Inférieur

Commencé comme une réponse, fini en un poème confessionnel improvisé.

Inférieur

On me prend facilement pour un clown, un phénomène de foire ; Un infantile inexpérimenté qui ne connaît rien à la vie ; Un illégitime, inadapté et paumé dans son monde à lui.

Ce n'est pas comme si j'essaye De leur montrer que je suis supérieur à eux. Je cherche des relations d'égaux plutôt que d'egos. Mais certains jours, j'ai l'impression que c'est demander trop.

Alors, je reste muet et silencieux. Et je regarde la tragédie que l'autre s'est créé Se dérouler sous mes yeux. Je ne peux rien faire de plus. Je ne sens pas d'ouverture de l'autre côté.

Ce genre de jours-là, ce sont des jours gris et sombres. Cette fin de semaine l'est. Je sentais depuis des mois venir un dénouement tragique Pour un membre de la famille d'une collègue. La mort de l'un d'eux. C'est le mois pour.

Je n'ai pas été surpris à son arrivée, D'apprendre la mort de son père. Avant le décès, elle disait “tu meurs” pour en parler. Hier, pour la première fois de mes oreilles, elle a dit “quand sert”.

C'est le genre de jours où je me dis que je préférerais Ne pas être aussi sensible constamment comme je le suis, Et me tromper sur les prophéties. Des jours à ne plus savoir ce qui est bon ou mauvais.

Cette année, je découvre mon côté artistique. J'arrive à me faire mieux entendre Par des dessins, poèmes, et écrits Que par la conversation classique.

Parfois, ça m'irrite de le constater. Parfois, ça me fait aussi désespérer De savoir que j'ai à passer par ces intermédiaires, Pour que l'on daigne écouter Ce que j'ai à dire à cœur ouvert.

#Poème