Du tord

Vieilles branches, seules. D'autres, vertes et vives, dansent, tournoient. Sa caresse est douce ce soir, le monde en rit. Vieilles branches, elles, grincent, attendent avec peur, Le moment de l'au revoir. Cela fait déjà un moment que craquement et hurlement se font entendre. Mises à nues pourtant, elles tiennent bon, trop. À s'accrocher à leur place ainsi, elles font du tord. Du tord à qui ? De l'ombre aux maigres buissons ? Des coups, via la chute de leurs paires, aux arbrisseaux. Un sol noueux et sec aux hautes herbes. Des pièges pour les pigeons, trop engraissé de leur ignorance, qui sont emportés dans la dégringolade collective. Vieilles branches, seules, le sont-elles vraiment ? De faussement jeunes touffes, au plus haut de leur arrogance, toutes pompeuses de leurs guis, sanguinolantes de mettre en lumière les vieilles branches à leurs côtés. Sanguinolantes mes mains, d'une culpabilité chaque jour renforcée, que je purge sur la peau de ces vieilles branches. Du tord à qui ? À moi peut-être, mais peu en vérité. À l'humanité, certaines franges, sans doute. Elles finiront bien par le payer, pendues ou brulées. Du tord à qui ? Est-ce si triste finalement ?

4 août 2024