adventices

ça pousse comme ça veut

ôtez la première peau la deuxième aussi retirez votre masque faites votre mue — rien à faire mon visage s'estompe mes traits s’effacent mes yeux se ferment dans le miroir

redressez les épaules marchez d’un bon pas tenez-vous droit regardez devant vous

— pas mieux mon corps n’obéit pas ma silhouette s’échappe mon ombre reste dans l’angle mort

sous l'arbre qui m'accueille je n'entends que le vent
les plus maigres branches s'étirent librement
pas un rameau léger ne s'aligne sur l'autre
— je vais pouvoir dormir au cœur du beau désordre

 

lenteur des mots calme chemin herbes frôlées matin nouveau

“Forest Path in Krkonose” by rboed is licensed under CC BY 2.0.


par la fenêtre la branche haute agite au vent sa pulsation

“Window and tree” by Knowles Gallery is licensed under CC BY 2.0.


à pas de fourmis

le soleil efface

l'ombre de la vitre

sur le mur blanc

Photo pxhere.com, licence CC0


seuil du réveil

souffle tranquille

porte entr'ouverte

rien ne s'impose

“Bed” by Gaellery is licensed under CC BY-NC-ND 2.0.

 


jusant

en un lent abandon l'océan se défait

roche sable écume même laissent sa trace au rivage apaisé

   

la calme colline

par ses plis et ses vallons

doucement s'incline

le ruisseau des jours suivra

le léger fil de la pente

   

Photo par Geneviève Sygan


les rides de l'eau n'espèrent pas le lointain où se noient lac et nuage

pas un remous ne trouble le reflet des roseaux

sans un bruit le temps s'endort



Photo par Geneviève Sygan


mémoire sur les éclats de glace grise lignes blanches brisées par l'eau noire pistes cassées qui se souviennent d'un âge heureux



"Broken ice" by photography Toporowski, licence CC BY 2.0.

le ciel s’ouvre les montagnes s'écartent

les eaux du lac se baignent de lumière

on pourrait croire que c'est un autre matin



Photo par Geneviève Sygan


où vont les souvenirs charmants et les regrets amers aux vents glacés les premiers flocons naïfs voltigent ne savent même pas comment tomber disparus à peine au sol

20 janvier 2024

les herbes hérissées percent la glace traversent la neige

elles vont chatouiller le soleil faible et pâle encore dans l'aube interminable pour que son rire éclate les bulles sous l'eau endormies

 


Photo © Olivier Bailleux


rivage accidenté, ; au premier plan des lignes de rochers rouges affleurent du sable où des cailloux polis de diverses couleurs sont épars. au deuxième plan, le bleu de la mer qui s'est retirée un peu de sorte que des écueils apparaissent, à l'horizon, une île rocheuse assez élevée se détache sur le ciel bleu pâle

farouches gardiens du trésor de cailloux précieux épars sur la grève les rochers rouges attendent

nous sommes galets débris de coquilles bouts de rien qui luisent

jour après jour sur nous passent les vagues qui nous polissent

au loin des îles nous appellent que jamais nous ne rejoindrons

 
Photo par Ian Cylkowski, licence CC BY-NC-SA 4.0