Une liste sans étiquette est toujours politique

Dans un contexte marqué par la défiance — souvent justifiée — envers les partis politiques, se présenter aux élections avec la mention sans étiquette est une pratique courante. Ce terme officiel est parfaitement explicite : ces candidats ne sont liés à aucun parti ni à aucune organisation politique. Ils affichent leur liberté et leur autonomie vis-à-vis de toute structure partisane. C’est le cas de notre liste.

Établissons d’abord une distinction importante : sans étiquette ne signifie pas apolitique. Ces deux termes sont souvent confondus et cette confusion mérite d'être dissipée.

Se présenter sans étiquette ne signifie pas se présenter sans idées, sans valeurs, sans vision pour le territoire que l'on souhaite représenter. Tout programme électoral, aussi local soit-il, repose sur des choix qui sont par nature politiques : Comment organiser les services publics ? Quelles priorités budgétaires retenir ? Comment aménager l'espace urbain ou rural ? Quelle place accorder à la participation citoyenne ? Ces arbitrages traduisent des convictions, une certaine conception de l'intérêt général, et donc une posture politique qu'on le revendique ou non.

Exercer une fonction élective, c'est nécessairement choisir, arbitrer, trancher — en un mot, faire de la politique. Se prétendre apolitique constitue dès lors un contresens : cela revient à faire de l'immobilisme et de l'indécision un mode de gestion, ce qui n'est ni souhaitable et ni possible en réalité.

Étymologiquement, la politique désigne l'ensemble des activités liées à la gestion d'une cité. En ce sens, la politique ne se limite pas aux partis ou aux élections : elle est présente dès lors que des personnes doivent prendre des décisions collectives et arbitrer entre des intérêts divergents. Prétendre s'en affranchir totalement relève surtout d'une illusion.

Cette confusion n'est pas toujours malveillante; elle reflète souvent une lassitude sincère face aux querelles politiciennes. Mais les mots ont leur importance : Utiliser le mauvais terme rajoute de la confusion et risque de tromper l'électeur qui attend d’un élu l'honnêteté de ses convictions et la clarté de ses choix.