YBAlex

Partage de publications en français ou traduites en français par mes soins.

(traduction d'une publication issue de Tumblr)

@thelitlibrary : Une des principales raisons qui fait que j'ai du mal avec les oeuvres qui traitent principalement du combat entre le bien et le mal vient du fait que durant ma jeunesse, j'ai découvert les oeuvres de Terry Pratchett et que ça m'a retourné le cerveau avant de le remettre en place un peu plus fermement qu'avant en me faisant comprendre que

Il n'y a pas de héros, pas de légendes, pas de miracles, juste vous. C'est vous toustes qui retenez la porte et barrez la route aux heures sombres et aux troupeaux de loups métaphoriques... Alors vous feriez bien de vous bouger le cul et de faire ce qu'il faut, non ?

@iesika : Et aussi

  • Ne placez pas tous vos espoirs dans les révolutions, elles ont tendance à tourner en rond.
  • Être une bonne personne n'est pas une qualité innée, c'est une action qui requiert de bien traiter les autres même si, et spécialement si, vous ne les aimez pas, que c'est difficile, et que vous n'avez pas envie de le faire. Les pensées et les pulsions négatives n'ont pas d'importance si vous êtes capable de les reconnaître et de les transformer en bonnes actions.
  • Le devoir de la police devrait être de protéger le peuple, et non pas les systèmes de domination en place.
  • Ce sont nous mêmes, humains, qui créons nos propres dieux, nos propres histoires, nos propres devises ; pas l'inverse. Ce qui veut dire que nous pouvons changer ces histoires et ainsi changer notre monde. Rien n'est plus puissant qu'une histoire.

#disquemonde

@Fiona : Pratchett définit la moralité comme un choix conscient et répété plutôt que comme une qualité innée. Placer la responsabilité sur les choix volontaires plutôt que sur une sorte de magie divine mets l'accent sur l'effort réel nécessaire pour faire le bien. Ça montre bien à quel point on contrôle les histoires qui en retour fixent le cadre de notre réalité.

(traduction d'une publication supposément postée sur Threads)

@samantha.thesurvivor : J'ai vu un humoriste expliquer l'impact d'une enfance dans une famille dysfonctionnelle de la meilleure des façons :

Je sais que j'ai 37 ans et que je devrais m'être remis de ce que mes parents m'ont fait vivre lorsque j'étais enfant. Mais posez vous cette question... Si vous étiez dans un immeuble dont les fondations sont bancales. Est ce que vous vous sentiriez plus en sécurité une fois arrivé au 37ème étage ?

@olimp_motivation : Faire le lien avec les fondations d'un bâtiment est une très bonne analogie. La croyance que “le temps guérit les choses” nous encourage à avoir honte des symptômes plutôt que des problèmes structurels. Ce qui est arrivé dans le passé ne s'efface pas miraculeusement au fil des anniversaires. C'est en nommant les erreurs qu'on peut commencer à les réparer.

(Traduction d'une publication supposée du compte @adhdand_me25 sur x.com)

— Si vous êtes du genre à dire que les neuroatypiques doivent “apprendre à faire avec parce qu'on va pas tout adapter à tout le monde” je vais mettre une poignée de graviers dans vos chaussures tous les matins. Non vous n'avez pas le droit de retirer les graviers. Vous devez faire avec. Apprendre à le supporter fera de vous une meilleure personne. Comment ça “souffrance inutile” ?

(traduction d'une publication chinée je ne sais où)

Une histoire qui réchauffe le coeur !

La petite fille dont le père avait urgemment besoin d'une intervention chirurgicale n'a pas eu besoin de faire quoi que ce soit d'extraordinaire car les frais médicaux sont entièrement pris en charge par la couverture sociale du pays.

Une détermination hors norme !

Une femme parcourt 30km à vélo tous les jours pour aller travailler. Parce qu'elle aime faire du sport et profiter du paysage, pas parce qu'elle n'a ni les moyens d'acheter une voiture ni accès à un réseau de transports en commun adaptés.

Bel esprit de communauté dans ce quartier !

Tout le voisinage c'est réuni ce soir pour accueillir chaleureusement ce nouveau voisin très âgé. Mais il n'y aura pas besoin d'organiser des collectes de fond pour l'aider à payer son loyer car même la retraite minimum permet de vivre décemment.

Tellement inspirant !

Des élèves de l'école primaire ont préparé plusieurs douzaines de gâteaux dans le cadre d'un atelier cuisine. Ils les ont ramené à la maison pour les partager avec leur famille ou le voisinage et n'ont pas eu besoin de les vendre car le système éducatif n'a pas besoin de se reposer sur ce genre d'initiatives pour financer l'achat de matériel ou d'ingrédients.

(traduction d'une publication)

@ana-bolism

Si une personne autiste vous explique un peu trop en détail quelque chose, il y a peu de chances que ce soit parce qu'elle pense que vous êtes bête, mais plutôt qu'elle considère que si elle était à votre place elle apprécierait d'avoir ces détails sans avoir à les demander.

@ana-bolism

Tellement de choses qui semblent implicites à la plupart des gens ne le sont pas pour les autistes. On en vient donc à intégrer qu'il faut toujours détailler les choses, même quand elles paraissent évidentes, parce que ça nous est arrivé extrêmement souvent d'être celui ou celle qui aurait eu besoin de ces détails.

note d'Alex : Là dessus, j'ai fait pas mal de progrès de mon côté, et j'essaie de remarquer quand je rentre dans des détails qui ne sont pas utiles à la personne en face de moi. Mais ça fait partie des différences de communication où on perds tout le temps (c'est à dire que si la personne en face a envie de projeter sur vous une image négative, elle le fera dans tous les cas).

(traduction d'une publication chinée je ne sais où)

Vous cherchez une idée originale pour une nouvelle ou un roman ?

  • Pas assez Trop de lits : Les deux ami·e·s qui espéraient secrètement avoir une excuse pour se rapprocher ont manqué de chance cette fois.
  • Les malfaiteurs ont malencontreusement pris en otage la fille du le parrain de la mafia locale.
  • Ce mec super gentil avec tout le monde ? Il te déteste toi et toi seul·e.
  • Deux rivaux/rivales à l'université. Mais ce sont des profs qui se battent pour savoir qui enseigne le mieux.
  • Un couple heureux depuis de longues années décide de divorcer pour éviter de payer trop d'impôts et finalement iels découvrent qu'iels n'ont rien en commun.
  • Deux ami·e·s communiquent tellement ouvertement et clairement qu'aucune ambigüité ne se développe jamais.
  • Le baiser d'amour de haine véritable : Seul le baiser d'une personne qui te déteste viscéralement pourra briser la malédiction.
  • Tu tombes amoureu·x·se du frère ou de la soeur de ton pire ennemi.
  • Iels s'aimaient mais iels apprendront à se détester. (oui, bon, c'est l'expérience classique d'un mariage dans les années 80 quoi)
  • L'amour La haine au premier regard
  • Une histoire de triangle amoureux, mais c'est le couple auquel on s'attendait dès le départ qui se concrétise.
  • Il ou elle prétexte une amnésie pour se remettre avec son ou sa partenaire.
  • Dans cet univers, votre destinée est de tuer votre âme sœur car il ne peut en rester qu'un·e.
  • Deux personnes qui ne se connaissaient pas hier vont apprendre à se haïr.
  • Tout le monde dans votre entourage est persuadé que vous ne sortez pas ensemble.
  • Il fait décidément beaucoup trop chaud pour avoir une bonne excuse de se faire des câlins.
  • Le/la nouvelle employée de la boite tombe amoureu·x·se du patron... qui est un·e incapable notoire et finira par couler sa boîte (mais iel a un corps de rêve alors on lui pardonnera).
  • Univers alternatif de votre franchise préférée, mais où tous les personnages sont ensemble au lycée en maison de retraite.

(traduction d'une capture issue de Tumblr)

consignes-decriture

Le chevalier à l'armure rutilante a astucieusement contourné le dragon qui gardait l'entrée du château et escaladé la plus haute tour sauf que... la princesse qui y est enfermée est lesbienne.

hraap

“Oh, dieu merci,” répondit Thomas en déposant son heaume sur la table basse. “Parce que pendant mon escalade, je n'arrêtais pas de me dire que ça allait être une rencontre très gênante, et que c'était stupide de s'attendre à ce que vous tombiez amoureuse de moi juste parce que j'étais venu à votre secours.”

Lucinda le regarda avec surprise. “Étrange. D'habitude les mecs qui se pointent ici exigent que je tombe amoureuse d'eux parce qu'ils m'ont “sauvée”. Ce que tu n'as pas fait, d'ailleurs.” Elle pointa en direction du dragon. “Elle est dressée. Je lui demande de maintenir les connards à distance, mais si je lui demande de laisser passer quelqu'un, elle s'exécute.”

“Oh.” Il sembla se détendre un peu. “Mais, euh, et cette histoire de lesbianisme ? Je... euh, je sais que ça va vous sembler étrange comme demande, mais est ce que vous accepteriez de rencontrer ma sœur si je l'accompagnais jusqu'ici ?”

Lucinda cligna des yeux, ouvrit la bouche pour répondre avant de la refermer aussitôt. Après quelques instants, elle sembla avoir décidé d'une réponse qui lui convenait. “Elle est jolie ta sœur ?”

“Hum, je pense ? Enfin je veux dire, pour moi elle l'est, parce que c'est ma sœur adorée. Mais bon.”

“Décris la moi.”

“Rousse, quelques tâches de rousseur, un mètre cinquante... huit je crois ? Elle aime coudre des robes et tresser des couronnes de fleurs, et est passionnée de scrapbooking. Elle a dix-neuf ans et cherche une copine sympa avec qui faire sa vie.”

Lucinda sembla apprécier cette description. “Ok, je veux bien la rencontrer. Mais quel intérêt est ce que tu as à jouer les entremetteurs pour ta sœur exactement ?”

Thomas grimaça. “Notre père voudrait qu'elle se marie sauf que... eh bien elle est lesbienne aussi. Et évidemment, lui ne veut rien entendre, il est persuadé qu'il suffit juste de lui trouver un bon coup pour la rendre hétéro donc bon.”

Lucinda caqueta. “Oh merde, tu as vraiment escaladé une tour de plus de cinquante mètres de haut pour jouer les cupidons pour ta sœur ?”

“Euh... oui ?”

Elle se releva et épousseta sa robe. “Tu me plais toi. Présente moi donc ta petite sœur adorée. On va y aller par les airs, histoire de voir quelle tête votre père fera quand une princesse recluse débarquera dans sa salle du trône à dos de dragon pour demander la main de sa fille.”

“Je pense qu'il va en faire un infarctus.”

“Parfait. Allons-y. Pudding, au pied !”

“Tu as appelé ton dragon Pudding ?“

“Non. Elle a décidé qu'elle s'appelait Pudding.”

(traduit d'une capture de publication probablement issue de Tumblr)

lensandlight

Le concept de dating est une idée stupide, d'ailleurs.

lensandlight

Rencontrer une personne pour la première fois dans le but explicite de décider si on souhaite s'engager dans une relation amoureuse avec elle ou pas ruine toute authenticité. C'est naze. Tombez amoureu·x·ses de vos ami·e·s comme tout le monde.

lensandlight

Comme prévu, mon avis a eu un franc succès dans ce repère d'autistes.

(traduit d'une capture de tumblr)

korrigantsionnach

J'aimerais lire une histoire au sujet d'un roi qui reçoit une prophétie annonçant que son fils le tuera, et qui est genre Non mais quoi encore, il faudrait que je tue mon propre fils ? jamais de la vie ! Il décide donc d'élever son fils normalement, sans même lui parler de la prophétie, et à la place d'une suite d’événements improbables débouchant sur l'assassinat du roi par son fils, le gamin grandit jusqu'aux vieux jours de son père. Le roi a vécu une belle vie, mais depuis peu, sa vieillesse a réveillé de vieilles blessures qui le font souffrir terriblement, et son fils décide alors de mettre fin à son calvaire.

broliloquy

Le fils prends la relève de son père, et cette fois, l'oracle transmet la prophétie suivante : Le nouveau roi vaincra le mal et mènera son peuple à une ère de prospérité. Les généraux et chevaliers s'attendent tous à de glorieuses batailles mais le nouveau roi ne s'intéresse pas du tout au domaine militaire et consacre la majeure partie des ressources du royaume à l'amélioration des services publics. Quarante ans plus tard, la vieillesse et la maladie commencent à l'affaiblir, mais il reçoit toujours les doléances du peuple plusieurs heures chaque jour. Un général se présente à lui : Mon roi, comment allez vous vaincre le mal prophétisé désormais ? Vous êtes vieux et faible! Un autre visiteur, une adolescente fraichement diplômée d'une des universités publiques du royaume toise le général comme s'il était le dernier des abrutis. Notre roi a éradiqué la pauvreté, logé les sans-abris, éduqué les illettrés, mis fin à l'exploitation des plus faibles en abolissant la noblesse et en emprisonnant les notables corrompus. La très respectable guilde des médecins dont il a financé les recherches a récemment découvert un remède contre la peste. Il n'y a plus de bandits car le royaume est assez prospère pour que tous et toutes puissent vivre décemment, et se cacher dans les bois pour détrousser les voyageurs imprudents n'a de sens que quand on est pauvre et désespéré. Le mal est une mauvaise herbe ; explique l'adolescente. Il prospère le long des routes craquelées, des maisons décrépies et des recoins oubliés, nourri par l'indifférence et abreuvé par la souffrance. Mais notre bon roi veille à ce que ce qui est abimé soit réparé, et à ce que les souffrants soient soignés.

Aucun mal ne vit en ce royaume, enchaîne l'adolescente. Il est mort de faim avant ma naissance.

Publication du compte Instagram @therapietsa

La DYS de quoi ???

La DRP désigne une réaction émotionnelle très intense et douloureuse face à l'impression (parfois infime) d'être rejeté·e, critiqué·e ou ignoré·e. Ce n'est pas une “exagération” :

  • elle survient même quand le rejet n'est pas objectif,
  • elle peut déclencher angoisse, honte, colère ou effondrement,
  • elle est souvent décrite dans le TSA, le TDAH, et parfois sans diagnostic.

Le point clé : la DRP ne reflète pas une fragilité, mais une hyper-sensibilité neurobiologique aux signaux sociaux.

Source : Eisenberger, N. I., Lieberman, M. D., & Williams, K. D. (2003). Does rejection hurt? An fMRI study of social exclusion. Science, 302(5643), 290-292.

Ca ressemble à quoi ?

Il n'est pas nécessaire qu'un rejet soit explicite pour provoquer une douleur intense. Un message qui reste sans réponse, un ami qui parait froid ou distrait, une expression faciale ambigüe ou un silence en groupe : ces micro-signaux, souvent tolérables pour le monde neurotypique, peuvent déclencher chez une personne concernée une cascade d'angoisse, de honte et de ruminations. La machine s'emballe toute seule, sans que la situation objective le justifie. Et la douleur ressentie active les mêmes régions cérébrales que la douleur physique (je vous explique ça plus loin).

Ce que la DRP n'est pas

  • Pas un simple “attachement anxieux” : elle peut exister sans trouble de l'attachement.
  • Pas un “trait de caractère” : c'est un mécanisme cérébral objectivable.
  • Pas limitée a l'autisme : on la retrouve aussi dans le TDAH (où on parle parfois de RSD, Rejection Sensitive Dysphoria).

Source : Modestino, E. J., Dodson, W. W., Ceritoglu, H. T., & Zayed, B. (2024). Rejection sensitivity dysphoria in attention-deficit/hyperactivity disorder: A case series. Acta Scientific Neurology, 7(8), 23-30.

Pourquoi on la retrouve plus dans le TSA ?

Chez les personnes autistes, la dysphorie de rejet perçu est souvent renforcée par plusieurs facteurs :

  • un passé de rejets et micro-rejets répétés (moqueries, harcèlement, exclusions),
  • une difficulté a décoder l'ambigu dans les signaux sociaux, et une vie à douter de ses propres perceptions sociales (expressions, silences, double sens),
  • une hyper-activation émotionnelle liée au fonctionnement neurologique.

Résultat : chaque indice de rejet, même minime, trouve un terrain déjà fragilisé. La DRP devient un facteur central d'isolement, d'anxiété sociale et de perte d'estime de soi.

Nommer la DRP c'est déjà avancer.

La dysphorie de rejet perçu n'est pas une exagération ni une faiblesse. C'est un mécanisme neurologique objectivable, qui touche une majorité de personnes autistes et TDAH.

Mettre des mots dessus, c'est reconnaitre que la souffrance est réelle, et ouvrir la voie a des stratégies d'adaptation : comprendre ce qui se joue, ajuster son environnement, chercher du soutien, et surtout, ne plus rester seul·e face à cette douleur sociale.

Note de Alex :

Attention, souffrir de DRP n'est pas non plus une excuse pour blesser les autres (c'est un avertissement que je risque de mettre à la suite de pas mal de publications). La réalité de la douleur ressentie ne change rien au fait que la personne qui a déclenché votre DRP ne l'a probablement pas fait volontairement et ne mérite donc pas de subir votre colère. Communiquez clairement vos limites, travaillez votre capacité à vous réguler et tâchez de développer des relations dans lesquelles vous vous sentirez suffisamment en sécurité pour ne pas vous sentir rejeté·e au moindre micro-signal.