ma vie sans Google, deuxième partie

#SOBRIÉTÉ printemps 2025

Le smartphone Pixel 4a sous Calyx OS fonctionne très bien, presque trop bien. Mon temps d’écran augmente. Je passe 1 heure par jour sur le téléphone mais ce temps s’élève à 2 heures pendant les vacances. J’aime lire les informations, connaître les résultats sportifs, regarder les annonces… Les raisons de perdre son temps sont nombreuses. Devant me lever tôt pour ma vie professionnelle, je sais que le sommeil est primordial.

A la rentrée scolaire 2024, je reçois une offre promotionnelle de mon quotidien du moment : Le Monde. Cette offre permet d’accéder à tous les articles en ligne mais surtout de recevoir le quotidien papier à son domicile. Le tarif est extrêmement intéressant même si je sais que cela n’est valable que la première année. Je souscris. La réception des journaux est régulière et très matinale : avant 6 heures du matin. Comme je garde le réflexe de l’application, je lis sur le papier les articles déjà vus en ligne. Je préfère donc supprimer l’application du téléphone. Ce quotidien est vraiment intéressant. L’événementiel est moins important que les articles de fond. La lecture se ritualise. D’abord, je parcours tout le journal en lisant les titres. Ensuite, je me lance sur les articles qui m’intéressent, souvent dans les pages « économie » ou « planète ». La richesse des rubriques permet aussi de découvrir d’autres domaines.

En décembre, je pénètre dans un magasin de matériel photographique. Je regarde les appareils photos compacts (APN) récents. Les nouveautés sont rares. Les téléphones devenant de plus en plus performants, pourquoi s’embarrasser d’un APN, même de petit format ? Ces appareils ont souvent un zoom X10. Pour attirer les clients, certaines marques vantent un zoom X40 grâce à l’électronique. Il y a un modèle que je suis depuis longtemps. C’est un tout petit APN avec une focale fixe de 50mm, comme l’œil humain. Il rentre très facilement dans une poche. C’est la version numérique d’un ancien appareil que j’ai beaucoup aimé il y a presque 30 ans. Ce jour là, ce modèle est disponible en occasion. Je l’achète après quelques essais. Désormais, plus besoin de sortir son portable pendant les vacances ou en sortie.

Mon mini ordinateur, le Raspberry Pi 5, fonctionne très bien. Je me familiarise de plus en plus avec Ubuntu OS. Je n’allume plus la grosse tour où dors Windows 10. En janvier 2025, mon voisin explique que son PC « tout en un » démarre très lentement, au minimum 5 minutes. Le diagnostic est rapide : le disque dur est ancien. Je lui propose le SSD (disque dur plus moderne utilisant la technologie des clés USB) qui dort dans la tour de mon PC pour le remplacer. Après le visionnage de vidéos et la sauvegarde des données, nous nous retrouvons pour passer à la pratique. Le démontage de l’ordinateur est simple : pas de colle, peu de vis. Après l’échange des disques durs, le remontage encore plus rapide. Nous allumons son PC. Cela dure désormais à peine 30 secondes. L’ordinateur est réactif, presque métamorphosé. Son remplaçant avec le futur Windows 12 enrichi à l’IA devra attendre encore un peu. Je garde ma vieille tour désormais inutile. Elle trouve sa place, couchée sous le pied de mon écran. Il est désormais à la même hauteur que mes yeux, à la la manière d’un ordinateur « tout en un ». Merci Marc. A l’école, je continue sur ma lancée en améliorant d’anciens ordinateurs avec ces disques durs modernes. Ils datent de la grande époque des « notebooks », petits ordinateurs peu chers. J’installe Raspberry Pi OS. Cela en fait de bonnes machines à écrire. C’est ce qu’il faut pour débuter le traitement de texte ou écrire les premiers mots.

Pendant les vacances d’hiver, je me rends compte que mon temps d’écran reste encore trop élevé. Avoir un smartphone avec soi c’est comme avoir un bon plat sur la table. Difficile de résister. Je me rends à l’hypermarché voisin et je trouve un téléphone portable renforcé avec clavier numérique pour écrire en T9. Il est équipé d’une prise USB C. Il accepte la 4G. Il est compatible avec les cartes nano sim. Il devrait fonctionner quelques années. Je range mon smartphone dans un tiroir. Je ne le consulte que le matin et le soir. Un peu de mail. La banque parfois (double authentification oblige) et c’est à peu près tout. Le temps d’écran chute à 1 heure par semaine. Parfait !

Début mars 2025, je réinitialise notre Chromecast qui diffuse les programmes télévisés avec un vidéoprojecteur. Le système redémarre. Il « réclame » une adresse Gmail. Ma compagne accepte de donner la sienne. Après plus d’un an d’efforts, je peux enfin supprimer mon adresse Gmail et mon compte Google.

conclusions : La « dégooglelisation » est finalement devenue une « déGAFAMisation ». Cependant, cette « victoire » n’est que provisoire : la Chromecast résiste avec son adresse et j’utilise Windows au travail. En modifiant mes usages, j’ai réussi à désintégrer ce super couteau suisse numérique addictif qu’est un smartphone. Cependant, le meilleur moyen de diminuer le temps d’écran reste de remplacer son smartphone par un téléphone simple.

*GAFAM est l’acronyme des géants d’internet : Google (Alphabet) ; Apple ; Facebook (Meta) ; Amazon et Microsoft. Ces entreprises ont accéléré leur développement depuis la COVID. Leurs profits ont explosé. Elles investissent de nouveaux domaines dont l’IA. En 2025, l’OMS ne considère toujours pas le temps d’écran comme une addiction.