Photo © la.microscopique
nous sommes herbes vives tiges indomptées pétales tombés
ensemble sur le bitume notre vie de bouquet sauvage par nul art enseigné
— que le vent en un instant plus loin répand
Photo © la.microscopique
nous sommes herbes vives tiges indomptées pétales tombés
ensemble sur le bitume notre vie de bouquet sauvage par nul art enseigné
— que le vent en un instant plus loin répand
nous sommes mince ruisseau eau vive à peine faible miroir bien peu de fond
eau venue de nulle part qui semble aller au hasard mais nous savons où est la pente où pouvoir disparaître
ni ronflement de torrent ni fracas de déversoir le ruisseau ne chante pas il chuinte et marmonne glousse et pépie entre ses bords sans écho
au fil de l'eau notre filet de voix
nous sommes eau ridée d'un lent tourbillon qui longuement rêve en rond avant de partir invisible vers une autre courbe dans l'ombre d'une branche basse qui frôle sa surface
mince ruisseau faible miroir bien peu de fond
nous sommes une rivière égarée dans le crépuscule glacé de tristes arbres noirs d'un revers de vent chassent nos derniers reflets après la nuit sans répit de nouvelles sources viendront grossir notre courant nerveux que la crue gonfle nos eaux enragées que notre flot puissant engloutisse les broussailles sans horizon et nos rives trop obscures
nous sommes des ombres
insaisissables sans consistance
fugaces mouvantes et sans limites
ainsi nous formons silhouettes en négatif monstres tournoyants que la nuit même n'interrompt pas