LA DALLE

J'ai écrit ce morceau suite aux résultat des élections européennes de 2024. Que le RN en arrive à ce point aux portes du pouvoir m'a sidérée. J'ai ressenti comme une foudre qui me traversait le corps, tandis que je continuais ma journée à vélo. Un vrai choc psycho-somatique, qui a donné naissance à ce texte, cri d'alarme qui ne veut pas voir ce monde sombrer dans l'ignorance du danger, et d'à quel point il est concret aujourd'hui.

Je l'ai récité également sur plusieurs scènes, notamment devant l'Hôtel de Région de Nantes lors de la manifestation coupe les coupes budgétaires, et lors des élections municipales à Toulouse.

Tu peux écouter ici “La Dalle” du groupe Alter'N Co sur toutes les plateformes de musique, et ci-desous depuis Youtube (apparemment Soundcloud ne veut pas l'intégrer ici) :

Prod : VictorB (lien Beatstars) Paroles et chant : Kaena Sortie en ligne le 14 juillet 2026.

Paroles de "La Dalle"

COUPLET 1

Je suis en immersion Dans l'actualité depuis que le RN est passé (1) La pression s'est installée sous les chaînes du passé (2) Ma tension ne s'est pas calmée, je suis toujours en PLS... Est-ce que je suis la seule dans cet état de stress? (3)

A qui cette valeur travail donne envie? (4) Que vaut la vie du chômeur pour la plutocratie? (5) Nos souffrances sont appellées “violences” quand on les crie, (6) Et quand l'esprit insoumis vise le Front de l'Ennemi. (7)

En mode survie, on réclame des solutions Mais l'entreprise veut du pognon, sinon c'est le piège à con. (8) Entrepreneur “indépendant” fier tel un électron libre, T'es un esclave consentant. Bravo si t'as le calibre! (9)

Industrie souveraine, incitation à la haine, Invitation à la peine à la sueur de nos veines, Diersité, Santé, droit des minorités... Défendez la Vérité, sortons de la vanité! (10)

REFRAIN Je porte plainte contre l'état De ceux que fait crever la France (11) Ils ne sont pas en vacances, Il sont passés sous silence ou maîtres de la résilience. Regarde d'où vient la violence! (12)

Je porte plainte contre l'état De ceux que fait crever la France Ils ne sont pas en vacances, Il sont passés sous silence ou maîtres de la résilience. Regarde d'où vient la violence!

COUPLET 2 On m'a dit “Sortir du capitalisme, on pourra pas!” (13) On m'a dit “Avec un bon leader, peut-être que ça bougera:” (14) On m'a dit “Ici c'est déjà sympa, alors fais profil bas!” (15) Aujourd'hui si je capte pas, c'est que je pense à Gaza! (16)

Parlons des lois; t'as perdu la partie Si tu penses qu'elles nous mettent tous à l'abri. (17) Hasta La Vista, la Mauvaise Foi! C'est déjà le bon combat si tu t'accroches à la vie. (18)

Je porte plainte contre l'Etat sans culpabilité Je fais sonner ma voix, c'est ça ma “bombe à l'Elysée” (19) Ma colère est intenable, mais elle est partagée. Ma logique est ententable, si t'as un peu d'humanité : (20)

Coupez les ponts (21) A ceux qui ont les fonds Et font toucher le fond A des vies en pleine incarnation (22) Produits de la haine en pérenption Qu'on laisse pourrir sur le parvis! (23)

REFRAIN Je porte plainte contre l'état De ceux que fait crever la France Ils ne sont pas en vacances, Il sont passés sous silence ou maîtres de la résilience. Regarde d'où vient la violence!

Je porte plainte contre l'état De ceux que fait crever la France Ils ne sont pas en vacances, Il sont passés sous silence ou maîtres de la résilience. Regarde d'où vient la violence!

COUPLET 3 La légitimité d'exister appartient à tous. (24) Moi, je prends celle de m'exprimer sur ce qui me fou la frousse. (25) Les inadaptés du système, que lui-même a lynché, Et ceux qui n'y adhèrent pas sont invisibilisés! (26)

C'est votre projet qui est bancal, C'est votre budget qui est marginal, C'est votre rejet qui est antisocial. (27) Alors qui a les mains sales, quand on sait qui a La Dalle? (28)

Explication des paroles

(1) “Depuis que le RN est passé” Référence au contexte dans lequel j'écris ce texte: ce sont les résultats des élections européennes de 2024 qui m'ont plongée dans les articles, les documentaires et les émissions sur le RN et la politique en France. 31,37 % des voix, remportant 30 sièges. C'était tellement impensable pour moi qu'il est devenu vital de me pencher sur notre histoire et les rouages qui ont permis leur ascencion.

(2) “La pression s'est installée sous les chaînes du passé” J'observe que l'histoire se répète devant nos yeux, que malgré l'ascension d'Hitler, nous n'avons rien appris, que malgré tous les signes de rejet de la différence que présentent le RN, ce parti a le pouvoir de décider de notre sort. Il vote contre toutes les lois visant un progrès social, profitent des négociations d'alliances, notamment avec les groupes ECR (Conservateurs et réformistes européens) et ENS (Europe des Nations souveraines), utilise aussi son siège pour bloquer certaines législations progressistes (droits des femmes, médias, pacte vert).

(3) “Est-ce que je suis la seule dans cet état de stress?” Dans un cri de détresse, je m'adresse à mon auditoire en cherchant du soutien. Je m'attends bien sûr à ne pas être la seule inquiétée par la situation, étant donné que nos droits sociaux reculent, que les démarches d'aides se complexifient, que dans le monde les dictateurs profitent de la confusion pour semer le chaos, que la situation écologique est catastrophique, et que rien, dans le programme du RN, ne permet d'en sortir, bien au contraire.

(4) La “valeur travail” est très présente dans les discours d'Emmanuel Macron, qui stigmatise les chômeurs qu'importe leur situation. Alors qu'il prétendait faire barrage à l'extrême droite, on voit bien dans la BD “Libres d'obéir” que la glorification du travailleur dévoué au fonctionnement du système est une stratégie marketing venue tout droit du nazisme.

(5) “ploutocratie”: se dit d'un régime politique où les plus riches sont au pouvoir. C'est le pouvoir qui domine le plus aujourd'hui. Dans la valeur travail, le travailleur en soi n'a aucune valeur hors de sa force de travail. Il n'est pas considéré comme autre chose qu'une ressource pour faire fonctionner le système capitaliste. Je remarque que je le prononce par erreur “plutocratie”, mais cet accident me fait penser que je pourrait lui donner un visage de “Pluto” le chien de Disney. Cette “Plutocratie” se prétend maligne, alors qu'elle est esclave du désir de Pouvoir et de contrôle comme un chien qu'on asservit.

(6) “Nos souffrances sont appelées violences quand on les crie” Ici, je parle de la stigmatisation des militants et des manifestants par les gens de pouvoir, qui ne trouvent comme réponse que la violence policière dite “légitime”, alors que leurs actions ne sont que des conséquences de la violence que ces gens de pouvoir exercent sur eux, notamment via le 49.3 ou d'autres stratégies politiques ne visant qu'à garder le pouvoir, et non venir en aide aux populations.

(7) “Et quand l'esprit insoumis vise le front de l'Ennemi” Je parle ici de la stigmatisation de la France Insoumise par les médias (malgré la densité de leur programme), et leur manie de leur accoler une étiquette d'extrême gauche, en les prétendant même plus dangereux que le RN lui-même. En opposition, si je met le terme “Ennemi” en majuscule, c'est que je désigne clairement le parti du RN comme ennemi principal de l'humanité, dans notre paysage politique. Dans le vocabulaire chrétien, “Ennemi” avec majuscule, désigne aussi le diable. J'utilise ce terme pour contrer volontairement la tentative de dédiabolisation du RN qui visiblement porte ses fruits.

(8) “On réclame des solutions mais l'entreprise veut du pognon” c'est une référence aux système d'aide : les CPE, France Travail, toutes les boîtes de coatching pour la réorientation professionnelle ou la création d'entreprises, et même les aides juridiques qui ont leur limite et demandent un investissement pour voir le procès aboutir en sa faveur, sont tournées vers le profit. Je ne dis pas que personne ne souhaite vraiment aider les salariés ou les clients, mais même sans en avoir conscience, les salariés de ces structutres font partie du système, et donc du problème. Tant qu'on se centrera davantage sur le rendement et notre capacité à faire face au “Marché du travail” plutôt qu'aux besoins de chacun, je considère qu'on ne sort pas de la violence “ploutocratienne”“.

(9) “Entrepreneur indépendant fier tel un électron libre, t'es un esclave consentant, bravo si t'as le calibre!” Cette réflexion me vient d'une prise de conscience quant à la fragilité à laquelle on s'expose en se lançant dans l'auto-entreprise. Outre le fait qu'on risque des sanctions si on ne comprends pas tous les enjeux de notre statut avant de lancer notre activité, il s'agit de la vente de prestations: on n'est pas protégés par un contrat, ni par la sécurité sociale (ou alors il faut vraiment cravacher...), on est exposés aux réseaux sociaux GAFAM pour faire connaître notre activité... Cela donne très souvent des auto-entrepreneurs exploités, alors même que ces derniers utilisaient ce statut pour se libérer des contraintes d'un travail qui ne leur correspondait pas, avec l'illusion d'être son “propre patron” alors que le patron reste l'Etat...

(10) “Défendez la Vérité, sortons de la vanité” Inspirée par le soin que mettent certains zététiciens ( Comme La tronche en biais)à mettre en lumière la désinformation et les pièges du new age, je pousse chacun à s'interroger profondément sur les faits qu'ils exposent dans leurs arguments dans leurs prises de parole, l'analyse des sources qu'ils utilisent, et qu'ils sortent du confort de certaines croyances limitantes (couvertes par la peur, comme celle de l'inconnu), pour se rapprocher d'un usage éthique de l'information. J'invite également toutes les minorités (qui finalement mises bout à bout n'en sont absolument pas, et représentent le peuple dans sa diversité), à sortir du silence concernant toutes les formes de violences systémiques qu'elles subissent au quotidien.

(11) “Je porte plainte contre l'état de ceux que fait crever la France” Ici je fais un jeu de mots entre “état” et Etat”, soulignant ainsi le sens du mot. Un état est en perpétuel changement, pourquoi vouloir le protéger tel qu'il est en prétendant qu'aucun autre système n'existe? C'est faux les zapatistes et la communauté de Christiana sont imparfaites certes, mais ce sont de vraies alternatives au système en place. Pour ce qui est du mot “France” il ne désigne pas son peuple ici, mais un idéal hos-sol, nationaliste, qui érige la France comme une divinité qui prime sur tout le reste, au lieu de s'interroger sur la meilleure manière de cohabiter. Et quand je dis que la France fait en fait crever, c'est suite aux résultats désastreux de ces élections européennes de 2024. Qu'en sera-t-il pour la France en 2027? Les violences des groupes d'extrême droite sont clairement les plus présentes parmi nos partis politiques. D'autre part, le RN veut “mettre au pas le conseil constitutionnel” et mettre en danger la constitution, c'est mettre en danger nos droits fondamentaux. Cela ressemble fort à la stratégie nazie qui vise à remplacer l'Etat par un gouvernement qui se prétend plus compétent. Je ne porte pas plainte contre ce qui nous protège de ça, je porte plainte contre un Etat qui veut garder sa forme, alors qu'au sein de ses agents, le RN prend de plus en plus de place, grignottant progressivement l'état de Droit.

(12) “Regarde d'où vient la violence” J'en appelle à la responsabilité de cet Etat, pour contrer les discours culpabilisants qui font peser les problèmes sociaux sur le peuple, alors ce sont ceux qui sont au pouvoir qui ont le plus de poids pour faire changer les choses.

(13) “On m'a dit “Sortir du capitalisme, on pourra pas!” ” Toutes les citations qui suivent m'ont réellement été formulées ainsi. Pour cette première phrase, elle défend l'idée défaitiste que même si on le voulait, on ne pourrait pas sortir du système capitalisme dans lequel on s'est enlisé. Alors que d'une part, on en serait déjà sorti pour entrer dans l'aire du techno-féodalisme, et d'autre part, comme j'en ai parlé plus haut, tous les systèmes alternatifs qui se sont fait écraser par de grandes puissances ont existé, et certains existent encore, prouvant tout de même qu'il est possible, pratiquement, d'en sortir. Croire que c'est impossible, c'est déjà jouer le jeu du pessimisme, alors que pour espérer bouger les choses, le premier pas c'est déjà d'y croire. J'invite chacun à viser cette “utopie” d'un monde plus juste, dans le sens d'un horizon à viser, pas d'une illusion dans laquelle se bercer.

(14) “Avec un bon leader, peut-être que ça bougera” Cette affirmation défend le fait qu'en choisissant un bon leader résoudrait l'immobilisme actuel. Mais un leader de quel parti? Certains pourraient dire cela en ajoutant : “Le RN, on n'a jamais essayé!” Mais la collaboration de Pétain, oui. Dans tous les cas, d'où que vienne un représentant de parti, il ne vaut rien s'il nous fait perdre foi en notre propre puissance d'action.

(15) “Ici c'est déjà sympa, alors fais profil bas!” Ce argument s'appuie sur le fait qu'en France, nos droits sont supérieurs à d'autre pays, comme notre sécurité sociale, bien plus éthique qu'aux USA. Je reconnais que nos ouvriers et corons se sont battus pour défendre les droits qui sont en place aujourd'hui. Mais de là à dire qu'ils sont acquis? Que rien ne le met en danger? Et à qui cela profite, que l'on fasse “profil bas”, que l'on ne se plaigne pas, qu'on se contente de manger dans la main des grands patrons pour mériter de survivre à ce monde qui part à veau l'eau?

(16) “Aujourd'hui si je capte pas, c'est que je pense à Gaza! ” Je pense à Gaza et la guerre israélo-palestinienne en ayant conscience que, malgré le fait que leur histoire soit différente de la nôtre, on a notre responsabilité d'un point de vue historique dans cette guerre, et dans d'autres. Soutenir la création d'un Etat d'Israel en Palestine sans vraiment prendre en compte l'avis Palestinien... On a beau se ranger derrière des phrases toutes faites, l'ampleur des dégâts que notre esprit colonial a causé est phénoménale. C'est de Gaza que je parle, car c'est là pour moi où il y a les besoins humains les plus forts, avec une énorme atteinte aux droits humanitaires suite à une haine qui se gangrène depuis des années sans trouver d'issue, ou alors elle se révèle illusoire (comme en 1993)... Israël isole les habitants de Gaza dans la famine et le génocide progessif, et le RN soutient Israël de manière inconditionnelle. Il y a vraiment des gens qui meurent de nos bêtises. Pas besoin d'attendre de voir des drones voler dans notre ciel pour comprendre qu'on est déjà en guerre.

(17) “Parlons des lois; t'as perdu la partie si tu penses qu'elles nous mettent tous à l'abri.” Je pense au patriarcat bel et bien présent dans le système judiciaire, qui épargne les violents, les violeurs, les célébrités, les politiques hauts placés. Je parle aussi de ceux qui, du côté délire de persécution, menacent au quart de tour en citant des articles de loi ou en entammant un procès sans passer par la médiation ou le dialogue... Non, les lois ne peuvent rien résoudre si la collaboration humaine et la prise de conscience ne suivent pas derrière. Même avec une bonne constitution.

(18) “Hasta La Vista, la Mauvaise Foi! C'est déjà le bon combat si tu t'accroches à la vie.” Je comprends qu'étant donné nos limites très humaines, on ne peut pas être sur tous les fronts des luttes sociales. Alors je ne ferai pas preuve de mauvaise foi en disant que je suis une pure militante, alors que moi-même je fais face à des limites très concrètes. Mais si on commençait déjà à cesser de s'en vouloir pour ça, cesser de se faire du mal à nous-même et entre nous, et qu'on s'accrochait à la vie de toutes nos forces, c'est déjà un bon départ... Car voir en face les vrais responsables demande à prendre du recul sur les rouages de la violence qui nous conditionnent nous-même.

(19) “Je porte plainte contre l'Etat sans culpabilité Je fais sonner ma voix, c'est ça ma “bombe à l'Elysée”” Je ne dis évidemment pas que je vais lâcher une bombe au sens propre. Mais ces élections ont fait en moi l'effet d'une bombe, alors je le rend sous forme de texte à l'adresse des gens de pouvoir, telle quel je l'ai reçue. L'art et la liberté d'expression est ma meilleure arme puisque je la manie depuis longtemps, et celle que je ne me priverai pas d'utiliser pour lutter.

(20) “Ma colère est intenable, mais elle est partagée. Ma logique est ententable, si t'as un peu d'humanité” C'est ce que j'ai compris en allant en manif, en échangeant avec les associations dont on coupait les subventions alors qu'elles contribuent à l'économie : je ne suis clairement pas la seule à ressentir cette colère sociale et légitime, qui peut pousser chacun à lutter pour changer les choses ensemble, malgré les difficultés que cela représente. A mon sens ce n'est pas difficile de comprendre qu'il faut mieux répartir les richesses, il suffit d'en avoir quelque chose à faire de la sécurité et de la dignité des humains qui t'entourent, surtout ceux qui en souffrent le plus.

(21) “Coupez les ponts” après coup je me suis aperçue d'une erreur: je voulais dire “coupez les fonds, coupez les vivres”, c'est à dire m'adressant à l'Etat, “arrêtez de nourrir en thunes ceux qui sont déjà gavés en pouvoir et en argent ” c'est à dire les multinationles, les GAFAM, les millardaires qui financent des projets soutenant l'extrême droite, etc... Mais si on entend mon texte comme “Coupez les ponts” m'adressant “à ceux qui ont les fonds”, ça reviendrait à leur demander de se barrer, alors mon erreur fait sens... Mais c'est vraiment dans la décision politique de ne plus épargner les plus riches (qui gouvernent à la place de la population) que je veux mettre en avant.

(22) “font toucher le fond à des vies en pleine incarnation” Je souligne la valeur de la vie que je considère comme première, pour les SDF ou des personnes en souffrance, ce sont concrètement des vies, aussi incarnées que nous, bien qu'elles n'aient pas le même parcours, et leur vie a autant d'importance que la nôtre. Leur “incarnation” peut être encore plus forte que la nôtre, quand on considère la force qu'il faut pour survivre au rejet quand on en arrive à ce point de maltraitance sociale d'être regardés comme des “parasites”.

(23) “Produits de la haine en péremption qu'on laisse pourrir sur le parvis!” Je parle des “vies en incarnation” que je viens d'évoquer. Les aides sociales en place ne sont clairement pas suffisantes pour faire face à la perte de confiance dont ces gens souffrent. Il s'agirait de réfléchir ensemble aux strétagies à mettre en place, plutôt que se plaindre de notre impuissance ou de leur “manque de volonté” à s'en sortir.

(24) “La légitimité d'exister appartient à tous.” Ici je parle surtour des individus, je souhaite défendre leur diversité de pensée, de culture et d'origine. Je ne parle pas ici du parti du RN, qui met en danger cette diversité.

(25) “Moi, je prends celle de m'exprimer sur ce qui me fou la frousse.” Oui, j'ai clairement peur de ce que le monde est en train de devenir. C'est la peur qui s'exprime en premier dans ce texte. La colère n'en est que la conséquence. Et si je prends la liberté de m'exprimer, c'est que je m'interroge sur le fait que la liberté d'expression puisse subsister dans ces conditions.

(26) “Les inadaptés du système, que lui-même a lynché, et ceux qui n'y adhèrent pas sont invisibilisés!” Au sens que beaucoup de médias encore trop peu ou trop mal des souffrances qui existent dans notre pays, d'autant plus valable et grave pour les chaînes et radios couvertes par Bolloré.

(27) “C'est votre projet qui est bancal, C'est votre budget qui est marginal, C'est votre rejet qui est antisocial.” Je détourne ici les premiers mots du discours d'Emmanuel Macron “C'est notre projet!”

(28) “qui a les mains sales, quand on sait qui a La Dalle?” Ici je parle à la fois de la dalle au sens propre de la population de Gaza, de la dalle au sens propre des exclus de cette société qui font la manche, et de la dalle au sens figuré du besoin criant de justice qui s'entend dans les manifs, et dans les collectifs de lutte.

KAENA.

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