Salut ! :)
Le mois de mars est terminé, il est donc temps de reprendre le concept de La Pile créé par Volu pour la troisième fois consécutive (whou, tant de régularité m’émeut*).
La pile à jouer
American Arcadia
Ce qui m’a avant tout séduit, c’est la direction artistique. Un univers visuel rétro-futuriste inspiré des années 70, avec une approche minimaliste du design des personnages et une ambiance sonore qui déteint avec l’ensemble de la production actuelle. Dans ce jeu de puzzle plateforme narratif, on incarne Trevor, un homme ordinaire, englué dans une routine quotidienne entre un bullshit job et une vie personnelle emplie de solitude. Réglé comme une horloge, Trevor vit chaque jour comme le précédent, sans aucune surprise ni fausse note. Pourtant, un matin, constatant l’absence de son collègue de bureau, sa vie va basculer, et c’est tout son monde qui va s’effondrer sous ses pieds.
Alternant entre deux personnages, Trevor donc, et une certaine Angela, American Arcadia propose une approche relativement novatrice du genre, mais surtout particulièrement bien maîtrisée. Chaque séquence de jeu est l’occasion de découvrir une idée de gameplay simple mais inventive, à commencer par celle d’un jeu coopératif qui se joue strictement en solo.
Difficile d’en dire plus sans vous divulgâcher l’ensemble, aussi je vous laisse découvrir ce jeu non pas au travers de l’une de ses bandes-annonces, mais de ce moment de poésie, qui prend une ampleur plus forte encore lorsque l’on y a joué.
ReStory (playtest)
En phase de rodage, j’ai eu l’occasion de jouer à ce titre principalement pour deux raisons : il est développé par Mandragora, le studio arménien notamment à l’origine de l’excellent I am future, et parce-qu’il met en vedette le principe de recyclerie qui m’est cher.
Avec une interface simple d’accès, on y gère une petite boutique de quartier à Tokyo, au tout début des années 2000. Notre but ? Redonner une seconde vie aux objets électroniques des habitant·e·s du quartier. On répare, on recycle, on bricole, mais surtout on découvre les petites histoires des personnes qui nous confient bien plus qu’un simple objet.
ReStory est un petit jeu chill, qui mélange nostalgie, détente et narration, avec en filigrane un petit discours politique très discret mais néanmoins présent.
Solasta II (early access)
La suite du succès d’estime du petit studio français Tactical Adventures, encore en cours de développement. Difficile de m’exprimer pleinement sur ce jeu dont seule une petite partie est actuellement jouable, mais reste que je trouve l’expérience agréable, et qu’il y a un vrai mieux concernant à la fois la narration et la réalisation. Le gameplay quant à lui reste toujours aussi solide, et si vous avez aimez Baldur Gate’s 3 par exemple, vous ne serez pas dépaysé·e.
A noter que, comme ce dernier jeu, Solasta II subit de violentes attaques réactionnaires de mascus fragiles chouinant sur tout et n’importe quoi. C’est hélas devenu une norme, aussi ne vous fiez pas aux avis des mous du bulbe qui tire à boulets rouges car les raisons de leurs critiques sont tout simplement inacceptables.
La pile à voir
Lost Media
Mini-série française composée de huit courts-métrages qui mêlent horreur et fantastique, reliés les uns aux autres par un fil rouge en début d’épisode, sous la forme d’un échange téléphonique entre une jeune femme et son père. Si la série ne réinvente pas le genre, j’apprécie de voir ce type de production atypique dans le paysage télévisuel francophone. La qualité de l’ensemble est assez moyenne et varie beaucoup d’un épisode à l’autre, certains étant nettement moins bons que d’autres. Par ailleurs, je dois avouer être quelque peu agacé d’y retrouver la fine équipe du CNC Talent qui n’en finit plus de pomper les aides publiques alors qu’ils appartiennent à la caste des privilégiés depuis au moins 10 ans… Reste que j’ai passé un plutôt bon moment, et que si cette série peut aider à mettre le pied à l’étrier pour d’autres projets plus qualitatifs, ce n’est pas un mal.
Passion & Pouvoir
Un de mes kinks ciné/série, ce sont les telenovelas mexicaines. Et avec Passion & Pouvoir, j’ai été servi. Dans l’épisode précédent : des riches ont des problèmes de riches, tandis que d’autres riches veulent être encore plus riches et s’inventent des problèmes qu’ils n’ont pas. Tout ces riches n’en finissent plus de se trahir, tout le monde nique avec tout le monde (sauf les deux prolos du fond) et on découvre que la future mariée n’est autre que la cousine par alliance du père adoptif décédé de l’amant du futur époux. C’est n’importe quoi, c’est encore plus mal doublé qu’un téléfilm érotique italien sur M6 un jeudi soir mais que voulez vous, ça m’éclate.
Soyez sympa rembobinez
Sans vraiment m’expliquer pourquoi, j’ai toujours aimé les films qui parlent de cinéma. Et celui-ci ne déroge pas à la règle. Alors quand, en bonus, ça parle de Fats Waller, je suis évidemment archi preneur. Dans les grandes lignes, ça raconte l’histoire d’un petit vidéo club de quartier dans le courant des années 2000. Dans ce lieu en décrépitude subsiste une collection de VHS qui tient de plus en plus mal la concurrence face au DVD, tenu par une petite équipe de passionnés qui tente de faire vivre l’un des derniers points de rencontre d’un quartier populaire en passe d’être rasé. Je vous laisse le soin de découvrir ce petit bijou d’humour, d’amour et d’inventivité, véritable ode au cinéma dans ce qu’il a de plus noble : la créativité. Et aussi la débrouille, l’une allant souvent avec l’autre.
Je garde notamment en mémoire le coup de com’ fabuleux qui a été fait à l’époque, à savoir inciter toutes les personnes disposant d’une simple caméra (webcam incluse) de recréer ses propres films et de les publier en ligne. Dailymotion conserve encore les traces d’un mini court-métrage que j’avais fait, entièrement avec des bonbons en forme d’animaux et des décors gribouillés sur des boîtes d’emballage.
A knight of the seven kingdoms
Nouveau spin-off de la série Game of Thrones. Je n’avais pas du tout accroché sur House of the Dragons, que j’ai trouvé chiant comme la mort, sans grand intérêt et faussement provocateur, mais pour le coup, j’ai apprécié celle-ci. Sans être incontournable, l’idée de (re)découvrir les sept neuf royaume à travers les yeux d’un gamin issu de la plèbe plutôt que par ceux de gros bourges, ça me plaît. Si la première saison ne comprend que six épisodes dont la fin laisse augurer une tournure hélas plus consensuelle, j’ai pris un certain plaisir à suivre les aventures de ce gamin des rues qui aspire à devenir chevalier tant le personnage est attachant.
La pile à écouter
Parfois, pour me concentrer au boulot, je n’écoute pas de musique mais des podcasts. Ceux de France Culture ont souvent ma faveur, tant par la qualité de leur production que par leur découpage épisodique ni trop long ni trop court. Le fait qu’ils ne nécessitent pas de se créer un compte ou d’installer une énième application me va bien, ainsi que la possibilité de pousser le volume à fond pour qui, comme moi, entend à moitié. Ainsi, en mars, j’ai essentiellement écouté deux podcasts inspirés des œuvres de Victor Hugo, lesquels m’ont replongé dans de vieilles lectures adolescentes dont je n’avais pas saisi l’importance à l’époque.
En premier lieu, Le dernier jour d’un condamné, podcast en 5 épisodes de 20 minutes chacun, qui relève d’avantage de la lecture que de la mise en scène. Le texte est grave, lourd et pesant, l’enrober d’une couche d’interprétation aurait été superflu tant il se suffit à lui-même.
J’ai enquillé sur Les Misérables, en 14 épisodes de 24 minutes. Ici, la mise en scène à tout son sens. Car si les comédien·ne·s ne reprennent pas l’intégralité du texte originale, et se permettent parfois quelques sauts dans le texte, c’est pour mieux s’attarder sur l’essentiel. La qualité des interprétations y est fantastique, entièrement réalisée par des professionnel·le·s, et soutenue par une ambiance sonore et une musique de grande qualité. A ce titre, la musique de Krishna Levy en ouverture de chaque épisode est bouleversante. Ayant été très marqué étant gamin par l’adaptation cinématographique de Robert Hossein, cette écoute m’a permis de mieux comprendre certains choix filmiques, dont la terrible scène de morphing où l’on découvre Fantine dépérir dans la misère la plus sombre.
Dans les deux cas, j’ai passé un excellent moment de quiétude, paradoxal quand les sujets abordés sont aussi difficiles. A plusieurs reprises, j’ai dû mettre la lecture en pause, pleurer un bon coup, puis reprendre après une longue inspiration.
La pile à lire
Knock ou le triomphe de la médecine
Pour diverse raisons, je vais très peu au théâtre. Et, pour l’avoir côtoyé d’assez près un temps, c’est un monde que je n’apprécie pas. Pour autant, j’aime beaucoup lire des pièces de théâtre. Plus précisément, j’aime me faire ma propre pièce. Dans un coin de ma tête, je crée les costumes, les décors, les éclairages. J’ajoute des commédien·ne·s, je choisi leurs intonations, je défini leur jeu ; en somme, je suis le démiurge d’une pièce qui n’existe que dans mon imagination.
Oui, ça va le melon, merci de demander. :)
Et donc, pour la énième fois, j’ai relu Knock ou le triomphe de la médecine, de Jules Romains. C’est un bonbon d’humour noir dont je me délecte à chaque ligne. Difficile cependant de faire abstraction de l’adaptation cinématographique (encore une) de Guy Lefranc, avec un Louis Jouvet aussi fantastique que terrifiant. Film qui, par ailleurs, fait sauter deux actes mais propose une approche qui, au fil de l’histoire, propose une approche qui vire progressivement au gothique, en particulier à travers cette scène mémorable.
La pile à apprendre
Ce mois de mars est proche du néant. J’ai surtout, et pour les besoins de mon boulot, axé mes apprentissages sur Moodle côté admin, et c’est à peu près tout. La période ne s’y prêtant pas, j’ai beaucoup de mal à me concentrer et je consomme (oui) essentiellement des contenus de divertissement de qualité discutable qui ne m’apportent pas grand-chose, sinon la possibilité de m’évader pendant quelques minutes avant que la réalité vienne se rappeler violemment à moi.
M’enfin bon, ça ira mieux demain.
- J’ai commencé cette pile vers le 25 mars, en prévision de. Puis silence radio. J’ai bataillé pour reprendre.