Pourquoi j'ai ré-adhéré aux écologistes

#Politique #Ecologie Un copain me posait récemment la question, et j'avais dit que je prendrais le temps d'y répondre. On est vendredi soir, je viens de recevoir un mail chasse au sorcière du bureau politique, c'est le bon moment pour y répondre.

D'abord, pourquoi adhérer ?

J'ai adhéré en 2022, en début d'année. J'avais l'impression d'être allé au bout de la démarche des petits gestes, d'avoir pas mal d'éco-anxiété, et je lisais partout qu'il fallait s'engager collectivement. J'ai donc adhéré à un syndicat et à un parti. Je cherchais un parti de gauche, écolo, et qui traite des questions de sexisme et de VSS, j'ai donc choisi EELV.

Je n'avais pas prévu de m'engager, juste de soutenir en payant ma cotisation. Et puis il y a eu le tourbillon des législatives, et puis j'ai eu l'impression que je pourrais être utile dans le groupe local. Et puis on m'a proposé de faire partie d'une liste pour le congrès des verts, et j'ai été élue conseillère fédérale.

Ça valait le coup ?

Honnêtement, je sais pas. J'ai eu l'impression de laisser beaucoup de points de vie dans cette histoire pour pas beaucoup d'impact. Je prends le temps de ce billet pour faire un bilan, calmement, toussa.

Des groupes dysfonctionnels

Les dynamiques de groupe sont partout compliquées. Mais j'ai eu beaucoup de mal avec le fait d'intégrer sur mon temps libre des groupes dysfonctionnels et d'être celle qui doit manger son chapeau pour laisser les dominant·es ne pas se poser de questions. Que ce soit au local, ou dans notre courant, je n'ai pas trouvé de cadre réellement bienveillant. Tout le monde a ce mot à la bouche, mais dans les faits, c'est autre chose.

Je me suis posée beaucoup de questions sur moi, et si j'étais trop ceci ou trop cela. Mais dans le cadre de mon travail, je n'ai aucune difficulté relationnelles. Et dans le cadre bénévole, j'ai mené deux projets (la création de l'association Sciences Équines ou le projet Maths4Sciences) qui étaient des petits bonheurs humains. Donc je ne pense pas être le problème, mais oui, je suis probablement trop sensible pour beaucoup de collectifs où il faut prendre quelques coups avec le sourire.

Quelques chouettes rencontres

Beaucoup appris

Le plus positif de cette histoire, c'est que j'ai appris plein de choses sur l'écologie politique.

Alors le bilan ?

Les chiffres ne sont pas bons. Je pense que ça m'a beaucoup plus coûté que ça ne m'a apporté en moments de qualité ou en sentiment d'utilité générale.

Alors pourquoi ré-adhérer ?

Déjà, parce qu'en candidatant pour le conseil fédéral, je me suis engagée à tenir un mandat, donc 3 ans. Et si je démissionne, ma place part à un autre courant, donc c'est pas terrible.

Ensuite, j'ai récemment intégré une commission (numérique), et le bureau se monte, j'en fais partie, et j'ai l'impression qu'on peut y avoir une dynamique saine et faire quelques trucs : porter une ou deux motions, organiser un ou deux webinaires de sensibilisation, peut-être même monter une formation.

J'ai donc ré-adhéré même si le bureau politique, et beaucoup d'autres personnes avec lesquelles je suis sensée partager beaucoup de valeurs, me déçoivent énormément. Mais j'ai pris la décision de me protéger davantage en limitant le nombre de réunions et en m'éloignant des collectifs dysfonctionnels.

Cette année j'espère rencontrer de nouvelles chouettes personnes et faire un bout de chemin avec celles déjà rencontrées. Et j'ai l'impression que comme j'ai davantage compris comment ça marche, je vais pouvoir centrer mon énergie là où elle sera plus utile. Ce ne sera pas de la grande utilité qui change le monde ni le quotidien de personnes autour de moi, mais je pense :

  1. Travailler pour de vrai sur un texte (une motion) pour chaque conseil fédéral (il s'agit de le lire, d'aller à un atelier de travail, et de faire des amendements).
  2. Et porter une ou deux motions pour le conseil fédéral avec la commission numérique d'ici la fin du mandat.

Et ce sera ma petite pierre à l'édifice.