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#NOTE automne 2026

Ce mercredi 7 octobre, nous prenons la route vers Bayonne pour un rendez-vous médical.

En chemin, je mets en action les essuie-glaces. Le ciel est bas. La pluie annoncée semble bien là, après presque 5 mois de canicules, de vagues de chaleur, d’absence de précipitations, de restrictions d’eau… Je m’interroge en regardant, à droite et à gauche de l’autoroute, les forêts grillées par l’été. Passons-nous à un climat à 2 saisons uniquement, avec une saison sèche et une saison des pluies ? Que va devenir toute cette végétation tempérée, autrefois véritable corridor vert entre les collines basques ? En se rapprochant de la côte, une barre grise remplit l’horizon. Les gouttes s’intensifient. Il y a des flaques sur la bande d’arrêt d’urgence. Quel soulagement ! La température étant de 16° C à l’extérieur, j’active un léger chauffage dans l’habitacle. Secrètement, je me projette aux vacances d’automne. Je m’imagine déposer les boites de rangement de vêtements au pied du placard. En sortir les vêtements d’hiver : pulls, jeans, chemises à manches longues… Y mettre les bermudas, tee-shirts, pantalons d’été… Ce « grand remplacement » est l’occasion de redécouvrir des habits portés il y a plusieurs mois. Un plaisir similaire à un achat compulsif ou à un cadeau que l’on reçoit. Je m’imagine même avec un bonnet sur la tête pour les premiers frimas. En attendant, nous recevons ces premières averses comme un présent. Vive la pluie.

#NOTE automne 2026

Samedi 26 septembre 2026, a eu lieu l’ouverture de la saison culturelle à Orthez.

Une œuvre. 1 comédien et 3 musiciens. Un cadre. Le premier rendez-vous de la nouvelle saison culturelle est la lecture d’un classique : « l’homme qui plantait des arbres » de Jean Giono. Un comédien assure la narration. Visage carré. Âge mûr. Cheveux blancs et bouc de la même couleur, peau halée lui donnent une élégance certaine. Il porte bien le costume. Sa voix sûre et puissante présente la vie d’Elzéard Bouffier, simple berger. A ses côtés, un clarinettiste, un accordéoniste et un joueur de marimba. Les musiciens n’accompagnent pas, ils jouent le texte : ambiances, réflexion, pause narrative, transition... La mise en scène est simple : le comédien est devant pour énoncer le texte. Puis, alternativement assis sur une chaise à droite ou à gauche, pour laisser les musiciens prendre le relai. A l’ombre du noyer du jardin de la maison Jeanne d’Albret, les spectateurs se laissent porter par la beauté du texte. Elzéard, loin des affres d’une société nouvelle, est à l’origine de la renaissance d’une région aride et abandonnée des hommes. Son secret : planter des arbres. Cela assure son bonheur et le nôtre.

Plus tard dans la soirée, nous sommes invités à « un risotto de Stuttgart ». Changement de décor. Nous sommes sur la belle scène du théâtre Francis Planté. De belles tables rondes, des éclairages discrets, des verres, des couverts... plantent le décor : nous sommes dans un restaurant. La cuisine nous fait face et les 2 comédiens enchaînent les chansons relatant leur vie. Au fil des histoires, ils cuisinent le fameux risotto au chou rouge. La fin se termine par une dégustation. Un régal !

#NOTE automne 2026

Mercredi 23 septembre 2026. C’est le premier jour de l’automne. La saison des belles couleurs et des feuilles mortes. 2026 fera exception. Le mois de septembre n’a connu qu’une seule journée de pluie. Et aucune précipitation n’est annoncée par les prévisionnistes avant 2 semaines. Pendant l’été, l’agro-climatologue Serge Zaka a publié sur les réseaux sociaux une image satellite inédite de la France. L’hexagone est jaune. Jaune comme un pays désertique. Dans cet océan de sécheresse, on ne distingue que quelques petites exceptions comme les montagnes ou bien un petit triangle légèrement vert dans le Sud-Ouest. C’est la forêt des Landes en souffrance, dévorée par les incendies. Avant la rentrée scolaire, un violent orage avait balayé des milliers d’arbres dans la région de Peyrehorade. En me rendant dans mon école rurale, je croise des vaches dans des champs sans herbe. Les agriculteurs utilisent les réserves de fourrage d’hiver pour les nourrir. Les pieds de maïs ou de tournesol paraissent rabougris. Il n’y a plus d’eau pour irriguer les champs. Les cours d’eau s’épuisent lorsqu’ils ne sont pas à sec. La végétation recouvrant habituellement le sol a grillé. La croûte restante est parcourue de fissures. Les arbres laissent tomber leurs feuilles pour limiter l’évapotranspiration. Ils tentent de survivre à un double stress : hydrique et thermique. Les températures quotidiennes ne descendent toujours pas sous la barre des 30° C. Les feuilles restantes prennent une couleur qui varie entre le vert pâle et le jaune sec. Avec ses vagues de chaleur, ses canicules, ses records de températures… 2026 sera l’année de la désolation pour la nature et de la solastagie pour de plus en plus d’humains.

#NOTE 27 septembre 2026

Le documentaire s’appelle « Groenland, Inuites et fières de l’être ». Il est visible sur Arte. Il présente l’île occupée par les Vikings puis les Danois. Aujourd’hui, l’île est convoitée pour ses ressources par Donald Trump. Quatre fois plus grande que la France, sa population ne dépasse pas 60 000 habitants. 90 % des habitants sont métissés avec les inuits. La langue groenlandaise est spéciale. Elle possède de multiples mots pour décrire la nature, la glace, la neige… mais les mots guerre, politique ou économie n’existent pas. Les nombres s’arrêtent à 20. Le documentaire donne la parole aux femmes, à ces femmes ayant du sang inuit dans les veines. Les années récentes montrent une prise de conscience. La décolonisation est leur sujet de prédilection. Les traumatismes sont nombreux, que cela soit la stérilisation des jeunes femmes inuites ou bien l’envoi d’enfants groenlandais au Danemark. Voici quelques citations : « C’est le moment d’être fières de nos racines et de les assumer pleinement. » « Il s’agit de décoloniser les standards de beauté avec nos tatouages. » « Ce n’est pas à nous de nous adapter au monde occidental ! Le monde occidental a tant à apprendre de nous. » « L’occident n’a pas d’avenir s’il n’apprend pas des peuples autochtones car la culture occidentale n’a pas trouvé de solution durable pour sa survie. » « Les occidentaux voient le monde comme des ressources à exploiter. Ils ne pensent qu’à prendre, prendre et prendre. » Quelle leçon !

#NOTE 20 septembre 2026

Croissance, décroissance, croissance équitable, sobriété, modération volontaire… frugalité !

Ce terme a été utilisé en commentaire de l’excellent film « Habiter le paysage ». Il s’agit d’obtenir davantage de satisfaction avec moins de ressources. Dans le documentaire, le collectif Encore, promeut la rénovation du patrimoine rural des Pyrénées Atlantiques pour les nouveaux habitants. A la campagne, les biens en vente sont souvent surdimensionnés pour les familles. Leur prix d’achat est onéreux. Il en résulte que rénover (remettre à neuf avec les standards du neuf) n’est pas accessible. De nombreux logements restent vacants alors que les lotissements fleurissent à la périphérie des villages. Le collectif Encore propose de réhabiliter ces biens en utilisant le minimum de matériaux modernes de plus en plus hors de prix. Les murs penchés restent penchés. Les escaliers monumentaux sont conservés ainsi que les vieux planchers. Les espaces crées sont traversants pour favoriser la ventilation naturelle… Le prix du mètre carré chute et redevient accessible. Les habitats réhabilités ont souvent des espaces communs et proposent des logements intergénérationnels. Le samedi suivant la projection, nous rentrons du camping de Sainte-Engrâce. A Tardets, nous découvrons un centre d’art contemporain de la Soule Artetxe (maison de l’art en basque) et le château Daguerre avec ses logements sociaux. A Navarrenx, l’ancienne minoterie est en travaux avant d’accueillir de nouveaux habitants, un espace de coworking, un restaurant… Ce sont trois projets du collectif. La frugalité est porteuse d’espoir.

#NOTE 12 septembre 2026

Je marche. A gauche, les villas de luxe contemporaines au pied de la dune. En haut de la plage, les derniers vacanciers profitent du soleil. A droite, l’océan. Devant, les immeubles de la Chambre d’Amour à Anglet, le phare de Biarritz, le Rocher de la Vierge avec sa passerelle. Plus loin, les immeubles de Fontarrabie. Le ciel est extrêmement pur. Je marche dans l’eau. Entre le sable et l’océan, une immensité plate est découverte par la marée basse. Des dômes de sable émergent des flaques. L’eau ruisselle inlassablement de la plage vers l’océan. Inexorablement, elle revient à sa source jusqu’à la prochaine marée haute. L’océan, bleu marine à l’horizon, passe à l’azur et parfois au vert émeraude ou jade. Je marche dans l’eau des flaques. Elle n’est ni froide ni tiède. Elle est chaude. La brise marine fait flotter mon tee-shirt. Elle siffle à mes oreilles. L’écume et le courant projettent des ombres sur le fond sableux. De rares marcheurs déambulent dans cette immensité désertée par les surfeurs ou les estivants. Dans ce décor incroyable, je pense à Paul Atréïde, dans le monde désertique de Dune.

#NOTE été 2026

J’ai reçu à la fin de l’année scolaire un cadeau original. Il a été cousu à la machine par Joanne, une élève de CM1. Le tissu extérieur est rayé verticalement. Les couleurs sont vert d’eau et kaki clair. L’intérieur doublé est de couleur écrue. C’est un  : un tote bag. Étymologiquement, le mot vient de l'anglais « to tote », qui signifie « trimbaler ». Au début du XXe siècle, les postiers britanniques utilisaient de tels sacs, plus légers qu'une sacoche en cuir, pour livrer le courrier. 3 jours plus tard, je suis hospitalisé en ambulatoire pour une intervention chirurgicale assez courante. La convalescence est longue : deux mois. Le chirurgien m’a donné une consigne stricte : ne pas porter d’objets lourds. Le lendemain matin de mon opération, je passe mon tote bag à l’épaule. Il contient quelques mouchoirs, les clés, le porte-monnaie et le journal du jour reçu dans la boîte aux lettres. Je commence ma rééducation en marchant dans les rues voisines. Selon les sorties, le contenu change : magazine, livre, appareil photo compact, casquette, gourde, carnet de notes… Le tote bag ne me quitte pas ! Sept semaine plus tard, je me sens capable de porter des charges plus lourdes. Je reprends mon sac à dos bleu habituel. Je le remplis d’affaires utiles pour la journée. A plusieurs reprises, je me rends compte que je n’arrive plus à retrouver ce que je cherche. Tout disparaît systématiquement au fond du sac. C’est décidé, je ne me séparerai plus de mon superbe cadeau !

#NOTE été 2026

16 août 2026, nous rencontrons Laurent qui vient de pêcher un sandre. Ce beau spécimen possède deux nageoires dorsales. La première est épineuse. Sa tête est fine et longue. Ses mâchoires contiennent 2 paires de canines. Son corps est élancé et dépasse 50 centimètres de long. Laurent est content. Il peut le conserver. C’est un met fin et apprécié. Il explique que lorsque les gens du voyages pêchent des poissons moins courus, ils les laissent décanter quelques jours dans des bassines. Les poissons perdraient le goût de la vase. Ils seraient alors tout à fait mangeables. Le pêcheur nous donne des informations sur le lac. Le niveau de l’eau a baissé de 2 mètres. Mais ce n’est pas à cause de la sécheresse. Il est utilisé pour l’irrigation dans plusieurs grandes exploitations voisines. Des pompes alimentent les cultures. Il pense que le niveau va continuer à baisser de 2 mètres pendant les 10 prochains jours. Le maïs n’a pas besoin de beaucoup d’eau pour sa croissance. Mais en août, l’irrigation permet de faire grossir les grains. Les plus grosses souches de l’ancienne forêt, recouverte aujourd’hui par le lac, redeviennent visibles. Selon lui, elles le resteront encore quelques étés avant d’être définitivement décomposées. Les aigrettes pullulent sur l’île. Il y en a plus de 600. Le soir, les arbres paraissent blancs. Les aigrettes perdent leurs plumes qui forment une couche superficielle suspecte à l’extrémité du lac. Heureusement, la baisse du niveau de l’eau, les échoue sur la berge. Cela permet à l’eau de rester relativement saine malgré les températures très chaudes. S’il y avait des cyanobactéries, un arrêté municipal obligerait les promeneurs à garder leurs chiens en laisse afin d’éviter les accidents. Des moules mortes de belles taille parsèment également les rives. Elles sont nombreuses dans le lac. Très voraces, elles s’attaquent parfois aux appâts des pêcheurs. Elles aussi participent à la qualité de l’eau en la filtrant. Pendant notre discussion, l’une des deux cannes bouge. Un poisson mord à l’hameçon. Laurent le laisser avaler son trident. Puis, il ferre le poisson d’un coup sec. Un second sandre remonte à la surface. Il est encore plus gros que le premier. Cela ravit Laurent.