YBAlex

Partage de publications en français ou traduites en français par mes soins.

publication issue du compte instagram du podcast “L'amour moi j'en ai pas”

J'ai 33 ans et il peut se passer des jours, des semaines (parfois des mois si je suis honnête), sans être touchée. Je parle pas de gestes “quotidiens”, faire la bise, serrer une main, une tape dans le dos. Je ne parle pas non plus (uniquement) de sexualité. Je parle de contact physique : un câlin, une caresse, un bisou. Un contact tendre et gratuit !

Je me souviens qu'adolescente, je tenais la main de mes copines. On se câlinait. On regardait des films allongées les unes contre les autres. C'était normal.

Et voila que plus je vieillis plus ces comportements deviennent suspects, Comme s'ils devaient forcément vouloir “dire quelque chose”, un désir amoureux et/ou sexuel, ou bien une régression.

Le toucher semble être réservé au couple. Ou aux moments de tristesse.

J'imagine qu'il y a plein de raisons a ça. Le mythe de l'impossible amitié entre un homme et une femme. Les hommes qui apprennent que la tendresse entre eux est suspecte. Les femmes qu'on pousse parfois a voir la proximité comme une menace. Tout ce joli cocktail, fait que se toucher relève presque toujours de la transgression.

Et moi ... au milieu de tout ça ... Je me sens terriblement seule.

Je suis entourée. J'ai des ami.es. Des gens qui m'aiment. Je ris, je sors, je partage des choses Et pourtant...

Mon corps, ma peau, mes mains se sentent seuls, et ça pèse sur ma santé mentale. J'ai longtemps cru que ce dont j'avais besoin, c'était juste de sexe. En réalité, je crois que j'ai surtout besoin de tendresse. D'intimité.

Et ce mot-la aussi, est devenu compliqué.

Il existe même un terme pour ça : Skin Hunger (“faim de peau”)

Alors voila. J'ai 33 ans. Et j'ai faim de peau. J'ai l'impression qu'on ne sait pas très bien ou ranger ça. On l'associe au célibat. Au manque de sexe. Au manque d'amour.

Alors que c'est plus profond parfois.

Anecdote de l'auteur du blog : Peu après avoir débuté ma première relation amoureuse, je me suis surpris à ne plus supporter d'avoir les mains libres en public. Même quand je marchais avec des amis, j'avais envie de leur prendre la main. A l'époque, je me suis mis à manipuler des cartes pour m'occuper l'esprit et ne plus y penser. Et c'est grâce à ça qu'aujourd'hui je peux frimer en faisant des coupes à une main.