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17 octobre

Aujourd'hui nous sommes le 17 octobre 2026 et à 11h30 je fêterai mes 25 ans. Un anniversaire un peu spécial (j'approche en réalité de la cinquantaine) que je fête allongé sur un lit après une double intervention sur ma colonne vertébrale il y a un mois. Une sorte de commémoration.

Le 17 octobre 2001 je me rendais avec ma voiture chez un client en Isère lorsqu'un camion m'a percuté frontalement. Alerté par un paysan qui travaillait dans un champ à proximité, les pompiers sont intervenu rapidement et le médecin-pompier a déclaré ma mort à 11h30. Le moteur m'avait écrasé les jambes et je baignais dans mon propre sang. Posé dans un sac sur une civière je pars tranquillement dans un camion en direction de Grenoble. Un jeune pompier demande à s'exercer sur mon cadavre pour prendre les constantes et refaire la procédure des premiers secours.

“J'ai un pouls !”

Le médecin-pompier sourit, prend son stéthoscope et écoute mon cœur, qui s'est effectivement remis à battre. Il demande au chauffeur de s'arrêter et un hélicoptère vient me chercher.

J’atterris aux urgences du CHU de Lyon. C'est un jeune interne de garde en chirurgie qui va essayer (12h d’affilée) de me sauver la vie.

Syndrome des loges : suite au garrot posé sur ma cuisse gauche le sang s'accumule dans le bas de la jambe, mon mollet gonfle et on transperce le muscle de part en part pour libérer la pression. Une nouvelle technique que maîtrise ce jeune chirurgien permet également de me sauver la jambe (j'ai frôlé l'amputation).

Je reçois des litres de sang, j'ai de multiples fractures, mon fémur gauche est brisé, on fixe une barre en titane le long de l'os (elle est toujours collée à mon fémur aujourd'hui), mon genou droit est en miettes. En fin d'après midi, sur la table d'opération, mon cœur lâche à nouveau. Après plusieurs chocs le tracé reste plat. Le chirurgien commence à prononcer le décès mais le rythme reprend... sans raison. Mon cœur a décidé de repartir seul.

Plongé dans un coma profond, les médecins sont pessimistes, avec la quantité de sang perdu, les multiples arrêts cardiaque, le traumatisme crânien (qui a provoqué le coma initial), je risque de ne jamais me réveiller, sinon avec des séquelles trop importantes.

Une semaine passe et je sors du coma profond. Comme mes blessures sont importantes, les médecins me plongent dans un coma artificiel quelques jours. Je me réveille un matin. Je me souviens avoir vu le visage d'une infirmière, puis les visages de mes parents.

“Il est où mon fils ?”

C'est la première chose que je demande à ma mère, qui, surprise, (je n'ai pas d'enfant à l'époque) regarde mon père se demandant quoi répondre.

Bien que sous l'effet d'antidouleurs puissants à mon réveil qui auraient pu me faire dire n'importe quoi, j'avais eu une autre vie durant mon coma, une vie ou j'avais une femme, un enfant. Au moment de l'accident j'ai eu une “Expérience de mort imminente”. Tout était là avec le tunnel, la lumière intense au loin qui semble nous appeler. Mais moi j'ai vécu une version spéciale avec l'intervention de mon grand père (décédé) pour m’empêcher d'aller vers la lumière.

J'ai raconté cette histoire sur un blog : https://web.archive.org/web/20060613212415/http://mouton-rebelle.com/Coma.html

et suite à cet article (qui a été beaucoup lu) j'ai été invité dans une émission pour en parler https://www.youtube.com/watch?v=0zufsu_K2jo

J'ai un traumatisme crânien, des problèmes de mémoires, je souffre de ce handicap invisible, cette incompréhension quand on mentionne ce problème “ben t'as qu'à prendre des notes ?” , “la mémoire ça s’entraîne”, “mange du poisson (!?)” et j'en passe ...

25 ans après l'accident ma colonne vertébrale m'a rappelé l'évènement, comme un anniversaire. Suite au choc en 2001 tous mes disques se sont déplacés, et ont continué de se déplacer jusqu'à aujourd'hui. J'ai donc du être opéré pour faire un recalibrage de plusieurs disques (et supprimer une hernie).

J'ai des rhumatismes mais je marche, j'ai un travail, une famille, une vie normale, je suis heureux.

Aujourd'hui la France se met en mouvement pour contester la politique libérale autoritaire d'un gouvernement illégitime qui détruit nos services publics (et pas seulement).

J'ai été sauvé par nos services publics. le SAMU, les pompiers, l'hôpital public, les centres de rééducation, le CRLC (Centre de Ressources pour Lésés Cérébraux), etc.

La sécurité sociale a pris en charges tous mes soins, a payé le complément de salaire de mon mi-temps thérapeutique. Sans cet acquis social issue du conseil national de la résistance, je ne serai pas là pour vous en parler.

A bon entendeur, ...