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    <title>Poltergeist</title>
    <link>https://blogz.zaclys.com/bparpoil/</link>
    <description>Un journal personnel</description>
    <pubDate>Tue, 07 Apr 2026 23:34:15 +0200</pubDate>
    <item>
      <title>Lecture : 2025</title>
      <link>https://blogz.zaclys.com/bparpoil/lecture-2025</link>
      <description>&lt;![CDATA[Me voici quasiment cloué au lit suite à une opération, c&#39;est le moment de faire un peu le point sur mes dernières lectures frappantes, d&#39;autant qu&#39;en prévision de ce moment j&#39;ai dépensé mes sous à tort et à travers libéralement dans les librairies pour alimenter le plaisir anticipé consistant à créer des piles de lectures au pied de mon lit et dans mes étagères.&#xA;!--more--&#xA;&#xA;Octavia Butler&#xA;&#xA;La parabole du semeur : voilà enfin un récit post-apo qui tabasse. &#xA;&#xA;Je l&#39;avais commencé avec un enthousiasme modéré parce que ce genre de SF n&#39;est pas trop ma tasse de thé, et aussi parce que le synopsis est drôlement proche de La route (Cormac McCarthy) qui m&#39;était tombé des mains tellement c&#39;est une bouse emmerdante et sans intérêt. Quelle maladie a touché la presse française à la sortie de ce pensum, je me le demande. Il faut aimer se flageller avec des orties pour apprécier. Donnez-moi par pitié cent mille Octavia et Ursula et rangez Cormac à la poubelle. &#xA;D&#39;ailleurs je suppute que le critique français masturbateur aime bien trouver de temps en temps une œuvre de genre cette fois c&#39;est tombé sur &#34;la science fiction&#34; c&#39;était l&#39;occasion rhalala ça m&#39;énerve. Et au fait, pas de science ici c&#39;est une anticipation.&#xA;&#xA;Un synopsis proche disais-je, celui de la fin du monde, amené de manière très intelligente sur le fond et formidable dans la forme car on lit un journal intime, écrit de manière tellement prenante et vivante qu&#39;on s&#39;y croit totalement. Chose amusante : l&#39;histoire, écrite en 93, se déroule en 2025 et (presque) tout est tellement réaliste. En tout cas, la manière dont le monde s&#39;effondre est très réaliste, à tel point que c&#39;est une fictions les plus ancrées que j&#39;aie lu sur ce thème. &#xA;Je l&#39;ai acheté dans un élan de littérature &#34;sérieuse&#34;, sans doute en même temps que des essais qui resteront inachevés sur une étagère -ça m&#39;arrive régulièrement- cette fois-ci il arrivait tout de même auréolé de critiques (de critiques de gens qui savent ce qu&#39;ils lisent, je précise) très positives, et c&#39;est l&#39;occasion de découvrir une autrice importante. Ça brasse large, j&#39;ai eu un peu de mal à entrer dedans puis le déclic s&#39;est fait et je l&#39;ai lu d&#39;une traite. &#xA;&#xA;---&#xA;&#xA;Ann Leckie&#xA;&#xA;En parlant de science-fiction, de la vraie cette fois avec des vaisseaux spatiaux et tout, j&#39;ai acheté un recueil de nouvelles d&#39;Ann Leckie qui a obtenu de manière très très méritée le prix Hugo 2024 pour Les Chroniques du Radch, une des choses les plus follement innovantes que j&#39;ai lu depuis des années, que je ne vais pas raconter , mais qui a un ton, un univers, des personnages extraordinairement singuliers et attachants. Il m&#39;est resté longtemps en tête, et malgré sa sortie récente je l&#39;ai lu plusieurs fois. &#xA;Bref j&#39;attends beaucoup de ce livre, sa tranche me regarde depuis l&#39;étagère et je savoure le moment où je l&#39;ouvrirai, même si les nouvelles sont moins ma tasse de thé que les romans. &#xA;&#xA;Benjamin Labatut&#xA;&#xA;À propos de tranche qui me regarde et réciproquement, j&#39;ai prévu de lire Maniac après avoir dévoré d&#39;un coup Lumières aveugles, un autre livre impossible à décrire ou résumer et tellement étrange, exotique et bizarre... Il a un côté collection d&#39;anecdotes filées qui m&#39;a fait un peu penser à ce que faisait Sebald avec l&#39;histoire (la grande histoire, la sienne, celle de ses proches), mais lui s&#39;intéresse à l&#39;histoire des sciences : c&#39;est intriguant puis intéressant puis perturbant à mesure qu&#39;on se demande où est le vrai. Un livre très très fort.&#xA;&#xA;Alexis Jenni&#xA;&#xA;Également, j&#39;ai lu la courte biographie de John Muir par Alexis Jenni, une très jolie découverte qui m&#39;accompagnera longtemps je pense.&#xA;&#xA;J&#39;avoue je ne connaissais pas John Muir, sauf peut-être pour avoir croisé son nom parfois ? en tout cas je ne connaissais pas son histoire et elle est littéralement extraordinaire, y compris pour ses contemporains. Et puis elle se déroule encore cette époque bénie où les frontières entre sciences n&#39;existaient pas comme aujourd&#39;hui et où l&#39;on pouvait devenir à la fois ingénieur, géologue, naturaliste et bien sûr homme de lettres. En plus à cette période charnière où la conquête est terminée mais pas la découverte et où se mettent en place les mécaniques de domination dont on voit aujourd&#39;hui la continuation, les mêmes causes produisant les mêmes effets.&#xA;&#xA;Mais surtout, quel aventurier incroyable, qui n&#39;a eu de cesse de se déplacer à travers le monde pour en constater et relater les beautés et surtout les éprouver de manière physique et spirituelle.&#xA;Bref une biographie classique mais qui va au cœur de l&#39;individu John Muir, et écrite avec une grande tendresse.&#xA;&#xA;Laurent Gaudé&#xA;&#xA;Sinon en début d&#39;année j&#39;ai lu deux livres de Laurent Gaudé, d&#39;abord La porte des Enfers, parce que j&#39;avais conservé un bon souvenir du soleil des Scorta et que j&#39;avais celui-ci dans ma bibliothèque depuis un moment. C&#39;est très bien écrit, vraiment. C&#39;est également sinistre au dernier degré : pas un rai de lumière dans ce cloaque. Alors certes l’œuvre traite de la mort et du deuil mais quand même. &#xA;&#xA;En plus les aspects mythologiques sont bizarrement amenés, puis curieusement traités, c&#39;est à la fois trop terre-à-terre et fantasmagorique. Et au final la description des enfers est d&#39;une monotonie barbante. &#xA;Bref, une lecture déprimante. La langue reste belle  et heureusement c&#39;est assez court. &#xA;&#xA;Et comme la critique était positive, j&#39;ai lu dans la foulée ou presque, Chien 51, un polar SF dystopique, toujours aussi bien écrit et sans fausse note, lui. Son univers est particulièrement consistant et réaliste, sa construction m&#39;a beaucoup plu, les personnages sont attachants et le mystère reste entier jusqu&#39;aux dernières pages.&#xA;&#xA;Par contre c&#39;est de nouveau sinistre et déprimant, rien ne vient égayer cette vision terrifiante de notre futur : je ne suis pas certain de continuer à lire Gaudé :)&#xA;&#xA;Ted Conover&#xA;&#xA;Une découverte incroyable, grâce à une émission de radio je crois (il a dû passer dans les midis de Culture), dont le pitch n&#39;est pas forcément très attirant. &#xA;&#xA;J&#39;ai donc lu d&#39;une traite Là où la terre ne vaut rien (plus précisément là ou l&#39;hectare de terrain vaut 1000$)  en gardant en tête les paysages somptueux du Colorado et ce qu&#39;ils remontent de construction culturelle sur ces paysages &#34;vides&#34; qui n&#39;attendent que des colons. &#xA;&#xA;Le défilé de personnalités hors normes est incroyable, tout comme la pauvreté saisissante de ces laissés-pour-compte et ce qu&#39;ils racontent de l&#39;Amérique d&#39;aujourd&#39;hui.&#xA;&#xA;Mathieu Auzanneau&#xA;&#xA;Un auteur qui connaît bien son sujet car il dirige the Shift Project et a déjà écrit une somme sur le pétrole (Or noir, la grande histoire du pétrole, je sais que c&#39;est une somme car je l&#39;ai chez moi et il fait 10 cm d&#39;épaisseur).  &#xA;Ici nous sommes plutôt dans l&#39;hyper-light : Pétrole, le déclin est proche se lit en une soirée. Une soirée agréable car c&#39;est bien écrit et on y apprend beaucoup. &#xA;&#xA;Le livre part d&#39;une histoire proche : en 2000, le concept de pic pétrolier était dans l&#39;air puis les américains ont &#34;inventé&#34; le gaz et le pétrole de schiste et magiquement la question des limites de ressources énergétiques a disparu du débat public. Le shift project a eu accès vers les années 2020 a des données très peu partagées, produites par un des principaux cabinets qui compilent de la donnée relative au stock (données généralement vendues à prix d&#39;or aux acteurs du secteur). En faisant converger pas mal d&#39;informations, il postule que le pic pétrolier a été atteint vers 2021 et que nous faisons désormais face à la fin du pétrole facile à une échéance connue et surtout, proche. Proche, c&#39;est 2030, 2040, 2050 ? dans pas longtemps en tout cas, surtout à l&#39;échelle de notre civilisation qui s&#39;est construite sur une énergie surabondante depuis 200 ans. &#xA;&#xA;Et c&#39;est précisément cet aspect du livre qui m&#39;a le plus fasciné : envisager l&#39;histoire et la géopolitique sous le prisme de la disponibilité des ressources ce qui modifie pas mal d&#39;idées préconçues : Pearl Harbour ? les japonais cherchaient à accéder aux ressources pétrolières du sud asiatique. Les allemands ont perdu la deuxième guerre ? c&#39;était inévitable car ils n&#39;avaient pas suffisamment d&#39;énergie face au bloc de l&#39;ouest. Et je ne parle même pas de la guerre en Irak. Je cite de mémoire &#34;ces guerres ont eu lieu en période de surabondance, que seront-elles lorsque les ressources seront en train de se tarir ?&#34;&#xA;&#xA;Une partie du livre expose les contraintes physiques liées à l&#39;exploitation des ressources fossiles et explique pourquoi les chiffres généralement agités par les industriels ou les politiciens ne sont pas fiables. &#xA;&#xA;Et il rappelle utilement ce qu&#39;on croit savoir par ailleurs : notre civilisation et notre mode de vie reposent sur le pétrole. Pas de pétrole ? pas de médicament, pas de production agricole sans paysan, pas de biens de consommation courante, pas de transferts sur le globe. Et d&#39;un point de vue géopolitique, pas de domination américaine.&#xA;&#xA;Et puis bien sûr il appuie là où ça fait mal : la fin du pétrole ne signifiera pas la fin de l&#39;extractivisme ou la baisse d&#39;émissions de GES. Le fait que personne ne s&#39;y prépare rend inéluctables des chocs monstrueux à venir. &#xA;&#xA;Bref un livre salutaire avec un côté curieusement enthousiasmant, façon puzzle : une esquisse de la fin d&#39;un monde. Dommage que ce soit la réalité et qu&#39;on soit en plein dedans.&#xA;&#xA;L&#39;atelier paysan&#xA;&#xA;Ce livre est presque déjà un classique en tant que critique du techno-solutionnisme. Moi, qui pensait connaître le sujet, ai beaucoup appris en le lisant, notamment sur l&#39;histoire de la mécanisation. &#xA;&#xA;En décortiquant les rouages de la grosse machinerie agricole, la démonstration est faite de nouveau, que les paysans sont avec les consommateurs les premières victimes d&#39;un système industriel qui a des racines historiques profondes et répond à une idéologie délétère. &#xA;&#xA;Je l&#39;ai lu dans la foulée de celui sur le pétrole, ça va bien ensemble.&#xA;&#xA;Larry McMurtry&#xA;&#xA;Restons en Amérique avec Lonesome Dove, un chef-d’œuvre à bien des niveaux. &#xA;&#xA;Il nous fait suivre un groupe de Texas Ranger, plus particulièrement d&#39;eux d&#39;entre eux ainsi que plusieurs personnages annexes dans les années 1840 à la frontière des États-Unis et du Mexique qui n&#39;a pas encore sa forme actuelle et ressemble plutôt à un gigantesque no man&#39;s land où les colons risquent leur vie et où les Indiens tentent encore de vivre la leur. &#xA;&#xA;Je n&#39;avais encore jamais lu d&#39;histoire aussi documentée se déroulant à cette époque, je trouve que le roman éclaire beaucoup la mentalité des pionniers qui explique tellement de choses sur la vie publique américaine. Il montre aussi la construction mouvementée de l&#39;unité territoriale américaine, qu&#39;on connaît mal en France il faut bien dire. &#xA;&#xA;Les personnages sont tous étrangement attachants, j&#39;écris étrangement car plusieurs d&#39;entre eux sont complètement barrés. Ils sont aussi très ambivalents et ont parfois du mal à justifier leurs propres actes ce qui nous les rapproche. Les dialogues sont savoureux et souvent drôles. L&#39;auteur suit les personnages un à un et nous fait ainsi brièvement mais aussi très rapidement comprendre le point de vue des personnages, pas en tant qu&#39;archétype (indien/ranger par exemple) mais en tant qu&#39;individu.  &#xA;&#xA;Et les personnages de femmes, ha ! sont incroyables surtout dans le deuxième volet. Bref un must-read.&#xA;&#xA;DOA&#xA;&#xA;J&#39;avais acheté Rétiaires il y a plusieurs mois puis je l&#39;&#39;ai laissé sciemment prendre la poussière sur une étagère parce que j&#39;attendais le moment propice à sa lecture pour deux raisons ; d&#39;abord, ce n&#39;était pas rien de se plonger dans Citoyens clandestins puis dans Pukhtu alors j&#39;attendais d&#39;être psychologiquement un peu disponible pour l&#39;entamer. &#xA;&#xA;Qu&#39;on se rassure le livre est beaucoup moins foisonnant et complexe que Pukhtu, je le qualifierais de polar &#34;classique&#34; bien enlevé avec des personnages ambigus comme on aime (surtout du côté des flics, les voyous sont plus attendus), un intrigue assez straight mais qui utilise un peu trop de retours en arrière à mon goût. &#xA;&#xA;Je l&#39;ai lu d&#39;une traite ça reste un bon polar bien documenté et qui donne une vraie impression d&#39;être embarqué en quelques mots dans les organisations de chaque côté, mais il est trop classique dans sa construction par rapport à ce que je connaissais déjà de l&#39;oeuvre de DOA alors j&#39;ai été un poil déçu.&#xA;&#xA;lectures]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>Me voici quasiment cloué au lit suite à une opération, c&#39;est le moment de faire un peu le point sur mes dernières lectures frappantes, d&#39;autant qu&#39;en prévision de ce moment j&#39;ai dépensé mes sous <del>à tort et à travers</del> libéralement dans les librairies pour alimenter le plaisir anticipé consistant à créer des piles de lectures au pied de mon lit et dans mes étagères.
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<h2 id="octavia-butler" id="octavia-butler">Octavia Butler</h2>

<p><a href="https://www.placedeslibraires.fr/livre/9791030703313-la-parabole-du-semeur-octavia-e-butler/" rel="nofollow">La parabole du semeur</a> : voilà enfin un récit post-apo qui tabasse.</p>

<p>Je l&#39;avais commencé avec un enthousiasme modéré parce que ce genre de SF n&#39;est pas trop ma tasse de thé, et aussi parce que le synopsis est drôlement proche de <em>La route</em> (Cormac McCarthy) qui m&#39;était tombé des mains tellement c&#39;est une bouse emmerdante et sans intérêt. Quelle maladie a touché la presse française à la sortie de ce pensum, je me le demande. Il faut aimer se flageller avec des orties pour apprécier. Donnez-moi par pitié cent mille Octavia et Ursula et rangez Cormac à la poubelle.
D&#39;ailleurs je suppute que le critique français masturbateur aime bien trouver de temps en temps une œuvre de genre cette fois c&#39;est tombé sur “la science fiction” c&#39;était l&#39;occasion rhalala ça m&#39;énerve. Et au fait, pas de science ici c&#39;est une anticipation.</p>

<p>Un synopsis proche disais-je, celui de la fin du monde, amené de manière très intelligente sur le fond et formidable dans la forme car on lit un journal intime, écrit de manière tellement prenante et vivante qu&#39;on s&#39;y croit totalement. Chose amusante : l&#39;histoire, écrite en 93, se déroule en 2025 et (presque) tout est tellement réaliste. En tout cas, <em>la manière dont le monde s&#39;effondre</em> est très réaliste, à tel point que c&#39;est une fictions les plus ancrées que j&#39;aie lu sur ce thème.
Je l&#39;ai acheté dans un élan de littérature “sérieuse”, sans doute en même temps que des essais qui resteront inachevés sur une étagère -ça m&#39;arrive régulièrement- cette fois-ci il arrivait tout de même auréolé de critiques (de critiques de gens qui savent ce qu&#39;ils lisent, je précise) très positives, et c&#39;est l&#39;occasion de découvrir une autrice importante. Ça brasse large, j&#39;ai eu un peu de mal à entrer dedans puis le déclic s&#39;est fait et je l&#39;ai lu d&#39;une traite.</p>

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<h2 id="ann-leckie" id="ann-leckie">Ann Leckie</h2>

<p>En parlant de science-fiction, de la vraie cette fois avec des vaisseaux spatiaux et tout, j&#39;ai acheté un recueil de nouvelles d&#39;Ann Leckie qui a obtenu de manière très très méritée le prix Hugo 2024 pour <a href="https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782290111437-les-chroniques-du-radch-tome-1-la-justice-de-l-ancillaire-ann-leckie/" rel="nofollow">Les Chroniques du Radch</a>, une des choses les plus follement innovantes que j&#39;ai lu depuis des années, que je ne vais pas raconter , mais qui a un ton, un univers, des personnages extraordinairement singuliers et attachants. Il m&#39;est resté longtemps en tête, et malgré sa sortie récente je l&#39;ai lu plusieurs fois.
Bref j&#39;attends beaucoup de ce livre, sa tranche me regarde depuis l&#39;étagère et je savoure le moment où je l&#39;ouvrirai, même si les nouvelles sont moins ma tasse de thé que les romans.</p>

<h2 id="benjamin-labatut" id="benjamin-labatut">Benjamin Labatut</h2>

<p>À propos de tranche qui me regarde et réciproquement, j&#39;ai prévu de lire <a href="https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782246833420-maniac-benjamin-labatut/" rel="nofollow">Maniac</a> après avoir dévoré d&#39;un coup <a href="https://www.placedeslibraires.fr/livre/9791041413027-lumieres-aveugles-benjamin-labatut/" rel="nofollow">Lumières aveugles</a>, un autre livre impossible à décrire ou résumer et tellement étrange, exotique et bizarre... Il a un côté collection d&#39;anecdotes filées qui m&#39;a fait un peu penser à ce que faisait <a href="https://www.placedeslibraires.fr/listeliv.php?base=paper&amp;mots_recherche=Winfried%20georg%20Sebald" rel="nofollow">Sebald</a> avec l&#39;histoire (la grande histoire, la sienne, celle de ses proches), mais lui s&#39;intéresse à l&#39;histoire des sciences : c&#39;est intriguant puis intéressant puis perturbant à mesure qu&#39;on se demande où est le vrai. Un livre très très fort.</p>

<h2 id="alexis-jenni" id="alexis-jenni">Alexis Jenni</h2>

<p>Également, j&#39;ai lu <a href="https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782375021521-j-aurais-pu-devenir-millionnaire-j-ai-choisi-d-etre-vagabond-alexis-jenni/" rel="nofollow">la courte biographie de John Muir par Alexis Jenni</a>, une très jolie découverte qui m&#39;accompagnera longtemps je pense.</p>

<p>J&#39;avoue je ne connaissais pas John Muir, sauf peut-être pour avoir croisé son nom parfois ? en tout cas je ne connaissais pas son histoire et elle est littéralement extraordinaire, y compris pour ses contemporains. Et puis elle se déroule encore cette époque bénie où les frontières entre sciences n&#39;existaient pas comme aujourd&#39;hui et où l&#39;on pouvait devenir à la fois ingénieur, géologue, naturaliste et bien sûr homme de lettres. En plus à cette période charnière où la conquête est terminée mais pas la découverte et où se mettent en place les mécaniques de domination dont on voit aujourd&#39;hui la continuation, les mêmes causes produisant les mêmes effets.</p>

<p>Mais surtout, quel aventurier incroyable, qui n&#39;a eu de cesse de se déplacer à travers le monde pour en constater et relater les beautés et surtout les éprouver de manière physique et spirituelle.
Bref une biographie classique mais qui va au cœur de l&#39;individu John Muir, et écrite avec une grande tendresse.</p>

<h2 id="laurent-gaudé" id="laurent-gaudé">Laurent Gaudé</h2>

<p>Sinon en début d&#39;année j&#39;ai lu deux livres de Laurent Gaudé, d&#39;abord <em>La porte des Enfers</em>, parce que j&#39;avais conservé un bon souvenir du <em>soleil des Scorta</em> et que j&#39;avais celui-ci dans ma bibliothèque depuis un moment. C&#39;est très bien écrit, vraiment. C&#39;est également sinistre au dernier degré : pas un rai de lumière dans ce cloaque. Alors certes l’œuvre traite de la mort et du deuil mais quand même.</p>

<p>En plus les aspects mythologiques sont bizarrement amenés, puis curieusement traités, c&#39;est à la fois trop terre-à-terre et fantasmagorique. Et au final la description des enfers est d&#39;une monotonie barbante.
Bref, une lecture déprimante. La langue reste belle  et heureusement c&#39;est assez court.</p>

<p>Et comme la critique était positive, j&#39;ai lu dans la foulée ou presque, <em>Chien 51</em>, un polar SF dystopique, toujours aussi bien écrit et sans fausse note, lui. Son univers est particulièrement consistant et réaliste, sa construction m&#39;a beaucoup plu, les personnages sont attachants et le mystère reste entier jusqu&#39;aux dernières pages.</p>

<p>Par contre c&#39;est de nouveau sinistre et déprimant, rien ne vient égayer cette vision terrifiante de notre futur : je ne suis pas certain de continuer à lire Gaudé :)</p>

<h2 id="ted-conover" id="ted-conover">Ted Conover</h2>

<p>Une découverte incroyable, grâce à une émission de radio je crois (il a dû passer dans <em>les midis de Culture</em>), dont le pitch n&#39;est pas forcément très attirant.</p>

<p>J&#39;ai donc lu d&#39;une traite <a href="https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782364686991-la-ou-la-terre-ne-vaut-rien-ted-conover/" rel="nofollow"><em>Là où la terre ne vaut rien</em></a> (plus précisément là ou l&#39;hectare de terrain vaut 1000$)  en gardant en tête les paysages somptueux du Colorado et ce qu&#39;ils remontent de construction culturelle sur ces paysages “vides” qui n&#39;attendent que des colons.</p>

<p>Le défilé de personnalités hors normes est incroyable, tout comme la pauvreté saisissante de ces laissés-pour-compte et ce qu&#39;ils racontent de l&#39;Amérique d&#39;aujourd&#39;hui.</p>

<h2 id="mathieu-auzanneau" id="mathieu-auzanneau">Mathieu Auzanneau</h2>

<p>Un auteur qui connaît bien son sujet car il dirige <a href="https://theshiftproject.org/" rel="nofollow">the Shift Project</a> et a déjà écrit une somme sur le pétrole (<a href="https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782348067280-or-noir-la-grande-histoire-du-petrole-matthieu-auzanneau/" rel="nofollow">Or noir, la grande histoire du pétrole</a>, je sais que c&#39;est une somme car je l&#39;ai chez moi et il fait 10 cm d&#39;épaisseur).<br>
Ici nous sommes plutôt dans l&#39;hyper-light : <a href="https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782757899458-petrole-le-declin-est-proche-matthieu-auzanneau-hortense-chauvin/" rel="nofollow">Pétrole, le déclin est proche</a> se lit en une soirée. Une soirée agréable car c&#39;est bien écrit et on y apprend beaucoup.</p>

<p>Le livre part d&#39;une histoire proche : en 2000, le concept de pic pétrolier était dans l&#39;air puis les américains ont “inventé” le gaz et le pétrole de schiste et magiquement la question des limites de ressources énergétiques a disparu du débat public. Le shift project a eu accès vers les années 2020 a des données très peu partagées, produites par un des principaux cabinets qui compilent de la donnée relative au stock (données généralement vendues à prix d&#39;or aux acteurs du secteur). En faisant converger pas mal d&#39;informations, il <em>postule</em> que le pic pétrolier a été atteint vers 2021 et que nous faisons désormais face à la fin du pétrole facile à une échéance connue et surtout, proche. Proche, c&#39;est 2030, 2040, 2050 ? dans pas longtemps en tout cas, surtout à l&#39;échelle de notre civilisation qui s&#39;est construite sur une énergie surabondante depuis 200 ans.</p>

<p>Et c&#39;est précisément cet aspect du livre qui m&#39;a le plus fasciné : envisager l&#39;histoire et la géopolitique sous le prisme de la disponibilité des ressources ce qui modifie pas mal d&#39;idées préconçues : Pearl Harbour ? les japonais cherchaient à accéder aux ressources pétrolières du sud asiatique. Les allemands ont perdu la deuxième guerre ? c&#39;était inévitable car ils n&#39;avaient pas suffisamment d&#39;énergie face au bloc de l&#39;ouest. Et je ne parle même pas de la guerre en Irak. Je cite de mémoire “<em>ces guerres ont eu lieu en période de surabondance, que seront-elles lorsque les ressources seront en train de se tarir ?</em>“</p>

<p>Une partie du livre expose les contraintes physiques liées à l&#39;exploitation des ressources fossiles et explique pourquoi les chiffres généralement agités par les industriels ou les politiciens ne sont pas fiables.</p>

<p>Et il rappelle utilement ce qu&#39;on croit savoir par ailleurs : notre civilisation et notre mode de vie reposent sur le pétrole. Pas de pétrole ? pas de médicament, pas de production agricole sans paysan, pas de biens de consommation courante, pas de transferts sur le globe. Et d&#39;un point de vue géopolitique, pas de domination américaine.</p>

<p>Et puis bien sûr il appuie là où ça fait mal : la fin du pétrole ne signifiera pas la fin de l&#39;extractivisme ou la baisse d&#39;émissions de GES. Le fait que personne ne s&#39;y prépare rend inéluctables des chocs monstrueux à venir.</p>

<p>Bref un livre salutaire avec un côté curieusement enthousiasmant, façon puzzle : une esquisse de la fin d&#39;un monde. Dommage que ce soit la réalité et qu&#39;on soit en plein dedans.</p>

<h2 id="l-atelier-paysan" id="l-atelier-paysan">L&#39;atelier paysan</h2>

<p>Ce livre est presque déjà un classique en tant que critique du techno-solutionnisme. Moi, qui pensait connaître le sujet, ai beaucoup appris en le lisant, notamment sur l&#39;histoire de la mécanisation.</p>

<p>En décortiquant les rouages de la grosse machinerie agricole, la démonstration est faite de nouveau, que les paysans sont avec les consommateurs les premières victimes d&#39;un système industriel qui a des racines historiques profondes et répond à une idéologie délétère.</p>

<p>Je l&#39;ai lu dans la foulée de celui sur le pétrole, ça va bien ensemble.</p>

<h2 id="larry-mcmurtry" id="larry-mcmurtry">Larry McMurtry</h2>

<p>Restons en Amérique avec <a href="https://www.placedeslibraires.fr/ebook/9782404011349-la-marche-du-mort-larry-mcmurtry/" rel="nofollow">Lonesome Dove</a>, un chef-d’œuvre à bien des niveaux.</p>

<p>Il nous fait suivre un groupe de Texas Ranger, plus particulièrement d&#39;eux d&#39;entre eux ainsi que plusieurs personnages annexes dans les années 1840 à la frontière des États-Unis et du Mexique qui n&#39;a pas encore sa forme actuelle et ressemble plutôt à un gigantesque no man&#39;s land où les colons risquent leur vie et où les Indiens tentent encore de vivre la leur.</p>

<p>Je n&#39;avais encore jamais lu d&#39;histoire aussi documentée se déroulant à cette époque, je trouve que le roman éclaire beaucoup la mentalité des pionniers qui explique tellement de choses sur la vie publique américaine. Il montre aussi la construction mouvementée de l&#39;unité territoriale américaine, qu&#39;on connaît mal en France il faut bien dire.</p>

<p>Les personnages sont tous étrangement attachants, j&#39;écris étrangement car plusieurs d&#39;entre eux sont complètement barrés. Ils sont aussi très ambivalents et ont parfois du mal à justifier leurs propres actes ce qui nous les rapproche. Les dialogues sont savoureux et souvent drôles. L&#39;auteur suit les personnages un à un et nous fait ainsi brièvement mais aussi très rapidement comprendre le point de vue des personnages, pas en tant qu&#39;archétype (indien/ranger par exemple) mais en tant qu&#39;individu.</p>

<p>Et les personnages de femmes, ha ! sont incroyables surtout dans le deuxième volet. Bref un must-read.</p>

<h2 id="doa" id="doa">DOA</h2>

<p>J&#39;avais acheté <a href="https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782073044426-retiaire-s-doa/" rel="nofollow">Rétiaires</a> il y a plusieurs mois puis je l&#39;&#39;ai laissé sciemment prendre la poussière sur une étagère parce que j&#39;attendais le moment propice à sa lecture pour deux raisons ; d&#39;abord, ce n&#39;était pas rien de se plonger dans <a href="https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782073078308-citoyens-clandestins-doa/" rel="nofollow">Citoyens clandestins</a> puis dans <a href="https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782073078407-pukhtu-primo-doa/" rel="nofollow">Pukhtu</a> alors j&#39;attendais d&#39;être psychologiquement un peu disponible pour l&#39;entamer.</p>

<p>Qu&#39;on se rassure le livre est beaucoup moins foisonnant et complexe que Pukhtu, je le qualifierais de polar “classique” bien enlevé avec des personnages ambigus comme on aime (surtout du côté des flics, les voyous sont plus attendus), un intrigue assez <em>straight</em> mais qui utilise un peu trop de retours en arrière à mon goût.</p>

<p>Je l&#39;ai lu d&#39;une traite ça reste un bon polar bien documenté et qui donne une vraie impression d&#39;être embarqué en quelques mots dans les organisations de chaque côté, mais il est trop classique dans sa construction par rapport à ce que je connaissais déjà de l&#39;oeuvre de DOA alors j&#39;ai été un poil déçu.</p>

<p><a href="/bparpoil/tag:lectures" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">lectures</span></a></p>
]]></content:encoded>
      <guid>https://blogz.zaclys.com/bparpoil/lecture-2025</guid>
      <pubDate>Mon, 05 May 2025 22:24:24 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Le long du Nil</title>
      <link>https://blogz.zaclys.com/bparpoil/le-long-du-nil</link>
      <description>&lt;![CDATA[Notre trajet le long du Nil commence par une promenade en voiture jusqu&#39;au barrage situé au nord de Louxor. La route est assez fréquentée, mais bon il n&#39;y a pas tant que ça de routes dans ce pays, et beaucoup de choses s&#39;y passent puisque c&#39;est le seul axe routier à longer le fleuve de ce côté.  &#xA;!--more--&#xA;&#xA;Chaque intersection est agrémentée d&#39;un dos d&#39;âne très efficace, d&#39;un café, de véhicules arrêtés, de policiers (on croise beaucoup de policiers dans une dictature militaire. D&#39;ailleurs il est interdit de les prendre en photo, ainsi que de photographier des bâtiment de l&#39;armée, ou d&#39;être en possession de jumelles), de marchands de pains et de gens qui attendent un transport. On croise beaucoup de cannes à sucre transportées principalement sur des charrettes tirées par des ânes étiques ou des triporteurs.&#xA;&#xA;Tous ces ralentisseurs donnent une conduite égyptienne : rouler à 140 pendant 40 secondes, freiner jusqu&#39;à l&#39;arrêt, passer l&#39;obstacle et hop c&#39;est reparti pour accélérer à fond, doubler un camion qui est en train de dépasser une moto qui double une charrette, pendant qu&#39;un bus arrive en face... ha il est temps de s&#39;arrêter de nouveau. &#xA;&#xA;La ville d&#39;Esna, notre destination, a grandi trop vite et semble n&#39;être composée que de ces immeubles à ossature en béton armé et murs de brique nue qu&#39;on voit partout ici. Sans oublier les fers qui dépassent au dernier étage. &#xA;&#xA;Esna&#xA;&#xA;Le site ancien d&#39;Esna est un temple, ou plutôt la salle hypostyle d&#39;un temple de l&#39;époque romaine ; sa situation est particulière : 9 m sous le niveau de la ville (le limon déposé par le fleuve représente donc 5 cm d&#39;épaisseur par décade, j&#39;aurais pensé plus. Évidemment le niveau du terrain a cessé d&#39;augmenter en 1964).  &#xA;&#xA;esna&#xA;&#xA;À l&#39;époque des touristes anglais de la fin de 1920 on ne visitait que le tiers supérieur du bâtiment. Dommage car ces salles sont à mon goût les endroits les plus impressionnants des temples. Évidemment, elles ont été construites pour cela : on s&#39;y déplace difficilement à cause de la densité des piliers, le clair-obscur favorise le recueillement et les couleurs, préservées et restaurées sont d&#39;un éclat extraordinaire. La mythologie est au plafond, les récits plus terre-à-terre (ambassades, conquêtes et histoires de famille) recouvrent les piliers et les murs. &#xA;&#xA;plafond&#xA;&#xA;Esna est depuis l&#39;antiquité un centre de production agricole : les piliers sont sont ici d&#39;une diversité remarquable et représentent toutes sortes de plantes cultivées dans le coin. Une équipe d&#39;archéologues est au travail, on peut constater la différence des couleurs, avant-après leur intervention, c&#39;est spectaculaire. Le temple a été, ici comme ailleurs, utilisé comme logement / cuisine et le noir de fumée a tout recouvert mais sous cette crasse les couleurs ressortent aussi vives qu&#39;il y a deux mille ans. Je me demande à quel point la suie a protégé les couleurs, en tout cas l&#39;améthyste ou le corail ont conservé leur éclat. &#xA;&#xA;piliers&#xA;&#xA;À la sortie du site, qui est entouré de tous côtés par une ville très proche, nous traversons le souk pour rejoindre le quai. Nous croisons quelques beaux restes d&#39;immeubles ou maisons construits en terre, datant du début du XX°, ainsi que des écoliers, des femmes faisant des courses, des types sur des motos chinoises, des étals de viandes et de tripes installés dans la rue en terre, des épiciers... et curieusement pas un seul touriste. &#xA;&#xA;maison&#xA;&#xA;Les autres touristes doivent passer à travers le souk moderne construit pour eux, merci Amin de nous avoir fait passer par la ville (je ne m&#39;y serais pas aventuré seul).  &#xA;Plus tard nous en croiserons également assez peu (des touristes), car les dahabieh voyagent en décalé par rapport aux ferrys qui font le même trajet deux fois plus vite et si nous sommes intégrés à un groupe assez imposant (70 personnes peut-être, réparties sur 5 bateaux voyageant de concert), nous nous diluons sur les sites en nous éparpillant au sein de groupes plus petits, chacun disposant de son propre guide. &#xA;&#xA;esna&#xA;&#xA;Le moment est donc venu de la croisière lente, effectuée dans un luxe décadent et en traversant des paysages de toute beauté (d&#39;autant que, de loin, on voit moins la crasse et le plastique qui décorent chaque mètre carré de terrain), agrémentés parfois de visites. &#xA;&#xA;Le Nil&#xA;&#xA;C&#39;est un voyage, hélas trop court et au rythme alangui, qui se déroule au fond d&#39;une vallée où par définition le regard ne peut porter que dans deux directions. Le paysage est difficile a décrire, à la fois linéaire, perdu que nous sommes sur ce ruban de vie au milieu du désert, mais aussi toujours changeant. Avec des fulgurances de temps suspendu et de calme absolu :&#xA;&#xA;brume&#xA;  &#xA;Souvent l&#39;on ne voit que les rives, c&#39;est-à-dire un foisonnement de toutes teintes de vert, parfois quelques bâtiments en émergent, ici un minaret, là des quais de chargement et régulièrement, des collines ocres offrent un peu de champ, et une couleur de plus à la palette.&#xA;&#xA;nil&#xA;&#xA;Les rives sont très vertes : après tout, l&#39;espace cultivable est gagné sur le sable du Sahara aussi dattiers, manguiers et bananiers poussent-ils les pieds dans l&#39;eau. &#xA;&#xA;Un des objets artificiels qu&#39;on croise le plus souvent est la pompe, depuis les stations de pompage opérées par une équipe et pour une zone ou un village, jusqu&#39;à celle qui se déplace à la main et est mue par un générateur à gasoil (le carburant ne coûte presque rien ici). On voit partout des tuyaux qui plongent dans le fleuve ; les agriculteurs qui utilisent des installations collectives (canaux et martellières) paient une redevance et tous inondent régulièrement leurs parcelles. &#xA;&#xA;D&#39;ailleurs un de premiers soirs nous allons nous promener jusqu&#39;à un village de cultivateurs où une des familles manifestement les plus influentes est celle en charge de la station de pompage.&#xA;&#xA;village &#xA;&#xA;Ensuite viennent les barques de pêcheurs, que je ne pensais pas voir en si grand nombre : on croise, surtout le matin et le soir, des dizaines de barques, à peine suffisamment grandes pour contenir les deux individus qui l&#39;utilisent, un aux rames et l&#39;autre à dérouler (ou enrouler bien sûr) un filet. &#xA;&#xA;La largeur du fleuve change peu et en-dehors des collines c&#39;est surtout le présence d&#39;îles qui va influer sur sa physionomie ; certaines sont cultivées, d&#39;autres non mais toutes sont un refuge pour les centaines d&#39;oiseaux qui nichent, pèchent et barbotent parmi les roseaux. &#xA;&#xA;Les gens&#xA;&#xA;Finalement la remontée en bateau reste le meilleur moyen de visiter la Haute-Égypte et c&#39;est marrant de penser que ce faisant on vit une expérience très proche de celle des touristes du début du siècle (enfin du XIX°). &#xA;&#xA;D&#39;ailleurs la population qu&#39;on croise sur cette croisière ne me contredira pas, elle est comme nous représentative de la bourgeoisie mondialisée, blanche et occidentale qu&#39;on pouvait déjà, j&#39;imagine, rencontrer ici il y a 110 ans. Sur notre dahabieh, ce sont par exemple des espagnols avec leurs enfants installé à Londres et Vancouver, une famille de profs de Boston, un australien (instantanément renommé crocodile dundie par Valérie mais qui en réalité bosse dans la finance et se définit sans aucune ironie comme réfugié économique) de Singapour qui passe manifestement sa vie à voyager et deux couples d&#39;anglais qui auraient l&#39;un et l&#39;autre parfaitement leur place chez Agatha Christie. Tout ce beau monde est très aimable et pratique avec aisance l&#39;art de discussions d&#39;une totale platitude qui présentent l&#39;avantage de se dérouler en anglais pour épicer notre séjour d&#39;une touche d&#39;exotisme supplémentaire. &#xA;&#xA;Le contraste avec la pauvreté de la population égyptienne, bien qu&#39;amorti par le fait qu&#39;on la distingue à peine lors des escales, est également tout aussi vif qu&#39;au XIX°. Avec cette différence majeure qu&#39;entre-temps le tourisme est devenu la seule industrie du pays. &#xA;&#xA;Cela se traduit de notre point de vue par un nombre important de ferrys qui font la navette entre Louxor et Assouan de manière industrielle : quand on les croise, c&#39;est par groupe de trente ou quarante bateaux à la file. Notre chance est qu&#39;ils ne peuvent pas s&#39;arrêter en l&#39;absence de quai suffisamment profond, d&#39;où une relative tranquillité lors des haltes&#xA;&#xA;Haute-Égypte&#xA;&#xA;Le décor change à partir de la première cataracte, c&#39;est-à-dire Assouan ; enfant, j&#39;imaginais un genre de Niagara, ce n&#39;est bien entendu pas le cas. C&#39;est plutôt qu&#39;à partir d&#39;ici on entre dans une zone de chaos rocheux où le fleuve connaît une succession de rapides, et en amont duquel il avait creusé un canyon dans la roche.  &#xA;&#xA;Il est aisé de comprendre pourquoi le site forme une frontière naturelle qui a séparé Égypte et Nubie pendant si longtemps. Malheureusement pour les Nubiens, la zone sud d&#39;Assouan est riche en ressources minérales et notamment en or. C&#39;est aussi bien entendu un verrou commercial vers le reste de l&#39;Afrique, verrou que les pharaons ont fini par faire sauter en l&#39;envahissant et en faisant disparaitre les cultures locales.&#xA;&#xA;Et malheureusement pour nous, il est aujourd&#39;hui difficile voire impossible de se rendre compte de ce que pouvaient être les paysages et la vie quotidienne en haute-Égypte depuis l&#39;édification du barrage Nasser qui a fait disparaitre toute la zone sous le lac artificiel. &#xA;&#xA;On en a un petit aperçu lors de la visite du musée nubien d&#39;Assouan où se trouvent notamment un ensemble de photographies, fin XIX° - début XX°. &#xA;&#xA;]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>Notre trajet le long du Nil commence par une promenade en voiture jusqu&#39;au barrage situé au nord de Louxor. La route est assez fréquentée, mais bon il n&#39;y a pas tant que ça de routes dans ce pays, et beaucoup de choses s&#39;y passent puisque c&#39;est le seul axe routier à longer le fleuve de ce côté.<br>
</p>

<p>Chaque intersection est agrémentée d&#39;un dos d&#39;âne très efficace, d&#39;un café, de véhicules arrêtés, de policiers (<em>on croise beaucoup de policiers dans une dictature militaire. D&#39;ailleurs il est interdit de les prendre en photo, ainsi que de photographier des bâtiment de l&#39;armée, ou d&#39;être en possession de jumelles</em>), de marchands de pains et de gens qui attendent un transport. On croise beaucoup de cannes à sucre transportées principalement sur des charrettes tirées par des ânes étiques ou des triporteurs.</p>

<p>Tous ces ralentisseurs donnent une conduite égyptienne : rouler à 140 pendant 40 secondes, freiner jusqu&#39;à l&#39;arrêt, passer l&#39;obstacle et hop c&#39;est reparti pour accélérer à fond, doubler un camion qui est en train de dépasser une moto qui double une charrette, pendant qu&#39;un bus arrive en face... ha il est temps de s&#39;arrêter de nouveau.</p>

<p>La ville d&#39;Esna, notre destination, a grandi trop vite et semble n&#39;être composée que de ces immeubles à ossature en béton armé et murs de brique nue qu&#39;on voit partout ici. Sans oublier les fers qui dépassent au dernier étage.</p>

<h2 id="esna" id="esna">Esna</h2>

<p>Le site ancien d&#39;Esna est un temple, ou plutôt la salle hypostyle d&#39;un temple de l&#39;époque romaine ; sa situation est particulière : 9 m sous le niveau de la ville (le limon déposé par le fleuve représente donc 5 cm d&#39;épaisseur par décade, j&#39;aurais pensé plus. Évidemment le niveau du terrain a cessé d&#39;augmenter en 1964).</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2025-02-17%20esna/esna1.jpg&amp;fileId=6554464&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true&amp;etag=616dd11164d907f553385f143a15223b" alt="esna"></p>

<p>À l&#39;époque des touristes anglais de la fin de 1920 on ne visitait que le tiers supérieur du bâtiment. Dommage car ces salles sont à mon goût les endroits les plus impressionnants des temples. Évidemment, elles ont été construites pour cela : on s&#39;y déplace difficilement à cause de la densité des piliers, le clair-obscur favorise le recueillement et les couleurs, préservées et restaurées sont d&#39;un éclat extraordinaire. La mythologie est au plafond, les récits plus terre-à-terre (ambassades, conquêtes et histoires de famille) recouvrent les piliers et les murs.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2025-02-17%20esna/esna2.jpg&amp;fileId=6554488&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true&amp;etag=ac4f2a7ea7762096b7f216c393e321ed" alt="plafond"></p>

<p>Esna est depuis l&#39;antiquité un centre de production agricole : les piliers sont sont ici d&#39;une diversité remarquable et représentent toutes sortes de plantes cultivées dans le coin. Une équipe d&#39;archéologues est au travail, on peut constater la différence des couleurs, avant-après leur intervention, c&#39;est spectaculaire. Le temple a été, ici comme ailleurs, utilisé comme logement / cuisine et le noir de fumée a tout recouvert mais sous cette crasse les couleurs ressortent aussi vives qu&#39;il y a deux mille ans. Je me demande à quel point la suie a protégé les couleurs, en tout cas l&#39;améthyste ou le corail ont conservé leur éclat.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2025-02-17%20esna/esna3.jpg&amp;fileId=6554463&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true&amp;etag=4c36d0912ab6cfaef48bd38621c2bf58" alt="piliers"></p>

<p>À la sortie du site, qui est entouré de tous côtés par une ville très proche, nous traversons le souk pour rejoindre le quai. Nous croisons quelques beaux restes d&#39;immeubles ou maisons construits en terre, datant du début du XX°, ainsi que des écoliers, des femmes faisant des courses, des types sur des motos chinoises, des étals de viandes et de tripes installés dans la rue en terre, des épiciers... et curieusement pas un seul touriste.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2025-02-17%20esna/esna6.jpg&amp;fileId=6554489&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true&amp;etag=b32f687967782cab13408c9dc6db04f5" alt="maison"></p>

<p>Les autres touristes doivent passer à travers le souk moderne construit pour eux, merci Amin de nous avoir fait passer par la ville (je ne m&#39;y serais pas aventuré seul).<br>
Plus tard nous en croiserons également assez peu (des touristes), car les dahabieh voyagent en décalé par rapport aux ferrys qui font le même trajet deux fois plus vite et si nous sommes intégrés à un groupe assez imposant (70 personnes peut-être, réparties sur 5 bateaux voyageant de concert), nous nous diluons sur les sites en nous éparpillant au sein de groupes plus petits, chacun disposant de son propre guide.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2025-02-17%20esna/esna4.jpg&amp;fileId=6554484&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true&amp;etag=599fabec0cbe7b405da51efede26494c" alt="esna"></p>

<p>Le moment est donc venu de la croisière lente, effectuée dans un luxe décadent et en traversant des paysages de toute beauté (d&#39;autant que, de loin, on voit moins la crasse et le plastique qui décorent chaque mètre carré de terrain), agrémentés parfois de visites.</p>

<h2 id="le-nil" id="le-nil">Le Nil</h2>

<p>C&#39;est un voyage, hélas trop court et au rythme alangui, qui se déroule au fond d&#39;une vallée où par définition le regard ne peut porter que dans deux directions. Le paysage est difficile a décrire, à la fois linéaire, perdu que nous sommes sur ce ruban de vie au milieu du désert, mais aussi toujours changeant. Avec des fulgurances de temps suspendu et de calme absolu :</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2025-02-20%20nil/20250219_092410.jpg&amp;fileId=6598113&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true&amp;etag=201e3a0147a9a756a09c33ec29692f6b" alt="brume"></p>

<p>Souvent l&#39;on ne voit que les rives, c&#39;est-à-dire un foisonnement de toutes teintes de vert, parfois quelques bâtiments en émergent, ici un minaret, là des quais de chargement et régulièrement, des collines ocres offrent un peu de champ, et une couleur de plus à la palette.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2025-02-20%20nil/20250219_112305.jpg&amp;fileId=6598012&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true&amp;etag=7e89ab1f0eb8850ae12d25a513ac47bd" alt="nil"></p>

<p>Les rives sont <em>très</em> vertes : après tout, l&#39;espace cultivable est gagné sur le sable du Sahara aussi dattiers, manguiers et bananiers poussent-ils les pieds dans l&#39;eau.</p>

<p>Un des objets artificiels qu&#39;on croise le plus souvent est la pompe, depuis les stations de pompage opérées par une équipe et pour une zone ou un village, jusqu&#39;à celle qui se déplace à la main et est mue par un générateur à gasoil (le carburant ne coûte presque rien ici). On voit partout des tuyaux qui plongent dans le fleuve ; les agriculteurs qui utilisent des installations collectives (canaux et martellières) paient une redevance et tous inondent régulièrement leurs parcelles.</p>

<p>D&#39;ailleurs un de premiers soirs nous allons nous promener jusqu&#39;à un village de cultivateurs où une des familles manifestement les plus influentes est celle en charge de la station de pompage.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2025-02-17%20esna/village3.jpg&amp;fileId=6554526&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true&amp;etag=bb55d2a1f1bc72502c6e733d07e8edad" alt="village"></p>

<p>Ensuite viennent les barques de pêcheurs, que je ne pensais pas voir en si grand nombre : on croise, surtout le matin et le soir, des dizaines de barques, à peine suffisamment grandes pour contenir les deux individus qui l&#39;utilisent, un aux rames et l&#39;autre à dérouler (ou enrouler bien sûr) un filet.</p>

<p>La largeur du fleuve change peu et en-dehors des collines c&#39;est surtout le présence d&#39;îles qui va influer sur sa physionomie ; certaines sont cultivées, d&#39;autres non mais toutes sont un refuge pour les centaines d&#39;oiseaux qui nichent, pèchent et barbotent parmi les roseaux.</p>

<h2 id="les-gens" id="les-gens">Les gens</h2>

<p>Finalement la remontée en bateau reste le meilleur moyen de visiter la Haute-Égypte et c&#39;est marrant de penser que ce faisant on vit une expérience très proche de celle des touristes du début du siècle (enfin du XIX°).</p>

<p>D&#39;ailleurs la population qu&#39;on croise sur cette croisière ne me contredira pas, elle est comme nous représentative de la bourgeoisie mondialisée, blanche et occidentale qu&#39;on pouvait déjà, j&#39;imagine, rencontrer ici il y a 110 ans. Sur notre dahabieh, ce sont par exemple des espagnols avec leurs enfants installé à Londres et Vancouver, une famille de profs de Boston, un australien (instantanément renommé <em>crocodile dundie</em> par Valérie mais qui en réalité bosse dans la finance et se définit sans aucune ironie comme réfugié économique) de Singapour qui passe manifestement sa vie à voyager et deux couples d&#39;anglais qui auraient l&#39;un et l&#39;autre parfaitement leur place chez Agatha Christie. Tout ce beau monde est très aimable et pratique avec aisance l&#39;art de discussions d&#39;une totale platitude qui présentent l&#39;avantage de se dérouler en anglais pour épicer notre séjour d&#39;une touche d&#39;exotisme supplémentaire.</p>

<p>Le contraste avec la pauvreté de la population égyptienne, bien qu&#39;amorti par le fait qu&#39;on la distingue à peine lors des escales, est également tout aussi vif qu&#39;au XIX°. Avec cette différence majeure qu&#39;entre-temps le tourisme est devenu la seule industrie du pays.</p>

<p>Cela se traduit de notre point de vue par un nombre important de ferrys qui font la navette entre Louxor et Assouan de manière industrielle : quand on les croise, c&#39;est par groupe de trente ou quarante bateaux à la file. Notre chance est qu&#39;ils ne peuvent pas s&#39;arrêter en l&#39;absence de quai suffisamment profond, d&#39;où une relative tranquillité lors des haltes</p>

<h2 id="haute-égypte" id="haute-égypte">Haute-Égypte</h2>

<p>Le décor change à partir de la première <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Cataractes_du_Nil" rel="nofollow">cataracte</a>, c&#39;est-à-dire Assouan ; enfant, j&#39;imaginais un genre de Niagara, ce n&#39;est bien entendu pas le cas. C&#39;est plutôt qu&#39;à partir d&#39;ici on entre dans une zone de chaos rocheux où le fleuve connaît une succession de rapides, et en amont duquel il avait creusé un canyon dans la roche.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2025-02-22%20assouan/20250222_095417.jpg&amp;fileId=6797359&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true&amp;etag=426da2ed73cc4c3e7c025f685ba87c7d" alt=""></p>

<p>Il est aisé de comprendre pourquoi le site forme une frontière naturelle qui a séparé Égypte et Nubie pendant si longtemps. Malheureusement pour les Nubiens, la zone sud d&#39;Assouan est riche en ressources minérales et notamment en or. C&#39;est aussi bien entendu un verrou commercial vers le reste de l&#39;Afrique, verrou que les pharaons ont fini par faire sauter en l&#39;envahissant et en faisant disparaitre les cultures locales.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2025-02-22%20assouan/20250222_100342.jpg&amp;fileId=6598150&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true&amp;etag=dd810cdc169bb7afe132e7f5f02e222b" alt=""></p>

<p>Et malheureusement pour nous, il est aujourd&#39;hui difficile voire impossible de se rendre compte de ce que pouvaient être les paysages et la vie quotidienne en haute-Égypte depuis l&#39;édification du barrage Nasser qui a fait disparaitre toute la zone sous le lac artificiel.</p>

<p>On en a un petit aperçu lors de la visite du musée nubien d&#39;Assouan où se trouvent notamment un ensemble de photographies, fin XIX° – début XX°.</p>
]]></content:encoded>
      <guid>https://blogz.zaclys.com/bparpoil/le-long-du-nil</guid>
      <pubDate>Fri, 21 Feb 2025 06:57:11 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Retour en Égypte</title>
      <link>https://blogz.zaclys.com/bparpoil/retour-en-egypte</link>
      <description>&lt;![CDATA[Vingt ans après mon premier séjour, j&#39;aurais du mal à dire ce qui a changé. Pas l&#39;expérience du transport aérien, ça c&#39;est sûr on est toujours traité comme du bétail, mal assis et mal nourri mais c&#39;est une bien faible punition pour tout ce carbone injecté dans l&#39;atmosphère. &#xA;&#xA;Difficile aussi d&#39;ignorer qu&#39;on arrive dans un état policier délabré, l&#39;aérogare le proclame haut et fort ; néanmoins ce que je trouvais marrant, suranné et exotique il y a quelques années, me semble désormais triste et flippant (et un peu marrant quand même, mais d&#39;une triste manière).&#xA;&#xA;!--more--&#xA;&#xA;En arrivant &#xA;&#xA;Nous sommes environnés de champs extrêmement verdoyants tandis que le désert commence à cinquante mètres : un condensé de vallée du Nil. De plus notre séjour à l’hôtel nous met dans la peau des visiteurs anglais du XIX° car on donne sur la montagne de Thèbes et ses centaines de tombes d&#39;un côté, sur les colosses de Memnon de l&#39;autre (il parait qu&#39;une des deux statues émettait un sifflement le matin, dû à la dilatation de la pierre se réchauffant au soleil, et que ce bruit a disparu après une restauration. C&#39;est aussi à la base de plusieurs de ces statues qu&#39;on a trouvé la liste égéenne/Larenaissancegrecque) qui décrit le monde connu sous Amenophis 3 en listant des villes et par extension les peuples -Hittites, Nubiens, Assyriens, Babyloniens et Grecs du continent ou de Crête- qui étaient les partenaires, les adversaires, les voisins de Pharaon). Nous marchons littéralement sur l&#39;Égypte antique. &#xA;&#xA;champs&#xA;&#xA;Comme c&#39;est l&#39;Égypte on marche aussi sur des montagnes de plastique et de déchets mais je me suis promis de rédiger sur une note positive alors je n&#39;en parlerai pas trop. Je suis cependant très étonné du peu de cas qu&#39;on fait de l&#39;eau dans ce pays qui n&#39;est tout de même qu&#39;un désert où la vie est rendue possible uniquement par et sur le fleuve. Le guide qui nous escortera dans quelques jours a eu plusieurs fois cette formule que je trouve stupéfiante : &#34;jusqu&#39;en 1963 la terre d&#39;Égypte était attaquée par le fleuve&#34;. Attaquée... alors que le barrage condamne à court terme une bonne partie de la capacité de subsistance du pays et favorise le recul du delta. Bref, le fleuve est manifestement perçu de manière ambivalente.&#xA;&#xA;Karnak&#xA;&#xA;En arrivant, nous avons choisi de nous jeter dans le grand bain et d&#39;aller, à peine débarqué de l&#39;avion, visiter le site qui accueille le plus de touristes de toute l&#39;Égypte, à savoir le complexe de Karnak. &#xA;&#xA;karnak&#xA;&#xA;---&#xA;Mais avant nous avons été réveillés par les montgolfières qui survolent la vallée de Rois. Saviez-vous qu&#39;une montgolfière fait un boucan du diable avec sa torchère ? Nous, oui, car plusieurs dizaines d&#39;entre elles sont passées à 50 m de notre chambre au lever du soleil. &#xA;---&#xA;&#xA;Karnak, donc : l&#39;endroit est stupéfiant de par sa taille, alors même qu&#39;une bonne partie du complexe religieux a disparu, avalé par les sables puis par la ville moderne. L&#39;ensemble est trop difficile à appréhender et la visite se résume dans mon esprit à quelques instantanés, des images de gravures merveilleusement exécutées, de piliers d&#39;une ligne magnifique, de restes de couleur dont on peine à imaginer qu&#39;elles ont 4000 ans, de bouts de statues cyclopéennes. &#xA;&#xA;pilier&#xA;&#xA;Le tout est environné par le travail toujours en cours des archéologues qui grignotent lentement le côté du site, regagnant péniblement un peu de terrain et amassant des montagnes de bouts de cailloux à trier, étiqueter, remonter : du travail pour des centaines d&#39;années.&#xA;&#xA;La seule salle hypostyle est presque aussi grande que Notre-Dame et mobilisait manifestement les mêmes ressorts : dimensions écrasantes, demi-jour mystique traversé de rais de lumière miraculeuse. &#xA;&#xA;salle&#xA;&#xA;Majestueuse et écrasante, intrigante et mystérieuse, chaude et poussiéreuse, envahie d&#39;une marée de touristes et autour de laquelle il faut se frayer un chemin entre vendeurs de cochonneries et rabatteurs variés : pas de doute cette visite se déroule en Égypte. Et pour parachever la mise en condition on prend une calèche pour aller déjeuner puis une felouque pour traverser le fleuve et enfin des tuk-tuk pour rejoindre l&#39;hôtel. &#xA;&#xA;felouque&#xA;&#xA;Avec une pause pour voir rapidement le village en terre crue d&#39;Hassan Fathy, une vraie merveille qu&#39;on n&#39;a pas le temps de visiter en détail et qui est désormais totalement englobée dans la nouvelle ville de Louxor. &#xA;&#xA;adobe&#xA;&#xA;Medinet Habou&#xA;&#xA;Et comme l&#39;hôtel est construit sur une zone archéologique, on prend le temps d&#39;aller à pied visiter le très mignon temple de Medinet Habou. Le chemin de terre qui y mène longe un bidonville quartier de Louxor par l&#39;arrière mais le temple lui-même donne sur la montagne de Thèbes, a une échelle bien plus accessible que Karnak et draine nettement moins de monde. Même si la salle principale est désormais dépourvue de toit la visite nous plait beaucoup. &#xA;&#xA;mehdinet&#xA;&#xA;Intermède Eric H. Cline &#xA;&#xA;Mon livre de chevet au début du séjour est 1077 av. JC : le jour où la civilisation s&#39;effondra et l&#39;histoire racontée par l&#39;historien commence très précisément ici au XII° siècle avec les récits consignés sur les parois des temples, d&#39;échanges épistolaires, d&#39;ambassades, de destructions de villes et de guerres menées au Nord de l&#39;Empire contre des groupes d&#39;envahisseurs mal identifiés. &#xA;&#xA;Car la fin du XII° (avant JC bien sûr), c&#39;est la fin de l&#39;âge de Bronze au moyen-Orient dans ce qui était à l&#39;époque une vaste interconnexion d&#39;empires et de cités-état allant de Rome à Babylone, dont l&#39;Égypte était clairement la puissance dominante. Et cette fin n&#39;est pas venue seulement par l&#39;effacement du temps, elle s&#39;est faite dans la douleur et le mystère, avec l&#39;effondrement presque simultané (enfin, simultané à l&#39;échelle de l&#39;histoire antique et avec toutes les pincettes imaginables pour dater ces évènements) de ces structures sociales dites palatiales (c&#39;est-à-dire j&#39;imagine, très centralisées). &#xA;&#xA;C&#39;est aussi la période probable de la guerre de Troie, ou plutôt d&#39;une des guerres sur le site de Troie (où, rappel, on pense que neuf villes se sont succédées), qui aurait pu servir de prétexte à Homère pour rédiger l&#39;Iliade (oui car j&#39;ai appris à cette occasion que le poème décrit des objets et des personnages séparés en fait par des décennies ou des siècles).&#xA;&#xA;Et il se trouve que toute cette histoire a pu être reconstituée entre autres grâce à la graphomanie égyptienne, de pierre (sur les murs) et d&#39;argile (sur les tablettes de comptes et de correspondance) : merci la bureaucratie. Et plusieurs de ces éléments de contexte cités dans le livre se trouvent juste ici dans un rayon de 500m autour de l&#39;hôtel : au Ramesseum, à Mehdimet Abou ou encore sur le socle des colosses. On peut dire que c&#39;est une lecture de circonstance.&#xA;&#xA;Spoiler concernant le livre de Cline : personne ne sait pour l’instant qui étaient ces groupes qui ont incendié tant de villes et attaqué les empire méditerranéens, il n&#39;y a pas de consensus sur la raison de cet effondrement relativement soudain de la civilisation de l&#39;époque. Je retiens tout de même que plusieurs facteurs furent concomitants et que, outre l&#39;érection de nouveaux empires sur l&#39;humus de leurs prédécesseurs, la zone a connu (de manière attestée par l&#39;analyse de pollen) un changement climatique avec des sécheresses en série et des famines (ses voisins et alliés ont demandé du grain à l&#39;Égypte), des tremblements de terre (ou plutôt des séries de tremblement de terre en Grèce, à Chypre et en Anatolie), la rupture de plusieurs routes commerciales alors que les économies de l&#39;époque étaient très liées les unes aux autres... &#xA;&#xA;Lecture que je conseille et qui rapproche singulièrement de nous les préoccupations de l&#39;antiquité. &#xA;&#xA;#egypte #lectures #2025 &#xA;&#xA;]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>Vingt ans après mon premier séjour, j&#39;aurais du mal à dire ce qui a changé. Pas l&#39;expérience du transport aérien, ça c&#39;est sûr on est toujours traité comme du bétail, mal assis et mal nourri mais c&#39;est une bien faible punition pour tout ce carbone injecté dans l&#39;atmosphère.</p>

<p>Difficile aussi d&#39;ignorer qu&#39;on arrive dans un état policier délabré, l&#39;aérogare le proclame haut et fort ; néanmoins ce que je trouvais marrant, suranné et exotique il y a quelques années, me semble désormais triste et flippant (et un peu marrant quand même, mais d&#39;une triste manière).</p>



<h2 id="en-arrivant" id="en-arrivant">En arrivant</h2>

<p>Nous sommes environnés de champs extrêmement verdoyants tandis que le désert commence à cinquante mètres : un condensé de vallée du Nil. De plus notre séjour à l’hôtel nous met dans la peau des visiteurs anglais du XIX° car on donne sur la montagne de Thèbes et ses centaines de tombes d&#39;un côté, sur les colosses de Memnon de l&#39;autre (il parait qu&#39;une des deux statues émettait un sifflement le matin, dû à la dilatation de la pierre se réchauffant au soleil, et que ce bruit a disparu après une restauration. C&#39;est aussi à la base de plusieurs de ces statues qu&#39;on a trouvé <em>la <a href="https://fr.wikiversity.org/wiki/Recherche:Circulation_et_diffusion_des_savoirs_dans_le_monde_grec_(VIIIe-Ier_AEC)/La_renaissance_grecque" rel="nofollow">liste égéenne</a></em> qui décrit le monde connu sous Amenophis 3 en listant des villes et par extension les peuples -Hittites, Nubiens, Assyriens, Babyloniens et Grecs du continent ou de Crête- qui étaient les partenaires, les adversaires, les voisins de Pharaon). Nous marchons littéralement sur l&#39;Égypte antique.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2025-02-16%20louxor/louxor1.jpg&amp;fileId=6554440&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true&amp;etag=2089a9dca4a4d970422d27d06ce74dc1" alt="champs"></p>

<p>Comme c&#39;est l&#39;Égypte on marche aussi sur des montagnes de plastique et de déchets mais je me suis promis de rédiger sur une note positive alors je n&#39;en parlerai pas trop. Je suis cependant très étonné du peu de cas qu&#39;on fait de l&#39;eau dans ce pays qui n&#39;est tout de même qu&#39;un désert où la vie est rendue possible uniquement par et sur le fleuve. Le guide qui nous escortera dans quelques jours a eu plusieurs fois cette formule que je trouve stupéfiante : “jusqu&#39;en 1963 la terre d&#39;Égypte était <em>attaquée</em> par le fleuve”. Attaquée... alors que le barrage condamne à court terme une bonne partie de la capacité de subsistance du pays et favorise le recul du delta. Bref, le fleuve est manifestement perçu de manière ambivalente.</p>

<h2 id="karnak" id="karnak">Karnak</h2>

<p>En arrivant, nous avons choisi de nous jeter dans le grand bain et d&#39;aller, à peine débarqué de l&#39;avion, visiter le site qui accueille le plus de touristes de toute l&#39;Égypte, à savoir le complexe de Karnak.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2025-02-16%20louxor/karnak1.jpg&amp;fileId=6554386&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true&amp;etag=a883554d4a8d6df0a9df4b6df2a38c9c" alt="karnak"></p>

<hr>

<p><em>Mais avant nous avons été réveillés par les montgolfières qui survolent la vallée de Rois. Saviez-vous qu&#39;une montgolfière fait un boucan du diable avec sa torchère ? Nous, oui, car plusieurs dizaines d&#39;entre elles sont passées à 50 m de notre chambre au lever du soleil</em>.</p>

<hr>

<p>Karnak, donc : l&#39;endroit est stupéfiant de par sa taille, alors même qu&#39;une bonne partie du complexe religieux a disparu, avalé par les sables puis par la ville moderne. L&#39;ensemble est trop difficile à appréhender et la visite se résume dans mon esprit à quelques instantanés, des images de gravures merveilleusement exécutées, de piliers d&#39;une ligne magnifique, de restes de couleur dont on peine à imaginer qu&#39;elles ont 4000 ans, de bouts de statues cyclopéennes.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2025-02-16%20louxor/karnak3.jpg&amp;fileId=6554392&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true&amp;etag=dbfc96feba812fe764bce30981bfc225" alt="pilier"></p>

<p>Le tout est environné par le travail toujours en cours des archéologues qui grignotent lentement le côté du site, regagnant péniblement un peu de terrain et amassant des montagnes de bouts de cailloux à trier, étiqueter, remonter : du travail pour des centaines d&#39;années.</p>

<p>La seule salle hypostyle est presque aussi grande que Notre-Dame et mobilisait manifestement les mêmes ressorts : dimensions écrasantes, demi-jour mystique traversé de rais de lumière miraculeuse.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2025-02-16%20louxor/karnak2.jpg&amp;fileId=6554393&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true&amp;etag=2f7da8ced2803b7eaebd2383ccc8f475" alt="salle"></p>

<p>Majestueuse et écrasante, intrigante et mystérieuse, chaude et poussiéreuse, envahie d&#39;une marée de touristes et autour de laquelle il faut se frayer un chemin entre vendeurs de cochonneries et rabatteurs variés : pas de doute cette visite se déroule en Égypte. Et pour parachever la mise en condition on prend une calèche pour aller déjeuner puis une felouque pour traverser le fleuve et enfin des tuk-tuk pour rejoindre l&#39;hôtel.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2025-02-16%20louxor/felouque.jpg&amp;fileId=6554413&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true&amp;etag=7d000932639f96287678b250b4ca1801" alt="felouque"></p>

<p>Avec une pause pour voir rapidement le village en terre crue d&#39;<a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Hassan_Fathy" rel="nofollow">Hassan Fathy</a>, une vraie merveille qu&#39;on n&#39;a pas le temps de visiter en détail et qui est désormais totalement englobée dans la nouvelle ville de Louxor.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2025-02-16%20louxor/kurna.jpg&amp;fileId=6554428&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true&amp;etag=a4cdc53ef7037295d56cab86d3f0e119" alt="adobe"></p>

<h2 id="medinet-habou" id="medinet-habou">Medinet Habou</h2>

<p>Et comme l&#39;hôtel est construit sur une zone archéologique, on prend le temps d&#39;aller à pied visiter le très mignon temple de Medinet Habou. Le chemin de terre qui y mène longe un <del>bidonville</del> quartier de Louxor par l&#39;arrière mais le temple lui-même donne sur la montagne de Thèbes, a une échelle bien plus accessible que Karnak et draine nettement moins de monde. Même si la salle principale est désormais dépourvue de toit la visite nous plait beaucoup.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2025-02-16%20louxor/mhedinet.jpg&amp;fileId=6554429&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true&amp;etag=5fb3a553c3ac4db730cf4dc2a41c10ac" alt="mehdinet"></p>

<h2 id="intermède-eric-h-cline" id="intermède-eric-h-cline">Intermède Eric H. Cline</h2>

<p>Mon livre de chevet au début du séjour est <em>1077 av. JC : le jour où la civilisation s&#39;effondra</em> et l&#39;histoire racontée par l&#39;historien commence très précisément ici au XII° siècle avec les récits consignés sur les parois des temples, d&#39;échanges épistolaires, d&#39;ambassades, de destructions de villes et de guerres menées au Nord de l&#39;Empire contre des groupes d&#39;envahisseurs mal identifiés.</p>

<p>Car la fin du XII° (avant JC bien sûr), c&#39;est la fin de l&#39;âge de Bronze au moyen-Orient dans ce qui était à l&#39;époque une vaste interconnexion d&#39;empires et de cités-état allant de Rome à Babylone, dont l&#39;Égypte était clairement la puissance dominante. Et cette fin n&#39;est pas venue seulement par l&#39;effacement du temps, elle s&#39;est faite dans la douleur et le mystère, avec l&#39;effondrement presque simultané (enfin, simultané à l&#39;échelle de l&#39;histoire antique et avec toutes les pincettes imaginables pour dater ces évènements) de ces structures sociales dites palatiales (c&#39;est-à-dire j&#39;imagine, très centralisées).</p>

<p>C&#39;est aussi la période probable de la guerre de Troie, ou plutôt d&#39;une des guerres sur le site de Troie (où, rappel, on pense que neuf villes se sont succédées), qui <em>aurait pu</em> servir de prétexte à Homère pour rédiger l&#39;Iliade (oui car j&#39;ai appris à cette occasion que le poème décrit des objets et des personnages séparés en fait par des décennies ou des siècles).</p>

<p>Et il se trouve que toute cette histoire a pu être reconstituée entre autres grâce à la graphomanie égyptienne, de pierre (sur les murs) et d&#39;argile (sur les tablettes de comptes et de correspondance) : merci la bureaucratie. Et plusieurs de ces éléments de contexte cités dans le livre <em>se trouvent juste ici</em> dans un rayon de 500m autour de l&#39;hôtel : au Ramesseum, à Mehdimet Abou ou encore sur le socle des colosses. On peut dire que c&#39;est une lecture de circonstance.</p>

<p><em>Spoiler</em> concernant le livre de Cline : personne ne sait pour l’instant qui étaient ces groupes qui ont incendié tant de villes et attaqué les empire méditerranéens, il n&#39;y a pas de consensus sur la raison de cet effondrement <em>relativement</em> soudain de la civilisation de l&#39;époque. Je retiens tout de même que plusieurs facteurs furent concomitants et que, outre l&#39;érection de nouveaux empires sur l&#39;humus de leurs prédécesseurs, la zone a connu (de manière attestée par l&#39;analyse de pollen) un changement climatique avec des sécheresses en série et des famines (ses voisins et alliés ont demandé du grain à l&#39;Égypte), des tremblements de terre (ou plutôt des séries de tremblement de terre en Grèce, à Chypre et en Anatolie), la rupture de plusieurs routes commerciales alors que les économies de l&#39;époque étaient très liées les unes aux autres...</p>

<p>Lecture que je conseille et qui rapproche singulièrement de nous les préoccupations de l&#39;antiquité.</p>

<p><a href="/bparpoil/tag:egypte" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">egypte</span></a> <a href="/bparpoil/tag:lectures" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">lectures</span></a> #2025</p>
]]></content:encoded>
      <guid>https://blogz.zaclys.com/bparpoil/retour-en-egypte</guid>
      <pubDate>Thu, 20 Feb 2025 15:34:05 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Dégooglification</title>
      <link>https://blogz.zaclys.com/bparpoil/degooglification</link>
      <description>&lt;![CDATA[Se passer des GAFAM, une utopie à l&#39;heure du capitalisme de surveillance / techno-féodalisme (par exemple j&#39;ai beau en être sorti, Google lit tous les mails que j&#39;envoie à mes nombreux correspondants qui y sont restés, et même avec une empreinte réduite au minimum je sais que mon activité numérique alimente un profil utilisé par des brokers...).&#xA;J&#39;ai tout de même un vieux réflexe de sortie, qui doit être celui du poisson ouvrant ses ouïes sur la grève. &#xA;&#xA;!--more--&#xA;&#xA;Motivation&#xA;&#xA;Un des principaux déclencheurs pour tenter de me sortir des ces merdes a été de constater à quel point l&#39;expérience du web moderne est une agression.  &#xA;Et partant de là de me documenter un minimum.  &#xA;Comment font-ils, ces utilisateurs qui par millions n&#39;utilisent pas de bloqueurs ? Qui acceptent les cookies par défaut ? qui savent que Google lit leurs mails pour leur envoyer de la publicité ? qui en guise de résultats de recherche n&#39;obtiennent que des liens sponsorisés ? qui dans leurs flux sociaux voient passer et repasser sans cesse les mêmes informations ? Qui savent les discussions de whatsapp et les mails de Google servent pour entraîner des IA ? qui donnent tous leurs contenus à ces gestionnaires de plateformes ? et je ne parle même pas des réseaux sociaux, d&#39;autres le font mieux que moi.&#xA;&#xA;Ça me dépasse (évidemment que je comprends les mécanismes sociaux, ainsi que l&#39;illectronisme hein je suis pas complètement bouché. Mais je vois teeellement d&#39;usagers ne pas se poser de question, et se jeter avec l&#39;inconscience du converti dans les bras des multinationales) de croiser tous ces gens au quotidien même au sein de collectifs militants et dans le milieu de l&#39;informatique professionnelle.  &#xA;En tous cas le jour où je me retrouve dans la situation de subir de la publicité en continu je jette tout internet aux orties illico. &#xA;&#xA;En ce qui me concerne, la dynamique opensource représente un intérêt de longue date et j&#39;ai toujours été curieux de la chose informatique ; le développement reste à mes yeux de la sorcellerie, c&#39;est une forme de la troisième loi de Clarke :). &#xA;Qui dit opensource dit discours critique sur les technologies et leurs usages et mine de rien j&#39;ai beaucoup lu sur le sujet au fil des années. Lu sur les internets évidemment, mais j&#39;avoue avoir aussi acheté des essais récemment sur le sujet. Bon ce n&#39;est pas toujours d&#39;un accès aisé : par exemple, Soshana Zuboff, dont l&#39;âge du capitalisme de surveillance fait mille pages de trop c&#39;est insupportable ces auteurs qui ne cessent d&#39;écrire qu&#39;il vont démontrer leur thèse un peu plus loin en l&#39;entourant de verbiage (malgré un fond drôlement intéressant, dommage). Par contre le bouquin de Tristan Nitot lui, est court et percutant. Aux sources de l&#39;utopie numérique est bien mais je n&#39;ai pas réussi à la terminer, tandis que j&#39;ai dévoré  le livre d&#39;Olivier Alexandre avec son approche sociologique qui explique bien des choses.  &#xA;Tout ceci structure une pensée et une envie de rester dans l&#39;illusion de l&#39;autonomie, c&#39;est ma forme de petit combat personnel.&#xA;&#xA;J&#39;ai également un combat professionnel pour lequel je remercie énormément mon employeur, car il consiste à démontrer au quotidien et par la pratique que les outils opensource sont plus efficaces, fonctionnent au quotidien et amènent des changements de pratique qui s&#39;apparentent à des changements sociétaux. Vaste programme mais bon ça marche hein, avec notamment le résultat que mes environnements informatiques pro et perso sont débarrassés d&#39;outils de surveillance de masse et de logiciels privateurs depuis un moment maintenant. &#xA;&#xA;Mobilité&#xA;&#xA;J&#39;ai donc récemment entrepris de m&#39;attaquer à mon environnement mobile qui était un point de friction du quotidien.   &#xA;Psychologiquement / éthiquement lorsque je me servais de mon vieil Android. Puis j&#39;ai changé de terminal (pour suivre l&#39;évolution des technos et parce que je ne pouvais plus installer ce que je voulais) et me suis retrouvé avec un outil :&#xA;&#xA;trop encombrant et trop lourd&#xA;hyper performant&#xA;doté d&#39;un appareil photo que j&#39;ai utilisé très intensivement pour des résultats absolument topisssimes &#xA;&#xA;  Et d&#39;ailleurs c&#39;était une véritable découverte car depuis plusieurs années je ne prends plus de photos, après avoir été un photographe amateur compulsif. Avec ce téléphone j&#39;ai redécouvert la liberté et le plaisir de la photo sans contrainte. &#xA;&#xA;Plutôt positif donc ? en fait non, le volume de la chose était quand même vraiment trop gênant (et ça me gonflait d&#39;utiliser un ordinateur mille fois plus puissant que ceux utilisés pour envoyer des humains sur la Lune, et faire rien avec) alors j&#39;ai décidé de revenir à un modèle obsolète (au regard des critères normaux de sélection d&#39;un téléphone) et de détoxifier ma pratique. Et d&#39;en profiter pour basculer Free &amp; Open  Source Software (FOSS). C&#39;est une expérimentation. &#xA;&#xA;Avantage 1 j&#39;ai racheté le modèle dont je disposais avant, il m&#39;a coûté 30 €.   Avantage 2 on s&#39;habitue vite ; c&#39;était tout bizarre de retrouver un téléphone utilisable à une main et qui rentre dans la poche mais ça y est je suis ré-habitué dans l&#39;autre sens   &#xA;Avantage 3 j&#39;ai retrouvé une prise jack afin d&#39;écouter de la musique avec un casque ou une chaîne hifi. &#xA;&#xA;après avoir installé f-droid et Aurora, j&#39;ai désactivé tous les services Google. &#xA;&#xA;  Pour la petite histoire, j&#39;ai auparavant tenté d&#39;installer un OS open source mais ce faisant j&#39;ai pété le terminal car ces trucs sont trop peu normalisés pour permettre un accès aussi facile aux fonctions bas niveaux (comme c&#39;est le cas par exemple dans certains ordinateurs, je dis certains car dans la même veine je n&#39;avais pas réussi à installer Linux sur mon vieux MacOS). Donc j&#39;ai dû racheter un terminal, en vrai il m&#39;aura donc coûté 60 €. &#xA;&#xA;Et donc maintenant j&#39;utilise moins d&#39;outils, parce que c&#39;est vrai qu&#39;il est moins performant (c&#39;est la raison pour laquelle j&#39;avais changé, nous sommes pétris de contradictions). D&#39;ailleurs certains logiciels ne veulent même pas s&#39;installer. J&#39;ai le minimum vital avec :&#xA;&#xA;firefox&#xA;K-9 mail&#xA;fossify agenda et contact. C&#39;est marrant d&#39;ailleurs car c&#39;est la première fois que j&#39;arrive à obtenir un agenda où afficher mes données professionnelles, familiales et personnelles, ce qui est un gros plus&#xA;Signal&#xA;Tusky (client Mastodon)&#xA;antennaPod (pour les podcast). Gros défaut par rapport à mon précédent client : il ne permet pas d&#39;écouter les flux de radio &#xA;OrganicMaps qui a tout ce qu&#39;il faut pour se repérer et calculer des itinéraires&#xA;Futo Keyboard pour avoir un clavier digne de ce nom. Car sortir d&#39;un univers pré-packagé signifie entre autres qu&#39;on se retrouve avec un clavier de merde, jusqu&#39;à découvrir Futo, merci Futo.&#xA;&#xA;Échec&#xA;&#xA;Aurora permet d&#39;installer des applis du Play Store sans avoir de compte et donc sans être tracé, ce qui est un plus. Revers de la médaille j&#39;utilise encore des outils proprio hélas :&#xA;&#xA;whatsapp et c&#39;est un gros fail. J&#39;ai mal à chaque fois que je l&#39;ouvre. Mais comment lutter quand c&#39;est le réflexe immédiat de toute la population ? les amis, la famille, les voisins, les parents d&#39;élève, les assos, les anniversaires... Chaud&#xA;cityMapper pour les rares fois où j&#39;utilise les transports en commun &#xA;trainline qui se merdifie de plus en plus, mais bon j&#39;achète toujours mes billets de train avec&#xA;park4night qui n&#39;a pas d&#39;équivalent FOSS&#xA;Deezer, parce qu&#39;on partage un abonnement familial et parce que c&#39;est moins pire que chez ces nazillons de spotify, mais apparemment quand même moins bien que Qobuz (je m&#39;interroge sur leur catalogue). Et je n&#39;ai pas creusé pour savoir s&#39;il est possible de migrer les playlists&#xA;&#xA;Autre échec et de taille celui-ci : l&#39;appareil photo.  &#xA;Bon en vrai c&#39;est indépendant de l&#39;aspect open source de la démarche, mais si quelque chose me fait acheter un nouveau terminal ce sera ça, j&#39;ai reperdu le plaisir de photographier je tourne en rond ça m&#39;énerve. &#xA;&#xA;Prochaine étape&#xA;&#xA;Je compte bien sortir de Fastmail, qui m&#39;a permis simplement de basculer hors de Google pour une somme raisonnable (~100 € / an), mais qui coûte trop cher pour embarquer la famille avec moi.  &#xA;Heureusement je suis entouré de geeks et comme Oslandia a basculé chez Galae, je compte faire pareil rapidement. Je pourrai alors héberger autant de boites que nécessaire sur des domaines personnels (par exemple et au hasard pour les enfants). &#xA;Je n&#39;ai jamais franchi le pas de l&#39;auto-hébergement, pourtant ce serait pas mal par exemple pour le présent texte... mes compétences techniques sont trop faibles (gérer les flux et le routage des ports de ma box, quelle angoisse), j&#39;ai pas envie de risquer une intrusion, bref je lorgne régulièrement sur yunohost sans passer le pas. &#xA;&#xA;]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>Se passer des GAFAM, une utopie à l&#39;heure du capitalisme de surveillance / techno-féodalisme (par exemple j&#39;ai beau en être sorti, Google lit tous les mails que j&#39;envoie à mes nombreux correspondants qui y sont restés, et même avec une empreinte réduite au minimum je sais que mon activité numérique alimente un profil utilisé par des brokers...).
J&#39;ai tout de même un vieux réflexe de sortie, qui doit être celui du poisson ouvrant ses ouïes sur la grève.</p>



<h2 id="motivation" id="motivation">Motivation</h2>

<p>Un des principaux déclencheurs pour tenter de me sortir des ces merdes a été de constater à quel point l&#39;expérience du web moderne est une agression.<br>
Et partant de là de me documenter un minimum.<br>
Comment font-ils, ces utilisateurs qui par millions n&#39;utilisent pas de bloqueurs ? Qui acceptent les cookies par défaut ? qui savent que Google lit leurs mails pour leur envoyer de la publicité ? qui en guise de résultats de recherche n&#39;obtiennent que des liens sponsorisés ? qui dans leurs flux sociaux voient passer et repasser sans cesse les mêmes informations ? Qui savent les discussions de whatsapp et les mails de Google servent pour entraîner des IA ? qui <strong><em>donnent</em></strong> tous leurs contenus à ces gestionnaires de plateformes ? et je ne parle même pas des réseaux sociaux, d&#39;autres le font mieux que moi.</p>

<p>Ça me dépasse (évidemment que je comprends les mécanismes sociaux, ainsi que l&#39;illectronisme hein je suis pas complètement bouché. Mais je vois teeellement d&#39;usagers ne pas se poser de question, et se jeter avec l&#39;inconscience du converti dans les bras des multinationales) de croiser tous ces gens au quotidien même au sein de collectifs militants et dans le milieu de l&#39;informatique professionnelle.<br>
En tous cas le jour où je me retrouve dans la situation de subir de la publicité en continu je jette tout internet aux orties illico.</p>

<p>En ce qui me concerne, la dynamique opensource représente un intérêt de longue date et j&#39;ai toujours été curieux de la chose informatique ; le développement reste à mes yeux de la sorcellerie, c&#39;est une forme de la troisième <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Trois_lois_de_Clarke" rel="nofollow">loi de Clarke</a> :).
Qui dit opensource dit discours critique sur les technologies et leurs usages et mine de rien j&#39;ai beaucoup lu sur le sujet au fil des années. Lu sur les internets évidemment, mais j&#39;avoue avoir aussi acheté des essais récemment sur le sujet. Bon ce n&#39;est pas toujours d&#39;un accès aisé : par exemple, Soshana Zuboff, dont <a href="https://www.placedeslibraires.fr/livre/9791038700826-l-age-du-capitalisme-de-surveillance-shoshana-zuboff/" rel="nofollow">l&#39;âge du capitalisme de surveillance</a> fait mille pages de trop c&#39;est insupportable ces auteurs qui ne cessent d&#39;écrire qu&#39;il vont démontrer leur thèse un peu plus loin en l&#39;entourant de verbiage (malgré un fond drôlement intéressant, dommage). Par contre <a href="https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782915825657-surveillance-les-libertes-au-defi-du-numerique-comprendre-et-agir-nitot-tristan/" rel="nofollow">le bouquin de Tristan Nitot</a> lui, est court et percutant. <a href="https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782376620242-aux-sources-de-l-utopie-numerique-de-la-contre-culture-a-la-cyberculture-stewart-brand-un-homme-d-influence-fred-turner/" rel="nofollow">Aux sources de l&#39;utopie numérique</a> est bien mais je n&#39;ai pas réussi à la terminer, tandis que j&#39;ai dévoré  <a href="https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782021520187-la-tech-quand-la-silicon-valley-refait-le-monde-olivier-alexandre/" rel="nofollow">le livre d&#39;Olivier Alexandre</a> avec son approche sociologique qui explique bien des choses.<br>
Tout ceci structure une pensée et une envie de rester dans l&#39;illusion de l&#39;autonomie, c&#39;est ma forme de petit combat personnel.</p>

<p>J&#39;ai également un combat professionnel pour lequel je remercie énormément mon employeur, car il consiste à démontrer au quotidien et par la pratique que les outils opensource sont plus efficaces, fonctionnent au quotidien et amènent des changements de pratique qui s&#39;apparentent à des changements sociétaux. Vaste programme mais bon ça marche hein, avec notamment le résultat que mes environnements informatiques pro et perso sont débarrassés d&#39;outils de surveillance de masse et de logiciels privateurs depuis un moment maintenant.</p>

<h2 id="mobilité" id="mobilité">Mobilité</h2>

<p>J&#39;ai donc récemment entrepris de m&#39;attaquer à mon environnement mobile qui était un point de friction du quotidien.<br>
Psychologiquement / éthiquement lorsque je me servais de mon vieil Android. Puis j&#39;ai changé de terminal (pour suivre l&#39;évolution des technos et parce que je ne pouvais plus installer ce que je voulais) et me suis retrouvé avec un outil :</p>
<ul><li>trop encombrant et trop lourd</li>
<li>hyper performant</li>
<li>doté d&#39;un appareil photo que j&#39;ai utilisé très intensivement pour des résultats absolument topisssimes</li></ul>

<blockquote><p>Et d&#39;ailleurs c&#39;était une véritable découverte car depuis plusieurs années je ne prends plus de photos, après avoir été un photographe amateur compulsif. Avec ce téléphone j&#39;ai redécouvert la liberté et le plaisir de la photo sans contrainte.</p></blockquote>

<p>Plutôt positif donc ? en fait non, le volume de la chose était quand même vraiment trop gênant (et ça me gonflait d&#39;utiliser un ordinateur mille fois plus puissant que ceux utilisés pour envoyer des humains sur la Lune, et faire rien avec) alors j&#39;ai décidé de <strong>revenir</strong> à un modèle obsolète (au regard des critères normaux de sélection d&#39;un téléphone) et de détoxifier ma pratique. Et d&#39;en profiter pour basculer Free &amp; Open  Source Software (<em>FOSS</em>). C&#39;est une expérimentation.</p>

<p>Avantage 1 j&#39;ai racheté le modèle dont je disposais avant, il m&#39;a coûté 30 €.   Avantage 2 on s&#39;habitue vite ; c&#39;était tout bizarre de retrouver un téléphone utilisable à une main et qui rentre dans la poche mais ça y est je suis ré-habitué dans l&#39;autre sens<br>
Avantage 3 j&#39;ai retrouvé une prise jack afin d&#39;écouter de la musique avec un casque ou une chaîne hifi.</p>

<p>après avoir installé f-droid et Aurora, j&#39;ai désactivé tous les services Google.</p>

<blockquote><p>Pour la petite histoire, j&#39;ai auparavant tenté d&#39;installer un OS open source mais ce faisant j&#39;ai pété le terminal car ces trucs sont trop peu normalisés pour permettre un accès aussi facile aux fonctions bas niveaux (comme c&#39;est le cas par exemple dans certains ordinateurs, je dis certains car dans la même veine je n&#39;avais pas réussi à installer Linux sur mon vieux MacOS). Donc j&#39;ai dû racheter un terminal, en vrai il m&#39;aura donc coûté 60 €.</p></blockquote>

<p>Et donc maintenant j&#39;utilise moins d&#39;outils, parce que c&#39;est vrai qu&#39;il est moins performant (c&#39;est la raison pour laquelle j&#39;avais changé, nous sommes pétris de contradictions). D&#39;ailleurs certains logiciels ne veulent même pas s&#39;installer. J&#39;ai le minimum vital avec :</p>
<ul><li>firefox</li>
<li>K-9 mail</li>
<li>fossify agenda et contact. C&#39;est marrant d&#39;ailleurs car c&#39;est la première fois que j&#39;arrive à obtenir un agenda où afficher mes données professionnelles, familiales <strong>et</strong> personnelles, ce qui est un gros plus</li>
<li>Signal</li>
<li>Tusky (client Mastodon)</li>
<li>antennaPod (pour les podcast). Gros défaut par rapport à mon précédent client : il ne permet pas d&#39;écouter les flux de radio</li>
<li>OrganicMaps qui a tout ce qu&#39;il faut pour se repérer et calculer des itinéraires</li>
<li>Futo Keyboard pour avoir un clavier digne de ce nom. Car sortir d&#39;un univers pré-packagé signifie entre autres qu&#39;on se retrouve avec un clavier de merde, jusqu&#39;à découvrir Futo, merci Futo.</li></ul>

<h2 id="échec" id="échec">Échec</h2>

<p>Aurora permet d&#39;installer des applis du Play Store sans avoir de compte et donc sans être tracé, ce qui est un plus. Revers de la médaille j&#39;utilise encore des outils proprio hélas :</p>
<ul><li>whatsapp et c&#39;est un gros fail. J&#39;ai mal à chaque fois que je l&#39;ouvre. Mais comment lutter quand c&#39;est le réflexe immédiat de toute la population ? les amis, la famille, les voisins, les parents d&#39;élève, les assos, les anniversaires... Chaud</li>
<li>cityMapper pour les rares fois où j&#39;utilise les transports en commun</li>
<li>trainline qui se merdifie de plus en plus, mais bon j&#39;achète toujours mes billets de train avec</li>
<li>park4night qui n&#39;a pas d&#39;équivalent FOSS</li>
<li>Deezer, parce qu&#39;on partage un abonnement familial et parce que c&#39;est moins pire que chez ces nazillons de spotify, mais apparemment quand même moins bien que Qobuz (je m&#39;interroge sur leur catalogue). Et je n&#39;ai pas creusé pour savoir s&#39;il est possible de migrer les playlists</li></ul>

<p>Autre échec et de taille celui-ci : l&#39;appareil photo.<br>
Bon en vrai c&#39;est indépendant de l&#39;aspect open source de la démarche, mais si quelque chose me fait acheter un nouveau terminal ce sera ça, j&#39;ai reperdu le plaisir de photographier je tourne en rond ça m&#39;énerve.</p>

<h2 id="prochaine-étape" id="prochaine-étape">Prochaine étape</h2>

<p>Je compte bien sortir de Fastmail, qui m&#39;a permis simplement de basculer hors de Google pour une somme raisonnable (~100 € / an), mais qui coûte trop cher pour embarquer la famille avec moi.<br>
Heureusement je suis entouré de geeks et comme Oslandia a basculé chez Galae, je compte faire pareil rapidement. Je pourrai alors héberger autant de boites que nécessaire sur des domaines personnels (par exemple et au hasard pour les enfants).
Je n&#39;ai jamais franchi le pas de l&#39;auto-hébergement, pourtant ce serait pas mal par exemple pour le présent texte... mes compétences techniques sont trop faibles (gérer les flux et le routage des ports de ma box, quelle angoisse), j&#39;ai pas envie de risquer une intrusion, bref je lorgne régulièrement sur yunohost sans passer le pas.</p>
]]></content:encoded>
      <guid>https://blogz.zaclys.com/bparpoil/degooglification</guid>
      <pubDate>Tue, 10 Dec 2024 22:40:09 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Les cartes de novembre</title>
      <link>https://blogz.zaclys.com/bparpoil/les-cartes-de-novembre</link>
      <description>&lt;![CDATA[Il existe un truc sur les réseaux sociaux que je fréquente, qui s&#39;appelle (le truc, hein, pas le réseau social) 30DayMapChallenge. C&#39;est un peu bizarre le concept de se pousser les uns les autres à publier des contenus mais en fait c&#39;est l&#39;occasion de voir pleins de réalisations cartographiques et certaines valent vraiment le détour ça peut être cool. Enfin plein ça dépend du réseau social évidemment par exemple sur Mastodon, même si mon l&#39;instance à laquelle je participe s&#39;appelle mapstodon, j&#39;en vois moins que les gens sur d&#39;autres réseaux pour lesquels je ne ferai pas de publicité ici. &#xA;&#xA;Bref, je me suis lancé cette année. !--more--&#xA;&#xA;À vrai dire je ne sais pas trop pourquoi. Probablement parce que l&#39;ambiance est bon enfant sur Mastodon. Parce que j&#39;avais envie de faire des trucs. Parce que ça me court depuis longtemps de travailler dans la carto mais de ne rien produire moi-même. Je n&#39;ai pas poussé l&#39;analyse plus loin mais en même temps, pourquoi diable est-ce que je continue à écrire ici, hmm ? &#xA;&#xA;Et alors comment ça marche ? &#xA;&#xA;On ne peut plus simplement : chaque jour un thème, on fait un truc on publie et voilà. Pour ceux du fond qui n&#39;ont pas compris, c&#39;est expliqué là. Et comme malgré tout je suis assez content de moi, je conserve et republie ici. &#xA;&#xA;Je rencontre plusieurs écueils à pratiquer cet exercice :&#xA;&#xA;je bosse peut-être dans la carto mais cela fait des années (depuis 2006 pour être précis) que je ne suis plus utilisateur des outils. Je suis donc devenu une tanche et je dois demander à internet comment faire les trucs de base, les trucs un peu avancés sont carrément hors de ma portée et je suis leeeent&#xA;j&#39;ai peu de temps parce que je fais ça sur mes loisirs et en ce moment mes loisirs, ben...&#xA;je ne pratique pas professionnellement alors j&#39;ai pas sous la main une machine de compète ou un serveur pour stocker pleins de données&#xA;je ne sais pas vraiment où trouver de la donnée de qualitay&#xA;&#xA;OR DONC pour contourner tout ceci je me suis dit que j&#39;allais faire des cartes hyper simples. &#xA;Pas le temps ? une seule mise en page. Les mises en page, c&#39;est chronophage ? plus de légende (les flèches nord aussi. T&#39;façon elles ne servent à rien quand toutes les cartes sont orientées au nord), plus d&#39;échelle parce que les gens ne la regardent pas (surtout dans une vignette affichée sur internet). Je sais pas où trouver l&#39;info ? je vais aller la chercher à un seul endroit. Mon QGIS rame misérablement ? je vais faire des cartes de Paris (merci l&#39;opendata). &#xA;&#xA;Et comme disait Perrec, les contraintes libèrent la créativité. Enfin dans mon cas elles permettent surtout de produire quelque chose. Au final, beaucoup de cartes de Paris, même si toutes les consignes ne le permettent pas. &#xA;&#xA;Les cartes&#xA;&#xA;Jour 1 : points&#xA;&#xA;Un jeu de données de points sympa : les arbres parisiens. Ceci dit, à part montrer qu&#39;il y a des arbres dans les rues, cette carte ne montre rien. Alors j&#39;ai manipulé un peu les données attributaires et après avoir tenté la hauteur j&#39;ai joué avec la circonférence. &#xA;&#xA;Ha! si quand même on voit bien les espaces verts qui ne sont pas gérés par la ville, comme le Luxembourg, le Jardin des Plantes, les Tuileries... et on voit aussi TRÈS bien les cimetières. Plus les arbres sont gros en circonférence, plus la couleur verte (ben oui verte, forcément) est intense ce qui permet de dessiner nettement certains axes&#xA;&#xA;arbres&#xA;&#xA;Jour 2 : lignes &#xA;&#xA;Lancé à la découverte du portail open data de la Ville de Paris, j&#39;allais quand même pas juste afficher les voies alors j&#39;ai cherché les pistes cyclables. Et les équipements (stationnement, bornes, arceaux).  C&#39;est décevant car il y en a presque partout. Sauf chez ces gros bourgeois décadents du XVI°, merci à eux car ils sont tellement caricaturaux ceux là qu&#39;on peut les mettre à l&#39;index sur presque toutes les cartes. C&#39;est bien pratique tout de même.&#xA;&#xA;Le mode de fusion permet de bien voir où on a beaucoup d&#39;équipements en empilant les objets. Voilà. Un joli jeune lumineux.&#xA;&#xA;vélo&#xA;&#xA;Jour 3 : polygones&#xA;&#xA;Oui bon j&#39;en ai produit plusieurs le même jour (car j&#39;étais dans le train) et j&#39;ai pas été hyper inspiré mais que voulez-vous c&#39;est une pratique aussi. Alors figurez-vous que les espaces de stationnement sont des polygones, même si vus de loin on dirait des lignes. Je voulais tenter de montrer que la voiture prend trop de place (bonjour l&#39;originalité woke) mais ce genre de donnée à l&#39;échelle de la ville, a vite tendance à tout recouvrir.&#xA;&#xA;Donc j&#39;ai distingué les espaces de stationnement en fonction de leur destination : sont-ils réservés à l&#39;autopartage, aux vélos cargo et aux véhicules électriques ? ou bien aux gros diesels qui puent ? Réponse en image. &#xA;&#xA;stationnement&#xA;&#xA;Jour 4 : hexagones&#xA;&#xA;Les hexagones, c&#39;est flatteur, ça donne l&#39;impression que t&#39;es un champion (heu en fait j&#39;ai suivi un tuto mais rassurez-vous c&#39;était facile) et... c&#39;est vrai ça claque.&#xA; &#xA;Autant avoir un truc marquant à représenter. Ici par exemple on voit bien qu&#39;il n&#39;y a pas de logement social sur le fleuve.&#xA;&#xA;logement&#xA;&#xA;Jour 5 : un voyage&#xA;&#xA;C&#39;est là que j&#39;ai commencé à comprendre que mes contraintes n&#39;allaient pas me permettre de tout faire. J&#39;aurais voulu montrer des déplacements d&#39;animaux mais j&#39;ai pas trouvé de donnée, j&#39;ai épuisé https://opendata.paris.fr/ et je suis tombé à court d&#39;idée. Et de temps parce que bon c&#39;est pas mon travail rappelez-vous. &#xA;&#xA;Alors j&#39;ai commis ceci en prétextant que le voyage, c&#39;est celui des cafetiers quand ils montent et démontent des terrasses ; un argument des plus spécieux je vous l&#39;accorde. &#xA;&#xA;terrasses&#xA;&#xA;Jour 6 : raster&#xA;&#xA;Dans notre jargon, raster vaut pour image qu&#39;on peut représenter sur une carte, souvent un fond de plan genre photo aérienne ou carte IGN.&#xA;&#xA;J&#39;ai donc touché le fond et j&#39;ai un peu honte mais je suis aussi content d&#39;avoir contourné la consigne : comme la définition du challenge comprend : heatmaps, or any continuous surface data, et bien tadaa :&#xA;&#xA;Jour 7 : vintage&#xA;&#xA;J&#39;ai eu du bol parce que j&#39;étais tombé quelques jours auparavant sur le site d&#39;Andy Woodruff qui fournit des ressources pour restituer des cartes modernes comme des anciennes (et avec du logiciel). &#xA;&#xA;Il le fait avec mille fois plus de grâce que moi mais bon l&#39;idée était là. En plus j&#39;ai appris des trucs, par exemple comment donner un effet &#34;aquarelle déposée à la main&#34; avec des taches de couleurs plus soutenues et positionnées aléatoirement dans les aplats de couleur (ici dans le rose. À vrai dire c&#39;est presque invisible sur l&#39;image mais c&#39;est comme le maquillage quand il y en a trop on ne voit plus que ça. Ça rend mieux sur l&#39;image originale avec une résolution supérieure)&#xA;&#xA;Jour 12 : temps et espace&#xA;&#xA;Vous aussi vous avez remarqué que 30 jours d&#39;affilée c&#39;est beaucoup ? J&#39;en ai eu un peu marre, j&#39;ai une vie aussi, merde ! Et j&#39;ai beaucoup eu la flemme haha. &#xA;&#xA;Et en vrai les consignes entre 7 et 12 étaient compliquées : &#xA;&#xA;data : HDX, c&#39;est-à-dire qu&#39;il faut aller chercher des données sur HDX, un hub de données humanitaires. Figurez-vous qu&#39;il n&#39;y a rien en France, même pas une carte des soupes populaires (bon ces derniers temps ce serait un travail conséquent de maintenir à jour une telle information) et j&#39;ai déclaré forfait&#xA;AI only m&#39;a fait voir rouge, franchement c&#39;est moche de pousser les gens à utiliser ces saloperies et j&#39;étais pas dans le mood de trouver un détournement (j&#39;ai vu passer une jolie carte extraite du jeu Civilization : quand j&#39;étais petit, l&#39;IA c&#39;était l&#39;ordinateur contre lequel on jouait, encore un quarantenaire tiens, dont je suis jaloux car c&#39;était une bonne idée).&#xA;pen &amp; paper me tentait bien mais j&#39;étais sec, c&#39;était dimanche j&#39;étais vaguement déprimé et j&#39;ai rien fait&#xA;arctic j&#39;ai pas trouvé de donnée rigolote, le plus intéressant c&#39;était de travailler sur les niveaux de glace, mais les données que j&#39;ai trouvé demandaient un traitement préalable&#xA;&#xA;DONC jour 12, time and space. J&#39;ai tenté de faire une carte sur le TARDIS, c&#39;aurait été trop classe ! il existe moult sites de fan évidemment, dont un wiki truffé d&#39;informations par exemple la liste de toutes les villes visitées par le TARDIS 0o &#xA;&#xA;Malheureusement mes talents ridicules ne me permettent pas de transformer ce matériau brut en donnée exploitable par un SIG et je me suis rabattu sur l&#39;opendata de la SNCF en voulant faire ma propre carte des lignes fermées. &#xA;&#xA;sncf&#xA;&#xA;C&#39;est une semi-réussite parce que la carte ne montre que ce que la SNCF nous présente, c&#39;est-à-dire SES lignes, mais on ne voit pas le patrimoine qui a disparu depuis 1850 et qui est considérable. &#xA;&#xA;Tout ça parce que je discutais à l&#39;apéro avec une copine qui me soutenait que c&#39;est cool de pouvoir aller en 3h à Marseille et que les lignes fermées c&#39;est surtout du fret, tandis que je lui expliquais à quel point je préfèrerais qu&#39;on voyage dans des conditions décentes sur un réseau plus dense. Au lieu de traverser le pays rapidement mais en étant traité comme du bétail et en devant prendre une voiture pour aller dans toutes ces villes où la gare est fermée. Bref.&#xA;&#xA;Jour 14 : le monde&#xA;&#xA;Passé mon premier trou dans la production cartographique, j&#39;ai cessé d&#39;avoir des scrupules et jour 13 nouvel outil ça me disait trop rien. Alors je suis allé regarder les données de l&#39;ACLED (Armed Conflict Location &amp; Event Data) pour essayer un truc différent.&#xA;&#xA;C&#39;est pas très concluant (d&#39;un point de vue carto j&#39;entends), je pense que j&#39;ai manqué de temps pour trouver des données plus facile à exploiter.&#xA;&#xA;women&#xA;&#xA;Et puis j&#39;aime pas faire des cartes du monde, les projections rendent jamais bien, ya plein d&#39;espace perdu là franchement c&#39;est vilain.&#xA;&#xA;Jour 16 : choroplète&#xA;&#xA;Entre les deux il y avait jour 15 ma donnée, et j&#39;aurais pu récupérer par exemple la trace de notre voyage de cet été, mais pour que la carte vaille le coup il aurait fallu un effort de mise en page qui dépasse mes capacités alors hop ! forfait.&#xA;&#xA;Je note que plus j&#39;avance plus j&#39;ai de facilité à déclarer forfait, je vais bientôt décréter que le mois de novembre ne compte que 19 jours haha.&#xA;&#xA;Ceci dit, choroplète (cartogramme à teintes dégradées était tellement plus classe) c&#39;est un peu la base de la représentation carto et je me suis dit tant qu&#39;à faire soyons ambitieux avec une carte bivariée. &#xA;Là encore j&#39;ai bien entendu suivi un tutoriel, et choisi deux informations qui sont forcément reliées (oui sinon la carte c&#39;est du charabia) mais peut être pas forcément de la manière qu&#39;on pourrait imaginer ? enfin c&#39;est ce que je me disais au début. &#xA;Donc : quelle relation entre le niveau de revenu et le nombre de familles monoparentales ?&#xA;&#xA;Et alors c&#39;est marrant car j&#39;ai travaillé à l&#39;IRIS (la plus petite unité de découpage du territoire pour l&#39;INSEE) car ce genre de carte à l&#39;arrondissement n&#39;aurait aucun intérêt. Heu ou en étais-je ? oui ce qui est marrant en vrai, c&#39;est que plusieurs IRIS parisiens n&#39;ont tout bonnement pas d&#39;habitant, ce qui est logique mais un peu bizarre quand même (exemples le champ de mars, le jardin des plantes ou les Tuileries). &#xA;&#xA;Sinon ce qui n&#39;est pas marrant, c&#39;est que les familles monoparentales sont pauvres. Enfin en vrai ce que dit la carte, c&#39;est qu&#39;il y a beaucoup de familles monoparentales dans les IRIS où le niveau de revenu est plus faible, mais ceux qui savent, savent. &#xA;&#xA;iris&#xA;&#xA;À part ça, je suis drôlement content du résultat, parce que c&#39;est joli à regarder.&#xA;&#xA;Jour 18 : 3D&#xA;&#xA;Plus aucun scrupule donc, j&#39;ai allégrement zappé jour 17 carte collaborative et recyclé une carte avec effet 3D produite avec QGIS et Blender il y a quelques mois parce que :&#xA;&#xA;ce genre de carte me fascine, on trouve des magiciens sur internet qui produisent des images sublimes&#xA;Geotribu avait publié une traduction du tutoriel d&#39;un des magiciens en question &#xA;&#xA;Alors spoiler c&#39;est accessible de suivre le tutoriel, mais en comprendre toutes les subtilités par contre... pas vraiment. En plus il faut un temps de traitement conséquent pour générer l&#39;image 3D ce qui explique que je ne me sois pas relancé dans le processus. &#xA;&#xA;À la place j&#39;ai partagé cette carte de Cotignac où les habitués reconnaîtront les alentours.&#xA;&#xA;cotignac&#xA;&#xA;jour 21 : conflit&#xA;&#xA;Qu&#39;avons-nous raté entre-temps ? &#xA;Bah d&#39;abord jour 19 typographie : là c&#39;est sûr les cartes qui envoient du pâté utilisent du texte pour représenter les objets et certains rendus sont bluffants. &#xA;&#xA;C&#39;est autant à ma portée que de devenir cosmonaute. &#xA;&#xA;L&#39;autre solution c&#39;est de jouer avec le texte, par exemple en n&#39;affichant que les rue de Paris dont le nom contient typographie... ça m&#39;aurait pas demandé trop de travail remarquez. &#xA;Ha merde ! avec le recul je me rends compte que j&#39;aurai pu mettre en avant les rues qui portent des noms de typographes. Plusieurs révolutionnaires en étaient mais bonjour le travail de compilation dans la liste des rues de Paris :/ &#xA;Cette carte aurait eu le mérite de mettre Martin Bernard en avant.&#xA;&#xA;J&#39;ai aussi raté jour 20 openstreetmap, je sais plus pourquoi, je devais avoir piscine. Et puis je suis mauvais avec OSM, j&#39;ai jamais réussi à extraire de la donnée comme je voulais.&#xA;&#xA;Nous voici donc à la thématique conflit, chouette ! j&#39;aurais pu creuser les données ACLED déjà mentionnées plus haut pour sortir des informations hyper réjouissantes n&#39;importe où dans le monde. &#xA;J&#39;ai préféré me recentrer sur Paris avec cette carte des barricades de mai 1871. &#xA;Haa la glorieuse époque où au lieu de se laisser enfumer par des salopards de politiciens on prenait les armes et on construisait la république idéale. &#xA;&#xA;Ça laisse songeur.  &#xA;&#xA;La donnée la plus précise que j&#39;ai trouvé a cette gueule sur Gallica, autant dire qu&#39;elle n&#39;est pas immédiatement exploitable. &#xA;Comme hélas les barricades ne furent pas si nombreuses, je me suis amusé à la digitaliser car personne ne l&#39;avait fait jusqu&#39;ici. Ou plutôt, je suis certains que plein de gens l&#39;ont fait, mais personne n&#39;a mis son travail sur les internets, franchement pas bravo les gars. &#xA;&#xA;Alors voici le résultat. Si j&#39;ai le mojo je trouverai un endroit où déposer le fichier pour de futur.e.s bénéficiaires. &#xA;&#xA;barricades&#xA;&#xA;Jour 22 : 2 couleurs&#xA;&#xA;Mouhaha, trop facile une carte avec deux couleurs seulement, c&#39;est la base des choroplètes souvenez-vous. Et j&#39;avais récupéré en début de mois le résultat des élections au premier tour des dernières présidentielles. &#xA;&#xA;elections&#xA;&#xA;Et oui, j&#39;ai rangé Macron dans &#34;la droite&#34; si jamais quelqu&#39;un se posait la question. &#xA;&#xA;Jour 23 : mémoire&#xA;&#xA;L&#39;idée d&#39;origine je crois c&#39;est que les gens partagent quelque chose de leur mémoire personnelle. Moi j&#39;ai tapé &#34;mémoire&#34; dans la barre de recherche et hop. A posteriori je me dis que j&#39;aurais dû faire comme eux et poser les données dans une grille car là on ne voit pas très bien le nombre. &#xA;&#xA;plaques&#xA;&#xA;Jour 24 &#34;circulaire&#34;&#xA;&#xA;&#34;Seulement des formes rondes&#34;, bon. Je pense que c&#39;est un peu nul comme consigne mais pourquoi pas (et à vrai dire j&#39;ai vu des productions intéressantes, par exemple ici ou là). &#xA;&#xA;Ça m&#39;a permis de creuser un peu plus les modes de représentation dans QGIS pour avoir des ronds en guise de remplissage des polygones. &#xA;&#xA;circulaire&#xA;&#xA;Conclusion&#xA;&#xA;Eeeet oui ma foi je me suis arrêté là. &#xA;&#xA;Comme ça, sans explication sans petit mot et sans même attendre la fin du mois. J&#39;ai ainsi raté :&#xA;&#xA;heat j&#39;ai bien fait une tentative mais qui donne rien, il aurait fallu que je me farcisse des papiers méthodo pour la production de cartes d&#39;ilots de chaleur et on se serait rendu compte avec étonnement que paris est une fournaise sauf éventuellement dans les espaces verts&#xA;map projections j&#39;aurais bien aimé pouvoir jouer avec Spilhaus, de loin ma projection favorite, mais elle n&#39;est pas implémentée dans QGIS et les manipulations de systèmes de projection demandent quand même de s&#39;y connaître un peu bref c&#39;est compliqué&#xA;micromapping , hm aurait pu être un jocker car j&#39;avais récupéré des données très détaillées pour cartographier un bout de trottoir&#xA;the blue planet&#xA;data : overture&#xA;&#xA;Je l&#39;ai déjà écrit plus haut, mais j&#39;ai une vie, un travail, envie d&#39;autres choses et pas le temps de faire comme l&#39;auteur de (cette merveille d&#39;ailleurs) : &#xA;&#xA;Qui a passé plusieurs années à farfouiller les bibliothèques pour fabriquer son atlas (d&#39;ailleurs si vous trouvez des similitudes, c&#39;est qu&#39;elles existent, et je tiens à préciser que je n&#39;ai rien copié dans ce livre car si je l&#39;ai acheté début novembre, je ne l&#39;ai lu que le 21,mais le nombre de cartes possibles de Paris n&#39;est pas infini. Enfin je ne pense pas). &#xA;&#xA;C&#39;est ainsi que j&#39;ai terminé le challenge de novembre, dans la déconfiture la plus totale. &#xA;J&#39;en retire deux trois trucs malgré tout. J&#39;ai remis les mains dans QGIS ce qui me rend encore plus fier de travailler à propager la gloire d&#39;un des logiciels open source les plus immédiatement utiles aux gens.&#xA;Je me suis aussi rappelé à à quel point c&#39;est duuuur de faire de jolies cartes donc je regarde de nouveau la production des gens, d&#39;un œil neuf.&#xA;J&#39;ai eu des interactions sur un réseau social fréquenté par mes pairs, c&#39;est marrant et je comprends que certains y passent un temps infini. &#xA;&#xA;Par contre cela ne m&#39;a pas appris à me tenir à une routine mais je devrai me faire une raison : à part en ce qui concerne les mauvaises habitudes, aucune routine ne prendra plus jamais chez moi. &#xA;&#xA;carto]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>Il existe un <em>truc</em> sur les réseaux sociaux que je fréquente, qui s&#39;appelle (le truc, hein, pas le réseau social) <em>30DayMapChallenge</em>. C&#39;est un peu bizarre le concept de se pousser les uns les autres à publier des contenus mais en fait c&#39;est l&#39;occasion de voir pleins de réalisations cartographiques et certaines valent vraiment le détour ça peut être cool. Enfin plein ça dépend du réseau social évidemment par exemple sur Mastodon, même si mon l&#39;instance à laquelle je participe s&#39;appelle <a href="https://mapstodon.space/tags/30daymapchallenge" rel="nofollow"><strong>map</strong>stodon</a>, j&#39;en vois moins que les gens sur d&#39;autres réseaux pour lesquels je ne ferai pas de publicité ici.</p>

<p>Bref, <a href="https://mapstodon.space/@bertrand/" rel="nofollow">je me suis lancé cette année</a>. </p>

<p>À vrai dire je ne sais pas trop pourquoi. Probablement parce que l&#39;ambiance est bon enfant sur Mastodon. Parce que j&#39;avais envie de faire des trucs. Parce que ça me court depuis longtemps de travailler dans la carto mais de ne rien produire moi-même. Je n&#39;ai pas poussé l&#39;analyse plus loin mais en même temps, pourquoi diable est-ce que je continue à écrire ici, hmm ?</p>

<h2 id="et-alors-comment-ça-marche" id="et-alors-comment-ça-marche">Et alors comment ça marche ?</h2>

<p>On ne peut plus simplement : chaque jour un thème, on fait un truc on publie <em>et voilà</em>. Pour ceux du fond qui n&#39;ont pas compris, <a href="https://30daymapchallenge.com/" rel="nofollow">c&#39;est expliqué là</a>. Et comme malgré tout je suis assez content de moi, je conserve et republie ici.</p>

<p>Je rencontre plusieurs écueils à pratiquer cet exercice :</p>
<ul><li>je bosse peut-être dans la carto mais cela fait des années (depuis 2006 pour être précis) que je ne suis plus utilisateur des outils. Je suis donc devenu une tanche et je dois demander à internet comment faire les trucs de base, les trucs un peu avancés sont carrément hors de ma portée et je suis leeeent</li>
<li>j&#39;ai peu de temps parce que je fais ça sur mes loisirs et en ce moment mes loisirs, ben...</li>
<li>je ne pratique pas professionnellement alors j&#39;ai pas sous la main une machine de compète ou un serveur pour stocker pleins de données</li>
<li>je ne sais pas vraiment où trouver de la donnée de qualitay</li></ul>

<p>OR DONC pour contourner tout ceci je me suis dit que j&#39;allais faire des cartes hyper simples.
Pas le temps ? une seule mise en page. Les mises en page, c&#39;est chronophage ? plus de légende (les flèches nord aussi. T&#39;façon elles ne servent à rien quand <em>toutes</em> les cartes sont orientées au nord), plus d&#39;échelle parce que les gens ne la regardent pas (surtout dans une vignette affichée sur internet). Je sais pas où trouver l&#39;info ? je vais aller la chercher à un seul endroit. Mon QGIS rame misérablement ? je vais faire des cartes de Paris (merci l&#39;<em>opendata</em>).</p>

<p>Et comme disait Perrec, les contraintes libèrent la créativité. Enfin dans mon cas elles permettent surtout de produire quelque chose. Au final, beaucoup de cartes de Paris, même si toutes les consignes ne le permettent pas.</p>

<h2 id="les-cartes" id="les-cartes">Les cartes</h2>

<h3 id="jour-1-points" id="jour-1-points">Jour 1 : points</h3>

<p>Un jeu de données de points sympa : les arbres parisiens. Ceci dit, à part montrer qu&#39;il y a des arbres dans les rues, cette carte ne montre rien. Alors j&#39;ai manipulé un peu les données attributaires et après avoir tenté la hauteur j&#39;ai joué avec la circonférence.</p>

<p>Ha! si quand même on voit bien les espaces verts qui ne sont pas gérés par la ville, comme le Luxembourg, le Jardin des Plantes, les Tuileries... et on voit aussi TRÈS bien les cimetières. Plus les arbres sont gros en circonférence, plus la couleur verte (ben oui verte, forcément) est intense ce qui permet de dessiner nettement certains axes</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-11-30%2030daymapchallenge/1_points.png&amp;fileId=6201149&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true&amp;etag=0779260fb6dbe061af765bc9e1d16b9e" alt="arbres"></p>

<h3 id="jour-2-lignes" id="jour-2-lignes">Jour 2 : lignes</h3>

<p>Lancé à la découverte du portail open data de la Ville de Paris, j&#39;allais quand même pas juste afficher les voies alors j&#39;ai cherché les pistes cyclables. Et les équipements (stationnement, bornes, arceaux).  C&#39;est décevant car il y en a presque partout. Sauf chez ces gros bourgeois décadents du XVI°, merci à eux car ils sont tellement caricaturaux ceux là qu&#39;on peut les mettre à l&#39;index sur presque toutes les cartes. C&#39;est bien pratique tout de même.</p>

<p>Le mode de fusion permet de bien voir où on a <em>beaucoup</em> d&#39;équipements en empilant les objets. Voilà. Un joli jeune lumineux.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-11-30%2030daymapchallenge/2_lines.png&amp;fileId=6201151&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true&amp;etag=3ee448aaa6ba6e44bea9efb8eac77a19" alt="vélo"></p>

<h3 id="jour-3-polygones" id="jour-3-polygones">Jour 3 : polygones</h3>

<p>Oui bon j&#39;en ai produit plusieurs le même jour (car j&#39;étais dans le train) et j&#39;ai pas été hyper inspiré mais que voulez-vous c&#39;est une pratique aussi. Alors figurez-vous que les espaces de stationnement sont des polygones, même si vus de loin on dirait des lignes. Je voulais tenter de montrer que la voiture prend trop de place (bonjour l&#39;originalité woke) mais ce genre de donnée à l&#39;échelle de la ville, a vite tendance à tout recouvrir.</p>

<p>Donc j&#39;ai distingué les espaces de stationnement en fonction de leur destination : sont-ils réservés à l&#39;autopartage, aux vélos cargo et aux véhicules électriques ? ou bien aux gros diesels qui puent ? Réponse en image.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-11-30%2030daymapchallenge/3_polygons.png&amp;fileId=6201155&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true&amp;etag=7139162f5294596d453e1898bcace986" alt="stationnement"></p>

<h3 id="jour-4-hexagones" id="jour-4-hexagones">Jour 4 : hexagones</h3>

<p>Les hexagones, c&#39;est flatteur, ça donne l&#39;impression que t&#39;es un champion (heu en fait j&#39;ai suivi un tuto mais rassurez-vous c&#39;était facile) et... c&#39;est vrai ça claque.</p>

<p>Autant avoir un truc marquant à représenter. Ici par exemple on voit bien qu&#39;il n&#39;y a pas de logement social sur le fleuve.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-11-30%2030daymapchallenge/4_hexagons.png&amp;fileId=6201148&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true&amp;etag=fbd148b199226ab7f9bceea1beca9387" alt="logement"></p>

<h3 id="jour-5-un-voyage" id="jour-5-un-voyage">Jour 5 : un voyage</h3>

<p>C&#39;est là que j&#39;ai commencé à comprendre que mes contraintes n&#39;allaient pas me permettre de tout faire. J&#39;aurais voulu montrer des déplacements d&#39;animaux mais j&#39;ai pas trouvé de donnée, j&#39;ai épuisé <a href="https://opendata.paris.fr/" rel="nofollow">https://opendata.paris.fr/</a> et je suis tombé à court d&#39;idée. Et de temps parce que bon c&#39;est pas mon travail rappelez-vous.</p>

<p>Alors j&#39;ai commis ceci en prétextant que le voyage, c&#39;est celui des cafetiers quand ils montent et démontent des terrasses ; un argument des plus spécieux je vous l&#39;accorde.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/s/oTKs5a27PJmPLfW/download?path=%2F2024-11-30%2030daymapchallenge&amp;files=5_a_journey.gif" alt="terrasses"></p>

<h3 id="jour-6-raster" id="jour-6-raster">Jour 6 : raster</h3>

<p>Dans notre jargon, raster vaut pour <em>image qu&#39;on peut représenter sur une carte</em>, souvent un fond de plan genre photo aérienne ou carte IGN.</p>

<p>J&#39;ai donc touché le fond et j&#39;ai un peu honte mais je suis aussi content d&#39;avoir contourné la consigne : comme la définition du challenge comprend : <em>heatmaps, or any continuous surface data</em>, et bien tadaa :</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-11-30%2030daymapchallenge/6_raster.png&amp;fileId=6201150&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true&amp;etag=e395a6f2303c5b01b2f0ab2901935f18" alt=""></p>

<h3 id="jour-7-vintage" id="jour-7-vintage">Jour 7 : vintage</h3>

<p>J&#39;ai eu du bol parce que j&#39;étais tombé quelques jours auparavant sur <a href="https://andywoodruff.com/posts/2024/qgis-hand-drawn-maps/" rel="nofollow">le site d&#39;Andy Woodruff</a> qui fournit des ressources pour restituer des cartes modernes comme des anciennes (et avec du logiciel).</p>

<p>Il le fait avec mille fois plus de grâce que moi mais bon l&#39;idée était là. En plus j&#39;ai appris des trucs, par exemple comment donner un effet “<em>aquarelle déposée à la main</em>” avec des taches de couleurs plus soutenues et positionnées aléatoirement dans les aplats de couleur (ici dans le rose. À vrai dire c&#39;est presque invisible sur l&#39;image mais c&#39;est comme le maquillage quand il y en a trop on ne voit plus que ça. Ça rend mieux sur l&#39;image originale avec une résolution supérieure)</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-11-30%2030daymapchallenge/7_vintage.png&amp;fileId=6201152&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true&amp;etag=a74e93622048d670799f9f0062695eb3" alt=""></p>

<h3 id="jour-12-temps-et-espace" id="jour-12-temps-et-espace">Jour 12 : temps et espace</h3>

<p>Vous aussi vous avez remarqué que 30 jours d&#39;affilée c&#39;est beaucoup ? J&#39;en ai eu un peu marre, j&#39;ai une vie aussi, merde ! Et j&#39;ai beaucoup eu la flemme haha.</p>

<p>Et en vrai les consignes entre 7 et 12 étaient compliquées :</p>
<ul><li><em>data : HDX</em>, c&#39;est-à-dire qu&#39;il faut aller chercher des données sur HDX, un hub de données humanitaires. Figurez-vous qu&#39;il n&#39;y a rien en France, même pas une carte des soupes populaires (bon ces derniers temps ce serait un travail conséquent de maintenir à jour une telle information) et j&#39;ai déclaré forfait</li>
<li><em>AI only</em> m&#39;a fait voir rouge, franchement c&#39;est moche de pousser les gens à utiliser ces saloperies et j&#39;étais pas dans le mood de trouver un détournement (j&#39;ai vu passer une jolie carte extraite du jeu Civilization : <em>quand j&#39;étais petit, l&#39;IA c&#39;était l&#39;ordinateur contre lequel on jouait</em>, encore un quarantenaire tiens, dont je suis jaloux car c&#39;était une bonne idée).</li>
<li><em>pen &amp; paper</em> me tentait bien mais j&#39;étais sec, c&#39;était dimanche j&#39;étais vaguement déprimé et j&#39;ai rien fait</li>
<li><em>arctic</em> j&#39;ai pas trouvé de donnée rigolote, le plus intéressant c&#39;était de travailler sur les niveaux de glace, mais les données que j&#39;ai trouvé demandaient un traitement préalable</li></ul>

<p>DONC jour 12, <em>time and space</em>. J&#39;ai tenté de faire une carte sur <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/TARDIS" rel="nofollow">le TARDIS</a>, c&#39;aurait été trop classe ! il existe moult sites de fan évidemment, dont <a href="https://tardis.fandom.com/wiki/Category:Earth_locations_by_city" rel="nofollow">un wiki truffé d&#39;informations</a> par exemple la liste de <em>toutes les villes visitées par le TARDIS</em> 0_o</p>

<p>Malheureusement mes talents ridicules ne me permettent pas de transformer ce matériau brut en donnée exploitable par un SIG et je me suis rabattu sur l&#39;opendata de la SNCF en voulant faire ma propre carte des lignes fermées.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-11-30%2030daymapchallenge/12_time_space.png&amp;fileId=6201153&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true&amp;etag=ffaf00353d63bd61fbd297b056921a31" alt="sncf"></p>

<p>C&#39;est une semi-réussite parce que la carte ne montre que ce que la SNCF nous présente, c&#39;est-à-dire SES lignes, mais on ne voit pas le patrimoine qui a disparu depuis 1850 et qui est considérable.</p>

<p>Tout ça parce que je discutais à l&#39;apéro avec une copine qui me soutenait que c&#39;est cool de pouvoir aller en 3h à Marseille et que les lignes fermées c&#39;est surtout du fret, tandis que je lui expliquais à quel point je préfèrerais qu&#39;on voyage dans des conditions décentes sur un réseau plus dense. Au lieu de traverser le pays rapidement mais en étant traité comme du bétail et en devant prendre une voiture pour aller dans toutes ces villes où la gare est fermée. Bref.</p>

<h3 id="jour-14-le-monde" id="jour-14-le-monde">Jour 14 : le monde</h3>

<p>Passé mon premier trou dans la production cartographique, j&#39;ai cessé d&#39;avoir des scrupules et <em>jour 13 nouvel outil</em> ça me disait trop rien. Alors je suis allé regarder les données de l&#39;ACLED (<a href="https://acleddata.com/" rel="nofollow">Armed Conflict Location &amp; Event Data</a>) pour essayer un truc différent.</p>

<p>C&#39;est pas très concluant (d&#39;un point de vue carto j&#39;entends), je pense que j&#39;ai manqué de temps pour trouver des données plus facile à exploiter.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-11-30%2030daymapchallenge/14_world.png&amp;fileId=6201157&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true&amp;etag=9699a7b454f2e67d7c351341849fd5a8" alt="women"></p>

<p>Et puis j&#39;aime pas faire des cartes du monde, les projections rendent jamais bien, ya plein d&#39;espace perdu là franchement c&#39;est vilain.</p>

<h3 id="jour-16-choroplète" id="jour-16-choroplète">Jour 16 : choroplète</h3>

<p>Entre les deux il y avait <em>jour 15 ma donnée</em>, et j&#39;aurais pu récupérer par exemple la trace de notre voyage de cet été, mais pour que la carte vaille le coup il aurait fallu un effort de mise en page qui dépasse mes capacités alors hop ! forfait.</p>

<p>Je note que plus j&#39;avance plus j&#39;ai de facilité à déclarer forfait, je vais bientôt décréter que le mois de novembre ne compte que 19 jours haha.</p>

<p>Ceci dit, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Carte_choropl%C3%A8the" rel="nofollow">choroplète</a> (<em>cartogramme à teintes dégradées</em> était tellement plus classe) c&#39;est un peu la base de la représentation carto et je me suis dit <em>tant qu&#39;à faire soyons ambitieux</em> avec une carte bivariée.
Là encore j&#39;ai bien entendu suivi un tutoriel, et choisi deux informations qui sont forcément reliées (oui sinon la carte c&#39;est du charabia) mais <em>peut être pas forcément</em> de la manière qu&#39;on pourrait imaginer ? enfin c&#39;est ce que je me disais au début.
Donc : quelle relation entre le niveau de revenu et le nombre de familles monoparentales ?</p>

<p>Et alors c&#39;est marrant car j&#39;ai travaillé à l&#39;IRIS (la plus petite unité de découpage du territoire pour l&#39;INSEE) car ce genre de carte à l&#39;arrondissement n&#39;aurait aucun intérêt. Heu ou en étais-je ? oui ce qui est marrant en vrai, c&#39;est que plusieurs IRIS parisiens n&#39;ont tout bonnement pas d&#39;habitant, ce qui est logique mais un peu bizarre quand même (exemples le champ de mars, le jardin des plantes ou les Tuileries).</p>

<p>Sinon ce qui n&#39;est pas marrant, c&#39;est que les familles monoparentales sont pauvres. Enfin en vrai ce que dit la carte, c&#39;est qu&#39;il y a beaucoup de familles monoparentales dans les IRIS où le niveau de revenu est plus faible, mais ceux qui savent, savent.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-11-30%2030daymapchallenge/16_choroplethe.png&amp;fileId=6201154&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true&amp;etag=d7543f1766b2a02448dbafd5ac459818" alt="iris"></p>

<p>À part ça, je suis drôlement content du résultat, parce que c&#39;est joli à regarder.</p>

<h3 id="jour-18-3d" id="jour-18-3d">Jour 18 : 3D</h3>

<p>Plus aucun scrupule donc, j&#39;ai allégrement zappé <em>jour 17 carte collaborative</em> et recyclé une carte avec <em>effet 3D</em> produite avec QGIS et Blender il y a quelques mois parce que :</p>
<ol><li>ce genre de carte me fascine, on trouve des magiciens sur internet qui produisent des images sublimes</li>
<li>Geotribu avait publié <a href="https://geotribu.fr/articles/2024/2024-05-28_carte-relief-ombre-avec-blender-partie-1-preparation-donnes-avec-qgis-et-gdal/" rel="nofollow">une traduction du tutoriel</a> d&#39;un des magiciens en question</li></ol>

<p>Alors <em>spoiler</em> c&#39;est accessible de suivre le tutoriel, mais en comprendre toutes les subtilités par contre... pas vraiment. En plus il faut un temps de traitement conséquent pour générer l&#39;image 3D ce qui explique que je ne me sois pas relancé dans le processus.</p>

<p>À la place j&#39;ai partagé cette carte de Cotignac où les habitués reconnaîtront les alentours.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-11-30%2030daymapchallenge/18_3d.png&amp;fileId=6201095&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true&amp;etag=1d3b8eeb07a2e9f4044eba25eac383c5" alt="cotignac"></p>

<h3 id="jour-21-conflit" id="jour-21-conflit">jour 21 : conflit</h3>

<p>Qu&#39;avons-nous raté entre-temps ?
Bah d&#39;abord <em>jour 19 typographie</em> : là c&#39;est sûr les cartes qui envoient du pâté utilisent du texte pour représenter les objets et certains rendus sont bluffants.</p>

<p>C&#39;est autant à ma portée que de devenir cosmonaute.</p>

<p>L&#39;autre solution c&#39;est de jouer avec le texte, par exemple en n&#39;affichant que les rue de Paris dont le nom contient <em>typographie</em>... ça m&#39;aurait pas demandé trop de travail remarquez.
Ha merde ! avec le recul je me rends compte que j&#39;aurai pu mettre en avant les rues qui portent des noms de typographes. <a href="https://barricades.ac.uk/items/show/105" rel="nofollow">Plusieurs révolutionnaires en étaient</a> mais bonjour le travail de compilation dans la liste des rues de Paris :/
Cette carte aurait eu le mérite de mettre <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Martin_Bernard" rel="nofollow">Martin Bernard</a> en avant.</p>

<p>J&#39;ai aussi raté <em>jour 20 openstreetmap</em>, je sais plus pourquoi, je devais avoir piscine. Et puis je suis mauvais avec OSM, j&#39;ai jamais réussi à extraire de la donnée comme je voulais.</p>

<p>Nous voici donc à la thématique <strong>conflit</strong>, chouette ! j&#39;aurais pu creuser les données ACLED déjà mentionnées plus haut pour sortir des informations hyper réjouissantes n&#39;importe où dans le monde.
J&#39;ai préféré me recentrer sur Paris avec cette carte des barricades de mai 1871.
Haa la glorieuse époque où au lieu de se laisser enfumer par des salopards de politiciens on prenait les armes et on construisait la république idéale.</p>

<p>Ça laisse songeur.</p>

<p>La donnée la plus précise que j&#39;ai trouvé <a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8494156h" rel="nofollow">a cette gueule sur Gallica</a>, autant dire qu&#39;elle n&#39;est pas immédiatement exploitable.
Comme hélas les barricades ne furent pas <em>si</em> nombreuses, je me suis amusé à la digitaliser car personne ne l&#39;avait fait jusqu&#39;ici. Ou plutôt, je suis certains que plein de gens l&#39;ont fait, mais personne n&#39;a mis son travail sur les internets, franchement pas bravo les gars.</p>

<p>Alors voici le résultat. Si j&#39;ai le mojo je trouverai un endroit où déposer le fichier pour de futur.e.s bénéficiaires.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-11-30%2030daymapchallenge/21_conflit.png&amp;fileId=6201168&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true&amp;etag=9a6fdf9d93472d69729946a6d2437039" alt="barricades"></p>

<h3 id="jour-22-2-couleurs" id="jour-22-2-couleurs">Jour 22 : 2 couleurs</h3>

<p>Mouhaha, trop facile une carte avec deux couleurs seulement, c&#39;est la base des <em>choroplètes</em> souvenez-vous. Et j&#39;avais récupéré en début de mois le résultat des élections au premier tour des dernières présidentielles.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-11-30%2030daymapchallenge/22_2colors.png&amp;fileId=6201156&amp;x=1920&amp;y=1080&amp;a=true&amp;etag=5fe7a3bc9c2d17e3a495ad823cc4b52e" alt="elections"></p>

<p>Et oui, j&#39;ai rangé Macron dans “la droite” si jamais quelqu&#39;un se posait la question.</p>

<h3 id="jour-23-mémoire" id="jour-23-mémoire">Jour 23 : mémoire</h3>

<p>L&#39;idée d&#39;origine je crois c&#39;est que les gens partagent quelque chose de leur mémoire personnelle. Moi j&#39;ai <a href="https://opendata.paris.fr/pages/catalogue/?q=m%C3%A9moire" rel="nofollow">tapé “mémoire” dans la barre de recherche</a> et hop. A posteriori je me dis que j&#39;aurais dû <a href="https://social.numerique.gouv.fr/@ignfrance/113531016109794711" rel="nofollow">faire comme eux</a> et poser les données dans une grille car là on ne voit pas très bien le nombre.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-11-30%2030daymapchallenge/23_memory.png&amp;fileId=6241044&amp;x=1920&amp;y=1080&amp;a=true&amp;etag=ee1e8133635957a9737ec55cb8a102b9" alt="plaques"></p>

<h3 id="jour-24-circulaire" id="jour-24-circulaire">Jour 24 “circulaire”</h3>

<p>“<em>Seulement des formes rondes</em>”, bon. Je pense que c&#39;est un peu nul comme consigne mais pourquoi pas (et à vrai dire j&#39;ai vu des productions intéressantes, par exemple <a href="https://fosstodon.org/@cvidonne/113543108591421737" rel="nofollow">ici</a> ou <a href="https://mapstodon.space/@heigit/113542743219293120" rel="nofollow">là</a>).</p>

<p>Ça m&#39;a permis de creuser un peu plus les modes de représentation dans QGIS pour avoir des ronds en guise de remplissage des polygones.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-11-30%2030daymapchallenge/24_circular.png&amp;fileId=6241034&amp;x=1920&amp;y=1080&amp;a=true&amp;etag=446f1a97b1d12017ca9a7d40e6cf09e1" alt="circulaire"></p>

<h2 id="conclusion" id="conclusion">Conclusion</h2>

<p>Eeeet oui ma foi je me suis arrêté là.</p>

<p>Comme ça, sans explication sans petit mot et sans même attendre la fin du mois. J&#39;ai ainsi raté :</p>
<ul><li><em>heat</em> j&#39;ai bien fait une tentative mais qui donne rien, il aurait fallu que je me farcisse des papiers méthodo pour la production de cartes d&#39;ilots de chaleur et on se serait rendu compte avec étonnement que paris est une fournaise sauf éventuellement dans les espaces verts</li>
<li><em>map projections</em> j&#39;aurais bien aimé pouvoir jouer avec <a href="https://images.theconversation.com/files/372399/original/file-20201201-13-onm3ij.jpg?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=15&amp;auto=format&amp;w=754&amp;h=754&amp;fit=crop&amp;dpr=3" rel="nofollow">Spilhaus, de loin ma projection favorite</a>, mais elle n&#39;est pas implémentée dans QGIS et les manipulations de systèmes de projection demandent quand même de s&#39;y connaître un peu bref c&#39;est compliqué</li>
<li><em>micromapping</em> , hm aurait pu être un jocker car j&#39;avais récupéré des données très détaillées pour cartographier un bout de trottoir</li>
<li><em>the blue planet</em></li>
<li><em>data : overture</em></li></ul>

<p>Je l&#39;ai déjà écrit plus haut, mais j&#39;ai une vie, un travail, envie d&#39;autres choses et pas le temps de faire comme l&#39;auteur de (cette merveille d&#39;ailleurs) :</p>

<p><img src="https://images.epagine.fr/161/9782370554161_1_75.jpg" alt=""></p>

<p>Qui a passé plusieurs années à farfouiller les bibliothèques pour fabriquer son atlas (d&#39;ailleurs si vous trouvez des similitudes, c&#39;est qu&#39;elles existent, et je tiens à préciser que je n&#39;ai <em>rien</em> copié dans ce livre car si je l&#39;ai acheté début novembre, je ne l&#39;ai lu que le 21,mais le nombre de cartes possibles de Paris n&#39;est pas infini. Enfin je ne pense pas).</p>

<p>C&#39;est ainsi que j&#39;ai terminé le challenge de novembre, dans la déconfiture la plus totale.
J&#39;en retire deux trois trucs malgré tout. J&#39;ai remis les mains dans QGIS ce qui me rend encore plus fier de travailler à propager la gloire d&#39;un des logiciels open source les plus immédiatement utiles aux gens.
Je me suis aussi rappelé à à quel point c&#39;est duuuur de faire de jolies cartes donc je regarde de nouveau la production des gens, d&#39;un œil neuf.
J&#39;ai eu des interactions sur un réseau social fréquenté par mes pairs, c&#39;est marrant et je comprends que certains y passent un temps infini.</p>

<p>Par contre cela ne m&#39;a <em>pas</em> appris à me tenir à une routine mais je devrai me faire une raison : à part en ce qui concerne les mauvaises habitudes, aucune routine ne prendra plus jamais chez moi.</p>

<p><a href="/bparpoil/tag:carto" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">carto</span></a></p>
]]></content:encoded>
      <guid>https://blogz.zaclys.com/bparpoil/les-cartes-de-novembre</guid>
      <pubDate>Thu, 21 Nov 2024 22:26:10 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Les vieux cocos</title>
      <link>https://blogz.zaclys.com/bparpoil/les-vieux-cocos</link>
      <description>&lt;![CDATA[L&#39;année passée j&#39;avais réussi à visiter le Mobilier National, enfin le site qui se trouve à côté de chez moi dans le 13°, à l&#39;occasion des journées du Patrimoine. &#xA;&#xA;Sachez en passant que c&#39;était vraiment trop bien, à la fois marrant, intéressant et complètement décalé -notamment parce que j&#39;ai aussi visité  la manufacture nationale des Gobelins qui est au même endroit-, de penser que des gens continuent à travailler comme au moyen-âge en plein Paris et là je pense bien sûr aux tisserandes qui par exemple en 2023 terminaient la tapisserie des JO 2024 dessinée par Marjane Satrapi, sur des métiers à tisser âgés au bas mot de 200 ans. !--more--&#xA;&#xA;J&#39;étais ressorti emballé, pensez-vous pour entrer dans ce bâtiment magnifique (conçu par Auguste Perret, rien que pour ça la visite vaut le coup tout est trop bien pensé et juste sublime... oui bon c&#39;est un entrepôt géant, mais signé Perret !) l&#39;établissement a eu l&#39;initiative géniale de dérouler dans la cour le tapis rouge de l&#39;Élysée que j&#39;ai donc foulé de mes propres pieds, à l&#39;instar de Poutine ou Kadhafi oui parfaitement.  &#xA;Halala et en plus j&#39;avais aussi visité les ateliers de l&#39;école des Gobelins en suivant, on ne m’arrêtait plus et c&#39;était pas mal aussi.&#xA;&#xA;Voici donc en guise d&#39;introduction, un très bref résumé de ma première expérience d&#39;adulte des journées du Patrimoine durant laquelle je m&#39;étais dit qu&#39;en fait c&#39;est bien ce truc et qu&#39;il faudrait le reconduire les années suivantes.&#xA;&#xA;Comme de juste en 2024 je me suis souvenu de leur existence une semaine avant et j&#39;ai jeté un oeil à la carte interactive (plutôt une bonne idée la carte hein) du Ministère, pour me rendre compte, évidemment, que tous les trucs intéressants à visiter étaient déjà complets depuis probablement des semaines. &#xA;&#xA;Je me suis donc résolu à traverser le périphérique et j&#39;ai réservé une visite des immeubles en étoile d&#39;Ivry. &#xA;&#xA;C&#39;est super exotique, et ce dès le rendez-vous sur une des places situées au milieu d&#39;un des complexes à quelques mètres de la mairie.&#xA;&#xA;place voltaire&#xA;&#xA;En plus le mode de visite est cool puisqu&#39;elle est organisée par une asso de riverains qui font donc visiter... leur propre domicile, celui de leurs voisins et en profitent pour raconter leur vie.  &#xA;Pour ne rien vous cacher, ces braves gens semblent avoir largement atteint l&#39;âge de la retraite et pour la plupart vivent dans le quartier depuis sa construction ou pas loin ; le plus alerte d&#39;entre eux n&#39;était arrivé là qu&#39;en 1983 et s&#39;est révélé très sympa, ainsi qu&#39;intarissable sur les bénéfices de l&#39;urbanisme qui facilite la vie en communauté, comme sur l&#39;incurie des gestionnaires publics dont dépend l&#39;entretien des bâtiments et plus globalement sur les incivilités qui pourrissent la vie des gens (oui les communistes aussi deviennent un peu réac en vieillissant, ceci dit je ne peux pas lui donner entièrement tort). &#xA;&#xA;vu de l&#39;extérieur&#xA;&#xA;Une partie du plaisir consiste à voir les logements des gens, j&#39;avoue c&#39;est une joie de voyeur dont j&#39;ai pu heureusement constater qu&#39;elle est largement partagée, je ne suis donc pas autant détraqué qu&#39;on pourrait le penser. &#xA;&#xA;L&#39;autre partie (du plaisir) vient de la découverte de cet endroit littéralement incroyable. De l&#39;extérieur déjà (mais tous ceux qui ont déjà traversé Ivry se sont forcément demandé ce que sont ces bâtiments improbables collés à la monstruosité qu&#39;est l&#39;hôtel de ville) il est difficile de comprendre la manière dont s&#39;agencent ces multiples flèches de béton brut qui pointent en tous sens et entre lesquelles poussent des arbres à chaque étage. En plus certains bâtiments sont posés sur de longues jambes et il n&#39;y a pas deux halls ou porte identiques. &#xA;&#xA;l&#39;extérieur encore&#xA;&#xA;Et puis on dira ce qu&#39;on veut mais le béton brut, ça claque. Certes là il accuse son âge et les griefs des résidents sur son entretien semblent fondés.&#xA;&#xA;À propos de l&#39;extérieur, une des autres visites organisée permet de découvrir les espaces communs et notamment les jardins mais bon il aurait fallu venir aussi le matin ça faisait beaucoup, même si le repas partagé avec les habitants était sûrement très sympa.&#xA;&#xA;une entrée&#xA;&#xA;Mais c&#39;est pas pour ça qu&#39;on est là, nous on veut découvrir le truc de l&#39;intérieur et dieu quelle splendeur je regrette de n&#39;avoir vu que trois appartements (et l&#39;école mais je garde le meilleur pour la fin). D&#39;abord ils sont très agréables, pourvus de vastes baies vitrées et disposant chacun d&#39;un minimum de terrasses. Et j&#39;ai aussi l&#39;impression qu&#39;il n&#39;y en n&#39;a pas deux pareils. Le Renaudie s&#39;est bien fait suer et c&#39;est pas lui qui aurait proposé un unique plan d&#39;appartement à tous les habitants, ça non. &#xA;&#xA;Les appartements donc, ont au moins une terrasse (certains en ont plusieurs), certaines petites, d&#39;autres gigantesques (j&#39;aurais aimé voir l&#39;appartement qui dispose de deux fois 100 m2 de terrasse), des agencements rigolos et pas un seul angle droit c&#39;est assez curieux. Ceux qui sont de plain-pied présentent l&#39;inconvénient principal d&#39;être un peu bas de plafond. Bon, c&#39;est pas le cas de celui-ci :&#xA;&#xA;duplex&#xA;&#xA;Oui car une bonne partie d&#39;entre eux sont des duplex avec des détails qui tuent, comme ce faux plafond venant encadrer ce sublime escalier à vis (je me rends compte en mettant la photo qu&#39;elle est pourrie, désolé) :&#xA;&#xA;escalier à vis&#xA;&#xA;D&#39;ailleurs cet appartement dispose de trois terrasses, dont deux assez grandes pour prendre le café tranquilou autour d&#39;une petite table et de deux chaises installées dans l&#39;herbe. Certaines sont faites pour être utilisées comme jardin, d&#39;autres sont clairement trop petites, elles amènent un peu de verdure jusque dans le logement et c&#39;est tout (et c&#39;est déjà pas mal). &#xA;&#xA;terrasse&#xA;&#xA;Selon plusieurs des personnes croisées ce jour-là, ces logements ont eu assez peu de succès auprès des destinataires originels du projet, à savoir les ouvriers de la ceinture rouge, semble-t-il par excès d&#39;originalité. Ou plutôt comme le dit notre cicerone avec un mélange de candeur et de classisme &#34;les gens se pouvaient pas venir avec leur cuisine ou leur salle à manger parce que ça rentrait pas&#34; (dans ces pièces sans angle droit, rappelez-vous) alors les immeubles se sont remplis d&#39;artistes, profs et professions libérales... tous plutôt fauchés quand même et certainement pas de droite haha.&#xA;&#xA;un poteau&#xA;&#xA;Matez-moi ces détails pfiou. Bon il faut dire en même temps que tous ces recoins, petites allées, entrées dérobées aux regards... doivent faire le bonheur des dealers et je crois qu&#39;il y a eu quelques problèmes de ce style malgré le fait qu&#39;on se trouve en plein centre ville.&#xA;&#xA;Bref c&#39;est vraiment super et le clou du spectacle était la visite de l&#39;école primaire dont on n&#39;attendait pas forcément grand-chose, mais qui en fait porte elle aussi un projet social : de gigantesques (oui bon nous sommes plutôt habitués aux écoles parisiennes nous autres il faut bien dire) espaces communs permettant de se déplacer facilement et qui aboutissent à un espace central où peuvent déambuler les enfants (qui se trouve être aussi la bibliothèque en toute simplicité), des classes toutes différentes séparées des couloirs par des baies vitrées....&#xA;&#xA;lumière&#xA;&#xA;La lumière provient des fenêtres bien entendu, mais aussi de ces baies vitrées situées à 7m du sol et qui comportent curieusement des fenêtres munies de poignées, pourquoi pas. &#xA;&#xA;cdi&#xA;&#xA;Franchement ce genre d&#39;endroit donne envie de redevenir un gamin pour courir partout et aussi bénéficier d&#39;un endroit chaleureux où tout le monde doit être à son aise, les salles de classe disposent de serres (oui la photo là est prise depuis l&#39;intérieur d&#39;une classe) :&#xA;&#xA;serre1&#xA;&#xA;D&#39;ailleurs dans la même classe de l&#39;autre côté de la porte, il y a son pendant :&#xA;&#xA;serre&#xA;&#xA;Avec ces bancs, là pour que les enfants s&#39;assoient en rond pour raconter ou écouter des trucs, ça change des tables alignées, d&#39;ailleurs chaque classe a son propre atrium :&#xA;&#xA;atrium&#xA;&#xA;Oui je floute les visages, enfin mon téléphone me permet de les faire carrément disparaitre et comme de juste je n&#39;ai pas hésité un instant. Commentaire du directeur en désignant la fosse creusée dans le sol &#34;on n&#39;a jamais eu un seul accident&#34;.  &#xA;Chaque classe le sien et chaque classe différent :&#xA;&#xA;atrium&#xA;&#xA;Je dois dire que tout le monde était sous le charme et sans doute un peu jaloux de constater qu&#39;en fait on peut construire intelligemment en se mettant à la place des utilisateurs au lieu de livrer des boites où ranger les gens. &#xA;&#xA;Et pour couronner la visite, la cour. On pourra me rétorquer que tout ceci est bien minéral, alors certes c&#39;est pas la forêt (ceci dit il y a un parc de l&#39;autre côté de la rue, il est moins photogénique) mais par contre l&#39;intégration au quartier est totale :&#xA;&#xA;cour&#xA;&#xA;On a une grande cour pour jouer au ballon en hurlant, un classique de toutes les primaires, et de l&#39;autre côté on accède à un dédale d&#39;allées qui serpentent entre les étoiles vitrées qu&#39;on voyait d&#39;en bas tout à l&#39;heure, avec moult cachettes et escaliers qui multiplient les points de vue et pourraient continuer à l&#39;infini. &#xA;&#xA;école&#xA;&#xA;école&#xA;&#xA;À l&#39;infini comme notre visite de l&#39;endroit, mais toutes les bonnes choses ont aussi une fin. &#xA;&#xA;Allez dernier bonus dédié à toutes les enseignant.e.s de primaire, cette astuce à base de chambre à air usagées, pour aider les enfants gens à tenir assis devant un bureau :&#xA;&#xA;bureau&#xA;&#xA;#architecture #paris]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>L&#39;année passée j&#39;avais réussi à visiter le Mobilier National, enfin le site qui se trouve à côté de chez moi dans le 13°, à l&#39;occasion des journées du Patrimoine.</p>

<p>Sachez en passant que c&#39;était vraiment trop bien, à la fois marrant, intéressant et complètement décalé -notamment parce que j&#39;ai aussi visité  la manufacture nationale des Gobelins qui est au même endroit-, de penser que des gens continuent à travailler comme au moyen-âge en plein Paris et là je pense bien sûr aux tisserandes qui par exemple en 2023 terminaient <a href="https://www.mobiliernational.culture.gouv.fr/fr/actualites/le-projet-de-tapisserie-olympique-dapres-marjane-satrapi" rel="nofollow">la tapisserie des JO 2024 dessinée par Marjane Satrapi</a>, sur des métiers à tisser âgés au bas mot de 200 ans. </p>

<p>J&#39;étais ressorti emballé, pensez-vous pour entrer dans <a href="https://www.mobiliernational.culture.gouv.fr/fr/nous-connaitre/le-mobilier-national/batiment-perret" rel="nofollow">ce bâtiment magnifique</a> (conçu par Auguste Perret, rien que pour ça la visite vaut le coup tout est trop bien pensé et juste sublime... oui bon c&#39;est un entrepôt géant, mais signé Perret !) l&#39;établissement a eu l&#39;initiative géniale de dérouler dans la cour le tapis rouge de l&#39;Élysée que j&#39;ai donc foulé de mes propres pieds, à l&#39;instar de Poutine ou Kadhafi oui parfaitement.<br>
Halala et en plus j&#39;avais <em>aussi</em> visité les ateliers de l&#39;école des Gobelins en suivant, on ne m’arrêtait plus et c&#39;était pas mal aussi.</p>

<p>Voici donc en guise d&#39;introduction, un <em>très</em> bref résumé de ma première expérience d&#39;adulte des journées du Patrimoine durant laquelle je m&#39;étais dit qu&#39;en fait c&#39;est bien ce truc et qu&#39;il faudrait le reconduire les années suivantes.</p>

<p>Comme de juste en 2024 je me suis souvenu de leur existence une semaine avant et j&#39;ai jeté un oeil à <a href="https://journeesdupatrimoine.culture.gouv.fr/programme#/search@48.8322344,2.3430443,13.21" rel="nofollow">la carte interactive</a> (plutôt une bonne idée la carte hein) du Ministère, pour me rendre compte, <em>évidemment</em>, que tous les trucs intéressants à visiter étaient déjà complets depuis probablement des semaines.</p>

<p>Je me suis donc résolu à traverser le périphérique et j&#39;ai réservé une visite <a href="https://www.tourisme-valdemarne.com/jai-teste-pour-vous-la-visite-des-etoiles-de-renee-gailhoustet-et-jean-renaudie-a-ivry-sur-seine" rel="nofollow">des immeubles en étoile d&#39;Ivry</a>.</p>

<p>C&#39;est super exotique, et ce dès le rendez-vous sur une des places situées au milieu d&#39;un des complexes à quelques mètres de la mairie.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-09-22%20ivry/20240922_153156.jpg&amp;fileId=5984879&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true&amp;etag=e63e8899579d8badcb48ab540914bb01" alt="place voltaire"></p>

<p>En plus le mode de visite est cool puisqu&#39;elle est organisée par une asso de riverains qui font donc visiter... leur propre domicile, celui de leurs voisins et en profitent pour raconter leur vie.<br>
Pour ne rien vous cacher, ces braves gens semblent avoir largement atteint l&#39;âge de la retraite et pour la plupart vivent dans le quartier depuis sa construction ou pas loin ; le plus alerte d&#39;entre eux n&#39;était arrivé là qu&#39;en 1983 et s&#39;est révélé très sympa, ainsi qu&#39;intarissable sur les bénéfices de l&#39;urbanisme qui facilite la vie en communauté, comme sur l&#39;incurie des gestionnaires publics dont dépend l&#39;entretien des bâtiments et plus globalement sur les incivilités qui pourrissent la vie des gens (oui les communistes aussi deviennent un peu réac en vieillissant, ceci dit je ne peux pas lui donner entièrement tort).</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-09-22%20ivry/20240922_153342.jpg&amp;fileId=5984872&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true&amp;etag=9c3b33eca9fb8fca1121c2f0a8d74c07" alt="vu de l&#39;extérieur"></p>

<p>Une partie du plaisir consiste à voir les logements des gens, j&#39;avoue c&#39;est une joie de voyeur dont j&#39;ai pu heureusement constater qu&#39;elle est largement partagée, je ne suis donc pas autant détraqué qu&#39;on pourrait le penser.</p>

<p>L&#39;autre partie (du plaisir) vient de la découverte de cet endroit littéralement incroyable. De l&#39;extérieur déjà (mais tous ceux qui ont déjà traversé Ivry se sont forcément demandé ce que sont ces bâtiments improbables collés à la monstruosité qu&#39;est <a href="https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/c/c6/H%C3%B4tel_Ville_-_Ivry-sur-Seine_%28FR94%29.jpg/520px-H%C3%B4tel_Ville_-_Ivry-sur-Seine_%28FR94%29.jpg" rel="nofollow">l&#39;hôtel de ville</a>) il est difficile de comprendre la manière dont s&#39;agencent ces multiples flèches de béton brut qui pointent en tous sens et entre lesquelles poussent des arbres à chaque étage. En plus certains bâtiments sont posés sur de longues jambes et il n&#39;y a pas deux halls ou porte identiques.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-09-22%20ivry/20240922_153249.jpg&amp;fileId=5984865&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true&amp;etag=28c8feaf37cffad9859e69cc7f5151e5" alt="l&#39;extérieur encore"></p>

<p>Et puis on dira ce qu&#39;on veut mais le béton brut, ça claque. Certes là il accuse son âge et les griefs des résidents sur son entretien semblent fondés.</p>

<p>À propos de l&#39;extérieur, une des autres visites organisée permet de découvrir les espaces communs et notamment les jardins mais bon il aurait fallu venir <em>aussi</em> le matin ça faisait beaucoup, même si le repas partagé avec les habitants était sûrement très sympa.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-09-22%20ivry/20240922_153516.jpg&amp;fileId=5984858&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true&amp;etag=078184af5fbfb1b47126fea3c7038a5a" alt="une entrée"></p>

<p>Mais c&#39;est pas pour ça qu&#39;on est là, nous on veut découvrir le truc de l&#39;intérieur et dieu quelle splendeur je regrette de n&#39;avoir vu que trois appartements (et l&#39;école mais je garde le meilleur pour la fin). D&#39;abord ils sont très agréables, pourvus de vastes baies vitrées et disposant chacun d&#39;un minimum de terrasses. Et j&#39;ai aussi l&#39;impression qu&#39;il n&#39;y en n&#39;a pas deux pareils. Le Renaudie s&#39;est bien fait suer et c&#39;est pas lui qui aurait proposé un unique plan d&#39;appartement à tous les habitants, ça non.</p>

<p>Les appartements donc, ont au moins une terrasse (certains en ont plusieurs), certaines petites, d&#39;autres gigantesques (j&#39;aurais aimé voir l&#39;appartement qui dispose de <em>deux fois 100 m2 de terrasse</em>), des agencements rigolos et pas un seul angle droit c&#39;est assez curieux. Ceux qui sont de plain-pied présentent l&#39;inconvénient principal d&#39;être un peu bas de plafond. Bon, c&#39;est pas le cas de celui-ci :</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-09-22%20ivry/20240922_153838.jpg&amp;fileId=5984850&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true&amp;etag=170fceafd2162446bc0b99ea4f056da6" alt="duplex"></p>

<p>Oui car une bonne partie d&#39;entre eux sont des duplex avec des détails qui tuent, comme ce faux plafond venant encadrer ce sublime escalier à vis (je me rends compte en mettant la photo qu&#39;elle est pourrie, désolé) :</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-09-22%20ivry/20240922_153847.jpg&amp;fileId=5984835&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true&amp;etag=c4cfed88a9d1cd7156ccdbfbadb2c8ed" alt="escalier à vis"></p>

<p>D&#39;ailleurs cet appartement dispose de trois terrasses, dont deux assez grandes pour prendre le café tranquilou autour d&#39;une petite table et de deux chaises installées dans l&#39;herbe. Certaines sont faites pour être utilisées comme jardin, d&#39;autres sont clairement trop petites, elles amènent un peu de verdure jusque dans le logement et c&#39;est tout (et c&#39;est déjà pas mal).</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-09-22%20ivry/20240922_154745.jpg&amp;fileId=5984811&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true&amp;etag=22a29251529156ec86b6d40119dac371" alt="terrasse"></p>

<p>Selon plusieurs des personnes croisées ce jour-là, ces logements ont eu assez peu de succès auprès des destinataires originels du projet, à savoir les ouvriers de la ceinture rouge, semble-t-il par excès d&#39;originalité. Ou plutôt comme le dit notre cicerone avec un mélange de candeur et de classisme “<em>les gens se pouvaient pas venir avec leur cuisine ou leur salle à manger parce que ça rentrait pas</em>” (dans ces pièces sans angle droit, rappelez-vous) alors les immeubles se sont remplis d&#39;artistes, profs et professions libérales... tous plutôt fauchés quand même et certainement pas de droite haha.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-09-22%20ivry/20240922_155955.jpg&amp;fileId=5984715&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true&amp;etag=880a98d09f8534edfff941985179cd57" alt="un poteau"></p>

<p><em>Matez-moi ces détails pfiou. Bon il faut dire en même temps que tous ces recoins, petites allées, entrées dérobées aux regards... doivent faire le bonheur des dealers et je crois qu&#39;il y a eu quelques problèmes de ce style malgré le fait qu&#39;on se trouve en plein centre ville</em>.</p>

<p>Bref c&#39;est vraiment super et le clou du spectacle était la visite de l&#39;école primaire dont on n&#39;attendait pas forcément grand-chose, mais qui en fait porte elle aussi un projet social : de gigantesques (oui bon nous sommes plutôt habitués aux écoles parisiennes nous autres il faut bien dire) espaces communs permettant de se déplacer facilement et qui aboutissent à un espace central où peuvent déambuler les enfants (qui se trouve être aussi la bibliothèque en toute simplicité), des classes <em>toutes différentes</em> séparées des couloirs par des baies vitrées....</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-09-22%20ivry/20240922_163537.jpg&amp;fileId=5984731&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true&amp;etag=9cfc550d511d508f19f8c9a64b2daf34" alt="lumière"></p>

<p>La lumière provient des fenêtres bien entendu, mais aussi de ces baies vitrées situées à 7m du sol et qui comportent curieusement des fenêtres munies de poignées, pourquoi pas.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-09-22%20ivry/20240922_164615.jpg&amp;fileId=5984771&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true&amp;etag=c6d819d8cbbb677caca7ac289ff797a5" alt="cdi"></p>

<p>Franchement ce genre d&#39;endroit donne envie de redevenir un gamin pour courir partout et aussi bénéficier d&#39;un endroit chaleureux où tout le monde doit être à son aise, les salles de classe disposent de serres (oui la photo là est prise depuis l&#39;intérieur d&#39;une classe) :</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-09-22%20ivry/20240922_164020.jpg&amp;fileId=5984747&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true&amp;etag=43eca7de62517f84baded37ba27e6cf7" alt="serre1"></p>

<p>D&#39;ailleurs dans la même classe de l&#39;autre côté de la porte, il y a son pendant :</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-09-22%20ivry/20240922_163737.jpg&amp;fileId=5984739&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true&amp;etag=ea8a2e65881af52a4f82479d8a9a3c93" alt="serre"></p>

<p>Avec ces bancs, là pour que les enfants s&#39;assoient en rond pour raconter ou écouter des trucs, ça change des tables alignées, d&#39;ailleurs chaque classe a son propre atrium :</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-09-22%20ivry/20240922_164326.jpg&amp;fileId=5984762&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true&amp;etag=2f473784b8c244bb697c62822cb1bb04" alt="atrium"></p>

<p><em>Oui je floute les visages, enfin mon téléphone me permet de les faire carrément disparaitre et comme de juste je n&#39;ai pas hésité un instant</em>. Commentaire du directeur en désignant la fosse creusée dans le sol “on n&#39;a jamais eu un seul accident”.<br>
Chaque classe le sien et chaque classe différent :</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-09-22%20ivry/20240922_164749.jpg&amp;fileId=5984779&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true&amp;etag=e9828e924631d47e89f64ac49daba607" alt="atrium"></p>

<p>Je dois dire que tout le monde était sous le charme et sans doute un peu jaloux de constater qu&#39;en fait on peut construire intelligemment en se mettant à la place des utilisateurs au lieu de livrer des boites où ranger les gens.</p>

<p>Et pour couronner la visite, la cour. On pourra me rétorquer que tout ceci est bien minéral, alors certes c&#39;est pas la forêt (ceci dit il y a un parc de l&#39;autre côté de la rue, il est moins photogénique) mais par contre l&#39;intégration au quartier est totale :</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-09-22%20ivry/20240922_165354.jpg&amp;fileId=5984686&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true&amp;etag=da37162f0aa9f1abe2da284af788ef4f" alt="cour"></p>

<p>On a une grande cour pour jouer au ballon en hurlant, un classique de toutes les primaires, et de l&#39;autre côté on accède à un dédale d&#39;allées qui serpentent entre les étoiles vitrées qu&#39;on voyait d&#39;en bas tout à l&#39;heure, avec moult cachettes et escaliers qui multiplient les points de vue et pourraient continuer à l&#39;infini.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-09-22%20ivry/20240922_165430.jpg&amp;fileId=5984679&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true&amp;etag=f40691a350f1eece1782411b6f11f44a" alt="école"></p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-09-22%20ivry/20240922_165642.jpg&amp;fileId=5984664&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true&amp;etag=c84da629aea0efcb7eeb5e65090c6d59" alt="école"></p>

<p>À l&#39;infini comme notre visite de l&#39;endroit, mais toutes les bonnes choses ont aussi une fin.</p>

<p>Allez dernier bonus dédié à toutes les enseignant.e.s de primaire, cette astuce à base de chambre à air usagées, pour aider les <del>enfants</del> gens à tenir assis devant un bureau :</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-09-22%20ivry/20240922_170155.jpg&amp;fileId=5984642&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true&amp;etag=3b41a6b6778b196463d789a473119ae1" alt="bureau"></p>

<p><a href="/bparpoil/tag:architecture" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">architecture</span></a> <a href="/bparpoil/tag:paris" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">paris</span></a></p>
]]></content:encoded>
      <guid>https://blogz.zaclys.com/bparpoil/les-vieux-cocos</guid>
      <pubDate>Thu, 26 Sep 2024 00:20:49 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Vers l&#39;ouest</title>
      <link>https://blogz.zaclys.com/bparpoil/vers-louest</link>
      <description>&lt;![CDATA[Notre périple retour vers l&#39;ouest commence par un déplacement au sud, et oui nous nous jouons des contraintes de la géographie. Plus prosaïquement en quittant Breb nous nous dirigeons vers Baia Mare en tant que centre urbain des Maramures mais arrivons dans une plaine où il fait chaud et où le paysage est bien moins enchanteur qu&#39;avant. Nous cherchons un camping malgré tout, puis un deuxième mais ils sont nuls alors on zappe tout bonnement la région entière, ce que c&#39;est que d&#39;être rancunier, et commençons le chemin retour. !--more--&#xA;&#xA;Ce chemin nous fait passer par Cluj où nous nous baladons pendant une matinée. Cluj a beau être une des plus grandes villes du pays, le centre ancien est tout petit, la balade est plaisante sans plus et se conclut sur un repas international dans une brasserie moderne où les portions de viande, Roumanie oblige, représentent la moitié du volume servi.&#xA;&#xA;On essaie une balade dans la forêt qui est collée à la ville, nos parcs urbains n&#39;ont qu&#39;à aller se rhabiller. En contrepartie on ne trouve pas LA zone de la forêt que nous cherchions (celle qui permet de faire ce genre de photos) car le bois est trop grand et nous n&#39;allons tout de même pas passer la journée à errer à travers. Tant pis cette déconvenue ajoutée à celle d&#39;hier a un petit goût de fin de séjour, cette fois-ci c&#39;est parti pour l&#39;ouest.&#xA;&#xA;palais&#xA;&#xA;En chemin nous passons par Huedin où se trouvent quelques merveilleux palais gitans, cette banlieue nous fait plonger brièvement dans une autre dimension.&#xA;&#xA;palais&#xA;&#xA;Puis comme à l&#39;aller, la route vers la Hongrie -puis en Hongrie- passe par une plaine gigantesque parsemée de petits villages cernés de silos et d&#39;usines géantes, probablement dédiées à la transformation de tout ce maïs et tout ce tournesol en produits packagés sur des palettes. Cette fois nous avons droit à des autoroutes, dieu merci car le paysage est monotone au dernier degré, pour nous distraire nous passons on temps fou à tenter de comprendre comment fonctionne la vignette autoroutière (ou plus précisément, à tenter d&#39;identifier le bon tarif et le site légitime où l&#39;acheter). &#xA;&#xA;En réalité c&#39;est assez simple hein, d&#39;ailleurs je pense que c&#39;est trop simple pour les esprits complexes qui dirigent la France et résultat des courses on a droit à des embouteillages quotidiens aux barrières d&#39;autoroutes (à moins que mais houlala j&#39;aurais l&#39;esprit mal tourné, ce soit un plan machiavélique ayant pour finalité de maximiser la satisfaction des actionnaires au détriment des usagers et accessoirement contribuables). &#xA;&#xA;bains&#xA;&#xA;Afin de couper la route nous profitons du tropisme hongrois pour les bains de toutes sortes et nous arrêtons donc pour la nuit dans un camping accolé à des thermes. Non pas des thermes au sens romain, mais bien au sens hongrois, c&#39;est-à-dire que nous nous retrouvons au sein d&#39;un complexe balnéaire curieusement installé au milieu de rien et fréquenté par un savant mélange de familles, de buveurs de canettes de bières et de curistes qui, selon les groupes, jouent à la balle ou bien piquent-niquent sur les tables ou bien encore se prélassent tels des colonies de morses dans des piscines de diverses couleurs et températures. &#xA;&#xA;L&#39;ambiance est d&#39;autant plus étrange que nous arrivons tard dans un camping totalement désert qu&#39;une préposée finit par ouvrir rien que pour nous. &#xA;&#xA;Rebelote le lendemain : on roule, tous joyeux à l&#39;idée de le faire légalement grâce à notre achat de vignette de la veille. Par contre il fait une chaleur de bête et notre pause au bord du lac Balaton -le plus grand lac d&#39;Europe qui n&#39;est, malheureusement pour lui, pas entouré de montagnes majestueuses et donc manque de caractère- nous assomme plus qu&#39;autre chose, à moins que ce soit cette cannette de bière que j&#39;engloutis comme un assoiffé ? &#xA;&#xA;lac&#xA;&#xA;Les frontières s&#39;enchaînent sans plus aucune difficulté ni même de contrôle (sauf curieusement la veille entre la Roumanie et la Hongrie, d&#39;ailleurs je tiens à me plaindre ici car si nous avons bien hérités de tampons sur nos passeports, ils sont complètement nazebroques ce sont de stupides carrés avec une date, où est passé le panache des années 20 je vous le demande) et nous voici dans l&#39;après-midi à Ptuj, microscopique ville médiévale de l&#39;Est de la Slovénie. On visite en 30 minutes, on fait péter le gastro local et on dort à l&#39;hôtel car nous sommes de gros bourgeois : enfin une nuit sans moustique ! joie. &#xA;&#xA;ptuj&#xA;&#xA;Puis, afin de nous acclimater doucement au retour à la maison nous enchaînons les haltes dans des endroits déjà connus afin de minimiser le temps de pause sans avoir l&#39;impression de passer à côté de quelque chose d&#39;important.&#xA;&#xA;ptuj&#xA;&#xA;Par exemple nous nous arrêtons à Ljubljana, tout aussi charmante que dans nos souvenirs, bien que, depuis notre dernier passage (6 ans, il suffit de peu) le centre se soit transformé en une annexe de Sephora : le nombre d&#39;enseignes génériques de pseudo-luxe est tout bonnement délirant. &#xA;Aussi délirant et corrélé que le nombre de touristes (revoilà des groupes suivant un guide avec des drapeaux, mon urticaire est prêt à refaire surface) mais nous ne faisons qu&#39;une halte-éclair donc c&#39;est pas grave. &#xA;&#xA;ljubljana&#xA;&#xA;Échappant à ce pandémonium nous déjeunons dans l&#39;herbe de Tivoli, le parc urbain de la ville, qui fait la taille de Central Park (500 ha !! dans une ville de 300 000 habitants !! mais qu&#39;est-ce qu&#39;on fout franchement avec nos pelouses de merde qu&#39;on appelle pompeusement parcs) et c&#39;est trop bien. En plus j&#39;arrive à choper de nouveau un détail qui fait ma joie sur un balcon en béton :&#xA;&#xA;balcon&#xA;&#xA;Puis on roule de nouveau sur une artère que je déteste puisqu&#39;il s&#39;agit de la E70 de sinistre mémoire qui traverse la plaine du Pô, nous passons Trieste et Venise avant d&#39;atteindre Vérone, notre halte favorite du nord de l&#39;Italie. Favorite car la ville a le bon goût de disposer d&#39;un camping qui surplombe le centre ville et permet d&#39;atteindre l&#39;Adige en 10 minutes de marche. Et puis bien sûr c&#39;est trop mignon. Bon cette fois-ci pas de bol le trajet est plus long que prévu car on se prend un orage monstrueux durant lequel les gens s&#39;arrêtent sous les ponts ou bien roulent à 50 sur l’autoroute avec leurs warnings (ou bien sont assis au volant d&#39;un 35 tonnes et roulent pépouse en projetant les automobilistes normaux dans le bas-côté), comme nous par exemple. Au final nous arrivons sous une pluie battante (mais les éclairs ont cessé d&#39;éclairer le chemin) pour nous rendre compte qu&#39;il n&#39;y a plus de place c&#39;est le drame. &#xA;&#xA;vérone&#xA;&#xA;Dieu merci nous trouvons à nous garer -sans doute de manière parfaitement illégale- dans le centre ET à trouver un restaurant qui nous serve à 22h30, alors que la pluie a cessée nous sommes finalement vernis. Après avoir passé la nuit sur un parking chelou au sein d&#39;une résidence nous profitons le lendemain dès potron-minet d&#39;un petit déjeuner en terrasse haaaa le petit déjeuner italien en terrasse dans Vérone franchement ça vaut le coup. Et comme il est tôt la balade matinale dans cette merveille est délicieuse je suis sur un nuage tout est parfait de nouveau.&#xA;&#xA;vérone&#xA;&#xA;Qui dit balade matinale dit aussi que nous décanillons de là au moment où la densité de visiteurs devient un peu gênante nous sommes des héros du tourisme de masse. &#xA;&#xA;vérone&#xA;&#xA;Pour continuer cette journée royale, nous roulons pendant qu&#39;il pleut avant d&#39;arriver en Ligurie afin que Valérie profite d&#39;une courte période de plage qui lui a bien manqué durant ces vacances. Si la mer est trop chaude et tristement plate (la dernière fois nous nous avions profité de gros rouleaux et je m&#39;attendais benoitement à me retrouver projeté dans le passé me voici donc stupidement déçu) , la plage elle-même est curieusement... comment dire ? non bondée, c&#39;est-à-dire qu&#39;il y a du monde mais de manière supportable (pour l&#39;Italie) et en plus on ne cuit pas vraiment car le ciel est voilé, ce qui ne nous empêche pas de ressortir (enfin !) notre parasol en plastique bien que je regrette a posteriori de n&#39;avoir pas acheté le modèle qui se visse, tellement plus italien (quoique pour l&#39;exploiter pleinement il faudrait que je le visse en étant vêtu uniquement d&#39;un slip rouge moulant je ne suis sans doute pas prêt). &#xA;&#xA;vérone, encore&#xA;&#xA;Et pour couronner le tout on trouve de nouveau une place de parking (franchement Saint Christophe est avec nous. Oui j&#39;ai demandé à Internet qui est le saint patron des automobilistes) dans Finale Ligure pour un dernier restaurant italien niché dans une ville médiévale transformée en station balnéaire, on n&#39;aurait pu rêver mieux pour conclure ce voyage. &#xA;&#xA;#ete2024 #italie #slovénie #hongrie]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>Notre périple retour vers l&#39;ouest commence par un déplacement au sud, et oui nous nous jouons des contraintes de la géographie. Plus prosaïquement en quittant Breb nous nous dirigeons vers Baia Mare en tant que <em>centre urbain des Maramures</em> mais arrivons dans une plaine où il fait chaud et où le paysage est bien moins enchanteur qu&#39;avant. Nous cherchons un camping malgré tout, puis un deuxième mais ils sont nuls alors on zappe tout bonnement la région entière, ce que c&#39;est que d&#39;être rancunier, et commençons le chemin retour. </p>

<p>Ce chemin nous fait passer par Cluj où nous nous baladons pendant une matinée. Cluj a beau être une des plus grandes villes du pays, le centre ancien est tout petit, la balade est plaisante sans plus et se conclut sur un repas international dans une brasserie moderne où les portions de viande, Roumanie oblige, représentent la moitié du volume servi.</p>

<p>On essaie une balade dans la forêt qui est <em>collée</em> à la ville, nos parcs urbains n&#39;ont qu&#39;à aller se rhabiller. En contrepartie on ne trouve pas LA zone de la forêt que nous cherchions (celle qui permet de faire <a href="https://www.alibabuy.com/photos/library/1500/17013.jpg" rel="nofollow">ce genre de photos</a>) car le bois est trop grand et nous n&#39;allons tout de même pas passer la journée à errer à travers. Tant pis cette déconvenue ajoutée à celle d&#39;hier a un petit goût de fin de séjour, cette fois-ci c&#39;est parti pour l&#39;ouest.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-08-13%20retour/20240812_162701.jpg&amp;fileId=5809251&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true" alt="palais"></p>

<p>En chemin nous passons par Huedin où se trouvent quelques merveilleux palais gitans, cette banlieue nous fait plonger brièvement dans une autre dimension.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-08-13%20retour/20240812_162824.jpg&amp;fileId=5809222&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true" alt="palais"></p>

<p>Puis comme à l&#39;aller, la route vers la Hongrie -puis en Hongrie- passe par une plaine gigantesque parsemée de petits villages cernés de silos et d&#39;usines géantes, probablement dédiées à la transformation de tout ce maïs et tout ce tournesol en produits packagés sur des palettes. Cette fois nous avons droit à des autoroutes, dieu merci car le paysage est monotone au dernier degré, pour nous distraire nous passons on temps fou à tenter de comprendre comment fonctionne la vignette autoroutière (ou plus précisément, à tenter d&#39;identifier le bon tarif et le site légitime où l&#39;acheter).</p>

<p>En réalité c&#39;est assez simple hein, d&#39;ailleurs je pense que c&#39;est trop simple pour les esprits complexes qui dirigent la France et résultat des courses on a droit à des embouteillages quotidiens aux barrières d&#39;autoroutes (à moins que mais houlala j&#39;aurais l&#39;esprit mal tourné, ce soit un plan machiavélique ayant pour finalité de maximiser la satisfaction des actionnaires au détriment des usagers et accessoirement contribuables).</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-08-13%20retour/20240812_192457.jpg&amp;fileId=5809210&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true" alt="bains"></p>

<p>Afin de couper la route nous profitons du tropisme hongrois pour les bains de toutes sortes et nous arrêtons donc pour la nuit dans un camping accolé à des thermes. Non pas des thermes au sens romain, mais bien au sens hongrois, c&#39;est-à-dire que nous nous retrouvons au sein d&#39;un complexe balnéaire curieusement installé au milieu de rien et fréquenté par un savant mélange de familles, de buveurs de canettes de bières et de curistes qui, selon les groupes, jouent à la balle ou bien piquent-niquent sur les tables ou bien encore se prélassent tels des colonies de morses dans des piscines de diverses couleurs et températures.</p>

<p>L&#39;ambiance est d&#39;autant plus étrange que nous arrivons tard dans un camping totalement désert qu&#39;une préposée finit par ouvrir rien que pour nous.</p>

<p>Rebelote le lendemain : on roule, tous joyeux à l&#39;idée de le faire légalement grâce à notre achat de vignette de la veille. Par contre il fait une chaleur de bête et notre pause au bord du lac Balaton -le plus grand lac d&#39;Europe qui n&#39;est, malheureusement pour lui, pas entouré de montagnes majestueuses et donc manque de caractère- nous assomme plus qu&#39;autre chose, à moins que ce soit cette cannette de bière que j&#39;engloutis comme un assoiffé ?</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-08-13%20retour/20240813_135021.jpg&amp;fileId=5809182&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true" alt="lac"></p>

<p>Les frontières s&#39;enchaînent sans plus aucune difficulté ni même de contrôle (sauf curieusement la veille entre la Roumanie et la Hongrie, d&#39;ailleurs je tiens à me plaindre ici car si nous avons bien hérités de tampons sur nos passeports, ils sont complètement nazebroques ce sont de stupides carrés avec une date, où est passé le panache des années 20 je vous le demande) et nous voici dans l&#39;après-midi à Ptuj, microscopique ville médiévale de l&#39;Est de la Slovénie. On visite en 30 minutes, on fait péter le gastro local et on dort à l&#39;hôtel car nous sommes de gros bourgeois : enfin une nuit sans moustique ! joie.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-08-13%20retour/20240813_195253.jpg&amp;fileId=5818389&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true" alt="ptuj"></p>

<p>Puis, afin de nous acclimater doucement au retour à la maison nous enchaînons les haltes dans des endroits déjà connus afin de minimiser le temps de pause sans avoir l&#39;impression de passer à côté de quelque chose d&#39;important.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-08-13%20retour/20240813_193950.jpg&amp;fileId=5818382&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true" alt="ptuj"></p>

<p>Par exemple nous nous arrêtons à Ljubljana, tout aussi charmante que dans nos souvenirs, bien que, depuis notre dernier passage (6 ans, il suffit de peu) le centre se soit transformé en une annexe de Sephora : le nombre d&#39;enseignes génériques de pseudo-luxe est tout bonnement délirant.
Aussi délirant et corrélé que le nombre de touristes (revoilà des groupes suivant un guide avec des drapeaux, mon urticaire est prêt à refaire surface) mais nous ne faisons qu&#39;une halte-éclair donc c&#39;est pas grave.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-08-13%20retour/20240814_131749.jpg&amp;fileId=5818390&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true" alt="ljubljana"></p>

<p>Échappant à ce pandémonium nous déjeunons dans l&#39;herbe de Tivoli, le parc urbain de la ville, qui fait <em>la taille de Central Park</em> (500 ha !! dans une ville de 300 000 habitants !! mais qu&#39;est-ce qu&#39;on fout franchement avec nos pelouses de merde qu&#39;on appelle pompeusement parcs) et c&#39;est trop bien. En plus j&#39;arrive à choper de nouveau un détail qui fait ma joie sur un balcon en béton :</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-08-13%20retour/20240814_134301.jpg&amp;fileId=5818397&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true" alt="balcon"></p>

<p>Puis on roule de nouveau sur une artère que je déteste puisqu&#39;il s&#39;agit de la E70 de sinistre mémoire qui traverse la plaine du Pô, nous passons Trieste et Venise avant d&#39;atteindre Vérone, notre halte favorite du nord de l&#39;Italie. Favorite car la ville a le bon goût de disposer d&#39;un camping qui surplombe le centre ville et permet d&#39;atteindre l&#39;Adige en 10 minutes de marche. Et puis bien sûr c&#39;est trop mignon. Bon cette fois-ci pas de bol le trajet est plus long que prévu car on se prend un orage monstrueux durant lequel les gens s&#39;arrêtent sous les ponts ou bien roulent à 50 sur l’autoroute avec leurs warnings (ou bien sont assis au volant d&#39;un 35 tonnes et roulent pépouse en projetant les automobilistes normaux dans le bas-côté), comme nous par exemple. Au final nous arrivons sous une pluie battante (mais les éclairs ont cessé d&#39;éclairer le chemin) pour nous rendre compte qu&#39;il n&#39;y a plus de place c&#39;est le drame.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-08-13%20retour/20240815_091959.jpg&amp;fileId=5818412&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true" alt="vérone"></p>

<p>Dieu merci nous trouvons à nous garer -sans doute de manière parfaitement illégale- dans le centre ET à trouver un restaurant qui nous serve à 22h30, alors que la pluie a cessée nous sommes finalement vernis. Après avoir passé la nuit sur un parking chelou au sein d&#39;une résidence nous profitons le lendemain dès potron-minet d&#39;un petit déjeuner en terrasse haaaa le petit déjeuner italien en terrasse dans Vérone franchement <a href="https://acloud4.zaclys.com/index.php/s/oTKs5a27PJmPLfW?path=%2F2024-08-13%20retour" rel="nofollow">ça vaut le coup</a>. Et comme il est tôt la balade matinale dans cette merveille est délicieuse je suis sur un nuage tout est parfait de nouveau.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-08-13%20retour/20240815_092336.jpg&amp;fileId=5818426&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true" alt="vérone"></p>

<p>Qui dit balade matinale dit aussi que nous décanillons de là au moment où la densité de visiteurs devient un peu gênante nous sommes des héros du tourisme de masse.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-08-13%20retour/20240815_102205.jpg&amp;fileId=5818513&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true" alt="vérone"></p>

<p>Pour continuer cette journée royale, nous roulons pendant qu&#39;il pleut avant d&#39;arriver en Ligurie afin que Valérie profite d&#39;une courte période de plage qui lui a bien manqué durant ces vacances. Si la mer est trop chaude et tristement plate (la dernière fois nous nous avions profité de gros rouleaux et je m&#39;attendais benoitement à me retrouver projeté dans le passé me voici donc stupidement déçu) , la plage elle-même est curieusement... comment dire ? non bondée, c&#39;est-à-dire qu&#39;il y a du monde mais de manière supportable (pour l&#39;Italie) et en plus on ne cuit pas vraiment car le ciel est voilé, ce qui ne nous empêche pas de ressortir (enfin !) notre parasol en plastique bien que je regrette <em>a posteriori</em> de n&#39;avoir pas acheté <a href="https://i.pinimg.com/originals/0e/8c/7f/0e8c7f86fac9eb9e2ec4d5fde4de816d.jpg" rel="nofollow">le modèle qui se visse</a>, tellement plus italien (quoique pour l&#39;exploiter pleinement il faudrait que je le visse en étant vêtu uniquement d&#39;un slip rouge moulant je ne suis sans doute pas prêt).</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-08-13%20retour/20240815_111015.jpg&amp;fileId=5818485&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true" alt="vérone, encore"></p>

<p>Et pour couronner le tout on trouve de nouveau une place de parking (franchement Saint Christophe est avec nous. Oui j&#39;ai demandé à Internet qui est le saint patron des automobilistes) dans <em>Finale Ligure</em> pour un dernier restaurant italien niché dans une ville médiévale transformée en station balnéaire, on n&#39;aurait pu rêver mieux pour conclure ce voyage.</p>

<p><a href="/bparpoil/tag:ete2024" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">ete2024</span></a> <a href="/bparpoil/tag:italie" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">italie</span></a> <a href="/bparpoil/tag:slov%C3%A9nie" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">slovénie</span></a> <a href="/bparpoil/tag:hongrie" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">hongrie</span></a></p>
]]></content:encoded>
      <guid>https://blogz.zaclys.com/bparpoil/vers-louest</guid>
      <pubDate>Mon, 19 Aug 2024 22:46:18 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Les églises</title>
      <link>https://blogz.zaclys.com/bparpoil/les-eglises</link>
      <description>&lt;![CDATA[En repartant de notre merveille de camping, nous sommes à mi-chemin entre les montagnes et la plaine de Transylvanie qui nous attend demain, c&#39;est l&#39;heure d&#39;aller voir de plus près les églises et les villages du coin, construits en bois. &#xA;&#xA;En partant on s&#39;arrête sans grand espoir, affamés que nous sommes de n&#39;avoir vu aucune activité artisanale depuis notre arrivée, pour visiter un moulin (à eau) et c&#39;est plutôt cool parce qu&#39;on peut regarder en détail tout le mécanisme qui sert à broyer du blé d&#39;un côté, du maïs de l&#39;autre et par un jeu de courroies entraîne aussi des machines permettant de filer la laine, aussi efficaces aujourd&#39;hui qu&#39;il y a cent ans. !--more--Hyper classe, mais surtout il y a une machine à laver derrière la chute d&#39;eau, c&#39;est trop marrant. Elle sert à attendrir les tapis en laine juste filés. &#xA;&#xA;moulin&#xA;&#xA;Je parlais du bois car c&#39;est ici l&#39;endroit de Roumanie où le bois est le plus travaillé, utilisé, mis à l&#39;honneur, notamment car les Hongrois, fut un temps, ont interdit aux gens du coin de construire des églises en pierre. N&#39;ayant pas trouvé la raison d&#39;une interdiction aussi baroque, j&#39;en déduis que c&#39;était pour emmerder quelqu&#39;un. &#xA;&#xA;Résultat des courses, les églises ont toutes l&#39;air neuves, même celles qui sont vieilles parce que ma foi il faut les reconstruire régulièrement (pas souvent non plus, tous les 400 ans peut-être).&#xA;&#xA;église&#xA;&#xA;Également les maisons vieilles et neuves, sont souvent en bois et beaucoup disposent d&#39;un portail qui à l&#39;origine était orné de signes de toute sorte destinés à repousser le mauvais œil, le malin et autres puissances néfastes. Il y a beaucoup de portails neufs aussi, très impressionnants avec leur couleur de bois blond verni, même si désormais c&#39;est plutôt un signe de richesse ou bien pour en imposer au voisin. Ou tout simplement devant un bâtiment public.&#xA;&#xA;portail&#xA;&#xA;Sur le chemin, ici comme ailleurs on croise beaucoup de marcheurs, les roumains marchent, est-ce un souvenir des privations du régime de Ceaucescu ? ou bien en fait il y a autant de marcheurs qu&#39;ailleurs mais ici on les voit mieux en traversant les villages-rues ? ou bien je suis encore tout envieux de m&#39;être fait dépasser dans chacune de nos balades par des enfants et des vieillards en sandales ? En tout cas les gens utilisent les bas-côtés de la route pour marcher, promener les enfants, transporter des brouettes ou des outils, pousser devant eux des vaches et des chèvres, faire du vélo ou discuter. Ils font du stop aussi mais nous n&#39;avons pas de place pour eux.&#xA;&#xA;Il y a aussi souvent des petits vieux ou des petites vieilles qui discutent, désherbent ou bien, aujourd&#39;hui même, filent de la laine assis devant leur maison en regardant passer les voitures (et les voisins j&#39;imagine).&#xA;&#xA;petits vieux&#xA;&#xA;Pardon je ne me suis pas arrêté pour aller les photographier, par contre c&#39;est vrai qu&#39;on pourrait virer les avions de la plage avant.&#xA;&#xA;Ça c&#39;est un voyage dans le temps au moins aussi efficace que la saleté de train à vapeur. Je ne sais pas d&#39;ailleurs si ce serait un voyage vers le passé ou le futur parce qu&#39;on va bien y revenir, à traiter la laine et faire les foins avec une faux (ce qui semble redoutablement efficace franchement je passerai le mot au mec qui nous avait réveillé avec sa débroussailleuse, là), savoir utiliser un métier à tisser ou fabriquer des pots avec la terre sur laquelle on a construit sa maison en bois.&#xA;&#xA;Ha, quel philosophe je suis je m&#39;étourdis moi-même.&#xA;&#xA;Nous voici donc à nous déplacer d&#39;église en église, hélas nos tentatives d&#39;en voir l&#39;intérieur sont diablement infructueuses. Heureusement sur notre trajet il y a le cimetière joyeux, encore une attraction locale. C&#39;est le cimetière de la basilique (en bois) de Sapanta, une basilique qui n&#39;a manifestement ni 500 ni 400 ans. Par contre elle est sublime, on dirait une château Disney. Les peintures sont top, dedans comme dehors, et d&#39;ailleurs il y a encore un groupe de peintres qui en peaufine l&#39;entrée. &#xA;&#xA;basilique&#xA;&#xA;Mais nous sommes venus pour le cimetière : il est empli de tombes (jusqu&#39;ici tout est normal), toutes produites par le même atelier sur le même modèle, c&#39;est-à-dire depuis les années 30 de petites pancartes sur fond bleu où sont gravées et peintes des représentations des défunts, soit dans une scène caractéristique de sa vie, soit dans une représentation de son trépas. &#xA;&#xA;Cela donne un endroit d&#39;une remarquable homogénéité visuelle avec des peintures naïves où l&#39;on retrouve des mécanos, des paysans ou des bergers ainsi que des femmes en train de cuisiner (quelle surprise) ou filer de la laine (rebelote). Hélas la moitié du plaisir nous échappe car les portraits sont accompagnés de texte qui (et là on croit le guide sur parole) sont des panégyriques ou des saynètes humoristiques sur l&#39;individu concerné. &#xA;&#xA;cimetière&#xA;&#xA;Pour nous féliciter d&#39;être venus jusqu&#39;ici nous déjeunons dans ce qui est doit être le meilleur restaurant de la ville du coin. Si on avait continué la rue principale nous aurions traversé la frontière ukrainienne mais curieusement l&#39;idée ne nous en effleure pas par contre on voit bien un paysage ukrainien de l&#39;autre côté de la rivière, qui s&#39;étage (le paysage, pas la rivière) sur de mignonnes collinettes, évidemment fort semblable à notre côté à nous de la frontière (d&#39;ailleurs, avant c&#39;était la même principauté, rappelez-vous mon cours sur la construction de la Roumanie). Après la débauche habituelle de viande (merveille des merveilles, mon escalope avait été toute panée de patate râpée avant d&#39;être frite j&#39;en salive encore en écrivant ces lignes) c&#39;est reparti mais nous nous heurtons encore à porte close en voulant voir une église ! insupportable. &#xA;&#xA;breb&#xA;&#xA;Heureusement pour parfaire cette journée nous échouons à Breb qui avec son nom de spécialité culinaire louche, est un joli petit village assez préservé où nous nous promenons pour admirer les maisons en bois montées sur des fondations de pierre (il y a aussi des maisons neuves sur des fondations en béton mais passons) toutes entourées de poulets courant, de petits potagers et de superbes barrières en bois tressé. &#xA;&#xA;barrière&#xA;&#xA;Bref tout est trop mignon. En plus il y a dans le village un camping trop sympa où l&#39;on peut laver des vêtements, glander à l&#39;ombre et acheter des montagnes de confitures. &#xA;&#xA;breb&#xA;&#xA;En passant, après les bottes de foin et les espaliers on découvre ici une troisième manière de stocker de foin, admirez l&#39;ingéniosité de la chose qui s&#39;adapte à la quantité :&#xA;&#xA;foin&#xA;&#xA;#roumanie #ete2024&#xA;&#xA;]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>En repartant de notre merveille de camping, nous sommes à mi-chemin entre les montagnes et la plaine de Transylvanie qui nous attend demain, c&#39;est l&#39;heure d&#39;aller voir de plus près les églises et les villages du coin, construits en bois.</p>

<p>En partant on s&#39;arrête sans grand espoir, affamés que nous sommes de n&#39;avoir vu aucune activité artisanale depuis notre arrivée, pour visiter <a href="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-08-09%20viseu/20240809_171356.jpg&amp;fileId=5805134&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true" rel="nofollow">un moulin (à eau)</a> et c&#39;est plutôt cool parce qu&#39;on peut regarder en détail tout le mécanisme qui sert à broyer du blé d&#39;un côté, du maïs de l&#39;autre et par un jeu de courroies entraîne aussi des machines permettant de <a href="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-08-09%20viseu/20240809_171754.jpg&amp;fileId=5805149&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true" rel="nofollow">filer la laine</a>, aussi efficaces aujourd&#39;hui qu&#39;il y a cent ans. Hyper classe, mais surtout il y a <em>une machine à laver</em> derrière la chute d&#39;eau, c&#39;est trop marrant. Elle sert à attendrir les tapis en laine juste filés.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-08-09%20viseu/20240809_171148.jpg&amp;fileId=5805127&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true" alt="moulin"></p>

<p>Je parlais du bois car c&#39;est ici l&#39;endroit de Roumanie où le bois est le plus travaillé, utilisé, mis à l&#39;honneur, notamment car les Hongrois, fut un temps, ont interdit aux gens du coin de construire des églises en pierre. N&#39;ayant pas trouvé la raison d&#39;une interdiction aussi baroque, j&#39;en déduis que c&#39;était pour emmerder quelqu&#39;un.</p>

<p>Résultat des courses, les églises ont toutes l&#39;air neuves, même celles qui sont vieilles parce que ma foi il faut les reconstruire régulièrement (pas souvent non plus, tous les 400 ans peut-être).</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-08-10%20barsana/20240809_181322.jpg&amp;fileId=5805184&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true" alt="église"></p>

<p>Également les maisons vieilles et neuves, sont souvent en bois et beaucoup disposent d&#39;un portail qui à l&#39;origine était orné de signes de toute sorte destinés à repousser le mauvais œil, le malin et autres puissances néfastes. Il y a beaucoup de portails neufs aussi, très impressionnants avec leur couleur de bois blond verni, même si désormais c&#39;est plutôt un signe de richesse ou bien pour en imposer au voisin. Ou tout simplement devant un bâtiment public.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-08-11%20breb/20240810_163707.jpg&amp;fileId=5809164&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true" alt="portail"></p>

<p>Sur le chemin, ici comme ailleurs on croise beaucoup de marcheurs, les roumains marchent, est-ce un souvenir des privations du régime de Ceaucescu ? ou bien en fait il y a autant de marcheurs qu&#39;ailleurs mais ici on les voit mieux en traversant les villages-rues ? ou bien je suis encore tout envieux de m&#39;être fait dépasser dans chacune de nos balades par des enfants et des vieillards en sandales ? En tout cas les gens utilisent les bas-côtés de la route pour marcher, promener les enfants, transporter des brouettes ou des outils, pousser devant eux des vaches et des chèvres, faire du vélo ou discuter. Ils font du stop aussi mais nous n&#39;avons pas de place pour eux.</p>

<p>Il y a aussi souvent des petits vieux ou des petites vieilles qui discutent, désherbent ou bien, aujourd&#39;hui même, <em>filent de la laine</em> assis devant leur maison en regardant passer les voitures (et les voisins j&#39;imagine).</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-08-10%20barsana/20240810_115408.jpg&amp;fileId=5805268&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true" alt="petits vieux"></p>

<p><em>Pardon je ne me suis pas arrêté pour aller les photographier, par contre c&#39;est vrai qu&#39;on pourrait virer les avions de la plage avant.</em></p>

<p>Ça c&#39;est un voyage dans le temps au moins aussi efficace que la saleté de train à vapeur. Je ne sais pas d&#39;ailleurs si ce serait un voyage vers le passé ou le futur parce qu&#39;on va bien y revenir, à traiter la laine et faire les foins avec une faux (ce qui semble redoutablement efficace franchement je passerai le mot au mec qui nous avait réveillé avec sa débroussailleuse, là), savoir utiliser un métier à tisser ou fabriquer des pots avec la terre sur laquelle on a construit sa maison en bois.</p>

<p>Ha, quel philosophe je suis je m&#39;étourdis moi-même.</p>

<p>Nous voici donc à nous déplacer d&#39;église en église, hélas nos tentatives d&#39;en voir l&#39;intérieur sont diablement infructueuses. Heureusement sur notre trajet il y a <em>le cimetière joyeux</em>, encore une attraction locale. C&#39;est le cimetière de la basilique (en bois) de Sapanta, une basilique qui n&#39;a manifestement ni 500 ni 400 ans. Par contre elle est sublime, on dirait une château Disney. Les peintures sont top, dedans comme dehors, et d&#39;ailleurs il y a encore un groupe de peintres qui en peaufine l&#39;entrée.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-08-10%20barsana/20240810_131306.jpg&amp;fileId=5805423&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true" alt="basilique"></p>

<p>Mais nous sommes venus pour le cimetière : il est empli de tombes (jusqu&#39;ici tout est normal), toutes produites par le même atelier sur le même modèle, c&#39;est-à-dire depuis les années 30 de petites pancartes sur fond bleu où sont gravées et peintes des représentations des défunts, soit dans une scène caractéristique de sa vie, soit dans une représentation de son trépas.</p>

<p>Cela donne un endroit d&#39;une remarquable homogénéité visuelle avec des peintures naïves où l&#39;on retrouve des mécanos, des paysans ou des bergers ainsi que des femmes en train de cuisiner (quelle surprise) ou filer de la laine (rebelote). Hélas la moitié du plaisir nous échappe car les portraits sont accompagnés de texte qui (et là on croit le guide sur parole) sont des panégyriques ou des saynètes humoristiques sur l&#39;individu concerné.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-08-10%20barsana/20240810_130619.jpg&amp;fileId=5805372&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true" alt="cimetière"></p>

<p>Pour nous féliciter d&#39;être venus jusqu&#39;ici nous déjeunons dans ce qui est doit être le meilleur restaurant de la ville du coin. Si on avait continué la rue principale nous aurions traversé la frontière ukrainienne mais curieusement l&#39;idée ne nous en effleure pas par contre on voit bien un paysage ukrainien de l&#39;autre côté de la rivière, qui s&#39;étage (le paysage, pas la rivière) sur de mignonnes collinettes, évidemment fort semblable à notre côté à nous de la frontière (d&#39;ailleurs, <em>avant</em> c&#39;était la même principauté, rappelez-vous mon cours sur la construction de la Roumanie). Après la débauche habituelle de viande (merveille des merveilles, mon escalope avait été toute panée <em>de patate râpée</em> avant d&#39;être frite j&#39;en salive encore en écrivant ces lignes) c&#39;est reparti mais nous nous heurtons encore à porte close en voulant voir une église ! insupportable.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-08-11%20breb/20240810_173617.jpg&amp;fileId=5809498&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true" alt="breb"></p>

<p>Heureusement pour parfaire cette journée nous échouons à Breb qui avec son nom de spécialité culinaire louche, est un joli petit village assez préservé où nous nous promenons pour admirer les maisons en bois montées sur des fondations de pierre (il y a aussi des maisons neuves sur des fondations en béton mais passons) toutes entourées de poulets courant, de petits potagers et de superbes barrières en bois tressé.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-08-11%20breb/20240810_175442.jpg&amp;fileId=5809476&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true" alt="barrière"></p>

<p>Bref tout est trop mignon. En plus il y a dans le village un camping trop sympa où l&#39;on peut laver des vêtements, glander à l&#39;ombre et acheter des montagnes de confitures.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-08-11%20breb/20240810_175458.jpg&amp;fileId=5809469&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true" alt="breb"></p>

<p>En passant, après les bottes de foin et les espaliers on découvre ici une troisième manière de stocker de foin, admirez l&#39;ingéniosité de la chose qui s&#39;adapte à la quantité :</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-08-10%20barsana/20240810_115321.jpg&amp;fileId=5805263&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true" alt="foin"></p>

<p><a href="/bparpoil/tag:roumanie" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">roumanie</span></a> <a href="/bparpoil/tag:ete2024" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">ete2024</span></a></p>
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      <guid>https://blogz.zaclys.com/bparpoil/les-eglises</guid>
      <pubDate>Tue, 13 Aug 2024 19:10:27 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Vers Maramures</title>
      <link>https://blogz.zaclys.com/bparpoil/vers-maramures</link>
      <description>&lt;![CDATA[Après avoir éclusé les charmes religieux de la Bucovine il est temps de repartir et cette fois-ci ça y est notre chemin nous oriente de nouveau vers l&#39;ouest, signe avant-coureur de fin de vacances, snif. Une petite journée de route donc, et s&#39;il y a peu de kilomètres, comme d&#39;habitude ils représentent une certaine durée en nous confrontant encore à des routes en lacets, des camions, des villages à traverser et mille paysages délicieux à regarder. &#xA;&#xA;Hier encore un gars dans une boutique nous disait que les routes sont en bon état (c&#39;est vrai) mais que cela ne fait que 10 ans, avant... il a fait un signe de la main fort expressif : je m&#39;en doutais ça devait être un véritable calvaire de traverser le pays en bagnole. Et une manne pour les garagistes, enfin surtout pour les vulcanizadora qu&#39;on croise dans chaque bled (beaucoup d&#39;entre eux sont abandonnés les pneus se portent mieux maintenant).!--more--&#xA;&#xA;Cette situation est aussi une manne pour le secteur privé de voirie et réseaux divers, ce qui explique peut-être également pourquoi on croise des travaux tout le temps et à toute heure : les roumains sont tout bonnement en train de recouvrir le pays de sous-produits de raffinerie de pétrole. &#xA;&#xA;évangile&#xA;&#xA;En quittant Suceava, on se farcit un dernier monastère pour la route, celui-ci n&#39;a pas de peinture extérieure, c&#39;est un monastère fortifié normal. Tout est nickel à l&#39;intérieur il faut dire qu&#39;il sert aussi de résidence à une soixantaine de nonnes qui sont mieux ici qu&#39;à l&#39;ephad j&#39;aime mieux vous dire. Il y a ici comme dans énormément de maisons (et que je n&#39;arrive pas à prendre en photo depuis la voiture), un puits en parfait état de marche et un petit musée avec des évangiles en parfait état de conservation. &#xA;&#xA;puits&#xA;&#xA;On roule on roule et pour égayer la journée on s&#39;arrête dans une ville-rue, une de plus, où l&#39;on change les quelques biffetons de vrai argent qui nous restaient, en lei histoire de ne surtout pas tirer de liquide vu les tarifs usuraires pratiqués par les banques. Et coup de bol on tombe dans ce qui doit être le meilleur restau du coin, en tout cas pour nos goûts décadents d&#39;européens : une terrasse pour profiter de la chaleur et des plats délicieux servis par des serveurs sympas mais un peu nonchalants, les amateurs de restaurant dans ce pays, n&#39;étant pas pressés.&#xA;&#xA;restaurant.jpg&amp;fileId=5804871&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true)&#xA;&#xA;Ha quel délice. Une fois bien lourdement rechargés de viande et de féculents on repart et on croise des décorations de maison encore différentes, des forêts, des petites vallées avec des villages trop mignons et de plus en plus de portails en bois et aussi de plus en plus d&#39;églises en bois. &#xA;&#xA;On croise aussi une spécialité roumaine (souvenons-nous que la Roumanie est le deuxième producteur de miel d&#39;Europe, j&#39;en veux pour preuve le nombre ahurissant de vendeurs le long des route) : le camion-ruche et la remorque-ruche.&#xA;&#xA;ruche&#xA;&#xA;Tout est hyper beau, ça y est nous avons atteint le (les ? la ?) Maramures. C&#39;est un des judet où l&#39;on croise le plus de décorations colorées. &#xA;&#xA;maison&#xA;&#xA;On arrive à Viseu de Sus où en attendant de pratiquer l&#39;attraction locale (par manque de place le lendemain), nous résidons dans un camping naze et faisons une petite randonnée vers une cascade qui nous occupe durant la journée. La cascade est tellement ridicule que je montrerai même pas de photo mais c&#39;était un prétexte pour en chier dans un pente redoutable bien que les reliefs du coin aient l&#39;air plus doux que les jours précédents, haha naïfs que nous sommes ce n&#39;était qu&#39;un leurre mon dieu quel enfer. Heureusement le retour est plus sympa dans un paysage agricole dominant la vallée.&#xA;&#xA;randonnée&#xA;&#xA;Dans le nord de la Roumanie, on fait aussi sécher le foin sur des espaliers, ça me semble plus efficace que les bottes montées sur des piquets de 5m de long, mais peut-être que l&#39;usage finale est différent. Je ne suis pas expert en foin. &#xA;&#xA;Et le surlendemain on se lève pour aller prendre LE PETIT TRAIN. Oui c&#39;est le truc à faire ici, tellement que les places en sont prises d&#39;assaut, enfin ce qui s&#39;est surtout passé c&#39;est que les explications du site internet, de la brochure ET de la nana derrière son guichet sont tellement imbitables qu&#39;on s&#39;est cru obligés de prendre le forfait complet avec un déjeuner sur lequel je reviendrai tout à l&#39;heure. Alors qu&#39;on aurait certainement pu mieux gérer la chose un jour plus tôt en parlant roumain.&#xA;&#xA;Bon revenons au petit train : c&#39;est un parcours à touristes sur une ligne de chemin de fer, toujours  utilisée pour débarder le bois dans la forêt et l&#39;amener aux scieries et ateliers à Viseu, quand on ne trimballe pas des familles dedans. Et surtout il utilise des locomotives à vapeur c&#39;est complètement fou de revenir ainsi au XIX°. &#xA;&#xA;locomotive&#xA;&#xA;Vu la faune qui prend le train avec nous, c&#39;est une attraction typiquement roumaine. Alors c&#39;est trop marrant, le tender est garni de bois pour enfourner, la gare de Viseu est envahie de locomotives, d&#39;escarbilles, de bouts de bois et de graisse. &#xA;&#xA;Comme nous avons des billets de richards, nous montons, pleins de componction (oui, souvenez-vous que nous écoutons Alexandre Dumas sans discontinuer depuis le début de notre périple) en première classe où tous les détails sont trop bien, des crochets aux accoudoirs en passant par LE POËLE qui permet de chauffer chaque wagon halala. Pendant ce temps la piétaille monte dans des wagons juste couverts d&#39;un vilain toit et on est en bien contents car il pleut. &#xA;&#xA;train&#xA;&#xA;L&#39;animal fait un bruit du diable et s&#39;élance à la vitesse mirifique de 10km/h sur des rails qu&#39;on aurait pu poser un peu plus droits, pour emmener toute cette foule émerveillée à 20km d&#39;ici dans les bois avant de revenir. La vallée est foutrement encaissée, hélas depuis la construction de la ligne on a aussi tiré une route le long de cette même rivière ce qui gâche un peu l&#39;aspect western de la chose, mais qu&#39;importe nous sommes heureux comme des enfants (surtout moi il faut bien l&#39;avouer) qui jouent au petit train et je suis prêt à parier que chaque individu mâle de plus de 35 ans dans ce train ressent la même chose. &#xA;&#xA;Passé l&#39;élan de la découverte (découverte assez relative, c&#39;est pas comme si on n&#39;était jamais monté dans un train, ni dans un train qui se traine), on profite en regardant les paysages, mais comme il pleut on n&#39;en voit que la moitié, le reste est dans la brume. &#xA;&#xA;brume&#xA;&#xA;Et on se divertit en regardant les maisons du faubourg ainsi que les jardins et en se faisant la réflexion que tous les jardins croisés en Roumanie sont très bien équipés en potagers, poulaillers, arbres fruitiers, petits prés fournissant du foin, vaches et chèvres, bref l&#39;agriculture vivrière est particulièrement développée. Ou bien l&#39;a été parce qu&#39;on voit aussi énormément d&#39;arbres croulant sous les fruits non ramassés (surtout des pommiers), des granges qui s&#39;écroulent sous leur propre poids et les personnes qui s&#39;activent à trier les prunes, ramasser les framboises, etc. ont un certain âge. &#xA;&#xA;Nous voilà donc revenus en enfance et au siècle dernier c&#39;est formidable. Particulièrement pendant la première demi-heure, ensuite le charme du voyage en train se tasse ma foi on ne peut pas dire que ce soit une découverte incroyable non plus hein. Le train.&#xA;&#xA;train&#xA;&#xA;Ha c&#39;était vraiment super et puis malheureusement nous avons versé dans le drame avec la halte au milieu de la forêt, sous la pluie et accueillis par... de la musique folklorique crachée à tue-tête par des enceintes géantes que nous sommes obligés de subir tout en déjeunant parce que les places au sec sont peu nombreuses. Et cernées par les hauts-parleurs. &#xA;&#xA;Nous avions eu un avant-goût de la chose avec une première halte pour prendre un café (dégueulasse mais on pouvait aussi avoir un chocolat chaud encore pire, accompagné de donuts qu&#39;Homer Simpson n&#39;aurait pas dédaigné mais que nos artères ont senti passer). Le déjeuner donc, était un concentré de Roumanie (dans notre cas il venait avec la formule qu&#39;on a pris parce qu&#39;on pensait qu&#39;il n&#39;existait pas d&#39;alternative quel dommage de ne pas parler la langue du pays), à savoir une petite salade de crudités (pas mal), quelques patates (ou plutôt morceaux de patates mais vraiment pour la décoration) et surtout de la viande grillée, c&#39;est-à-dire par personne deux steacks hachés, deux saucisses et une escalope de porc dans un ratio légume/viande de 1/10.  &#xA;&#xA;Je jette donc un voile pudique sur cet épisode. Qui aurait été super avec plus de légume et beaucoup moins de train. Mais enfin qui était tellement roumain. Tous nos compagnons voyageurs semblaient enchantés.&#xA;&#xA;Au passage nous avons un aperçu de l&#39;ingéniosité des mécanos du coin en voyant passer tout un tas de voitures adaptées pour circuler sur les rails, oui car brûler le poids de ton véhicule en bois destiné à faire chauffer de l&#39;eau qui elle-même lors de sa transformation en vapeur entrainera des pistons, c&#39;est pas super pratique tandis que brûler du pétrole, ya pas à dire, ça va plus vite.&#xA;&#xA;voitures&#xA;&#xA;Sortis de là on se carapate vers le maramures des églises en bois, avec une halte dans un camping délicieux perdus dans la campagne en haut d&#39;une colline et où nous nous trouvons quasi seuls. &#xA;&#xA;La pollution lumineuse est décidément bien plus faible à la frontière ukrainienne, que nous venons d&#39;atteindre, et le ciel nocturne est merveilleux aujourd&#39;hui (et pour une fois le camping n&#39;inonde -presque- pas l&#39;espace de spots allumés toute la nuit). Nous nous endormons comblés. &#xA;&#xA;#ete2024 #roumanie&#xA;]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>Après avoir éclusé les charmes religieux de la Bucovine il est temps de repartir et cette fois-ci ça y est notre chemin nous oriente de nouveau vers l&#39;ouest, signe avant-coureur de fin de vacances, snif. Une petite journée de route donc, et s&#39;il y a peu de kilomètres, comme d&#39;habitude ils représentent une certaine durée en nous confrontant encore à des routes en lacets, des camions, des villages à traverser et mille paysages délicieux à regarder.</p>

<p>Hier encore un gars dans une boutique nous disait que les routes sont en bon état (c&#39;est vrai) mais que cela ne fait que 10 ans, avant... il a fait un signe de la main fort expressif : je m&#39;en doutais ça devait être un véritable calvaire de traverser le pays en bagnole. Et une manne pour les garagistes, enfin surtout pour les <em>vulcanizadora</em> qu&#39;on croise dans chaque bled (beaucoup d&#39;entre eux sont abandonnés les pneus se portent mieux maintenant).</p>

<p>Cette situation est aussi une manne pour le secteur privé de voirie et réseaux divers, ce qui explique peut-être également pourquoi on croise des travaux tout le temps et à toute heure : les roumains sont tout bonnement en train de recouvrir le pays de sous-produits de raffinerie de pétrole.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-08-06%20suceava/20240807_120959.jpg&amp;fileId=5804850&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true" alt="évangile"></p>

<p>En quittant Suceava, on se farcit un dernier monastère pour la route, celui-ci n&#39;a pas de peinture extérieure, c&#39;est un monastère fortifié normal. Tout est nickel à l&#39;intérieur il faut dire qu&#39;il sert aussi de résidence à une soixantaine de nonnes qui sont mieux ici qu&#39;à l&#39;ephad j&#39;aime mieux vous dire. Il y a ici comme dans énormément de maisons (et que je n&#39;arrive pas à prendre en photo depuis la voiture), un puits en parfait état de marche et un petit musée avec des évangiles en parfait état de conservation.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-08-06%20suceava/20240807_120242.jpg&amp;fileId=5804829&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true" alt="puits"></p>

<p>On roule on roule et pour égayer la journée on s&#39;arrête dans une ville-rue, une de plus, où l&#39;on change les quelques biffetons de vrai argent qui nous restaient, en lei histoire de ne <em>surtout pas</em> tirer de liquide vu les tarifs usuraires pratiqués par les banques. Et coup de bol on tombe dans ce qui doit être le meilleur restau du coin, en tout cas pour nos goûts décadents d&#39;européens : une terrasse pour profiter de la chaleur et des plats délicieux servis par des serveurs sympas mais un peu nonchalants, les amateurs de restaurant dans ce pays, n&#39;étant pas pressés.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-08-06%20suceava/20240807_151355(0).jpg&amp;fileId=5804871&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true" alt="restaurant"></p>

<p>Ha quel délice. Une fois bien lourdement rechargés de viande et de féculents on repart et on croise des décorations de maison encore différentes, des forêts, des petites vallées avec des villages trop mignons et de plus en plus de portails en bois et aussi de plus en plus d&#39;églises en bois.</p>

<p>On croise aussi une spécialité roumaine (souvenons-nous que la Roumanie est le deuxième producteur de miel d&#39;Europe, j&#39;en veux pour preuve le nombre ahurissant de vendeurs le long des route) : le camion-ruche et la remorque-ruche.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-08-06%20suceava/20240807_180646.jpg&amp;fileId=5804662&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true" alt="ruche"></p>

<p>Tout est hyper beau, ça y est nous avons atteint le (les ? la ?) Maramures. C&#39;est un des <em>judet</em> où l&#39;on croise le plus de décorations colorées.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-08-06%20suceava/20240807_172518.jpg&amp;fileId=5804898&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true" alt="maison"></p>

<p>On arrive à Viseu de Sus où en attendant de pratiquer l&#39;attraction locale (par manque de place le lendemain), nous résidons dans un camping naze et faisons une petite randonnée vers une cascade qui nous occupe durant la journée. La cascade est tellement ridicule que je montrerai même pas de photo mais c&#39;était un prétexte pour en chier dans un pente redoutable bien que les reliefs du coin <em>aient l&#39;air</em> plus doux que les jours précédents, haha naïfs que nous sommes ce n&#39;était qu&#39;un leurre mon dieu quel enfer. Heureusement le retour est plus sympa dans un paysage agricole dominant la vallée.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-08-06%20suceava/20240808_151300.jpg&amp;fileId=5804716&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true" alt="randonnée"></p>

<p><em>Dans le nord de la Roumanie, on fait aussi sécher le foin sur des espaliers, ça me semble plus efficace que les bottes montées sur des piquets de 5m de long, mais peut-être que l&#39;usage finale est différent. Je ne suis pas expert en foin.</em></p>

<p>Et le surlendemain on se lève pour aller prendre LE PETIT TRAIN. Oui c&#39;est le truc à faire ici, tellement que les places en sont prises d&#39;assaut, enfin ce qui s&#39;est surtout passé c&#39;est que les explications du site internet, de la brochure ET de la nana derrière son guichet sont tellement imbitables qu&#39;on s&#39;est cru obligés de prendre le forfait complet avec un déjeuner sur lequel je reviendrai tout à l&#39;heure. Alors qu&#39;on aurait certainement pu mieux gérer la chose un jour plus tôt en parlant roumain.</p>

<p>Bon revenons au petit train : c&#39;est un parcours à touristes sur une ligne de chemin de fer, toujours  utilisée pour débarder le bois dans la forêt et l&#39;amener aux scieries et ateliers à Viseu, quand on ne trimballe pas des familles dedans. Et surtout il utilise <strong>des locomotives à vapeur</strong> c&#39;est complètement fou de revenir ainsi au XIX°.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-08-09%20viseu/20240809_103019.jpg&amp;fileId=5804988&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true" alt="locomotive"></p>

<p>Vu la faune qui prend le train avec nous, c&#39;est une attraction typiquement roumaine. Alors c&#39;est trop marrant, le tender est garni de bois pour enfourner, la gare de Viseu est envahie de locomotives, d&#39;escarbilles, de bouts de bois et de graisse.</p>

<p>Comme nous avons des billets de richards, nous montons, pleins de componction (oui, souvenez-vous que nous écoutons Alexandre Dumas sans discontinuer depuis le début de notre périple) en première classe où tous les détails sont trop bien, des crochets aux accoudoirs en passant par LE POËLE qui permet de chauffer chaque wagon halala. Pendant ce temps la piétaille monte dans des wagons juste couverts d&#39;un vilain toit et on est en bien contents car il pleut.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-08-09%20viseu/20240809_113711.jpg&amp;fileId=5805084&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true" alt="train"></p>

<p>L&#39;animal fait un bruit du diable et s&#39;élance à la vitesse mirifique de 10km/h sur des rails qu&#39;on aurait pu poser un peu plus droits, pour emmener toute cette foule émerveillée à 20km d&#39;ici dans les bois avant de revenir. La vallée est foutrement encaissée, hélas depuis la construction de la ligne on a aussi tiré une route le long de cette même rivière ce qui gâche un peu l&#39;aspect western de la chose, mais qu&#39;importe nous sommes heureux comme des enfants (surtout moi il faut bien l&#39;avouer) qui jouent au petit train et je suis prêt à parier que chaque individu mâle de plus de 35 ans dans ce train ressent la même chose.</p>

<p>Passé l&#39;élan de la découverte (découverte assez relative, c&#39;est pas comme si on n&#39;était jamais monté dans un train, ni dans un train qui se traine), on profite en regardant les paysages, mais comme il pleut on n&#39;en voit que la moitié, le reste est dans la brume.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-08-09%20viseu/20240809_112658.jpg&amp;fileId=5805043&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true" alt="brume"></p>

<p>Et on se divertit en regardant les maisons du faubourg ainsi que les jardins et en se faisant la réflexion que tous les jardins croisés en Roumanie sont très bien équipés en potagers, poulaillers, arbres fruitiers, petits prés fournissant du foin, vaches et chèvres, bref l&#39;agriculture vivrière est particulièrement développée. Ou bien l&#39;a été parce qu&#39;on voit aussi énormément d&#39;arbres croulant sous les fruits non ramassés (surtout des pommiers), des granges qui s&#39;écroulent sous leur propre poids et les personnes qui s&#39;activent à trier les prunes, ramasser les framboises, etc. ont un certain âge.</p>

<p>Nous voilà donc revenus en enfance et au siècle dernier c&#39;est formidable. Particulièrement pendant la première demi-heure, ensuite le charme du voyage en train se tasse ma foi on ne peut pas dire que ce soit une découverte incroyable non plus hein. Le train.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-08-09%20viseu/20240809_113850.jpg&amp;fileId=5805078&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true" alt="train"></p>

<p>Ha c&#39;était vraiment super et puis malheureusement nous avons versé dans le drame avec la halte au milieu de la forêt, sous la pluie et accueillis par... de la musique folklorique crachée à tue-tête par des enceintes géantes que nous sommes obligés de subir tout en déjeunant parce que les places au sec sont peu nombreuses. Et cernées par les hauts-parleurs.</p>

<p>Nous avions eu un avant-goût de la chose avec une première halte pour prendre un café (dégueulasse mais on pouvait aussi avoir un chocolat chaud encore pire, accompagné de donuts qu&#39;Homer Simpson n&#39;aurait pas dédaigné mais que nos artères ont senti passer). Le déjeuner donc, était un concentré de Roumanie (dans notre cas il venait avec la formule qu&#39;on a pris parce qu&#39;on pensait qu&#39;il n&#39;existait pas d&#39;alternative quel dommage de ne pas parler la langue du pays), à savoir une <em>petite</em> salade de crudités (pas mal), <em>quelques</em> patates (ou plutôt morceaux de patates mais vraiment pour la décoration) et surtout de la viande grillée, c&#39;est-à-dire par personne deux steacks hachés, deux saucisses et une escalope de porc dans un ratio légume/viande de 1/10.</p>

<p>Je jette donc un voile pudique sur cet épisode. Qui aurait été super avec plus de légume et beaucoup moins de train. Mais enfin qui était tellement roumain. Tous nos compagnons voyageurs semblaient enchantés.</p>

<p>Au passage nous avons un aperçu de l&#39;ingéniosité des mécanos du coin en voyant passer tout un tas de voitures adaptées pour circuler sur les rails, oui car brûler le poids de ton véhicule en bois destiné à faire chauffer de l&#39;eau qui elle-même lors de sa transformation en vapeur entrainera des pistons, c&#39;est pas super pratique tandis que brûler du pétrole, ya pas à dire, ça va plus vite.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-08-09%20viseu/20240809_162629.jpg&amp;fileId=5805119&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true" alt="voitures"></p>

<p>Sortis de là on se carapate vers le maramures des églises en bois, avec une halte dans un camping délicieux perdus dans la campagne en haut d&#39;une colline et où nous nous trouvons quasi seuls.</p>

<p>La pollution lumineuse est décidément bien plus faible à la frontière ukrainienne, que nous venons d&#39;atteindre, et le ciel nocturne est merveilleux aujourd&#39;hui (et pour une fois le camping n&#39;inonde -presque- pas l&#39;espace de spots allumés toute la nuit). Nous nous endormons comblés.</p>

<p><a href="/bparpoil/tag:ete2024" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">ete2024</span></a> <a href="/bparpoil/tag:roumanie" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">roumanie</span></a></p>
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      <guid>https://blogz.zaclys.com/bparpoil/vers-maramures</guid>
      <pubDate>Tue, 13 Aug 2024 08:36:03 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Les monastères</title>
      <link>https://blogz.zaclys.com/bparpoil/les-monasteres</link>
      <description>&lt;![CDATA[Les monastères peints de Bucovine sont une attraction, merci le patrimoine mondial de l&#39;Unesco. Ils ont le bon goût de dater à peu près tous de la même période (grosso modo XV°) et de présenter des fresques géantes situées à l&#39;extérieur, destinées à l&#39;édification des masses. &#xA;&#xA;Je vous passe l&#39;explication historique, facile à retrouver. Les églises suivent le même modèle : souvent au sein d&#39;un couvent fortifié, érigées pour fêter une réussite militaire, souvent à l&#39;instigation d&#39;un saint homme local qui est ensuite devenu abbé (passant ainsi de l&#39;état d&#39;ermite maladif à celui de moine gras). L&#39;une d&#39;entre elles a été construite en trois mois (!!) après avoir battu les turcs. D&#39;ailleurs tous les ennemis des potentats locaux sont représentés sous les traits de turcs on les identifie bien sur les fresques.!--more--&#xA;&#xA;peinture&#xA;&#xA;Tradition orthodoxe oblige, les peintures sont belles, très colorées et couvrent toutes les surfaces. Il est interdit de photographier dedans mais le dehors dispose de son lot de prises de Jérusalem, scènes d&#39;apocalypse (un must-have), anges vengeurs foutant le feu à des villes entières et autres scènes de bataille, et surtout de bains de sang absolument grotesques, les têtes roulent par centaines -chacune dans son auréole-, tandis que le voisin se fait découper à la scie, démembrer en petits bouts, presser dans un moulin, etc. Et il parait que les jeux vidéos rendent violents ça me fait bien rigoler, ici les protagonistes baignent littéralement dans le sang.&#xA;&#xA;saints&#xA;&#xA;Et une fois que leur tête a roulé au sol ils peuvent prendre le métro direction le paradis.&#xA;&#xA;Ça c&#39;est pour les sympas, les méchants eux (avec leur tête de turcs haha) se font emmener par des diables rôtir en enfer. &#xA;&#xA;peinture&#xA;&#xA;Chaque monastère est censé avoir une couleur dominante mais ça ne (me) saute pas aux yeux. Je note par contre c&#39;est que le clergé orthodoxe a l&#39;air de bien se porter en récoltant les droits d&#39;entrée, en vivant dans des monastères nickels chrome et finalement en ressemblant à des caricatures d&#39;eux-mêmes, surtout les hommes qui sont ventripotents (en même temps le régime alimentaire roumain ne permet pas de rester svelte mais j&#39;y reviendrai). Bref ils font leur travail de clergé.&#xA;&#xA;mort&#xA;&#xA;La Mort fait moins peur que les tortures représentées à côté.&#xA;&#xA;Le clergé n&#39;est pas le seul à profiter car la pratique du monastère n&#39;a pas dû changer des masses depuis le moyen-âge et tous les gens que nous croisons (enfin, disons 95% d&#39;entre eux) viennent en fait en pèlerinage : il s&#39;agit majoritairement d&#39;un tourisme intérieur de gens pieux, qui embrassent les reliques, touchent les icônes, écrivent des ex-voto et allument des quantités industrielles de cierges. &#xA;&#xA;cierge&#xA;&#xA;Le bûcher de cierges est déporté à l&#39;extérieur pour préserver les peintures.&#xA;&#xA;Et comme à toutes les époques passées et futures, l&#39;abord du lieu de regroupement est une foire truffée d&#39;échoppes où l&#39;on peut acheter en vrac des icônes, des peluches, des vêtements, un cordial qui guérit de toutes les maladies, des couverts en bois d&#39;1m de long, des gaufres, des épées en plastique, des bijoux, des fruits, des trucs en plastique qui font de la lumière, des boissons, bref n&#39;importe quoi. Et puis allumer des cierges, faire le déplacement avec des hordes de gamins et de grands-mères tout ça donne envie de manger des saucisses.&#xA;&#xA;foire&#xA;&#xA;Lucien aime bien l&#39;ambiance de foire.&#xA;&#xA;Ceci est assez bon enfant, sauf l&#39;aspect purement religieux qui a vite tendance à me mettre mal à l&#39;aise et je ne suis pas le seul les enfants n&#39;aiment pas tellement être à l&#39;intérieur des églises en même temps que des gens qui font la queue pour embrasser un bout d&#39;os sous la férule d&#39;un prêtre. &#xA;&#xA;Après trois monastères où c&#39;est la foire d&#39;empoigne et où nous constatons la participation d&#39;un nombre vraiment élevé de religieux, on regarde le calendrier et nous sommes le 6 aout, sachez bande de mécréants que c&#39;est la fête de la Transfiguration et voilà tout bonnement la cause de tout ce ramdam. Peut-être. Ou peut-être pas, nous ne resterons pas un jour de plus pour vérifier.&#xA;&#xA;les beaux gosses&#xA;&#xA;Comme se sont des monastères et qu&#39;ils ne pas pas du tout abandonnés, une tenue correcte est exigée, ça tombe bien il fait 17° et il pleut même si tout le monde n&#39;est pas aussi légaliste que nous j&#39;ai vu des gens en short.&#xA;&#xA;Nous naviguons donc de monastère en monastère, les visites thématiques c&#39;est bien mais un peu lassant. Direction donc Radauti, parce qu&#39;elle est mentionnée dans le guide ainsi qu&#39;un restaurant. Est-ce à cause du 6 août on ne sait pas mais cette ville est horriblement embouteillée et les gens se garent n&#39;importe comment surtout dans la zone du restau c&#39;est chelou. Après avoir trouvé une place qui semble légitime on pousse la porte avec un peu d&#39;appréhension (le quartier ne ressemble à rien, on pourrait penser en regardant un plan qu&#39;il est central mais on n&#39;a pas vraiment trouvé de centre) et en effet on tombe dans un établissement bourgeois qui a l&#39;air pris d&#39;assaut par quantités de clients affamés on aura quitté le pays avant de comprendre les horaires des repas roumains. &#xA;&#xA;Une fois de plus, la carte fait douze kilomètres de long, le serveur baragouine un peu d&#39;anglais mais est débordé alors on commande au pif ce qui déplaît fort aux enfants. C&#39;est délicieux, on a quand même essayé de faire simple et avons eu droit en retour à de gros morceaux de viande rouge, hmm ça faisait longtemps.&#xA;&#xA;Comme de juste on sort de là vers 16h ce qui compromet sévèrement nos possibilité (nos possibilités et aussi notre motivation soyons honnêtes) de visiter plus de monastères. Il y en a quand même un sur le chemin on s&#39;arrête, cette fois ce n&#39;est qu&#39;une église sans muraille autour, et elle est en travaux. Sévèrement en travaux même :&#xA;&#xA;travaux&#xA;&#xA;Chose amusante, ici comme dans d&#39;autres il y a une estrade de rockstar à l&#39;extérieur du coup les curés peuvent continuer à faire messe bien que l&#39;église soit fermée.&#xA;&#xA;On entre malgré les échafaudages, sait-on jamais d&#39;autant que personne n&#39;est à l&#39;entrée pour percevoir nos trente lei réglementaires. Valérie manque d&#39;avoir une crise cardiaque en entrant dans le bâtiment obscur car s&#39;il n&#39;y a personne à l&#39;extérieur, il y a quelqu&#39;un dedans qui attendait dans l&#39;obscurité depuis ce matin un hypothétique visiteur et qui se dresse comme un diable sortant de sa boite à notre arrivée. Et allume la lumière.&#xA;&#xA;Finalement on paie donc. C&#39;est toujours aussi beau cette fois nous sommes seuls. &#xA;&#xA;Après toutes ces aventures le goût des églises nous a passé et nous nous hâtons vers Suceava où nous avons décidé de vivre la grande vie en dormant à l’hôtel. En effet nonobstant les températures caniculaires de nos contemporains français, le thermomètre est redescendu à 12°. Suceava n&#39;a strictement aucun intérêt par contre l’hôtel (de luxe car nous ne nous refusons rien) est roumain en diable.&#xA;&#xA;hotel&#xA;&#xA;#ete2024 #roumanie]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>Les monastères peints de Bucovine sont une attraction, merci le patrimoine mondial de l&#39;Unesco. Ils ont le bon goût de dater à peu près tous de la même période (<em>grosso modo</em> XV°) et de présenter des fresques géantes situées <em>à l&#39;extérieur</em>, destinées à l&#39;édification des masses.</p>

<p>Je vous passe l&#39;explication historique, facile à retrouver. Les églises suivent le même modèle : souvent au sein d&#39;un couvent fortifié, érigées pour fêter une réussite militaire, souvent à l&#39;instigation d&#39;un saint homme local qui est ensuite devenu abbé (passant ainsi de l&#39;état d&#39;ermite maladif à celui de moine gras). L&#39;une d&#39;entre elles a été construite en trois mois (!!) après avoir battu les turcs. D&#39;ailleurs tous les ennemis des potentats locaux sont représentés sous les traits de turcs on les identifie bien sur les fresques.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-08-05%20bucovine/20240806_111640.jpg&amp;fileId=5802548&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true" alt="peinture"></p>

<p>Tradition orthodoxe oblige, les peintures sont belles, très colorées et couvrent toutes les surfaces. Il est interdit de photographier dedans mais le dehors dispose de son lot de prises de Jérusalem, scènes d&#39;apocalypse (un <em>must-have</em>), anges vengeurs foutant le feu à des villes entières et autres scènes de bataille, et <em>surtout</em> de bains de sang absolument grotesques, les têtes roulent par centaines -chacune dans son auréole-, tandis que le voisin se fait découper à la scie, démembrer en petits bouts, presser dans un moulin, etc. Et il parait que les jeux vidéos rendent violents ça me fait bien rigoler, ici les protagonistes baignent littéralement dans le sang.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-08-05%20bucovine/20240806_133058.jpg&amp;fileId=5802499&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true" alt="saints"></p>

<p><em>Et une fois que leur tête a roulé au sol ils peuvent prendre le métro direction le paradis.</em></p>

<p>Ça c&#39;est pour les sympas, les méchants eux (avec leur tête de turcs haha) se font emmener par des diables rôtir en enfer.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-08-05%20bucovine/20240806_111018.jpg&amp;fileId=5802554&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true" alt="peinture"></p>

<p>Chaque monastère est censé avoir une couleur dominante mais ça ne (me) saute pas aux yeux. Je note par contre c&#39;est que le clergé orthodoxe a l&#39;air de bien se porter en récoltant les droits d&#39;entrée, en vivant dans des monastères nickels chrome et finalement en ressemblant à des caricatures d&#39;eux-mêmes, surtout les hommes qui sont ventripotents (en même temps le régime alimentaire roumain ne permet pas de rester svelte mais j&#39;y reviendrai). Bref ils font leur travail de clergé.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-08-05%20bucovine/20240806_132606.jpg&amp;fileId=5802513&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true" alt="mort"></p>

<p><em>La Mort fait moins peur que les tortures représentées à côté.</em></p>

<p>Le clergé n&#39;est pas le seul à profiter car la pratique du monastère n&#39;a pas dû changer des masses depuis le moyen-âge et tous les gens que nous croisons (enfin, disons 95% d&#39;entre eux) viennent en fait en pèlerinage : il s&#39;agit majoritairement d&#39;un tourisme intérieur de gens pieux, qui embrassent les reliques, touchent les icônes, écrivent des ex-voto et allument des quantités industrielles de cierges.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-08-05%20bucovine/20240806_133124.jpg&amp;fileId=5802477&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true" alt="cierge"></p>

<p><em>Le bûcher de cierges est déporté à l&#39;extérieur pour préserver les peintures.</em></p>

<p>Et comme à toutes les époques passées et futures, l&#39;abord du lieu de regroupement est une foire truffée d&#39;échoppes où l&#39;on peut acheter en vrac des icônes, des peluches, des vêtements, un cordial qui guérit de toutes les maladies, des couverts en bois d&#39;1m de long, des gaufres, des épées en plastique, des bijoux, des fruits, des trucs en plastique qui font de la lumière, des boissons, bref n&#39;importe quoi. Et puis allumer des cierges, faire le déplacement avec des hordes de gamins et de grands-mères tout ça donne envie de manger des saucisses.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-08-05%20bucovine/20240806_105545.jpg&amp;fileId=5802569&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true" alt="foire"></p>

<p><em>Lucien aime bien l&#39;ambiance de foire.</em></p>

<p>Ceci est assez bon enfant, sauf l&#39;aspect purement religieux qui a vite tendance à me mettre mal à l&#39;aise et je ne suis pas le seul les enfants n&#39;aiment pas tellement être à l&#39;intérieur des églises en même temps que des gens qui font la queue pour embrasser un bout d&#39;os sous la férule d&#39;un prêtre.</p>

<p>Après trois monastères où c&#39;est la foire d&#39;empoigne et où nous constatons la participation d&#39;un nombre vraiment élevé de religieux, on regarde le calendrier et nous sommes le 6 aout, sachez bande de mécréants que c&#39;est la fête de la Transfiguration et voilà tout bonnement la cause de tout ce ramdam. Peut-être. Ou peut-être pas, nous ne resterons pas un jour de plus pour vérifier.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-08-05%20bucovine/20240811_115232.jpg&amp;fileId=5804435&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true" alt="les beaux gosses"></p>

<p><em>Comme se sont des monastères et qu&#39;ils ne pas pas du tout abandonnés, une tenue correcte est exigée, ça tombe bien il fait 17° et il pleut même si tout le monde n&#39;est pas aussi légaliste que nous j&#39;ai vu des gens en short.</em></p>

<p>Nous naviguons donc de monastère en monastère, les visites thématiques c&#39;est bien mais un peu lassant. Direction donc Radauti, parce qu&#39;elle est mentionnée dans le guide ainsi qu&#39;un restaurant. Est-ce à cause du 6 août on ne sait pas mais cette ville est horriblement embouteillée et les gens se garent n&#39;importe comment surtout dans la zone du restau c&#39;est chelou. Après avoir trouvé une place qui semble légitime on pousse la porte avec un peu d&#39;appréhension (le quartier ne ressemble à rien, on <em>pourrait</em> penser en regardant un plan qu&#39;il est central mais on n&#39;a pas vraiment trouvé de centre) et en effet on tombe dans un établissement bourgeois qui a l&#39;air pris d&#39;assaut par quantités de clients affamés on aura quitté le pays avant de comprendre les horaires des repas roumains.</p>

<p>Une fois de plus, la carte fait douze kilomètres de long, le serveur baragouine un peu d&#39;anglais mais est débordé alors on commande au pif ce qui déplaît fort aux enfants. C&#39;est délicieux, on a quand même essayé de faire simple et avons eu droit en retour à de gros morceaux de viande rouge, hmm ça faisait longtemps.</p>

<p>Comme de juste on sort de là vers 16h ce qui compromet sévèrement nos possibilité (nos possibilités et aussi notre motivation soyons honnêtes) de visiter plus de monastères. Il y en a quand même un sur le chemin on s&#39;arrête, cette fois ce n&#39;est qu&#39;une église sans muraille autour, et elle est en travaux. Sévèrement en travaux même :</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-08-05%20bucovine/20240806_164021.jpg&amp;fileId=5803832&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true" alt="travaux"></p>

<p>Chose amusante, ici comme dans d&#39;autres il y a une estrade de rockstar à l&#39;extérieur du coup les curés peuvent continuer à faire messe bien que l&#39;église soit fermée.</p>

<p>On entre malgré les échafaudages, sait-on jamais d&#39;autant que personne n&#39;est à l&#39;entrée pour percevoir nos trente lei réglementaires. Valérie manque d&#39;avoir une crise cardiaque en entrant dans le bâtiment obscur car s&#39;il n&#39;y a personne à l&#39;extérieur, il y a quelqu&#39;un <em>dedans</em> qui attendait dans l&#39;obscurité depuis ce matin un hypothétique visiteur et qui se dresse comme un diable sortant de sa boite à notre arrivée. Et allume la lumière.</p>

<p>Finalement on paie donc. C&#39;est toujours aussi beau cette fois nous sommes seuls.</p>

<p>Après toutes ces aventures le goût des églises nous a passé et nous nous hâtons vers Suceava où nous avons décidé de vivre la grande vie en dormant à l’hôtel. En effet nonobstant les températures caniculaires de nos contemporains français, le thermomètre est redescendu à 12°. Suceava n&#39;a strictement aucun intérêt par contre l’hôtel (de luxe car nous ne nous refusons rien) est roumain en diable.</p>

<p><img src="https://acloud4.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/oTKs5a27PJmPLfW?file=/2024-08-05%20bucovine/20240806_173736.jpg&amp;fileId=5803838&amp;x=2880&amp;y=1800&amp;a=true" alt="hotel"></p>

<p><a href="/bparpoil/tag:ete2024" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">ete2024</span></a> <a href="/bparpoil/tag:roumanie" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">roumanie</span></a></p>
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      <guid>https://blogz.zaclys.com/bparpoil/les-monasteres</guid>
      <pubDate>Sun, 11 Aug 2024 10:59:41 +0200</pubDate>
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