forte pente verte ou vertige dans le brouillard sur le tranchant des rochers
chemin escarpé hier demain l'incertain
le ciel est blanc pourtant
tenter d'autres versants
Photo © @LailaT
forte pente verte ou vertige dans le brouillard sur le tranchant des rochers
chemin escarpé hier demain l'incertain
le ciel est blanc pourtant
tenter d'autres versants
Photo © @LailaT
sur l'eau sombre barque bleue qu'une simple corde attache au quai
à l'abri des jours de tempête pour regarder le ciel pur dans le miroir de l'eau sombre
une fois défait le nœud qui te lie à la pierre un courant léger te fera glisser loin de l'eau sombre
je suis soufflé sifflé par le vent troué par la pluie à la surface du ruisseau tordu par la branche fatiguée de l'arbre
ce n'est pas moi qui parle c'est la colline sur mon épaule qui raconte en hérissant ses sapinières
ce sont les ronces en moi qui se redressent pour déchirer
je ne lance pas les nuages ils s'échappent de mes joues courent où ils veulent malgré moi
je n'imagine pas le chemin il me tourne entre les entrailles
vraiment je vous assure ce n'est pas moi qui invente
son oiseau familier est parti de son côté
ses feuilles depuis longtemps sont tombées
alors l'arbre s'en va aussi
son arc noir tendu fait flèche de son bec
virage sur l'aile pour franchir le froid
nulle autre proie que flocons brins blancs trompeurs aussitôt changeants
vain tournoiement de nos sombres pensées dans le nu cruel de l'hiver
on essaie de retrouver le dessin d'ensemble
on s'éloigne trop ou pas assez pour mieux voir
rien à faire
des formes quelconques des couleurs qui se mélangent ou pas de couleurs du tout tout ça ne veut rien dire
ça ne dit rien à personne ce qu'on croit avoir vécu alors on abandonne les souvenirs perdus
Photo “Papillon machaon” by @pixel.fabian, under license CC BY-NC-SA
le plateau s'élève vers les nuages
l'ombre en vain s'allonge
elle n’atteindra l'horizon qu'à la nuit tombée
pas une herbe de la steppe n'en gardera trace
« Une ombre solitaire sur la steppe mongole » par Ludovic Hirlimann is under license CC BY-SA
fantôme de givre dans la pâleur de la plaine l'arbre qui s'en va
sous le ciel qui devient blanc il choisit de disparaître
*
murmure d'adieu dans le silence glacé
je laisse à l’automne branches faibles et cassantes
je laisse au printemps surgeons fiers et racines vives
photo © @BAM8782@pixelfed.social
blocs immobiles sans repos explosions fragmentations compressions inclusions de beautés captives les roches les plus anciennes ne cessent jamais de faire leur mue les millions d'années coulent dans les veines du marbre traversé d'éclats vifs d'impuretés royales autant de délicieux nougats qu'on rêverait de croquer pour gagner un peu de leur éternité
“Tectonic breccia ('Italian Red Antique Marble') ” by James St. John is licensed under CC BY 2.0.
où poser le pied et ensuite l'autre pied sans glisser
quelle enjambée d'une rive à l'autre
ou bien continuer chercher plus loin passage plus facile
le torrent file sans hésiter lui
“Streamlet” by UNDP in Europe and Central Asia is licensed under CC BY-NC-SA 2.0.