jusant
en un lent abandon l'océan se défait
roche sable écume même laissent sa trace au rivage apaisé
en un lent abandon l'océan se défait
roche sable écume même laissent sa trace au rivage apaisé
la calme colline
par ses plis et ses vallons
doucement s'incline
le ruisseau des jours suivra
le léger fil de la pente
Photo par Geneviève Sygan
les rides de l'eau n'espèrent pas le lointain où se noient lac et nuage
pas un remous ne trouble le reflet des roseaux
sans un bruit le temps s'endort
Photo par Geneviève Sygan

mémoire sur les éclats de glace grise lignes blanches brisées par l'eau noire pistes cassées qui se souviennent d'un âge heureux
le ciel s’ouvre les montagnes s'écartent
les eaux du lac se baignent de lumière
on pourrait croire que c'est un autre matin
Photo par Geneviève Sygan
où vont les souvenirs charmants et les regrets amers aux vents glacés les premiers flocons naïfs voltigent ne savent même pas comment tomber disparus à peine au sol
les herbes hérissées percent la glace traversent la neige
elles vont chatouiller le soleil faible et pâle encore dans l'aube interminable pour que son rire éclate les bulles sous l'eau endormies
Photo © Olivier Bailleux
farouches gardiens du trésor de cailloux précieux épars sur la grève les rochers rouges attendent
nous sommes galets débris de coquilles bouts de rien qui luisent
jour après jour sur nous passent les vagues qui nous polissent
au loin des îles nous appellent que jamais nous ne rejoindrons
le long des aulnes s'élève un murmure chantant pour fondre leur feuillage dans le ciel transparent
le lac et la rivière sa partagent la neige
sous le nuage la forêt et la montagne l'une de l'autre s'éloignent
Photo par Gilles Le Corre « Première neige au village Jeudi 11 Janvier vers 17h30 » Courtesy of © Gilles Le Corre & ADAGP
nous sommes une rivière égarée dans le crépuscule glacé de tristes arbres noirs d'un revers de vent chassent nos derniers reflets après la nuit sans répit de nouvelles sources viendront grossir notre courant nerveux que la crue gonfle nos eaux enragées que notre flot puissant engloutisse les broussailles sans horizon et nos rives trop obscures