Fils et Mailles

La forge des textes, mon atelier d'écriture.

J'attends que le jour m'invite à mettre le nez dehors pour composer un panier de bois. J'aurais dû le faire hier mais bon... D'abord une ou deux grosses buches, puis du moyen bois, quelques brindilles et chutes diverses. Avec les cendres de la veille et un papier absorbant humide je nettoie la vitre pour profiter par la suite une vision haute définition. Le feu démarré, je m'installe dans le fauteuil à proximité et je regarde les flammes danser, j'écoute le bois crépiter et le poêle craquer et se dilater. Ce petit rituel a toute mon attention. Bientôt le feu va continuer de lui-même et réchauffer la maison sans moi. Je me lève du fauteuil pour vaquer à mes occupations tout en l'écoutant. Il me tient compagnie.

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Mon mix , ma playlist, c'est la bande son de mon film préféré. Ce film n'existe pas et pourtant il semble si réel. Les scènes changent, se succèdent et m'embarquent dans une fantasy, une fiction onirique. Ces voix, ces rhytmes qui ondulent dans des fréquences bien ordonnées, stimulent mon cerveau et mon imagination. Je me sens bien. Je m'élève à dix milles pieds au dessus de la planète.

Planète bleue de si loin, dont la nature est riche et belle, mais si contaminée par les humains et leurs influences néfastes.

Alors, là-haut, je suis bien ! Je peux rester ainsi en apesanteur des heures. Pas comme ces milliardaires qui s'envoient en l'air dans une fusée et redescendent presque aussitôt, sans la magie du mix, de la playlist. Ils redescendent à peine plus légers de sommes astronomiques qui ne sont que peccadille pour eux.

Pour moi, chaque morceau est une nouvelle scène, un nouveau décor. Mon cœur se gonfle à l'hélium et je flotte dans les airs. Voyageur découvreur comme Christophe Colomb, de nouvelles contrées, de nouvelles créatures, de nouveaux paysages, de nouveaux feelings.

Et là, je suis en apesanteur, comme un astronaute dans sa combinaison, je flotte et je rencontre d'autres aventuriers de l'espace comme moi. Nous nous faisons un signe. Pas besoin de language, sinon des fréquences musicales.

Mais bien trop tôt, je n'ai pas vu le temps passer. Un dernier accord, un dernier rif et la fin de ce périple s'annonce.

Sur le plancher des vaches, je reprends mon sac à dos, alourdi par des choses inutiles et terrestres.

La vie de peine avec des semelles de plomb. J'en aurai pour des heures dans ce mauvais trip qui m'attend avant un nouvel embarquement dans la stratosphère légère et accueillante.

Mon mix, ma playlist !

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C'est le petit rituel de tous les quatre mois . J'ai pris rendez-vous une dizaine de jours à l'avance. Et aujourd'hui me voilà dans la salle d'attente. Oh que j'aurais aimé être ailleurs ! Ici pas de sièges confortables ou hospitaliers. Que de la belle menuiserie, des bancs en chêne massif sombre avec par-ci, par-là des coussins tout fins. Vous l'avez compris, ça fait mal au postérieur ! Bon c'est pas tout. Mon tour va arriver et ... et le voilà enfin ! Ça ne me réjouit pas, mais je sais que la libération approche, car dans dix minutes, montre en main, je serai dehors. La docteure a un petit accent roumain et ne maîtrise pas bien le français, alors au point de vue des échanges, je repasserai. Du point de vue sourire et tutti empathie de même. “ Carte vitale” sont ses premiers mots. C'est important, les premiers mots, quand ses parents l'ont entendu dire pour la toute première fois “ carte vitale “, ça a dû  les chambouler. Top chrono. Le rituel commence. Le blanc des yeux, le fond de la gorge, les oreilles et le stéthoscope à vous faire froid dans le dos. Tout va bien. Aller on retourne au bureau et ordo ( ab chao ) pour quatre mois . Comme je connaissais la scénette par cœur, j'avais déjà préparé mon chèque. Et hop ! La transaction est faite. Je réponds “ carte vitale”. Merci Docteure, bonne fin de journée et bon courage ( aux suivants ). Et voilà, c'est comme ça dans notre désert médical rural. Bon je ne suis pas bon joueur. J'ai toujours ChatGPT pour consulter, me rassurer, me parler avec empathie et me donner des conseils d'ordre médical.

#humour

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Le sifflement, toujours présent, Jamais ne s’essouffle — Me prive du grand silence blanc, Des neiges de l'Arctique Dont l’immensité me parle. La neige crisse sous mes pas, Les cristaux de glace, Irisés de soleil, m’éblouissent, Subliment ma musique incessante. Je voudrais que la nuit vienne, Éteignant lumière et son, Emportant avec elle Mon histoire et l'oubli.

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Dans la masse média il trouva ce qu'on ne dit pas. Ou plutôt il ne trouve pas ce qu'on dit partout. Des choses auxquelles il ne pensait pas et qui le laissaient de glace. Les massacres dans ce pays lointain, la rapine du musée, le petit roi en prison et la toute nouvelle auto-tamponneuse. Il sourit et chercha un endroit tranquille pour rouler une cigarette, désormais interdite et passible d'une forte amende. De quoi est-ce qu'on parle pendant le voyage, dans cette voiture silencieuse et automatisée ? À quoi occuper ses mains et ses pensées ? Le soleil s'est voilé et ne donne plus sa clarté. Des trillions de trillions de particules métalliques sont suspendues dans les airs et dévient la lumière dans d'autres directions. Il fouille dans ses poches et ne trouve rien. Rien que ce rectangle lumineux qui pèse une centaine de grammes et qui doit l'accompagner partout. Il se sent désœuvré. Il ne sait plus quoi faire. Les robots sont partout et s'occupent de tout. Il n'aura pas de descendance. Pas de marmaille. Il n'a pas d'avenir. Son abonnement à la médication est déjà bien avancé et la dernière approche,  celle qui va le terminer. Le soir approche. Et après ?

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