Bref, je suis devenue végétarienne
Je me rappelle ma première communion, ma mère me demande ce que je veux comme repas, je réponds avec des étoiles dans les yeux : du canard 🤩. Et là, 25 ans plus tard, je viens de passer 4 jours chez moi avec ma mère et ma tante, et tous les repas étaient végétaliens, sauf un repas avec des œufs : on s'est régalées !
Comment j'ai décidé d'arrêter de manger de la viande (et du poisson)
Au début, un léger malaise
J'ai toujours trouvé ça un peu dommage de devoir tuer des animaux pour manger de la viande, mais bon, c'est la chaîne alimentaire non ? D'accord, les vidéos sur les élevages-usine et les abattoirs, c'est révulsant, mais du coup, il suffit d'acheter de la viande de bonne qualité au boucher non ? Comme beaucoup de monde, je vivais avec une certaine dissonnance cognitive. Je prenais aussi l'avion, et acheter bio était mon acte écolo bonne conscience.
Bon, en réalité, je mangeais déjà peu de viande.
- On en mangeait peu chez ma mère, et donc je n'ai pas grandi avec l'habitude d'en manger à chaque repas
- C'est probablement une conséquence de ce qui précède, mais je ne savais pas vraiment cuisiner la viande ni le poisson, et je ne sais toujours pas la différence entre de l'épaule et de la poitrine de porc 😬.
- Je n'ai jamais aimé la viande de bœuf, et je n'aime vraiment pas les steaks hachés. Par contre, comme je le disais en intro, j'adorais le canard et l'agneau.
La prise de conscience de l'urgence écologique
Je me suis intéressée progressivement à la question du réchauffement climatique, et j'ai compris le rôle que jouait la viande dans cette affaire 🫣. Mon léger malaise à consommer de la viande est devenu un peu plus fort. Mais mon comportement n'avait pas changé pour autant.
Et puis, lors du confinement, je me suis mise à cuisiner davantage. Comme la moitié de la population française je crois 😅. J'ai découvert de nouvelles recettes végés via Twitter, le monde des chefs cuistos qui aiment les légumes et les épices.... J'ai déjà raconté ça sur ce blog, donc je ne vais pas me répéter 😬.
Or donc, j'ai découvert des nouvelles recettes qui étaient ultra bonnes. Progressivement ces recettes ont remplacé les anciennes, et je n'ai plus eu besoin d'acheter de la viande ni du poisson à la maison.
Les premiers repas avec des ami·es à la maison ont été un peu stressant (qu'est-ce qu'iels vont penser ?!), et puis c'est devenu la routine.
- Lors d'un WE avec les copaines, chaque couple gérait un repas, j'ai fait un plat végétarien, sans rien dire, et j'ai mangé les autres plats avec de la viande. En fait, j'étais inquiète, mais j'ai été super agréablement surprise, on était plusieurs à avoir préparé des plats végé, ou avec des options végé 😍.
- Ensuite, j'ai commencé à dire vraiment que je ne mangeais plus de viande ni de poisson. Ma crainte était de passer pour la fille chiante et donc ça m'était difficile.
- Lors d'un colloque à Paris, j'ai amené mon copain et un pote dans un resto végan à Paris, pfiou, ouf, c'était excellent.
- L'étape suivante a été de dire à ma belle famille que je ne mangerai plus de viande ni de poisson, même chez elleux. Encore une fois, la grosse inquiétude de les agacer ou de les “faire chier”.
- Et l'étape ultime, au resto avec des clients qui bossent pour la filière agricole, j'ai demandé à n'avoir qu'un plat de pâtes, car il n'y avait pas d'option végétarienne. Spoiler : ça c'est très bien passé, la serveuse a été adorable. J'ai eu l'impression de battre le boss de fin du jeu de l'affirmation de soi 😆.
Bref, aujourd'hui je me dis végé et je le vis bien. Je sais que pour la planète ça ne serait pas si grave si une fois de temps en temps je mangeais de la viande, mais je n'en ai plus envie. Je sais que j'emmerde un peu les autres en ne mangeant pas de viande chez eux, ni au resto. Mais je me suis convaincue :
- Qu'en faisant ça, je fais évoluer la norme sociale.
- Je rends davantage visible les personnes qui ont arrêté de manger de la viande.
- Je rends plus facile pour d'autres de se déclarer végé. Ma petite sœur l'était déjà, une collègue aussi, la copine d'un bon copain aussi : ça aide vraiment.
- Je rends plus visible pour les restaurateurs·trices l'intérêt d'avoir au moins une recette végé à la carte (et honnêtement, il y a plein de recettes franchouillardes sans viande ni poisson). C'est vraiment tellement plus simple quand il y a une option directement à la carte.
- J'incite mon entourage à essayer de cuisiner une recette végétarienne quand je viens chez elleux, et à se rassurer que c'est possible de recevoir dans ces conditions.
- J'ai beaucoup aimé un repas récent chez des ami·es. Elle avait cuisiné des lasagnes “normales” – à la viande, et des lasagnes aux champignons. Tout le monde a adoré la version aux champignons. Double effet kiss-cool. Une autre copine qui était présente et qui, je le sais, essaie de diminuer sa consommation de viande a pu prendre ¾ de lasagne aux champi, ¼ de lasagne à la viande pour ne pas vexer la copine qui cuisinait. Et la copine qui cuisinait a désormais une super recette végé pour recevoir.
- Je me suis convaincue que ça n'est pas la fin du monde de cuisiner une option végé, et que donc je peux demander ça pour qu'on me permette de suivre mes principes éthiques de vie. Cette évolution s'est faite en parallèle d'un travail sur l'affirmation de soi qui n'est vraiment pas évident, mais que je ne regrette pas !
Quelques ressources de recettes végé et/ou végan
- Le blog Owi Owi possède pas mal de recettes végé au milieu de recettes classiques
- Tous les livres du chef Yotam Ottolenghi sont une invitation à cuisiner davantage de légumes et de légumineuses.
- L'excellent, l'incroyable, livre Asie Veggie de Meera Sodha .
- Le blog vegan “The Green Quest” qui m'a fait découvrir la cuisine vegan et m'a fourni toutes les recettes pour les vacances de Noël .