ma vie sans Google, première partie
#SOBRIÉTÉ printemps 2024
Depuis 2014, j’essaie de limiter mes usages aux GAFAM. Je me forme à 2 systèmes d’exploitation : Ubuntu et Raspberry Pi OS. J’utilise des logiciels libres... Mais il reste un énorme écueil : Gmail. Cette messagerie a tout compris. Simple. Efficace. Sobre. Gratuite. Elle a rendu de nombreux services pendant le confinement alors que les outils institutionnels ne fonctionnaient pas ou mal. De plus, elle est indispensable pour utiliser un smartphone sous Android. Avec Maps, que j’utilise très souvent dans mes déplacements, je me rends compte que je suis toujours très dépendant de la firme de Mountain View. Je cherche. J’observe. Je n’avance pas. Je ne connais qu’une personne ayant franchi le pas. Cette personne utilise /e/ (elementary) devenu Murena. Autant dire que les alternatives sont confidentielles et réservées à des experts.
Dix ans plus tard, un collègue me vante un autre système d’exploitation : CalyxOS. Il est utilisateur et semble très satisfait. Mon smartphone Xiaomi d’entrée de gamme se fait vieillissant : 5 ans et demi. Je me motive pour franchir le pas. Je me mets en quête d’un remplaçant. CalyxOS est compatible avec les modèles Pixel (fabriqués par Google). J’opte pour le modèle 4a. Il est âgé de plus de 4 ans. Il est peu onéreux. Je trouve un exemplaire en bon état pour 120 € sur un site d’occasion. A la réception, je l’utilise et le teste. Il n’est donc plus mis à jour depuis 12 mois mais mon Xiaomi n’avait reçu qu’une mise à jour en 2019. Ce Pixel 4a est excellent. Le système d’exploitation est intuitif. Il est bien plus rapide que mon Xiaomi. J’ai un doute : Dois-je tout effacer pour installer un système que je ne connais pas ? Je télécharge les fichiers d’installation de CalyxOS sur mon ordinateur. Je vérifie la communication entre mon téléphone et mon ordinateur avec un câble USB. Je visionne des vidéos sur YouTube. Mince c’est encore Google ! Je trouve même un site qui permettrait de réinstaller le système originel (Android) en cas d’échec.
Un vendredi soir, je me lance. Est-ce la fatigue ? La simplicité vantée par mon collègue : « Tu branches ton téléphone en USB sur l’ordinateur et tu cliques sur un fichier. » est loin d’être évidente. J’avance petit à petit. Le site de l’Université américaine développant CalyxOS et où se trouve le « pas à pas » est traduit grâce à Google Translate. L’installation plante. Dans le doute, je revisionne des vidéos sur YouTube, toujours. J’avais oublié une étape ! Au bout d’une heure, le Pixel 4a s’allume avec CalyxOS. Je suis arrivé au bout. Mais le téléphone est « nu ». Vais-je pouvoir installer mes applications habituelles ? Mon carnet d’adresses, la messagerie Signal, l’application de la SNCF voire celle de ma banque etc. La réponse est oui. Le système CalyxOS fonctionne avec Android 14 (une version supérieure au Pixel reçu) mais sans les traceurs de Google. Le magasin Aurora Store est l’équivalent du Play Store de Google. Je découvre même Stellarium sur mon smartphone. Dans 3 jours, je fêterai mon anniversaire. J’ai déjà mon cadeau. Merci Laurent !
Une semaine plus tard, je mets en vente mon ancien smartphone 20 euros. Je continue mes essais et je m’attaque à un gros morceau : le changement de mon adresse mail !
Ma correspondance électronique personnelle se faisant exclusivement par Gmail, je veux remplacer mon adresse « Gmail » par 2 adresses de messagerie. – La première sera utilisée pour tout ce qui est commercial, institutionnel... Elle commencera par le nom de mon ancienne adresse japonaise. Je l’utilisais déjà pour mon compte Gmail. J’y suis attaché. Je choisis le fournisseur protonmail. Cette société suisse met en avant une communication chiffrée de bout en bout. – La seconde adresse sera personnelle. Elle contiendra mon nom et mon prénom. Elle sera confiée à « Infomaniak ». C’est également une société suisse. Selon mes recherches, il n’y a pas d’équivalent en France. Je l’utiliserai pour ma communication privée. Pour terminer, je découvre une application 2ASF qui permet de certifier ma connexion à ces boîtes mails sans authentification par SMS. Je me donne quelques mois pour clôturer mon adresse Gmail.
En changeant mon adresse électronique, je dois changer les identifiants, les adresses de contact... de nombreux sites internets. Afin de m’organiser, je mets en place un compteur et une liste pour ne rien oublier. Au 1er mai 2024, j’atteins le nombre de 40 sites corrigés. Cela demande du temps pour chaque site. Il y a souvent plusieurs manipulations à faire. Je me rends compte qu’il sera difficile de clôturer mon adresse gmail avant la fin de l’année. Je ne veux pas me précipiter, oublier une conversion. Pour le moment, j’utilise peu Infomaniak. Je décide de prendre le temps pour tester ma nouvelle adresse personnelle. Enfin, je réalise qu’un autre appareil de mon environnement numérique résiste à la « dégooglisation ». Je possède une « Chromecast ». Cet appareil fabriqué par Google transforme le vidéoprojecteur en téléviseur. C’est très pratique. Lui aussi a besoin d’une adresse Gmail.
Les vacances de printemps me laissent du temps pour travailler sur mon petit ordinateur : le Raspberry Pi. Avec lui, je retrouve LibreOffice, Nextcloud, Firefox… Pourrais-je en faire mon ordinateur principal ? Pourrais-je me passer de Windows ? Pourrais-je remplacer le mot « dégooglisation » par « dégafamisation » ?
A suivre
*Google a été fondée en 1998 dans la Silicon Valley, en Californie. L’entreprise s’est développée et a acheté de nombreuse sociétés. En 2024, le chiffre d’affaire a dépassé 350 milliards de $ et le bénéfice 100 milliards de $.