La pile d'avril et mai 2026
Salut ! :)
Le mois de mai s’achève, et je n’ai pas fait ma pile d’avril, concept initié par Volu sur son blog. Ce sera donc deux piles pour le prix d’une, avec sans doute des oublis. La faute à plusieurs semaines de convalescence, au rythme parisien effréné et, pour être tout à fait honnête, à une procrastination aiguë (même si en vrai j'avais fait une note de blog en avril sur les game jams).
Allez, on se retrousse les manches et on y va !
La pile à jouer
Beaucoup de jeux ces deux derniers mois, avec certains bons titres, d’autres nettement moins. Je me concentrerai ici essentiellement sur les jeux qui m’ont positivement marqué.
People of Note
Un J-RPG de chez Iridium Studios qui prend place dans l’univers de la musique. Si, étant loin de l’avoir fini, l’histoire ne casse pas trois pattes à un canard, l’univers visuel très coloré, flashy même, me plaît beaucoup. On y découvre Cadence, une chanteuse qui rêve de gloire et de paillettes, jusqu’au jour où elle se trouve confronté à la dure réalité d’un milieu qui, sans surprise, est particulièrement pourri. Ainsi, après avoir essuyé un froid refus lors d’un micro-crochet, elle va constituer son groupe pour péter la gueule du directeur d’un gros major qui a la main sur toute l’industrie, ou presque. En gros. L’une des forces du jeu repose notamment sur la diversité des genres musicaux, lesquels servent indirectement de base de gameplay lors des phases de combat. Pas une révolution, mais un bon jeu qui mérite le détour, surtout si l’on recherche un peu de fraîcheur du côté des RPG.
KuloNiku
Gros coup de cœur du studio indonésien Gambir Studio. Vous aimez la cuisine ? Vous aimez la gestion ? Vous aimez les dating sims ? Ce jeu est fait pour vous ! On y incarne un personnage qui reprend le petit restaurant de quartier de sa famille et qui tente de se faire un nom dans l’univers visiblement très concurrentiel des restos du coin. C’est très kawaï, ça détend après une longue journée de boulot et ça peut se jouer par petite sessions de 10-15 minutes si on le souhaite. Ayant une affection particulière pour la série animée Le Petit Chef, j’ai retrouvé une partie de l’esprit de cette série dans KuloNiku, en particulier au travers des concours de cuisine, très plaisants à jouer. Le titre nécessite un certain niveau de coordination, d’autant qu’il n’est pas jouable à la manette et les premières heures de jeu peuvent être un peu délicates si, comme moi, vous avez deux mains gauches.
Like a Dragon : Pirate Yakuza in Hawaii
Après Like a Dragon 8 que j’ai adoré de bout en bout (et beaucoup pleuré à la fin), j’attendais avec impatience cette vraie-fausse suite, non sans une certaine inquiétude quant aux choix du personnage principal et de l’univers dépeint. Profitant d’une solde, je me suis lancé à corps perdu dans l’aventure, et quel pied ! Bien sûr, on est loin de la profondeur narrative des épisodes classiques, Majima est loin d’être aussi intéressant à mes yeux qu’Ichiban, mais que ce jeu est généreux ! Que ce soit en terme de gameplay, de situations, ou d’environnements à explorer, difficile de ne pas y trouver son bonheur. Je me laisse donc porter par le courant de ce jeu faussement bordélique, aux délires complètement assumés et à l’humour très particulier, comme cette quête improbable d’un slip en or aux incroyables pouvoirs.
Dispatch
Placé dans ma liste de souhaits dès la publication de sa démo il y a environ un an, j’ai enfin joué à l’ensemble des épisodes, profitant d’un temps de repos largement mérité (oui, je me lance des fleurs, kestuvafère). Hélas, malgré un enthousiasme certain, le soufflé est retombé au fil de l’aventure, et ce pour trois raisons :
- L’écriture, si elle est intéressante, reste strictement centrée sur Robert alors que tout amène les joueuses et les joueurs à vouloir en découvrir d’avantage concernant les autres personnages.
- Comme trop souvent dans les productions états-uniennes, et ce qu’il s’agisse de séries, de comics ou d’autres médias, les personnes à l’écriture ne cessent de jouer la carte de la provocation à deux ronds en plaçant des scènes choc pour tenir le public en haleine. C’est gratuit, facile et ça n’apporte rien.
- J’adore les jeux narratifs, y compris ceux avec un gameplay très restreint. Hélas, Dispatch fait dans le minimum syndical, que ce soit dans ses phases de gestion ou d’action. J’aurais aimé, à l’instar de The Wolrf Among Us des mêmes auteurices, pouvoir me balader dans certains environnements et échanger avec les autres personnages autrement que par des clics occasionnels.
Reste un jeu de qualité, servit par une belle DA et des idées narratives intéressantes.
FlipWitch – Forbidden Sex Hex !!! Jeu interdit aux moins de 18 ans !!!
Ho, un jeu de cul ! Il faut dire que sa direction artistique, visuelle comme sonore, me parle beaucoup, tout comme le thème du jeu que voici : on y incarne un·e sorcièr·e qui peut switcher à volonté entre différents genres pour affronter un·e grand·e méchant·e dont, je dois l’avouer, j’ai complètement oublié l’existence. Le fait que je sois archi nul en metroidvania aurait normalement dû constituer pour moi un obstacle, mais j’aime pris mon courage à une main et je me suis acharné jusqu’au bout, à la porte du deuxième boss, ce qui pour moi est un exploit tant je galère à chaque écran de jeu. Reste un jeu très plaisant, décomplexé et qui, je trouve, amène certaines thématiques avec humour et légèreté.
En parallèle, j’ai commencé d’autres jeux qui m’ont beaucoup plu, comme Raji ou Vampire Crawlers, mais je me les garde sous le coude pour le mois prochain.
La pile à voir
J’ai vu BEAUCOUP de films et de vidéos ces deux derniers mois. Et comme trop souvent, n’ayant pris aucune note et ne conservant jamais mes historiques, je vais probablement en laisser filer un paquet, ma mémoire de passoire n’aidant pas à me souvenir de tout ce que j’ai regardé, cette liste sera de fait très réduite comparativement à la réalité.
Reset
Moyen-métrage de Souliman Schelfout mis à disposition par Arte, dans lequel on suit la lente descente aux enfers d’un jeune homme qui, le confinement aidant, plonge peu à peu dans le complotisme le plus acharné. Le film porte un regard humain sur le sujet, lequel touche beaucoup plus de personnes que ce que l’on pourrait croire de prime abord, sans jugement ni condescendance.
Film légalement disponible ici.
Topaze
Film de Marcel Pagnol, dont je me suis refait toute la filmographie, qui raconte les déboires d’un instituteur, aussi naïf que droit, viré comme un malpropre de son école pour avoir refusé de modifier la mauvaise note d’un élève de bonne famille. De fil en aiguille, dénichant un nouvel emploi auprès d’un élu local, il se retrouve malgré lui mêlé à une affaire de pots de vin et de détournements de fonds publics. Cette comédie grinçante, malheureusement on ne peut plus d’actualité, nous rappel cette vérité simple : le pouvoir est maudit.
La femme du boulanger
Autre film de Pagnol – dont les multiples remakes « parisiens » ont été vidés de toute substance politique – est souvent regardé à tort pour l’histoire qu’il raconte, celle d’un homme trompé dont tout le village se rit de son désespoir. Mais en vérité c’est une erreur. Car ce que ce film raconte, c’est la société française de l’époque : le curé engoncé dans sa morale religieuse, qui n’a de cesse de juger ses prochain·e·s, l’instituteur qui, sous couvert de liberté d’esprit, se moque des plus petits que lui, le bourgeois qui considère le reste de la population comme un amas de laquais à son service, et la population elle-même, hommes comme femmes, qui concourent collectivement à qui mieux-mieux lancera la première pierre sur la femme infidèle. Là aussi, le film n’a pas pris une ride, hélas.
Indomptables
Drame policier franco-camerounais de et avec Thomas Ngijol dans le rôle titre. On y découvre Billong, commissaire de Yaoundé qui enquête sur le meurtre de l’un de ses collègues. Happé par cette affaire, il doit notamment composer avec son rôle de mari et celui de père, entretenant avec sa famille une relation conflictuelle, en particulier avec ses enfants aînés. Le film interroge sur l’état social, économique et politique du pays, mettant en avant la dure réalité du quotidien de millions de personnes, Billong étant de par son statut un homme privilégié. Indomptables est dur, parfois difficile à regarder car mettant notamment en avant des scènes de violences policières, mais c’est un film nécessaire.
L’homme qui rétrécit
Remake français d’un classique de la science-fiction, il s’agit pourtant ici d’un tout autre film réalisé par Jan Kounen. On y suit les derniers jours d’un homme qui, suite à un évènement étrange, va peu à peu rétrécir jusqu’à disparaître. Et c’est de cela qu’il est question : le deuil. Un homme ordinaire qui, aux yeux des siens, va voir sa présence physique, mais aussi émotionnelle, s’estomper, pour ne plus devenir qu’un vague souvenir et, enfin, partir dans l’oubli. Une approche presque philosophique pour un film inattendu, dont les effets spéciaux majoritairement pratiques et le jeu de Jean Dujardin confèrent à l’ensemble une atmosphère terriblement crédible.
Le jour où les USA ont pillé la réserve d’or d’Haïti
L’histoire d’Haïti est passionnante, à plus d’un titre. Et ce nouvel épisode d’Haïti Inter ne fait pas exception, expliquant l’une des causes majeures de la terrible situation que traverse le pays depuis plus d'un siècle. C’est également un rappel terriblement clair quant aux fait que les USA ne sont pas nos amis, si toutefois vous en doutiez encore.
La pile à écouter
Pas de podcasts, pas de musique autre que mes trucs habituels. Rien de suffisamment notable pour figurer ici.
La pile à lire
Depuis quelques semaines, je me refais la Bible, après l’avoir « étudié » quelque temps contre mon gré étant ado. C’est un bon rappel de l’incommensurable monceau de conneries qui y sont édictées, d’horreurs totales commises par un Père Noël tyrannique, jaloux, violent et nuisible au possible, mais aussi de délires mystiques tout aussi criminels commis en son nom. Définitivement, les personnes qui nous parlent d’amour en évoquant le contenu de la Bible n’ont soit jamais lu leur bouquin de référence, soit mentent comme des politiciens. Et probablement un peu des deux. A mon sens, il s’agit d’une lecture nécessaire qui, à défaut d’être agréable, permet de resituer pas mal de choses et de se construire un argumentaire factuel dans une époque où la religion n’en finit plus de déborder sur de multiples sujets de société.
La pile à apprendre
Divers petits savoirs de culture générale, rien d’extraordinaire mais toujours bons à prendre au demeurant, parmi lesquels je retiens surtout celui des poissons femelles qui se clonent elles-mêmes depuis au moins 100.000 ans.
Merci de m’avoir lu jusqu’au bout, et à bientôt ! :)