14e marathon des sciences : SAVOIR(S)
#SAVOIRS été 2022
introduction : L’acquisition et l’accumulation du « Savoir » sont inhérents à l’homme et à son histoire et on peut se surprendre qu’il soit, aujourd’hui, si souvent contesté, voire dévalué, au profit de croyances ou de simples opinions. Pour tenter de comprendre cette désaffection, il convient tout d’abord de s’interroger sur le mot « Savoir » lui-même et sur ce qu’il signifie. De quoi parle-t-on ? Qu’est-ce qui distingue le savoir de la connaissance ? De la croyance ? De la conviction ? Y-a-t-il UN savoir ou une diversité de savoirs ? Le savoir est-il nécessairement scientifique ? N’existe-t-il pas un savoir technique, un savoir animal, un savoir empirique, un savoir des machines (intelligence artificielle) ? Et que dire des savoir-faire ? Y-a-t-il d’ailleurs, un seul savoir scientifique ou au contraire plusieurs selon les méthodes mises en œuvre pour l’acquérir : sont-elles les mêmes en mathématiques, en biologie, en sciences humaines ? Ce qui conduit à se poser la question : comment sait-on ce que l’on sait dans chaque domaine ? Mais aussi, comment est-on sûr de ce que l’on sait ? Sans oublier la question essentielle de la transmission du savoir. Ce « marathon » des 12 conférences doit permettre d’aborder ces sujets avec des philosophes des sciences, des scientifiques et un journaliste… Et de se faire soi-même une idée, avant de méditer sur cette phrase du philosophe Alain : « Savoir, c’est savoir qu’on sait ».
conférence n°1 : savoir et sciences Catherine Larrère
définition de la science : Un certain « ethos » de la science, c’est à dire un ensemble de valeurs et de normes intellectuelles et morales qui régissent l’activité scientifique et l’orientent.
conférence n°2 : Sait-on, sait-on jamais ce qu’on prouve (paroles d’une chanson d’Anne Sylvestre) Cédric Villani
- présentation des grands mathématiciens grecs
- la démonstration doit-être rigoureuse ET originale (rappel de son livre « théorème vivant »)
conférence n°3 : Méfiance envers les sciences ? Bernadette, université de Montpellier (en remplacement d’Étienne Klein)
- La démocratie est en danger.
- Il existe plusieurs sciences : mathématiques, botanique…
- Les gens ont confiance en la science (sauf pharmacie, chimie…).
- Mais la recherche n’est pas autonome : elle est officiellement pilotée par la politique et les fonds viennent du privé.
- Le doute ne vient pas du public mais de l’intérieur de la science. La science n’est pas neutre. Exemple 1 : Elle met en œuvre des protocoles. Mais faire varier un paramètre dans les laboratoires pour étudier les seuils de tolérance ne permet pas d’éviter les effets cocktails. Exemple 2 : La climatologie travaille sur des statistiques, or la corrélation ne signifie pas causalité. La situation des experts n’est pas simple. En conclusion : Il faut douter. Le doute du « public » n’est pas irrationnel. Le doute partagé est peut-être la clé. La méfiance c’est dénoncer, disqualifier. La défiance, c’est la vigilance. La position des experts est difficile. Il faut profiter de cette crise pour progresser. L’incertitude ne doit pas être un frein mais un vecteur d’espoirs.
conférence n°4 : Entre savoirs vernaculaires et savoirs scientifiques, un dialogue possible ? Béatrice Collignon, université de Bordeaux
- Se mettre d’accord sur un langage commun.
- Chez les inuits, il n’y a pas de savoir s’il n’est pas partagé.
- Le savoir inuit n’est pas stable.
- Il est reconfiguré.
- Il est rétif à la généralisation. Le savoir inuit est une expérience en soi.
conférence n°5 : Des corbeaux qui bricolent et des baleines qui chantent. Savoirs et cultures chez les autres animaux. Agatha Liévin Bazin
- Le propre de l’homme ou pas ?
- Observation des macaques japonais de l’île de Kojimo. Ils lavent les patates douces qu’on leur lance. Plus tard, ils apprennent à les laver à l’eau de mer pour les rendre plus goûteuses.
conférence n°6 : Que pouvons-nous savoir des origines de l’homme ? Claudine Cohen
...