivre. À moins que ce ne soit l’œuvre de ces fantômes. Leurs voix me souffleraient à l’oreille ce que j’aimerais secrètement entendre. Leurs emprises me pousseraient dans des directions toujours plus obscures.&#xA;&#xA;Peut-être que ce sont des marques laissées par d’autres avant moi. Sont-ils encore là ? Ont-ils réussi ? Ont-ils résigné ? Sont-ils devenus fous ? Leurs travers les ont-ils faits se perdre ? Comme moi ? Ces travers qui dévient la lumière de la flamme. Les couleurs passent par ces prismes. Ma perception de la réalité s’en retrouve teintée et réfractée. Des illusions. Alors, comment être certain du chemin pris ? Serait-ce un piège ?&#xA;&#xA;Tout ce que je perçois peut être des mirages. Et ces fantômes qui me hantent ? Aussi ? Mes sensations de l’extérieur sont douteuses. Je ne peux pas me fier au premier coup d’œil. Ce qui semble être un raccourci peut s’avérer sans issue. La forêt change et bouge constamment. Impossible de reconnaître le chemin en arrière. Il ne me reste qu’une seule direction à suivre. Vers l’intérieur.&#xA;&#xA;Une destination&#xA;&#xA;Que sont ces fantômes, exactement ? Leurs attentes ? Leurs jugements ? Leurs accusations ? Leurs critiques ? Leurs ordres ? Viennent-ils de moi ? Des autres avant moi ? Comment les faire taire ? Ils m’empêchent de me concentrer sur mon objectif. Ce but. D’où vient-il ? Est-ce le bon ? Ou une idée pré-conçue ? Colportée par ces spectres du passé ? Suis-je vraiment censé sortir de là ? Emprunter les sentiers battus par d’autres ?&#xA;&#xA;Quand le feu est suffisamment fort, les draps des fantômes restés trop près partent en fumée, ainsi que leurs paroles. Les autres me laissent tranquille et s’éloignent dans la forêt. Tous empruntent ces voies déblayées et laissent derrière eux un écho :&#xA;&#xA;  Reste sur les chemins sûrs et connus. Suis nos recettes. Répète notre histoire. Toujours.&#xA;    Gare à toi si tu sors de nos parcours. Tu seras découragé, réprimandé, réprimé, moqué, ridiculisé, exclu, laissé, oublié.&#xA;&#xA;Est-ce ce qui m’est arrivé ? J’aurais essayé de m’engager dans le bois au lieu de rester, de poursuivre mon investigation du mystère, malgré les mises en garde. Ils m’auraient attrapé pour me remettre à ma place. Ma mémoire est vide. J’ai oublié. C’est tout ce dont je suis certain. Sont-ils là pour m’aider ? Ou pour m’embourber ?&#xA;&#xA;Que savent-ils réellement de ce que je dois faire dans cette forêt ? Et s’ils n’ont fait que tourner en rond ? Se piéger éternellement en dehors de l’inconnu ? Forcer les autres à rester avec eux ? Ont-ils peur d’être seuls ? Seuls, avec leurs propres fantômes internes ? Et s’il s’agit non pas de sortir mais d’entrer ? Pénétrer dans la forêt, toujours plus loin ? De trouver ma propre voie, libre du poids des fantômes et de leur emprise ?&#xA;&#xA;Mais pour aller où ? Quelle direction prendre ? Y arriverai-je ? À briser le cycle ?&#xA;&#xA;Une signification&#xA;&#xA;Devrais-je savoir tout ça ? En fin de compte, ai-je à m’encombrer de tous ces doutes ? Tout ce que je sais est que le feu éloigne les fantômes et que les pièces de l’armure doivent être consumées. Ça devrait suffire pour me lancer. J’ai juste besoin du courage d’oser brûler l’ancien moi, pour en faire un nouveau. Encore et encore. Et d’idées lumineuses aussi. À la clé: la liberté. Peut-être. Rien ne me le garantit. Mais je peux toujours essayer. M’y engager corps et âme. Je pourrais même finir par aimer ça plus que la compagnie des fantômes.&#xA;&#xA;Toutes ces perturbations. Toutes ces distractions. Sont-elles là pour me faire éviter de découvrir quelque chose ? Apprendre quelque chose d’important ? Apprendre à aimer ? Vraiment ? La seule chose qui persiste à travers l’espace et le temps ?&#xA;&#xA;  « Inutile ! Futile !&#xA;  Naïf ! Niais !&#xA;  Ridicule ! Grotesque !&#xA;  Honteux ! Indigne !&#xA;  Irréaliste ! Pas vrai ! »&#xA;&#xA;Je les entends à nouveau, ces vieux fantômes. À essayer de me dissuader, de me décourager. J’ignore s’ils disent vrai ou mentent. Il n’y a qu’un seul moyen d’en avoir le cœur net: entrer dans la forêt, explorer ce mystère. Je détache une pièce de l’armure. Je la brûle. Je m’avance vers une ouverture, entre des arbres. Je regarde l’un d’eux, à la loupe. Une gravure. Un indice.&#xA;&#xA;  “Don’t go where the path leads. Abandon the path and go where you want it to lead.”&#xA;  « Ne va pas où le chemin mène. Abandonne le chemin et va où tu veux qu’il mène. »&#xA;    Clara Epsen, grand-mère de l’héritier de Herbert S. Sinclair, citée dans la lettre de ce dernier pour son héritier à l’entrée du manoir.&#xA;&#xA;Suis-je prêt à mener cette quête ?&#xA;La forêt change chaque jour. J’ignore les épreuves qui m’attendent.&#xA;&#xA;Suis-je à la hauteur ?&#xA;Il n’y a qu’un seul moyen de le savoir. Je sais où je veux que ça me mène: vers le mystère de l’amour. Je me fraierai mon propre chemin. Je passerai par tous les recoins, les plus sombres comme les plus clairs.&#xA;&#xA;Quand cela cessera-t-il ?&#xA;Je ne sais pas.&#xA;Devrais-je m’encombrer de cette pièce d’armure supplémentaire ?&#xA;Je préfère m’alléger pour ce voyage.&#xA;&#xA;En avant.&#xA;&#xA;[Clara Epsen]: https://blue-prince.fandom.com/wiki/ClaraEpsen&#xA;[Lettre entrée manoir]: https://blue-prince.fandom.com/wiki/EntranceHallLetter&#xA;---&#xA;#Réflexion #Mystère #Essence #Forêt]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>“<em>A life without some mystery is a life without imagination.</em>”
« <em>Une vie sans un peu de mystère est une vie sans imagination.</em> »</p>

<p><a href="https://blue-prince.fandom.com/wiki/Herbert_Sinclair" rel="nofollow">Herbert S. Sinclair</a>, du jeu <a href="https://www.blueprincegame.com/" rel="nofollow">Blue Prince</a>, extrait de sa lettre adressée à son héritier sur un mystère familial non élucidé.</p></blockquote>

<h2 id="une-existence" id="une-existence">Une existence</h2>

<p>La vie ne serait-elle pas plus simple sans inconnu, sans mystère ? Les peurs associées n’existeraient pas. Celles de l’ombre, de ce qui s’y cache, de ce qu’elle renferme, de ce qui peut être déverrouillé. Il n’y aurait pas de vide. Aucune trame vierge à colorier, aucun silence à rythmer, aucun récipient à remplir, aucune abysse dans lequel plonger, aucun calice pour accueillir le fruit de l’imagination.

L’imaginaire est vaste, même débordant. Des simples histoires aux légendes, en passant par les mythes, les fantaisies, les contes, les fictions, les fantasmes, les rumeurs, les murmures... Tous sont sujets à l’adaptation et la déformation à travers l’espace et le temps. Des vérités plus ou moins teintées, des mensonges plus ou moins déguisés, ou un mélange troublant des deux.</p>

<p>Il n’y aurait pas d’artifices, de leurres, de mirages et de pièges. Aucun moyen de tromper, de <strong>se</strong> tromper, de s’égarer. Aucune tentation. Ça simplifierait les relations avec soi-même et avec l’altérité. Moins de frictions, de conflits et de souffrance. Les symphonies seraient plus faciles à composer seul comme à plusieurs.</p>

<h2 id="une-présence" id="une-présence">Une présence</h2>

<p>Et pourtant, le mystère est là, présent dans la vie de chacun. Certains passeront à côté sans l’apercevoir, telle l’entrée d’une ruelle coincée entre deux immeubles. D’autres le verront du coin de l’œil, sans s’arrêter. D’autres encore le regarderont à distance, en évitant de s’y engouffrer, au risque de s’y perdre. D’autres enfin oseront s’y frotter et plonger dedans, malgré le manque de garantie d’en ressortir vivant et intègre.</p>

<p>Ainsi a évolué ma relation avec le mystère au fil du temps. Il change de visage sans prévenir, déstabilise mes fondations, me met à l’épreuve constamment. De la peur des ténèbres nocturnes, en passant par la rationalisation, le mutisme de mon imagination, jusqu’au retour de l’art dans ma vie. Ça a déjà été un long voyage, ne serait-ce que pour comprendre la raison d’être du mystère.</p>

<p>Je ne suis pas parti les mains vides. La loupe 🔎 a été ma boussole et continue de l’être. J’ai appris à m’en servir, à en tirer le meilleur parti. Je n’étais pas seul non plus. L’esprit de ses utilisateurs les plus aguerris m’a accompagné dans mon aventure. Ils ont tous exercé le même métier, bien que les titres aient été différents:</p>
<ul><li><strong>détect</strong>ive</li>
<li><strong>inspect</strong>eur</li>
<li><strong>investi</strong>gateur</li>
<li><strong>enquêt</strong>eur</li></ul>

<h2 id="une-perception" id="une-perception">Une perception</h2>

<p>La rencontre avec un mystère commence par le détecter. Utiliser ses sens pour trouver des indices et des pistes. Voir à travers les apparences, entendre l’appel du vide, flairer les subtilités, toucher les spectres, goûter au fruit défendu, se sentir attiré ou repoussé par l’inconnu.</p>

<p>La peur peut bloquer ou altérer la perception du mystère. Elle m’a fait le fuir, l’ignorer et le faire taire pendant longtemps. Le noyer dans un lac d’assertions, sous une cascade de croyances. Pourtant, il a continué de me brûler d’envie de plonger en lui.</p>

<p>J’ai essayé, encore et encore. Je me suis brûlé les doigts à chaque fois. Et les ailes aussi. Quand le mystère me touche, il peut me blesser. Et il vise bien. Pile entre les gouttes de la cascade. En plein dans les blessures encore ouvertes mais parfois oubliées. Les étincelles se faufilent dans les failles de l’armure. Je suis forcé de l’ôter et de me révéler vulnérable.</p>

<p>Peu importe la sécurité avec laquelle je viens, il parvient à s’infiltrer, la percer et à me voir mieux que je <strong>me</strong> vois. Que voit-il ? Qu’entend-il ? Que pense-t-il de moi, de ce que je suis, de ce que je pense être ? Qu’attend-il de moi ? Me juge-t-il ? Que sait-il ? Que cache-t-il ? Parle-t-il ? En quel(s) langage(s) ? Comment le comprendre ?</p>

<p>Plongé dans l’obscurité, la loupe est inutilisable. Il y a besoin d’éclairage. Se frotter au mystère sans détour est nécessaire pour générer des étincelles et allumer une torche. C’est douloureux et souffrant. L’agitation provoquée fait souvent déborder mes barrages. Les fleuves d’émotions se déversent. Le feu est brusquement étouffé.</p>

<h2 id="une-direction" id="une-direction">Une direction</h2>

<p>De temps à autre, je parviens à maintenir la flamme en vie. Je vois enfin où je me trouve. Un brouillard épais et froid, enveloppant des silhouettes d’arbres. Ils m’entourent de tous les côtés. Entre eux, des bouts de chemin se montrent timidement. Ils s’enfoncent plus loin dans la forêt. Tous les coins se ressemblent. Ça semble sans fin. <strong>Perdu</strong>. C’est la sensation qui me vient. Dans un labyrinthe de brume, de béton, de bitume et de brouhaha.</p>

<p>Quand la peur et l’effroi mènent la danse, la perte invite l’abandon, le rejet, la trahison, l’injustice, l’humiliation ou un peloton de ces derniers, à la valse. De quoi perdre l’équilibre, être désorienté et tourmenté. Raisonner, argumenter, hausser le ton avec eux ne mènent à rien. Ces fantômes sont inlassables. Ils me distraient de ma destination: <strong>m’en sortir</strong>, de préférence, intègre.</p>

<p>Mais où est la sortie ? Y en a-t-il une ? Où mènent toutes ces voies ? Laquelle choisir ? Le besoin de trouver des indices se fait sentir. La loupe s’avère utile. Elle me permet d’inspecter les lieux. Une vue détaillée peut révéler des traces, des indications sur ce qui m’attend plus loin, et peut-être même des directives à suivre. À moins que ce ne soit l’œuvre de ces fantômes. Leurs voix me souffleraient à l’oreille ce que j’aimerais secrètement entendre. Leurs emprises me pousseraient dans des directions toujours plus obscures.</p>

<p>Peut-être que ce sont des marques laissées par d’autres avant moi. Sont-ils encore là ? Ont-ils réussi ? Ont-ils résigné ? Sont-ils devenus fous ? Leurs travers les ont-ils faits se perdre ? Comme moi ? Ces travers qui dévient la lumière de la flamme. Les couleurs passent par ces prismes. Ma perception de la réalité s’en retrouve teintée et réfractée. Des illusions. Alors, comment être certain du chemin pris ? Serait-ce un piège ?</p>

<p>Tout ce que je perçois peut être des mirages. Et ces fantômes qui me hantent ? Aussi ? Mes sensations de l’extérieur sont douteuses. Je ne peux pas me fier au premier coup d’œil. Ce qui semble être un raccourci peut s’avérer sans issue. La forêt change et bouge constamment. Impossible de reconnaître le chemin en arrière. Il ne me reste qu’une seule direction à suivre. Vers l’intérieur.</p>

<h2 id="une-destination" id="une-destination">Une destination</h2>

<p>Que sont ces fantômes, exactement ? Leurs attentes ? Leurs jugements ? Leurs accusations ? Leurs critiques ? Leurs ordres ? Viennent-ils de moi ? Des autres avant moi ? Comment les faire taire ? Ils m’empêchent de me concentrer sur mon objectif. Ce but. D’où vient-il ? Est-ce le bon ? Ou une idée pré-conçue ? Colportée par ces spectres du passé ? Suis-je vraiment censé sortir de là ? Emprunter les sentiers battus par d’autres ?</p>

<p>Quand le feu est suffisamment fort, les draps des fantômes restés trop près partent en fumée, ainsi que leurs paroles. Les autres me laissent tranquille et s’éloignent dans la forêt. Tous empruntent ces voies déblayées et laissent derrière eux un écho :</p>

<blockquote><p>Reste sur les chemins sûrs et connus. Suis nos recettes. Répète notre histoire. Toujours.</p>

<p>Gare à toi si tu sors de nos parcours. Tu seras découragé, réprimandé, réprimé, moqué, ridiculisé, exclu, laissé, oublié.</p></blockquote>

<p>Est-ce ce qui m’est arrivé ? J’aurais essayé de m’engager dans le bois au lieu de rester, de poursuivre mon investigation du mystère, malgré les mises en garde. Ils m’auraient attrapé pour me remettre à ma place. Ma mémoire est vide. J’ai oublié. C’est tout ce dont je suis certain. Sont-ils là pour m’aider ? Ou pour m’embourber ?</p>

<p>Que savent-ils réellement de ce que je dois faire dans cette forêt ? Et s’ils n’ont fait que tourner en rond ? Se piéger éternellement en dehors de l’inconnu ? Forcer les autres à rester avec eux ? Ont-ils peur d’être seuls ? Seuls, avec leurs propres fantômes internes ? Et s’il s’agit non pas de sortir mais d’entrer ? Pénétrer dans la forêt, toujours plus loin ? De trouver ma propre voie, libre du poids des fantômes et de leur emprise ?</p>

<p>Mais pour aller où ? Quelle direction prendre ? Y arriverai-je ? À briser le cycle ?</p>

<h2 id="une-signification" id="une-signification">Une signification</h2>

<p>Devrais-je savoir tout ça ? En fin de compte, ai-je à m’encombrer de tous ces doutes ? Tout ce que je sais est que le feu éloigne les fantômes et que les pièces de l’armure doivent être consumées. Ça devrait suffire pour me lancer. J’ai juste besoin du courage d’oser brûler l’ancien moi, pour en faire un nouveau. Encore et encore. Et d’idées lumineuses aussi. À la clé: la liberté. Peut-être. Rien ne me le garantit. Mais je peux toujours essayer. M’y engager corps et âme. Je pourrais même finir par aimer ça plus que la compagnie des fantômes.</p>

<p>Toutes ces perturbations. Toutes ces distractions. Sont-elles là pour me faire éviter de découvrir quelque chose ? Apprendre quelque chose d’important ? <strong>Apprendre à aimer</strong> ? Vraiment ? La seule chose qui persiste à travers l’espace et le temps ?</p>

<blockquote><p>« Inutile ! Futile !
Naïf ! Niais !
Ridicule ! Grotesque !
Honteux ! Indigne !
Irréaliste ! Pas vrai ! »</p></blockquote>

<p>Je les entends à nouveau, ces vieux fantômes. À essayer de me dissuader, de me décourager. J’ignore s’ils disent vrai ou mentent. Il n’y a qu’un seul moyen d’en avoir le cœur net: entrer dans la forêt, explorer ce mystère. Je détache une pièce de l’armure. Je la brûle. Je m’avance vers une ouverture, entre des arbres. Je regarde l’un d’eux, à la loupe. Une gravure. Un indice.</p>

<blockquote><p>“<em>Don’t go where the path leads. Abandon the path and go where you want it to lead.</em>”
« <em>Ne va pas où le chemin mène. Abandonne le chemin et va où tu veux qu’il mène.</em> »</p>

<p><a href="https://blue-prince.fandom.com/wiki/Clara_Epsen" rel="nofollow">Clara Epsen</a>, grand-mère de l’héritier de <a href="https://blue-prince.fandom.com/wiki/Herbert_Sinclair" rel="nofollow">Herbert S. Sinclair</a>, citée dans la <a href="https://blue-prince.fandom.com/wiki/Entrance_Hall_Letter" rel="nofollow">lettre de ce dernier pour son héritier à l’entrée du manoir</a>.</p></blockquote>

<p><em>Suis-je prêt à mener cette quête ?</em>
La forêt change chaque jour. J’ignore les épreuves qui m’attendent.</p>

<p><em>Suis-je à la hauteur ?</em>
Il n’y a qu’un seul moyen de le savoir. Je sais où je veux que ça me mène: vers le mystère de l’<strong>amour</strong>. Je me fraierai mon propre chemin. Je passerai par tous les recoins, les plus sombres comme les plus clairs.</p>

<p><em>Quand cela cessera-t-il ?</em>
Je ne sais pas.
<em>Devrais-je m’encombrer de cette pièce d’armure supplémentaire ?</em>
Je préfère m’alléger pour ce voyage.</p>

<p>En avant.</p>

<hr>

<p><a href="/un-rat-bleu/tag:R%C3%A9flexion" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Réflexion</span></a> <a href="/un-rat-bleu/tag:Myst%C3%A8re" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Mystère</span></a> <a href="/un-rat-bleu/tag:Essence" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Essence</span></a> <a href="/un-rat-bleu/tag:For%C3%AAt" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Forêt</span></a></p>
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      <pubDate>Sat, 01 Nov 2025 21:45:22 +0100</pubDate>
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