Salut ! :)

Après avoir inauguré en janvier le concept de La Pile créé par Volu, voici la deuxième édition pour ce mois de février.

La Pile à Jouer

Dans la série on n’arrête pas une équipe qui perd, je demande Mechabellum. Jeu de stratégie en mode autobattler, je traîne mes guêtres sur Mechabellum quasiment depuis sa sortie en septembre 2024. Pour être honnête, c’est une relation d’amour-haine tant ce jeu m’offre de beaux moments comme d’intenses désillusions. Accessible, simple en apparence, c’est un bijou de complexité et de subtilité, finalement similaire au jeu d’échecs, qui nécessité un degré d’investissement conséquent pour être maîtrisé. Entre deux désinstallations, je repense à certaines parties puis je le réinstalle pour mieux m’y replonger, regrettant par avance le temps déraisonnable que j’y passe. Mais on ne se refait pas.

Nobody Wants to Die a été ma grande surprise de ce début d’année. Un jeu que j’avais pour je ne sais quelle raison ajouté à ma liste de souhaits sur Steam puis que j’ai acheté suite à une promo pour le moins intéressante. Ce sont sans doute là les 3€ que j’ai le mieux dépensé depuis belle lurette. Un polar narratif dans un univers diesel punk, un ancien flic aux prises avec ses démons, une enquêtrice des bas-fonds, une société ultra capitaliste qui se disloque et des meurtres à résoudre à l’aide de divers gadgets retro-futuristes. C’est court, simple et efficace, le titre joue sur les codes éculés du genre pour mieux nous surprendre, la direction artistique est à tomber et c’est fait par un petit studio.

Autre jeu, autre genre avec Zet Zillions, du studio brésilien Ota Imon. Du deck building à la sauce roguelite, qui m’a d’abord séduit par son esthétique visuelle, laquelle n’est pas sans faire penser aux productions Bobby Pills. C’est barré à souhaits, difficile mais jamais injuste, ça pète de partout et sans révolutionner le genre ça fait largement le job.

Pour continuer sur autre chose, Final Fantasy VII Remake Intergrade. N’ayant pas eu de Playstation à l’époque (#team Saturn), je n’ai pas la relation émotionnelle que peuvent avoir d’autres personnes avec ce jeu, même si je l’ai occasionnellement pratiqué en squattant chez des potes. J-RPG oblige, c’est assez naïf, caricatural voire parfois très léger pour rester poli, mais ça reste plaisant malgré un gameplay qui, bien que remis au goût du jour, reste ancré dans ses vieilles habitudes. Pas un chef-d’œuvre, loin de là, et à plus forte raison si on le compare à la concurrence, mais un jeu agréable malgré tout.

Steam Fest oblige, j’ai également joué à diverses démos, certaines que j’attendais avec impatience, d’autres non. Dans la liste des démos qui m‘ont positivement marqué, deux jeux, à savoir DenshAttack! et Repterra. Le premier est un mix improbable entre Jet Set Radio, Sonic et Densha de Go. On y incarne une pilote de train dans un Japon sous ecsta tout en cell shading et dans lequel on doit livrer des trucs divers et variés sur des circuits complètement barrés. Du fun à l’état brut avec un gameplay 100 % arcade qui aurait toute sa place dans la ludothèque officielle de tonton Sega. Le second est un STR avec quelques mécaniques de tower defense, résolument retro dans son approche et sa direction artistique, dans lequel on incarne une humanité aux prises avec des dinosaures. Simple mais efficace. Et si je dois bien avouer que le concept, qui me fait furieusement penser à Dino Riders (il faudra un jour que je vous parle de ma collection de jouets) m’a de fait beaucoup parlé, je dois admettre que sans révolutionner le genre, c’est bigrement efficace. A noter que Repterra est développé par un jeune couple, accompagné de leur adorable chat. Dans le genre fait maison, on fait difficilement mieux.

La Pile à Voir

Comme d’habitude, j’ai vu beaucoup de films et de vidéos ce mois-ci. Un tri s’impose, en particulier parce que tout ne mérite pas forcément de figurer ici.

On commence avec un entretien entre Florence Porcel et Cy au sujet du festival d’Angoulême, de son annulation et du girlcott qui a réussi à faire plier cette institution après des années (décennies?) d’une foultitude de choses qui ne vont pas. A noter que Florence Porcel a réalisé d’autres podcasts plus récemment encore, que je vous invite à découvrir.

Une vidéo de Re-Vu, chaîne Youtube québécoise consacrée aux nanars et aux navets, qui dans cette vidéo traite des nombreux problèmes posés par l’utilisation des IA génératives dans l’industrie du cinéma. Si vous vous intéressez un tant soi peu à la question, vous n’apprendrez rien de particulier, mais il me semble important qu’une personne extérieure à cette industrie, et avec une certaine audience, exprime un point de vue clair sur le sujet tant les personnes dont c’est le métier semblent être bien peu entendues.

Une analyse très intéressante de Marouchka concernant le genre littéraire de la romance, de ce qui ne va pas dans ce type de littérature, dans son mode d’édition, mais aussi dans ce qu’expriment certains cercles de pensée de spécialistes spécialisés à son sujet. Les sujets abordés sont difficiles mais doivent être abordés frontalement.

Sylqin nous raconte dans cette vidéo l’histoire du CLODO (Comité Liquidant ou Détournant les Ordinateurs), un groupe de hackers français qui a sévit durant de longue années puis a subitement disparu. Je n’en avais jamais entendu parlé, aussi le sujet m’a intéressé, et ça se laisse écouter en mode podcast.

Une fois de plus, une excellente vidéo d’Haïti Inter, dans laquelle est invité l’écrivain haïtien Louis-Philippe Dalembert venu parler de son nouveau livre « Je n’ai jamais dit papa » (j’en parle plus loin ici même). Le sujet est dur mais vise juste, avec néanmoins un regard paternaliste, qu’il me semble ici difficile de juger. De manière générale, je ne saurai que trop recommander cette chaîne qui est une mine d’or sur l’actualité, mais aussi l’histoire et la culture d’Haïti.

Cela faisait quelques années que je n’avais pas revu le film « Le maître d’école », avec notamment Coluche et Josiane Balasko. Loin d’être un chef-d’œuvre du 7ème art, et l’ayant surtout vu étant gamin et ado, j’en gardais un souvenir plutôt plaisant. Le revisionnage fût rude. Car au-delà des qualités filmiques discutables, du racisme bon teint et de l’image des femmes déplorable, ce qui m’a particulièrement marqué, c’est l’omniprésence de la violence envers les enfants. Le film démarre d’ailleurs là-dessus : un pauvre môme est giflé par un adulte pour avoir « volé » une paire de lunettes en plastique moches à 2 Francs. C’est là le point de départ pour Gérard, incarné par Coluche, de claquer la porte de son job de merde après avoir pris la défense du môme et de se reconvertir dans l’enseignement. Le film part sur de bonnes intentions, évoque les difficultés rencontrées par le corps enseignants, les parents d’élèves et les élèves eux-mêmes, mais sans jamais ne faire qu’effleurer le sujet. On y croise une galerie d’adultes tous plus détestables les uns que les autres, qui déverses leurs colères et leurs frustrations sur des gosses qui n’ont rien demandés, qui subissent de diverses et nombreuses violences physiques et psychologiques. Pas sûr que Claude Berri ait eu la volonté de dénoncer quoi que ce soit, mais c’est omniprésent De fait, ça a fait écho à mon enfance contemporaine de ce film. Une fameuse belle époque regrettée par certaines personnes à la mémoire bien trop courte où les enfants étaient les souffre douleur silencieux des traumas des adultes. L’époque n’a pas tellement changé, mais on commence doucement à en être un peu conscient. Reste un témoignage qu’il serait intéressant de voir analysé un jour.

Toujours avec Josiane Balasko, « Tout le monde n’a pas eu le chance d’avoir des parents communistes ». Un film dans lequel on suit Irène, survivante de la Shoa et fervente militante communiste qui, en 1958, s’apprête à accueillir les chœurs de l’armée rouge en représentation durant quelques jours à Paris. Avec son regard plein d’émerveillement et d’espoir, et en proie à un connard de mari qui lui fait vivre un enfer au quotidien, elle se prend d’un amour soudain pour Ivan, un grand et beau choriste soviétique, héros de la bataille de Stalingrad. Ce film me parle, car c’est aussi une partie de l’histoire de ma famille, et plus particulièrement de ma grand-mère. De celle qui a connue toutes les horreurs de l’Histoire et qui, sous le joug d’un mari tortionnaire, élèvera comme elle le pourra ses 7 enfants et ses 11 petits-enfants. Tout en militant au PCF durant des décennies, convaincue que le salut viendrait miraculeusement en servant aveuglément le projet du petit père des peuples (spoiler : non).

La Pile à Lire

je comptais profiter de ma semaine de congés pour bouquiner à loisir, il n’en a rien été, ma santé s’étant dit qu’il serait bon de se rappeler à moi. Malgré tout, entre deux examens médicaux et une mauvaise nouvelle, j’ai eu l’occasion de bouquiner un peu. Et même si je n’ai pas pu trouver tous les livres que je cherchais, je me suis fait quelques plaisirs, en précisant que je ne n’en ai pas fini la lecture, donc les avis que j’exprime ici sont potentiellement amenés à changer.

J’en causais plus haut, mais Je n’ai jamais dit papa de Louis-Philippe Dalembert mérite d’être lu. L’auteur y raconte son enfance en Haïti sous la dictature de Papa Doc, de la disparition brutale de son père, de son monde qui s’écroule, des femmes de sa famille qui portent le monde entier à bout de bras, de la folie des hommes et du poids de l’histoire. Et de la difficulté d’être père à son tour quand on n’en a jamais eu.

Les Mystères de Paris. J’en ai entendu parler tant de fois sans en avoir jamais rien lu. Si les premières pages d’Eugène Sue ne sont pas sans faire penser à Victor Hugo, ou encore Zola, décrivant avec dédain les marginaux de la société parisienne d’alors, on pressent une relative compassion de l’auteur pour ces personnages dont le réalisme est pour le moins saisissant. Le style, d’époque, est chargé et parfois délicat à lire pour moi qui ait remisé la littérature française du 19ème siècle depuis quelque temps. Mais je m’accroche, désireux de savoir ce qui, à l’époque, à suscité tant d’intérêt pour ce feuilleton à succès.

Les maîtres des ténèbres, livre dont vous êtes le héros. Ça doit bien faire 25 ans que je n’en avais pas fait. Et, en y songeant, je n’en avais jamais fini. J’essaie de m’y tenir, même si je dois avouer que j’ai du mal à accrocher, tant au style qu’à l’histoire qui est racontée. C’est, pour moi, d’avantage une occupation qu’une lecture à proprement parler.

La pile à écouter

Rien que de très ordinaire ce mois-ci. A vrai dire, je n’écoute quasiment pas de musiques actuelles, et le plus souvent, quand j’en écoute, c’est avant tout pour masquer le brouhaha du RER et de mes acouphènes. On verra donc ce qu’il en sera le mois prochain.

La pile à apprendre

Savais-tu que 80 % des espèces animales mues ? Ça fait partie des infos que j’ai appris via la chaîne YouTube Terrapodia, réalisée par Jessica, vétérinaire de métier.

J’ai aussi appris que le mot boycott est hérité du nom de famille de Charles Cunnigham Boycott, capitaine et administrateur d’un gros propriétaire terrien qui subit un blocus des fermiers s’étant organisés pour demander une réduction de loyer. Dans les grandes lignes, tout ça est parti d’une grève.

Le sifflet et le toss utilisés pour chaque coupe du monde de rugby sont les mêmes depuis respectivement 1905 et 1925. Ces deux objets sont gardés dans le musée du rugby en Nouvelle-Zélande, dont ils sont sortis pour chaque ouverture de coupe du monde. Le toss est d’ailleurs un florin qui a été donné par un spectateur lors d’un match en 1925, les arbitres en charges du match n’ayant alors pas de monnaie sur eux.

La zizanie est une plante. On peut donc littéralement la semer. Comme la misère.

Merci de m’avoir lu jusqu’ici, et à la prochaine. ;)