Conte bienveillant
(traduit d'une capture de tumblr)
korrigantsionnach
J'aimerais lire une histoire au sujet d'un roi qui reçoit une prophétie annonçant que son fils le tuera, et qui est genre Non mais quoi encore, il faudrait que je tue mon propre fils ? jamais de la vie ! Il décide donc d'élever son fils normalement, sans même lui parler de la prophétie, et à la place d'une suite d’événements improbables débouchant sur l'assassinat du roi par son fils, le gamin grandit jusqu'aux vieux jours de son père. Le roi a vécu une belle vie, mais depuis peu, sa vieillesse a réveillé de vieilles blessures qui le font souffrir terriblement, et son fils décide alors de mettre fin à son calvaire.
broliloquy
Le fils prends la relève de son père, et cette fois, l'oracle transmet la prophétie suivante : Le nouveau roi vaincra le mal et mènera son peuple à une ère de prospérité. Les généraux et chevaliers s'attendent tous à de glorieuses batailles mais le nouveau roi ne s'intéresse pas du tout au domaine militaire et consacre la majeure partie des ressources du royaume à l'amélioration des services publics. Quarante ans plus tard, la vieillesse et la maladie commencent à l'affaiblir, mais il reçoit toujours les doléances du peuple plusieurs heures chaque jour. Un général se présente à lui : Mon roi, comment allez vous vaincre le mal prophétisé désormais ? Vous êtes vieux et faible! Un autre visiteur, une adolescente fraichement diplômée d'une des universités publiques du royaume toise le général comme s'il était le dernier des abrutis. Notre roi a éradiqué la pauvreté, logé les sans-abris, éduqué les illettrés, mis fin à l'exploitation des plus faibles en abolissant la noblesse et en emprisonnant les notables corrompus. La très respectable guilde des médecins dont il a financé les recherches a récemment découvert un remède contre la peste. Il n'y a plus de bandits car le royaume est assez prospère pour que tous et toutes puissent vivre décemment, et se cacher dans les bois pour détrousser les voyageurs imprudents n'a de sens que quand on est pauvre et désespéré. Le mal est une mauvaise herbe ; explique l'adolescente. Il prospère le long des routes craquelées, des maisons décrépies et des recoins oubliés, nourri par l'indifférence et abreuvé par la souffrance. Mais notre bon roi veille à ce que ce qui est abimé soit réparé, et à ce que les souffrants soient soignés.
Aucun mal ne vit en ce royaume, enchaîne l'adolescente. Il est mort de faim avant ma naissance.