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    <title>Feminisme &amp;mdash; Depuis les Gorces</title>
    <link>https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/tag:Feminisme</link>
    <description>Depuis les Gorces</description>
    <pubDate>Wed, 15 Apr 2026 16:25:17 +0200</pubDate>
    <item>
      <title>Aller mieux ou être mieux ?</title>
      <link>https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/aller-mieux-ou-etre-mieux</link>
      <description>&lt;![CDATA[#Feminisme #Societe&#xA;&#xA;Pourquoi va-t-on chez lae psy ? Pour aller mieux, ou pour être une meilleure version de nous même ?&#xA;!--more--&#xA;&#xA;Devenir une meilleure personne&#xA;J&#39;ai lu le témoignage d&#39;une femme dont l’amoureux lui demande de changer pour qu&#39;ils restent ensemble. Elle trouve que c’est bien car ça l’aide à devenir une meilleure personne. Elle va même voir un psy pour qu’il l’aide à s’améliorer. &#xA;&#xA;Devenir une meilleure version de soi-même&#xA;&#xA;J&#39;étais mal à l’aise en lisant ce témoignage. J&#39;avais l&#39;impression que son compagnon était un manipulateur et qu&#39;il la fait se sentir nulle. &#xA;&#xA;Et en même temps, qu’est-ce que je peux dire moi qui ai lu des tas de livres de développement personnel dans la bibliothèque de mon père, puis dans ma kobo pour comprendre comment devenir meilleure, savoir mieux y faire avec les humains, pour apprendre, et dans la vie ? Mais j&#39;ai l&#39;impression qu&#39;il y a une différence entre vouloir changer, et que quelqu&#39;un veuille qu&#39;on change. &#xA;&#xA;Être mieux, pas aller mieux&#xA;&#xA;Récemment, j’ai mangé avec une mastopote qui m’a dit : &#xA;&#xA;  « le psy c’est pour aller mieux pas pour être mieux »&#xA;&#xA;Et là j’ai réalisé. C’était tellement bien dit. C’était tellement ça. &#xA;&#xA;D&#39;ailleurs, j&#39;ai commencé à aller voir une psy il y a un an. Ma demande était de reprendre du contrôle sur ma vie pro, et donc de changer, j&#39;avais besoin d&#39;aller mieux (et de dormir mieux), mais pas d&#39;être meilleure...  &#xA;&#xA;Doit-on changer pour celleux qu’on aime ?  &#xA;&#xA;Ma mère m’a toujours dit qu’aimer une personne en espérant qu’elle change, c’est peine perdue. &#xA;&#xA;Et effectivement, je crois qu’aimer une personne ce n’est pas lui trouver aucun défaut. C’est de connaître ses défauts et se dire que c’est OK, ça fait partie du lot, et ça nous va. &#xA;&#xA;J’ai par exemple une de mes meilleures amies qui n’est pas fiable (un truc que je déteste à un point très très élevé), une autre qui a glissé à droite, une qui est très chouchounette et parfois un peu pénible, une qui fait souvent des longs monologues grognon, une toujours en retard, …  tout ça j’aime pas, mais chez mes amies, c’est OK. Je prends le package, je les aime avec leurs défauts, et je n’attends pas qu’elles changent. &#xA;&#xA;Mon compagnon c’est pareil. Un jour peut être je ne supporterai plus ses défauts. Mais so far so good 💙. &#xA;&#xA;Et à l’inverse, je pense aux compagnons toxiques de certaines de mes amies. Ces hommes les maltraitent : blagues dénigrantes devant les copaines et leurs enfants, reproches constants, colères et chantage affectif. J’aimerais qu’eux changent, ou que mes copines les quittent. Mais en écrivant ces lignes je me dis que ces hommes sont maltraitants car ils vont mal et ne se soignent pas. En fait, je rêverais qu’ils aillent mieux, qu’ils se soignent, et qu’ils deviennent les conjoints normaux dont mes copines sont tombé amoureuses. &#xA;&#xA;Développement personnel, coaching, ou psychothérapie ? &#xA;&#xA;Du coup je crois que je vois mieux la différence entre coaching et psychothérapie. &#xA;&#xA;👉 En tant que pédagogue ou sportive, lea coach c’est la personne qui te permet d’être performant·e et d’atteindre tes objectifs. Tu apprends des techniques, et iel t’aide à les mettre en œuvre. Parfois cela demande de réfléchir à comment tu fonctionnes, mais ça n’est pas l’objectif. La finalité est la performance. &#xA;&#xA;👉 À l’inverse, lea psychologue, c’est la personne qui t’aide à aller mieux. Parfois ça veut dire apprendre des techniques, parfois ça veut dire réfléchir à comment tu fonctionnes. La finalité c’est le mieux-être. &#xA;&#xA;Je crois que cette distinction ne m’était pas aussi claire. Peut être que vous n’avez pas exactement la même, peut être que ça n’est pas la distinction officielle, je ne suis pas allée googler vu que j’écris ce billet dans un train avec très peu de wifi. ]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><a href="/depuis-les-gorces/tag:Feminisme" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Feminisme</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:Societe" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Societe</span></a></p>

<p><em>Pourquoi va-t-on chez lae psy ? Pour aller mieux, ou pour être une meilleure version de nous même ?</em>
</p>

<h2 id="devenir-une-meilleure-personne" id="devenir-une-meilleure-personne">Devenir une meilleure personne</h2>

<p>J&#39;ai lu le témoignage d&#39;une femme dont <strong>l’amoureux lui demande de changer pour qu&#39;ils restent ensemble</strong>. Elle trouve que c’est bien car ça l’aide à <strong>devenir une meilleure personne</strong>. Elle va même voir un psy pour qu’il l’aide à s’améliorer.</p>

<h3 id="devenir-une-meilleure-version-de-soi-même" id="devenir-une-meilleure-version-de-soi-même">Devenir une meilleure version de soi-même</h3>

<p>J&#39;étais mal à l’aise en lisant ce témoignage. J&#39;avais l&#39;impression que son compagnon était un manipulateur et qu&#39;il la fait se sentir nulle.</p>

<p>Et en même temps, qu’est-ce que je peux dire moi qui ai lu des tas de livres de <strong>développement personnel</strong> dans la bibliothèque de mon père, puis dans ma kobo pour comprendre <strong>comment devenir meilleure</strong>, savoir mieux y faire avec les humains, pour apprendre, et dans la vie ? Mais j&#39;ai l&#39;impression qu&#39;il y a une différence entre vouloir changer, et que quelqu&#39;un veuille qu&#39;on change.</p>

<h3 id="être-mieux-pas-aller-mieux" id="être-mieux-pas-aller-mieux">Être mieux, pas aller mieux</h3>

<p>Récemment, j’ai mangé avec une mastopote qui m’a dit :</p>

<blockquote><p>« le psy c’est pour aller mieux pas pour être mieux »</p></blockquote>

<p>Et là j’ai réalisé. C’était tellement bien dit. C’était tellement ça.</p>

<p>D&#39;ailleurs, j&#39;ai commencé à aller voir une psy il y a un an. Ma demande était de reprendre du contrôle sur ma vie pro, et donc de changer, j&#39;avais besoin d&#39;aller mieux (et de dormir mieux), mais pas d&#39;être meilleure...</p>

<h3 id="doit-on-changer-pour-celleux-qu-on-aime" id="doit-on-changer-pour-celleux-qu-on-aime">Doit-on changer pour celleux qu’on aime ?</h3>

<p>Ma mère m’a toujours dit qu’<strong>aimer une personne en espérant qu’elle change, c’est peine perdue</strong>.</p>

<p>Et effectivement, je crois qu’aimer une personne ce n’est pas lui trouver aucun défaut. C’est de connaître ses défauts et se dire que c’est OK, ça fait partie du lot, et ça nous va.</p>

<p>J’ai par exemple une de mes meilleures amies qui n’est pas fiable (un truc que je déteste à un point très très élevé), une autre qui a glissé à droite, une qui est très chouchounette et parfois un peu pénible, une qui fait souvent des longs monologues grognon, une toujours en retard, …  tout ça j’aime pas, mais <strong>chez mes amies, c’est OK</strong>. Je prends le package, je les aime avec leurs défauts, et je n’attends pas qu’elles changent.</p>

<p>Mon compagnon c’est pareil. Un jour peut être je ne supporterai plus ses défauts. Mais so far so good 💙.</p>

<p>Et à l’inverse, je pense aux compagnons toxiques de certaines de mes amies. Ces hommes les maltraitent : blagues dénigrantes devant les copaines et leurs enfants, reproches constants, colères et chantage affectif. J’aimerais qu’eux changent, ou que mes copines les quittent. Mais en écrivant ces lignes je me dis que ces hommes sont maltraitants car ils vont mal et ne se soignent pas. En fait, je rêverais qu’ils aillent mieux, qu’ils se soignent, et qu’ils deviennent les conjoints normaux dont mes copines sont tombé amoureuses.</p>

<h3 id="développement-personnel-coaching-ou-psychothérapie" id="développement-personnel-coaching-ou-psychothérapie">Développement personnel, coaching, ou psychothérapie ?</h3>

<p>Du coup je crois que je vois mieux la différence entre coaching et psychothérapie.</p>

<p>👉 En tant que pédagogue ou sportive, lea <strong>coach</strong> c’est la personne qui te permet d’<strong>être performant·e</strong> et d’atteindre tes objectifs. Tu apprends des techniques, et iel t’aide à les mettre en œuvre. Parfois cela demande de réfléchir à comment tu fonctionnes, mais ça n’est pas l’objectif. La finalité est la <strong>performance</strong>.</p>

<p>👉 À l’inverse, lea <strong>psychologue</strong>, c’est la personne qui <strong>t’aide à aller mieux</strong>. Parfois ça veut dire apprendre des techniques, parfois ça veut dire réfléchir à comment tu fonctionnes. La finalité c’est le <strong>mieux-être</strong>.</p>

<p>Je crois que cette distinction ne m’était pas aussi claire. Peut être que vous n’avez pas exactement la même, peut être que ça n’est pas la distinction officielle, je ne suis pas allée googler vu que j’écris ce billet dans un train avec très peu de wifi.</p>
]]></content:encoded>
      <guid>https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/aller-mieux-ou-etre-mieux</guid>
      <pubDate>Tue, 30 Dec 2025 18:30:14 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Qui tricote ? </title>
      <link>https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/qui-tricote</link>
      <description>&lt;![CDATA[Réflexions sur la place du tricot dans notre groupe social et du modèle patriarcal que nous montrons à nos enfants.&#xA;&#xA;#Féminisme #Société &#xA;!--more--&#xA;Je reviens d’un voyage au Danemark chez ma sœur qui est passionnée de tricot. C’était l’occasion pour moi de me motiver à terminer un mini projet démarré il y a très longtemps en ayant de l’aide pour réparer mes erreurs. &#xA;&#xA;On a tricoté, et je me suis aussi souvenu de ce qui ne me plaisait pas : c’est « un truc de filles ». Je n’ai vu que des femmes tricoter, acheter de la laine, ou parler de tricot.  En tricotant chez ma sœur, deux mailles à l’endroit, deux mailles à l’envers, je crois que le tricot m’a amenée un peu plus loin dans mes réflexions.&#xA;&#xA;L’égalité hommes-femmes dans ma génération&#xA;J’ai grandi à une époque et dans un groupe social où un homme qui faisait la cuisine ou qui allait chercher son enfant à l’école était un héros. Les tâches domestiques étaient encore très largement réalisées par les femmes, même quand elles travaillaient en dehors de la maison. &#xA;On a été sensibilisé·es dès l&#39;école aux inégalités entre les hommes et les femmes. On nous a expliqué que c’était dommage que les filles ne choisissent pas assez les carrières bien vues comme ingénieure ou médecin ou astronaute. On ne nous disait pas par contre que les petits garçons ne choisissaient pas assez les carrières d’infirmier ou de technicien de surface. &#xA;&#xA;L’une des luttes féministes de ma génération est de se battre pour partager équitablement la charge domestique : vaisselle, courses, cuisine, ménage, charge mentale, et pour celleux qui en ont : les soins aux enfants. On veut aussi accéder aux mêmes carrières que celles des hommes, et avoir le même salaire – qu’on n’obtient toujours pas. &#xA;Et les copaines qui ont des enfants rêvent que leurs filles veuillent être astronautes et pas princesses ; on rêve de casser le schéma ! &#xA;&#xA;On a beaucoup changé, mais rien n’a changé&#xA;Mon frère est un super papa : il cuisine, il fait les courses et la vaisselle, il nettoie le sol de sa propre initiative, il a pris du congé paternité, il sait s’occuper de sa fille sans avoir besoin de demander à sa mère ce qu’il faut mettre dans le sac. C’est pareil pour le compagnon de ma sœur. Et je pourrais dire la même chose d’un certain nombre d’hommes de ma génération et de ma classe sociale : des hommes modernes qui partagent (presque) équitablement les tâches domestiques. &#xA;&#xA;Mais quand j’écoute les copaines un peu plus âgé·es que mes frangins, visiblement, le partage des tâches domestiques ne change pas grand-chose dans les goûts genrés de leurs enfants. Malgré des pyjamas dinosaures et beaucoup de jouets non genrés, les petites filles veulent encore des trucs de princesse et les garçons des pelleteuses ou des camions de pompier. &#xA;&#xA;Alors en général je me dis que le problème est à la crèche, ou à l’école, ou à la TV (même si mes copaines bobos regardent très peu la TV), ou alors le problème ce sont les grands parents ? &#xA;&#xA;Les loisirs et le patriarcat &#xA;Au repas de Noël, quand j’ai vu les hommes et les femmes en cuisine, puis les femmes qui parlent tricot, et qui tricotent, et pas les hommes,  je me suis demandée : &#xA;&#xA;  Pourquoi les hommes cuisinent, font la vaisselle, mais ne tricotent pas ? &#xA;&#xA;En fait, la réponse est simple (mais j’ai mis plusieurs jours à comprendre). Dans notre société consumériste, le tricot est un loisir, au même titre que la céramique ou la menuiserie. Ce n’est pas une tâche domestique. &#xA;&#xA;Et autant nous nous sommes battues pour lutter contre la distribution genrée des tâches domestiques, autant, les loisirs sont majoritairement resté en dehors du champ des luttes féministes. &#xA;&#xA;Les hommes continuent à avoir des loisirs d’homme, et les femmes des loisirs de femme, comme le tricot. &#xA;&#xA;Nos loisirs montrent une socialisation genrée à nos enfants&#xA;Toustes mes copaines progressistes veulent élever leurs enfants sans distinction de genre. Iels proposent des camions aux petites filles et des poupées aux petits garçons. &#xA;&#xA;C’est aussi une des raisons qui poussent certaines de mes copines à exiger que leur compagnon partage équitablement les tâches domestiques (quel exemple on va montrer aux enfants?). C’est aussi cette raison, et aussi l’envie de réussir, qui pousse des copines à avoir une belle carrière. Montrer qu’on peut y arriver, et qu’on peut avoir un équilibre dans le couple. &#xA;&#xA;Mais je réalise que ça n’est qu’une partie du problème et qu’on incarne le patriarcat dans beaucoup d&#39;activités de notre quotidien.&#xA;&#xA;Papa fait la vaisselle, mais papa ne tricote pas, ne coud pas, ne fait pas de yoga. Et aucun papa ne tricote, ne coud ou ne fait du yoga. Par contre beaucoup de papa font du trail ou de la course, regardent le sport à la TV, et parfois un peu de bricolage. Mais aucun papa n’a des activités « typiquement féminines », ou bien c’est une exception très étrange. &#xA;Maman fait aussi la vaisselle, et souvent elle a des loisirs créatifs : elle coud, ou tricote, ou elle décore la maison… Et si elle ne le fait pas, quasiment toutes les autres mamans le font. Certaines maman font aussi quelques activités « typiquement masculines » comme faire de la course ou du vélo, et c’est plutôt bien vu.&#xA;&#xA;Rajoutons à cela que papa sort avec ses copains boire une bière et regarder le match, et que maman va avec des copines faire un thé poterie. Ou bien que les filles tricotent pendant que les gars regardent les news sur leur téléphone, et voici tout un ensemble de situations où nous expliquons par la pratique aux enfants que les garçons et les filles ne se mélangent pas et ne font pas la même chose. &#xA;&#xA;Nos loisirs expliquent aux enfants que les hommes et les femmes sont deux groupes sociaux très différents, avec des activités différentes. Et elleux apprennent à faire comme « une femme » ou comme « un homme » selon leur genre. &#xA;&#xA;(il y a aussi évidemment toutes les fois où on dit à une petite fille qu&#39;elle est jolie et à un petit garçon que c&#39;est un acrobate et un futur alpiniste).&#xA;&#xA;Le patriarcat et la dévalorisation des activités typiquement féminines&#xA;On pourrait dire : en quoi c’est grave que les petits garçons fassent massivement du foot alors que les petites filles vont à la gym ou apprennent à tricoter ? On n’apprend pas davantage de physique au foot plus qu’à la gym ? (puisque le problème au coeur de ma génération était l&#39;accès à des métiers « valorisés »). &#xA;&#xA;Mais le problème, c’est que toutes les activités féminines sont moins valorisées que celles réalisées majoritairement par des hommes.&#xA;&#xA;Les métiers masculins comme chirurgiens sont (beaucoup) mieux rémunérés que les métiers féminins comme infirmière. &#xA;Et cette hiérarchie existe aussi pour les loisirs. Un garçon qui fait de la danse sera moqué, alors qu’une fille qui fait du planeur sera valorisée.&#xA;&#xA;Et ça pourrait ne pas être grave, si cette dévalorisation des activités « typiquement féminines » n’avait pas un impact dans d’autres pans de la vie. Je ne me vois pas écrire « tricot » comme loisir sur un CV pour un poste, mais j’écrirais bricolage ou planeur. Mes loisirs et mes goûts plus généralement auront un impact sur ma carrière. &#xA;&#xA;En effet, si j’aime le foot, je peux aller voir des matchs de foot avec les collègues hommes, être bien perçu car j’ai joué dans le même club que le chef quand j’étais enfant, ou bien simplement participer aux conversations chaque midi. Si je n’aime pas le foot, ni aucune des activités typiquement masculines, il me sera très difficile de m’intégrer dans un milieu d’hommes. Et lors de mon entretien d’embauche, il est très probable qu’on me préfèrera un homme qui a l’air plus proche « de la culture de l’équipe ou de l’entreprise ».&#xA;&#xA;Et je crois que j’avais implicitement bien compris ça quand j’étais jeune. Et plutôt que de vouloir renverser le patriarcat, moi, je voulais faire les trucs cools, les trucs de mecs. Et donc je ne voulais pas être la fille qui tricote et qui rêve de se marier et d’avoir des enfants. Même si j’adorais faire des choses de mes mains et que j’avais en même temps envie de tricoter. &#xA;Et surtout, c’est à cause de cette hiérarchie de valeurs que les hommes ne trouvent pas désirables nos activités de loisir. Ce ne sont pas les activités de leurs pairs, et en plus, c’est des activités de filles. &#xA;&#xA;Je ne sais pas comment on donnera envie aux hommes de tricoter, (à part en renversant le patriarcat, mais on fait comment ?) mais je sais que tant que nos loisirs seront genrés, on ne pourra pas être surpris·es que les petites filles veuillent devenir des princesses, ou en tous cas, faire tout ce qu’il faut pour intégrer le groupe des « filles-femmes ». &#xA;&#xA;Feminisme]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><em>Réflexions sur la place du tricot dans notre groupe social et du modèle patriarcal que nous montrons à nos enfants.</em></p>

<p><a href="/depuis-les-gorces/tag:F%C3%A9minisme" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Féminisme</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:Soci%C3%A9t%C3%A9" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Société</span></a>

<em>Je reviens d’un voyage au Danemark chez ma sœur qui est passionnée de tricot. C’était l’occasion pour moi de me motiver à terminer un mini projet démarré il y a très longtemps en ayant de l’aide pour réparer mes erreurs.</em></p>

<p><em>On a tricoté, et je me suis aussi souvenu de ce qui ne me plaisait pas : c’est « un truc de filles ». Je n’ai vu que des femmes tricoter, acheter de la laine, ou parler de tricot.  En tricotant chez ma sœur, deux mailles à l’endroit, deux mailles à l’envers, je crois que le tricot m’a amenée un peu plus loin dans mes réflexions.</em></p>

<h2 id="l-égalité-hommes-femmes-dans-ma-génération" id="l-égalité-hommes-femmes-dans-ma-génération">L’égalité hommes-femmes dans ma génération</h2>

<p>J’ai grandi à une époque et dans un groupe social où un homme qui faisait la cuisine ou qui allait chercher son enfant à l’école était un héros. Les tâches domestiques étaient encore très largement réalisées par les femmes, même quand elles travaillaient en dehors de la maison.
On a été sensibilisé·es dès l&#39;école aux inégalités entre les hommes et les femmes. On nous a expliqué que c’était dommage que les filles ne choisissent pas assez les carrières bien vues comme ingénieure ou médecin ou astronaute. On ne nous disait pas par contre que les petits garçons ne choisissaient pas assez les carrières d’infirmier ou de technicien de surface.</p>

<p>L’une des <strong>luttes féministes</strong> de ma génération est de se battre pour <strong>partager équitablement la charge domestique</strong> : vaisselle, courses, cuisine, ménage, charge mentale, et pour celleux qui en ont : les soins aux enfants. On veut aussi accéder aux <strong>mêmes carrières</strong> que celles des hommes, et avoir le <strong>même salaire</strong> – qu’on n’obtient toujours pas.
Et les copaines qui ont des enfants rêvent que leurs filles veuillent être astronautes et pas princesses ; on rêve de <strong>casser le schéma !</strong> </p>

<h2 id="on-a-beaucoup-changé-mais-rien-n-a-changé" id="on-a-beaucoup-changé-mais-rien-n-a-changé">On a beaucoup changé, mais rien n’a changé</h2>

<p>Mon frère est un super papa : il cuisine, il fait les courses et la vaisselle, il nettoie le sol de sa propre initiative, il a pris du congé paternité, il sait s’occuper de sa fille sans avoir besoin de demander à sa mère ce qu’il faut mettre dans le sac. C’est pareil pour le compagnon de ma sœur. Et je pourrais dire la même chose d’un certain nombre d’hommes de ma génération et de ma classe sociale : des hommes modernes qui partagent (presque) équitablement les tâches domestiques.</p>

<p>Mais quand j’écoute les copaines un peu plus âgé·es que mes frangins, visiblement, le partage des tâches domestiques ne change pas grand-chose dans les goûts genrés de leurs enfants. Malgré des pyjamas dinosaures et beaucoup de jouets non genrés, les petites filles veulent encore des trucs de princesse et les garçons des pelleteuses ou des camions de pompier.</p>

<p>Alors en général je me dis que le problème est à la crèche, ou à l’école, ou à la TV (même si mes copaines bobos regardent très peu la TV), ou alors le problème ce sont les grands parents ?</p>

<h2 id="les-loisirs-et-le-patriarcat" id="les-loisirs-et-le-patriarcat">Les loisirs et le patriarcat</h2>

<p>Au repas de Noël, quand j’ai vu les hommes et les femmes en cuisine, puis les femmes qui parlent tricot, et qui tricotent, et pas les hommes,  je me suis demandée :</p>

<blockquote><p>Pourquoi les hommes cuisinent, font la vaisselle, mais ne tricotent pas ?</p></blockquote>

<p>En fait, la réponse est simple (mais j’ai mis plusieurs jours à comprendre). Dans notre société consumériste, <strong>le tricot est un loisir</strong>, au même titre que la céramique ou la menuiserie. Ce n’est <strong>pas une tâche domestique</strong>.</p>

<p>Et autant nous nous sommes battues pour lutter contre la distribution genrée des tâches domestiques, autant, les loisirs sont majoritairement resté en dehors du champ des luttes féministes.</p>

<p><strong>Les hommes continuent à avoir des loisirs d’homme, et les femmes des loisirs de femme, comme le tricot</strong>.</p>

<h3 id="nos-loisirs-montrent-une-socialisation-genrée-à-nos-enfants" id="nos-loisirs-montrent-une-socialisation-genrée-à-nos-enfants">Nos loisirs montrent une socialisation genrée à nos enfants</h3>

<p>Toustes mes copaines progressistes veulent élever leurs enfants sans distinction de genre. Iels proposent des camions aux petites filles et des poupées aux petits garçons.</p>

<p>C’est aussi une des raisons qui poussent certaines de mes copines à exiger que leur compagnon partage équitablement les tâches domestiques (quel exemple on va montrer aux enfants?). C’est aussi cette raison, et aussi l’envie de réussir, qui pousse des copines à avoir une belle carrière. Montrer qu’<strong>on peut y arriver</strong>, et qu’<strong>on peut avoir un équilibre dans le couple</strong>.</p>

<p>Mais je réalise que ça n’est qu’une partie du problème et qu’<strong>on incarne le patriarcat dans beaucoup d&#39;activités de notre quotidien</strong>.</p>
<ul><li><strong>Papa</strong> fait la vaisselle, mais papa ne tricote pas, ne coud pas, ne fait pas de yoga. Et aucun papa ne tricote, ne coud ou ne fait du yoga. Par contre beaucoup de papa font du trail ou de la course, regardent le sport à la TV, et parfois un peu de bricolage. Mais aucun papa n’a des activités « typiquement féminines », ou bien c’est une exception très étrange.</li>
<li><strong>Maman</strong> fait aussi la vaisselle, et souvent elle a des loisirs créatifs : elle coud, ou tricote, ou elle décore la maison… Et si elle ne le fait pas, quasiment toutes les autres mamans le font. Certaines maman font aussi quelques activités « typiquement masculines » comme faire de la course ou du vélo, et c’est plutôt bien vu.</li></ul>

<p>Rajoutons à cela que papa sort avec ses copains boire une bière et regarder le match, et que maman va avec des copines faire un thé poterie. Ou bien que les filles tricotent pendant que les gars regardent les news sur leur téléphone, et voici tout un ensemble de situations où nous expliquons par la pratique aux enfants que les garçons et les filles ne se mélangent pas et ne font pas la même chose.</p>

<p><strong>Nos loisirs expliquent aux enfants que les hommes et les femmes sont deux groupes sociaux très différents</strong>, avec des activités différentes. Et elleux apprennent à faire comme « une femme » ou comme « un homme » selon leur genre.</p>

<p>(il y a aussi évidemment toutes les fois où on dit à une petite fille qu&#39;elle est jolie et à un petit garçon que c&#39;est un acrobate et un futur alpiniste).</p>

<h3 id="le-patriarcat-et-la-dévalorisation-des-activités-typiquement-féminines" id="le-patriarcat-et-la-dévalorisation-des-activités-typiquement-féminines">Le patriarcat et la dévalorisation des activités typiquement féminines</h3>

<p>On pourrait dire : en quoi c’est grave que les petits garçons fassent massivement du foot alors que les petites filles vont à la gym ou apprennent à tricoter ? On n’apprend pas davantage de physique au foot plus qu’à la gym ? (puisque le problème au coeur de ma génération était l&#39;accès à des métiers « <em>valorisés</em> »).</p>

<p>Mais le problème, c’est que <strong>toutes les activités féminines sont moins valorisées que celles réalisées majoritairement par des hommes</strong>.</p>
<ol><li>Les métiers masculins comme chirurgiens sont (beaucoup) mieux <strong>rémunérés</strong> que les métiers féminins comme infirmière.</li>
<li>Et <strong>cette hiérarchie existe aussi pour les loisirs</strong>. Un garçon qui fait de la danse sera moqué, alors qu’une fille qui fait du planeur sera valorisée.</li></ol>

<p>Et ça pourrait ne pas être grave, si cette dévalorisation des activités « typiquement féminines » n’avait pas un impact dans d’autres pans de la vie. Je ne me vois pas écrire « tricot » comme loisir sur un CV pour un poste, mais j’écrirais bricolage ou planeur. <strong>Mes loisirs et mes goûts plus généralement auront un impact sur ma carrière</strong>.</p>

<p>En effet, si j’aime le foot, je peux aller voir des matchs de foot avec les collègues hommes, être bien perçu car j’ai joué dans le même club que le chef quand j’étais enfant, ou bien simplement participer aux conversations chaque midi. Si je n’aime pas le foot, ni aucune des activités typiquement masculines, il me sera très difficile de m’intégrer dans un milieu d’hommes. Et lors de mon entretien d’embauche, il est très probable qu’on me préfèrera un homme qui a l’air plus proche « <em>de la culture de l’équipe ou de l’entreprise</em> ».</p>

<p>Et je crois que j’avais implicitement bien compris ça quand j’étais jeune. Et plutôt que de vouloir renverser le patriarcat, moi, je voulais faire les trucs cools, les trucs de mecs. Et donc je ne voulais pas être la fille qui tricote et qui rêve de se marier et d’avoir des enfants. Même si j’adorais faire des choses de mes mains et que j’avais en même temps envie de tricoter.
Et surtout, c’est à cause de cette hiérarchie de valeurs que les hommes ne trouvent pas désirables nos activités de loisir. Ce ne sont pas les activités de leurs pairs, et en plus, c’est des activités de filles.</p>

<p>Je ne sais pas <strong>comment on donnera envie aux hommes de tricoter</strong>, (à part en renversant le patriarcat, mais on fait comment ?) mais je sais que tant que nos loisirs seront genrés, on ne pourra pas être surpris·es que les petites filles veuillent devenir des princesses, ou en tous cas, faire tout ce qu’il faut pour intégrer le groupe des « filles-femmes ».</p>

<p><a href="/depuis-les-gorces/tag:Feminisme" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Feminisme</span></a></p>
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      <guid>https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/qui-tricote</guid>
      <pubDate>Tue, 30 Dec 2025 15:56:12 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Vivant parmi les vivants</title>
      <link>https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/film-vivant-parmi-les-vivants</link>
      <description>&lt;![CDATA[#Film #Animaux&#xA;Quelques réflexions suite au visionnage du film naturaliste  « Vivant parmi les vivants » de a href=&#34;https://sylverepetit-photos.com/&#34;Sylvère Petit/a avec comme humain·es connu·es : Vinciane Despret, Hélène Roche et a href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/BaptisteMorizot&#34;Baptiste Morizot/a. Ce film montre beaucoup d’animaux (du cheval de Przewalski à la mouche à viande), mais il s’intéresse en fait à tous les êtres sensibles, du peuplier d’Italie à l’humain, en passant par les insectes et les animaux domestiques.&#xA;!--more--&#xA;img src=&#34;https://api-cdn.arte.tv/img/v2/image/iJCHAyCzEsDkZ3JJgbV29W/1920x1080?type=TEXT&amp;watermark=true&#34;, alt=&#34;Affiche du film Vivant parmi les vivants avec deux chevaux de préwalski qui sont cabrés et le logo arte&#34;&#xA;&#xA;a href=&#34;https://www.arte.tv/fr/videos/115029-000-A/vivant-parmi-les-vivants/&#34;Lien pour visionner le film (gratuit pour quelques semaines sur arte)/a&#xA;&#xA;Quel type de film ? &#xA;Ce n&#39;est pas un documentaire animalier &#xA;J&#39;ai entendu (beaucoup) parler de ce film par a href=&#34;https://www.heleneroche.fr/fr/&#34;Hélène Roche/a qui est une très bonne amie. Elle est éthologue, spécialiste du comportement des chevaux de Przewalski. Je savais que beaucoup de scènes avaient été tournées au Villaret (lieu d’hébergement d’un troupeau de chevaux de Przewalski sous la responsabilité de l’association Takh). Du coup je m’attendais à un genre de documentaire animalier. &#xA;&#xA;Le dernier documentaire animalier que j’ai regardé c’était Microcosmos, et autant j’ai un bon souvenir de la bande originale, autant je me suis ennuyée ferme pendant le film. Mes souvenirs plus anciens sont des documentaires vus à la TV chez ma grand-mère avec la magnifique voix off : « et là… la panthère jaillit sur sa proie et ne lui laisse aucune chance »… &#xA;&#xA;J&#39;ai rechigné à regarder le film car je ne suis pas très friande de documentaires animaliers, et la bonne nouvelle, c&#39;est que Vivant parmi les vivants n’est pas un documentaire animalier au sens où je l’entendais, et c’est une très bonne chose.&#xA;&#xA;C&#39;est un documentaire sur le vivant &#xA;C’est un film où on voit des animaux vivre sans voix off qui expliquerait ce qu&#39;ils font. On voit à hauteur d’animaux, et on voit des humains, des animaux morts dans la nature ou sur l’étal d’un boucher, et des végétaux filmés comme les animaux. On voit des vivants. &#xA;&#xA;Mais ce n’est pas un film sans narration à la microcosmos. La bande son parlée est construite avec des lectures des ouvrages de Vinciane Despret et de Baptiste Morizot, des dialogues entre Hélène et Baptiste, et des extraits de conférences données par Baptiste et Vinciane. &#xA;&#xA;Le propos du film n’est pas de nous faire connaître les chevaux de Przewalski ni une autre espèce, mais plutôt de nous faire réfléchir sur la place des êtres sensibles non humains (les vivants) dans le monde des humains. &#xA;&#xA;Un film magnifique &#xA;La première chose qui m’a marquée en voyant ce film, c’est la beauté des images. J’avais souvent envie de faire un arrêt sur image pour imprimer ce que j’avais à l’écran et en faire un poster. Tout est beau, sans donner l’impression d’images Disney ou produites par une IA. Il y a une sensibilité, des jeux de lumière, une attention donnée à ce qu’on ne regarde pas en général quand on vit comme un·e humain·e… &#xA;&#xA;Je n’ai pas du tout une âme contemplative et je m’ennuie très vite (je ne promets pas ne jamais avoir scrollé un peu sur Mastodon pendant le film ). Mais en suivant l’œil du cameraman, il y avait en fait plein de choses à regarder. J’aurais presque aimé qu’on pousse le regard naturaliste en nommant les êtres que l’on voit comme les principages principaux sont nommés. Mais ça aurait été moins beau. &#xA;&#xA;Quels liens entre un être vivant parmi les autres vivants ? &#xA;Ce que montre l’image &#xA;J’ai l’impression d’une description presque géographique des relations entre les différentes espèces présentes. On voit des espèces qui partagent un même lieu sans trop interagir. &#xA;&#xA;Entre membres d&#39;une même espèce : beaucoup d&#39;interactions &#xA;Il y a beaucoup d’interaction intra-espèces : des humains qui parlent, des chevaux qui interagissent (conduite, jeux, grooming, …), des chiens qui « jouent », … On voit un rat, des pigeons, un goeland, des chiens dans un univers d’humains, mais pas d’interactions entre ces espèces. &#xA;&#xA;La mort qui nous relie &#xA;Les interactions inter-espèces sont surtout des scènes où des animaux mangent des animaux morts : des très longues séquences de consommation d’une espèce par une autre : les pies qui mangent le renard mort, puis les vautours, les choucas, les insectes qui mangent le cheval mort, et les humains qui achètent des animaux morts et les mangent lors d’un repas convivial. &#xA;Il y a aussi des interactions entre les animaux et les végétaux qui servent d’habitat, de nourriture ou de grattoir. &#xA;&#xA;Et les deux seules interactions dont je me souviens qui sortent de ce schéma sont le moment où un chouca embête (interprétation d’humaine qui ne connaît pas du tout l’éthologie de ces animaux) et le moment où Vinciane Despret caresse machinalement la tête de sa chienne Alba. &#xA;&#xA;Au final ça me donne une impression que, hormis par la consommation d’animaux morts, les animaux, et nous compris, n’ont pas de lien. Et ça me semble faux et triste. &#xA;&#xA;Ce qui est dit &#xA;Il faudra que je réécoute, ou plutôt que je lise les livres de Baptiste Morizot (j’en ai un en cours de lecture) et de Vinciane Despret (j’ai déjà lu un de ses livres, mais assez ancien). &#xA;&#xA;En vrac… &#xA;La crise de la sensibilité du vivant&#xA;&#xA;L’une des thèses défendues par Baptiste Morizot est que la crise écologique actuelle est une crise de la sensibilité au vivant. Nous ne connaissons plus le vivant, et nous ne voyons pas, nous ne souffrons pas pour ce que nous sommes en train de perdre à grande vitesse. Il faudra que j’aille lire davantage car l’idée me plaît, mais j’en ai vu des mises en œuvre pédagogiques discutables… Mais j&#39;imagine qu&#39;une des idées de Sylvère Petit, le réalisateur, était de faire un très beau film pour nous (re)sensibiliser au vivant. &#xA;&#xA;La place des animaux non humains dans les lieux de vie des humains&#xA;Vinciane Despret aborde l&#39;idée de ne pas isoler l’homme des autres vivants en posant la question de la place des animaux dans notre société. Elle relate l’anecdote d’une exposition au palais Baubourg dans lequel les animaux n’ont pas le droit d’entrer, sauf par effraction. Elle dit que les animaux ont de moins en moins de place parmi les humains, j’ai perçu cette réflexion comme assez géographique, et je me suis posée la question des animaux de compagnie. &#xA;Et moi je me demande : Y-a-t-il vraiment moins d’animaux auprès des humains malgré l’explosion des animaux de compagnie ? &#xA;&#xA;Un regard d&#39;humain sur les animaux&#xA;L’idée de Vinciane Despret selon laquelle on regarde les animaux avec un regard d’humains et qu’on leur pose des questions d’humains est un peu soulevée. &#xA;&#xA;Le philosophe Baptiste critique l’éthologue Hélène Roche qui utilise un vocabulaire scientifique anthropocentré (dominant, leader). &#xA;J’ai trouvé ce passage particulièrement gênant dans sa forme même si je suis d’accord avec le fond. J’ai eu l’impression d’un sorte de piège tendu pour mettre en valeur le philosophe car je sais qu’Hélène Roche connaît et partage ces critiques, mais que quand on lui demande de prendre la casquette d’éthologue, elle joue le jeu et utilise les mots dont les définitions ont été établie. Elle fait partie des observatrices des animaux qui sortent du carcan de l’éthologie moderne et des seules questions de dominance, leadership et capacités cognitives comme elle l’a montré dans son livre : a href=&#34;https://www.heleneroche.fr/fr/produits/livres/les-chevaux-nous-parlent-si-on-les-ecoute.html&#34;Les chevaux nous parlent si on les écoute/a. Baptiste Morizot laisse Hélène Roche raconter une de ses anecdotes mais ça donne l’impression d’être comprimé entre ses réflexions. &#xA;&#xA;Dans cette lignée de ce qu’on veut voir, ou pas, chez les animaux, Vinciane Despret rappelle qu’on voudrait que tout ce que font les animaux soit motivé par des raisons évolutives : manger, se reproduire, etc. &#xA;&#xA;  Mais pourquoi le bourdon copule-t-il avec l’orchidée qui ne lui apporte aucun nectar ? Peut-être par simple plaisir sensuel. Et peut-être même que l&#39;orchidée trouve ça agréable. &#xA;&#xA;Vinciane Despret aborde aussi le sujet de l’écriture chez les animaux qu’elle a exploré dans son livre livre «&amp;nbsp;a href=&#34;https://www.babelio.com/livres/Despret-Autobiographie-dun-poulpe-et-autres-recits-danti/1303339&#34;Autobiographie d’un poulpe/a&amp;nbsp;». Cette idée qu’on ne serait pas les seuls capables d’écrire, c’est-à-dire de laisser des traces qui font sens pour d’autres animaux, ou qui sont poétiques. &#xA;&#xA;Ce qui m’a gênée &#xA;&#xA;Un regard d’homme blanc &#xA;&#xA;Un film d&#39;homme&#xA;Oui il y a deux femmes et un homme. On est d&#39;ailleurs quand même largement au dessus des films habituels quand même, puisque les femmes ne sont pas sexualisées, et 2 des protagonistes humains principaux sont des femmes. &#xA;&#xA;Mais l’homme a un rôle central : &#xA;&#xA;Il parle avec chacune des femmes, mais les deux femmes ne parlent jamais entre elles (bonjour le a href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Testde_Bechdel&#34;test de Bechdel/a).&#xA;Il se comporte avec Hélène d’une manière très paternaliste et mecspliquante, &#xA;&#xA;Je ne sais pas si c’est la personnalité de Baptiste Morizot, ou bien le regard sexiste du réalisateur (qui est un homme vivant dans une société sexiste), mais les choix de montage montrent vraiment une asymétrie entre l’homme qui sait, qui explique, qui coupe la parole, qui parle plus longuement, et la femme « naïve » qui écoute. Il y a moins d’asymétrie entre Vinciane Despret et Baptiste Morizot. Je crois que j&#39;aurais trouvé le film moins sexiste s&#39;il n&#39;y avait pas eu ces scènes de pseudo-discussions entre Baptiste Morizot et Hélène Roche. &#xA;&#xA;Un entre-soi bourgeois&#xA;Ce film me donne aussi l’impression d’un entre-soi bourgeois blanc. Les protagonistes humain·es sont des intellectuel·les blanc·ches qui lisent, écrivent, et disent des mots compliqués. Il et elles ont une certaine complicité, et un certain surplomb sur les reste des animaux humains présents à l’écran. &#xA;&#xA;Qu’est-ce qui aurait pu être différent ? Je serai curieuse de comprendre le choix des terrains, tous de France métropolitaine. Je suppose que c’est aussi une question de praticité, et que ça n’est pas simple aujourd’hui de filmer des chevaux de Przewalski en Russie. Mais on aurait peut être pu filmer des chiens féraux en Martinique ? Baptiste Morizot parle des peuples « primitifs » américains qui auraient connus les castors géants, peut être on aurait pu avoir des images de sources, ou bien même un entretien avec des descendant·es qui étudient les peuples premiers ? Baptiste parle à la fin de l’enjeu des luttes de protection d’éco-systèmes locaux, peut-être aurait-on pu voir des personnes qui mènent ces luttes et qui ne soient pas des écolos bourgeois blancs ? Ou même voir ces luttes dans les outremers ? &#xA;&#xA;Où sont les liens ? &#xA;Et je suis aussi surprise (et j’avoue un peu déçue) de n’avoir vu aucune interaction réelle entre humains et animaux ou végétaux. Personne qui ne soigne, ne dialogue, n’écoute, ne joue, ne chasse, ne tue… Juste de l’observation à distance. &#xA;&#xA;En regardant la filmographie de Sylvère Petit, je découvre qu&#39;il a fait des court-métrages qui montrent d&#39;autres relations avec les animaux, et d&#39;autres protagonistes humains moins intellos. Je ne sais pas trop où ils sont visionnables, mais je serai curieuse de les regarder. &#xA;&#xA;#Feminisme #AntiSpecisme #Animals #philosophie #Lecture #Societe&#xA;]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><a href="/depuis-les-gorces/tag:Film" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Film</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:Animaux" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Animaux</span></a>
<em>Quelques réflexions suite au visionnage du film naturaliste  « Vivant parmi les vivants » de <a href="https://sylverepetit-photos.com/" rel="nofollow">Sylvère Petit</a> avec comme humain·es connu·es : Vinciane Despret, Hélène Roche et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Baptiste_Morizot" rel="nofollow">Baptiste Morizot</a>. Ce film montre beaucoup d’animaux (du cheval de Przewalski à la mouche à viande), mais il s’intéresse en fait à tous les êtres sensibles, du peuplier d’Italie à l’humain, en passant par les insectes et les animaux domestiques.</em>

<img src="https://api-cdn.arte.tv/img/v2/image/iJCHAyCzEsDkZ3JJgbV29W/1920x1080?type=TEXT&amp;watermark=true" alt="Affiche du film Vivant parmi les vivants avec deux chevaux de préwalski qui sont cabrés et le logo arte"></p>

<p><a href="https://www.arte.tv/fr/videos/115029-000-A/vivant-parmi-les-vivants/" rel="nofollow">Lien pour visionner le film (gratuit pour quelques semaines sur arte)</a></p>

<h2 id="quel-type-de-film" id="quel-type-de-film">Quel type de film ?</h2>

<h3 id="ce-n-est-pas-un-documentaire-animalier" id="ce-n-est-pas-un-documentaire-animalier">Ce n&#39;est pas un documentaire animalier</h3>

<p>J&#39;ai entendu (beaucoup) parler de ce film par <a href="https://www.heleneroche.fr/fr/" rel="nofollow">Hélène Roche</a> qui est une très bonne amie. Elle est éthologue, spécialiste du comportement des chevaux de Przewalski. Je savais que beaucoup de scènes avaient été tournées au Villaret (lieu d’hébergement d’un troupeau de chevaux de Przewalski sous la responsabilité de l’association Takh). Du coup je m’attendais à un genre de documentaire animalier.</p>

<p>Le dernier documentaire animalier que j’ai regardé c’était Microcosmos, et autant j’ai un bon souvenir de la bande originale, autant je me suis ennuyée ferme pendant le film. Mes souvenirs plus anciens sont des documentaires vus à la TV chez ma grand-mère avec la magnifique voix off : « et là… la panthère jaillit sur sa proie et ne lui laisse aucune chance »…</p>

<p>J&#39;ai rechigné à regarder le film car je ne suis pas très friande de documentaires animaliers, et la bonne nouvelle, c&#39;est que Vivant parmi les vivants n’est <strong>pas un documentaire animalier</strong> au sens où je l’entendais, et c’est une très bonne chose.</p>

<h3 id="c-est-un-documentaire-sur-le-vivant" id="c-est-un-documentaire-sur-le-vivant">C&#39;est un documentaire sur le vivant</h3>

<p>C’est un film où on voit des animaux <strong>vivre</strong> sans voix off qui expliquerait ce qu&#39;ils font. On voit à hauteur d’animaux, et on voit des humains, des animaux morts dans la nature ou sur l’étal d’un boucher, et des végétaux filmés comme les animaux. On voit des vivants.</p>

<p>Mais ce n’est pas un film sans narration à la microcosmos. La bande son parlée est construite avec des lectures des ouvrages de Vinciane Despret et de Baptiste Morizot, des dialogues entre Hélène et Baptiste, et des extraits de conférences données par Baptiste et Vinciane.</p>

<p>Le propos du film n’est pas de nous faire connaître les chevaux de Przewalski ni une autre espèce, mais plutôt de nous faire réfléchir sur la <strong>place des êtres sensibles non humains (les vivants) dans le monde des humains</strong>.</p>

<h3 id="un-film-magnifique" id="un-film-magnifique">Un film magnifique</h3>

<p>La première chose qui m’a marquée en voyant ce film, c’est la <strong>beauté</strong> des images. J’avais souvent envie de faire un arrêt sur image pour imprimer ce que j’avais à l’écran et en faire un poster. Tout est beau, sans donner l’impression d’images Disney ou produites par une IA. Il y a une sensibilité, des jeux de lumière, une attention donnée à ce qu’on ne regarde pas en général quand on vit comme un·e humain·e…</p>

<p>Je n’ai pas du tout une âme contemplative et je m’ennuie très vite (je ne promets pas ne jamais avoir scrollé un peu sur Mastodon pendant le film ). Mais en suivant l’œil du cameraman, il y avait en fait plein de choses à regarder. J’aurais presque aimé qu’on pousse le regard naturaliste en nommant les êtres que l’on voit comme les principages principaux sont nommés. Mais ça aurait été moins beau.</p>

<h2 id="quels-liens-entre-un-être-vivant-parmi-les-autres-vivants" id="quels-liens-entre-un-être-vivant-parmi-les-autres-vivants">Quels liens entre un être vivant parmi les autres vivants ?</h2>

<h3 id="ce-que-montre-l-image" id="ce-que-montre-l-image">Ce que montre l’image</h3>

<p>J’ai l’impression d’une description presque <strong>géographique</strong> des relations entre les différentes espèces présentes. On voit des espèces qui partagent un même lieu sans trop interagir.</p>

<h4 id="entre-membres-d-une-même-espèce-beaucoup-d-interactions" id="entre-membres-d-une-même-espèce-beaucoup-d-interactions">Entre membres d&#39;une même espèce : beaucoup d&#39;interactions</h4>

<p>Il y a beaucoup d’interaction <strong>intra-espèces</strong> : des humains qui parlent, des chevaux qui interagissent (conduite, jeux, grooming, …), des chiens qui « jouent », … On voit un rat, des pigeons, un goeland, des chiens dans un univers d’humains, mais pas d’interactions entre ces espèces.</p>

<h4 id="la-mort-qui-nous-relie" id="la-mort-qui-nous-relie">La mort qui nous relie</h4>

<p>Les interactions <strong>inter-espèces</strong> sont surtout des scènes où des animaux mangent des animaux morts : des très longues séquences de consommation d’une espèce par une autre : les pies qui mangent le renard mort, puis les vautours, les choucas, les insectes qui mangent le cheval mort, et les humains qui achètent des animaux morts et les mangent lors d’un repas convivial.
Il y a aussi des interactions entre les animaux et les végétaux qui servent d’habitat, de nourriture ou de grattoir.</p>

<p>Et les deux seules interactions dont je me souviens qui sortent de ce schéma sont le moment où un chouca embête (interprétation d’humaine qui ne connaît pas du tout l’éthologie de ces animaux) et le moment où Vinciane Despret caresse machinalement la tête de sa chienne Alba.</p>

<p>Au final ça me donne une impression que, hormis par la consommation d’animaux morts, les animaux, et nous compris, n’ont pas de lien. Et ça me semble faux et triste.</p>

<h3 id="ce-qui-est-dit" id="ce-qui-est-dit">Ce qui est dit</h3>

<p>Il faudra que je réécoute, ou plutôt que je lise les livres de Baptiste Morizot (j’en ai un en cours de lecture) et de Vinciane Despret (j’ai déjà lu un de ses livres, mais assez ancien).</p>

<p><em>En vrac…</em></p>

<h4 id="la-crise-de-la-sensibilité-du-vivant" id="la-crise-de-la-sensibilité-du-vivant">La crise de la sensibilité du vivant</h4>

<p>L’une des thèses défendues par Baptiste Morizot est que <strong>la crise écologique actuelle est une crise de la sensibilité au vivant</strong>. Nous ne connaissons plus le vivant, et nous ne voyons pas, nous ne souffrons pas pour ce que nous sommes en train de perdre à grande vitesse. Il faudra que j’aille lire davantage car l’idée me plaît, mais j’en ai vu des mises en œuvre pédagogiques discutables… Mais j&#39;imagine qu&#39;une des idées de Sylvère Petit, le réalisateur, était de faire un très beau film pour nous (re)sensibiliser au vivant.</p>

<h4 id="la-place-des-animaux-non-humains-dans-les-lieux-de-vie-des-humains" id="la-place-des-animaux-non-humains-dans-les-lieux-de-vie-des-humains">La place des animaux non humains dans les lieux de vie des humains</h4>

<p>Vinciane Despret aborde l&#39;idée de ne pas isoler l’homme des autres vivants en posant la question de <strong>la place des animaux dans notre société</strong>. Elle relate l’anecdote d’une exposition au palais Baubourg dans lequel les animaux n’ont pas le droit d’entrer, sauf par effraction. Elle dit que les animaux ont de moins en moins de place parmi les humains, j’ai perçu cette réflexion comme assez géographique, et je me suis posée la question des animaux de compagnie.
Et moi je me demande : <em>Y-a-t-il vraiment moins d’animaux auprès des humains malgré l’explosion des animaux de compagnie ?</em></p>

<h4 id="un-regard-d-humain-sur-les-animaux" id="un-regard-d-humain-sur-les-animaux">Un regard d&#39;humain sur les animaux</h4>

<p>L’idée de Vinciane Despret selon laquelle on regarde les animaux avec un regard d’humains et qu’on leur pose des questions d’humains est un peu soulevée.</p>

<p>Le philosophe Baptiste critique l’éthologue Hélène Roche qui utilise un vocabulaire scientifique anthropocentré (<em>dominant</em>, <em>leader</em>).
J’ai trouvé ce passage particulièrement gênant dans sa forme même si je suis d’accord avec le fond. J’ai eu l’impression d’un sorte de piège tendu pour mettre en valeur le philosophe car je sais qu’Hélène Roche connaît et partage ces critiques, mais que quand on lui demande de prendre la casquette d’éthologue, elle joue le jeu et utilise les mots dont les définitions ont été établie. Elle fait partie des observatrices des animaux qui sortent du carcan de l’éthologie moderne et des seules questions de dominance, leadership et capacités cognitives comme elle l’a montré dans son livre : <a href="https://www.heleneroche.fr/fr/produits/livres/les-chevaux-nous-parlent-si-on-les-ecoute.html" rel="nofollow">Les chevaux nous parlent si on les écoute</a>. Baptiste Morizot laisse Hélène Roche raconter une de ses anecdotes mais ça donne l’impression d’être comprimé entre ses réflexions.</p>

<p>Dans cette lignée de ce qu’on veut voir, ou pas, chez les animaux, Vinciane Despret rappelle qu’<strong>on voudrait que tout ce que font les animaux soit motivé par des raisons évolutives</strong> : manger, se reproduire, etc.</p>

<blockquote><p>Mais pourquoi le bourdon copule-t-il avec l’orchidée qui ne lui apporte aucun nectar ? Peut-être par simple plaisir sensuel. Et peut-être même que l&#39;orchidée trouve ça agréable.</p></blockquote>

<p>Vinciane Despret aborde aussi le sujet de l’<strong>écriture chez les animaux</strong> qu’elle a exploré dans son livre livre « <a href="https://www.babelio.com/livres/Despret-Autobiographie-dun-poulpe-et-autres-recits-danti/1303339" rel="nofollow">Autobiographie d’un poulpe</a> ». Cette idée qu’on ne serait pas les seuls capables d’écrire, c’est-à-dire de laisser des traces qui font sens pour d’autres animaux, ou qui sont poétiques.</p>

<h2 id="ce-qui-m-a-gênée" id="ce-qui-m-a-gênée">Ce qui m’a gênée</h2>

<h3 id="un-regard-d-homme-blanc" id="un-regard-d-homme-blanc">Un regard d’homme blanc</h3>

<h4 id="un-film-d-homme" id="un-film-d-homme">Un film d&#39;homme</h4>

<p>Oui il y a <strong>deux</strong> femmes et <strong>un</strong> homme. On est d&#39;ailleurs quand même largement au dessus des films habituels quand même, puisque les femmes ne sont pas sexualisées, et 2 des protagonistes humains principaux sont des femmes.</p>

<p>Mais l’homme a un rôle central :</p>
<ul><li>Il parle avec chacune des femmes, mais les deux femmes ne parlent jamais entre elles (bonjour le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Test_de_Bechdel" rel="nofollow">test de Bechdel</a>).</li>
<li>Il se comporte avec Hélène d’une manière très paternaliste et mecspliquante,</li></ul>

<p>Je ne sais pas si c’est la personnalité de Baptiste Morizot, ou bien le regard sexiste du réalisateur (qui est un homme vivant dans une société sexiste), mais les choix de montage montrent vraiment une asymétrie entre l’homme qui sait, qui explique, qui coupe la parole, qui parle plus longuement, et la femme « naïve » qui écoute. Il y a moins d’asymétrie entre Vinciane Despret et Baptiste Morizot. Je crois que j&#39;aurais trouvé le film moins sexiste s&#39;il n&#39;y avait pas eu ces scènes de pseudo-discussions entre Baptiste Morizot et Hélène Roche.</p>

<h4 id="un-entre-soi-bourgeois" id="un-entre-soi-bourgeois">Un entre-soi bourgeois</h4>

<p>Ce film me donne aussi l’impression d’un entre-soi bourgeois blanc. Les protagonistes humain·es sont des intellectuel·les blanc·ches qui lisent, écrivent, et disent des mots compliqués. Il et elles ont une certaine complicité, et un certain surplomb sur les reste des animaux humains présents à l’écran.</p>

<p>Qu’est-ce qui aurait pu être différent ? Je serai curieuse de comprendre le choix des terrains, tous de France métropolitaine. Je suppose que c’est aussi une question de praticité, et que ça n’est pas simple aujourd’hui de filmer des chevaux de Przewalski en Russie. Mais on aurait peut être pu filmer des chiens féraux en Martinique ? Baptiste Morizot parle des peuples « primitifs » américains qui auraient connus les castors géants, peut être on aurait pu avoir des images de sources, ou bien même un entretien avec des descendant·es qui étudient les peuples premiers ? Baptiste parle à la fin de l’enjeu des luttes de protection d’éco-systèmes locaux, peut-être aurait-on pu voir des personnes qui mènent ces luttes et qui ne soient pas des écolos bourgeois blancs ? Ou même voir ces luttes dans les outremers ?</p>

<h4 id="où-sont-les-liens" id="où-sont-les-liens">Où sont les liens ?</h4>

<p>Et je suis aussi surprise (et j’avoue un peu déçue) de n’avoir vu aucune interaction réelle entre humains et animaux ou végétaux. Personne qui ne soigne, ne dialogue, n’écoute, ne joue, ne chasse, ne tue… Juste de l’observation à distance.</p>

<p>En regardant la filmographie de Sylvère Petit, je découvre qu&#39;il a fait des court-métrages qui montrent d&#39;autres relations avec les animaux, et d&#39;autres protagonistes humains moins intellos. Je ne sais pas trop où ils sont visionnables, mais je serai curieuse de les regarder.</p>

<p><a href="/depuis-les-gorces/tag:Feminisme" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Feminisme</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:AntiSpecisme" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">AntiSpecisme</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:Animals" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Animals</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:philosophie" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">philosophie</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:Lecture" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Lecture</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:Societe" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Societe</span></a></p>
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      <guid>https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/film-vivant-parmi-les-vivants</guid>
      <pubDate>Thu, 04 Sep 2025 07:14:02 +0200</pubDate>
    </item>
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      <title>[Lecture] La tyrannie de l&#39;absence de structures - Jo Freeman</title>
      <link>https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/lecture-la-tyrannie-de-labsence-de-structures-jo-freeman</link>
      <description>&lt;![CDATA[#Société #Politique #Lecture&#xA;On aimerait toustes qu&#39;un groupe puisse fonctionner bien sans avoir besoin de perdre du temps à construire des règles. Si on a réuni que des gens très bien, ça devrait marcher, non ?.&#xA;!--more--&#xA;&#xA;Rêve d&#39;horizontalité &#xA;Il y a presque 10 ans, je créais une association avec quelques copines pour développer la recherche participative dans le monde du cheval. À cette époque, j&#39;avais deux craintes pour cette association : &#xA;&#xA;Que ça ne soit que MON association. &#xA;J&#39;assistais aux déboires d&#39;une association centrée sur une personne autocratique qui en avait été 40 ans à la tête et qui avait fait souffrir un peu tout le monde. Je voulais que l&#39;association qu&#39;on créait soit une association au service d&#39;un projet et pas d&#39;une personne. &#xA;Que les gens nouveaux ne trouvent pas facilement leur place. &#xA;J&#39;avais envie qu&#39;on soit débordées de nouvelles personnes et que ça ne reste pas que le projet d&#39;une bande de copines. &#xA;&#xA;Je crois qu&#39;on a bien réussi. Au bout d&#39;un an on était déjà 100 membres de toute la France. Au bout de 3 ans, comme je l&#39;avais annoncé au départ, j&#39;ai quitté le poste de présidente. Et aujourd&#39;hui, il n&#39;y a plus personne de l&#39;équipe de départ dans le bureau, et l&#39;association vit sa meilleure vie ! &#xA;&#xA;a href=&#34;https://sciencesequines.fr/&#34; Site de l&#39;association Sciences Équines /a&#xA;&#xA;La découverte d&#39;un vieil article féministe&#xA;Du coup, à l&#39;époque, j&#39;avais fait de la biblio pour comprendre un peu mieux les organisations, et j&#39;étais tombée sur cet article absolument génial de Jo Freeman : &#xA;&#xA;a href=&#34;https://www.jofreeman.com/joreen/tyranny.htm&#34;The tyranny of Structurelessness/a&#xA;a href=&#34;https://organisez-vous.org/tyrannie-horizontalite-jo-freeman/&#34; Une traduction en français sur le site organisez-vous /a&#xA;a href=&#34;https://infokiosques.net/spip.php?article2&#34;Une vieille traduction en français que je trouve moins facile à lire mais dont le titre est plus fidèle /a&#xA;&#xA;Il s&#39;agit d&#39;un article écrit par une femme militante féministe qui analyse les jeux de pouvoir au sein des collectifs féministes des années 1970. Elle montre qu&#39;en l&#39;absence de structuration explicite, tout collectif reproduit les systèmes de domination en cours dans nos sociétés 😔. &#xA;&#xA;  « Le laisser-faire au sein du groupe est à peu près aussi réaliste que le laissez-faire dans la société. L’idée [d&#39;une absence de structure] devient un écran de fumée qui permet aux forts ou aux chanceux d’exercer sur les autres un pouvoir que personne ne viendra remettre en question »&#xA;&#xA;Passons donc au résumé de l&#39;article. &#xA;1. Il y a toujours des structures informelles dans les groupes&#xA;La première idée forte de cet article serait assez banale en sociologie. Quel que soit le groupe ou le collectif, il y a toujours une structuration qui se fait, le plus souvent de manière informelle, c&#39;est-à-dire sans que personne ne l&#39;ait vraiment décidé. &#xA;&#xA;  Any group of people of whatever nature that comes together for any length of time for any purpose will inevitably structure itself in some fashion. &#xA;&#xA;  N’importe quel groupe d’individus – quel que soit sa nature, sa longévité ou son but – va inévitablement se structurer d’une manière ou d’une autre.&#xA;&#xA;L&#39;absence de structure ne conduit pas à une absence de hiérarchies ou de jeux de pouvoir, au contraire, elle donne davantage de pouvoir à certaines personnes sans que ça ne soit le fruit d&#39;une décision collective. &#xA;&#xA;  Thus structurelessness becomes a way of masking power, and within the women&#39;s movement is usually most strongly advocated by those who are the most powerful (whether they are conscious of their power or not).&#xA; &#xA;  Ainsi, l’absence de structures devient une façon de cacher le pouvoir, et ce sont en général les membres les plus puissantes des mouvements féministes (qu’elles soient conscientes ou non de leur pouvoir) qui en sont les plus ferventes partisantes.&#xA;&#xA;2. Le pouvoir de l&#39;élite &#xA;Jo Freeman constate qu&#39;un petit nombre de personnes prend toujours le pouvoir informellement dans les groupes. C&#39;est ce qu&#39;elle appelle l&#39;élite de ce groupe. &#xA;&#xA;  Correctly, an elite refers to a small group of people who have power over a larger group of which they are part, usually without direct responsibility to that larger group, and often without their knowledge or consent. &#xA;&#xA;  Correctement utilisé, le terme « élite » fait référence à un petit groupe de gens qui détiennent du pouvoir sur un groupe plus large dont ils font partie, généralement sans avoir à lui rendre de comptes et souvent, sans que le groupe plus large ne le sache ou ait donné son consentement.&#xA;&#xA;Une copine de militantisme me disait que quand on rejoint un tel groupe, on a la sensation de venir « à leur table ». On n&#39;est pas égaux, on est invités, et donc on doit bien se tenir et ne pas trop mettre le bazar. &#xA;&#xA;Le groupe d&#39;ami·es&#xA;L&#39;élite est très souvent un groupe d&#39;ami·es qui pré-existait au collectif. Ces personnes se connaissent, elles s&#39;appellent en dehors des réunions, elles partagent des infos entre elles. Et lors des réunions, elles font en général bloc contre les nouveaux sans s&#39;en rendre compte. &#xA;&#xA;  Elites are nothing more, and nothing less, than groups of friends who also happen to participate in the same political activities. They would probably maintain their friendship whether or not they were involved in political activities;&#xA;&#xA;  Les élites ne sont ni plus ni moins qu’un groupe d’amis dont il s’avère qu’ils sont impliqués dans les mêmes activités politiques. Leur amitié persisterait sûrement en dehors de tout engagement politique et, de même, leur engagement politique perdurerait même s’ils n’étaient plus amis.&#xA;&#xA;Une copine militante me faisait récemment remarquer qu&#39;une règle d&#39;or pour elle c&#39;est que toutes les décisions soient prises pendant les réunions. Ou son corollaire qui est plus clair : qu&#39;aucune décision ne soit prise en dehors des réunions. Cette règle permet d&#39;éviter qu&#39;on prenne une décision pendant la réunion du groupe, avec tout le monde présent, et qu&#39;ensuite quelques hommes aillent boire des bières ensemble et décident dans leur discussion qu&#39;en fait non, c&#39;était pas la bonne décision. &#xA;&#xA;Plusieurs élites &#xA;Quand le groupe est grand (comme dans un parti politique), il peut y avoir plusieurs élites qui correspondent en général à plusieurs courants. Ces courants se battent pour remporter l&#39;adhésion de l&#39;ensemble du groupe pour le pouvoir formel. &#xA;&#xA;  In a Structured group, two or more such friendship networks usually compete with each other for formal power. This is often the healthiest situation, as the other members are in a position to arbitrate between the two competitors for power and thus to make demands on those to whom they give their temporary allegiance.&#xA;&#xA;  Dans les groupes structurés, ce sont généralement deux ou plus de ces réseaux informels qui sont en compétition pour l’obtention du pouvoir formel. Cette situation est souvent la plus saine, dans la mesure où elle permet aux autres membres du groupe d’arbitrer la compétition entre les deux prétendants au pouvoir, et ainsi d’imposer leurs revendications à ceux à qui ils prêtent temporairement allégeance.&#xA;&#xA;C&#39;est qui l&#39;élite ?  &#xA;Il est relativement simple de savoir qui forme l&#39;élite d&#39;un groupe. &#xA;&#xA;Ce sont des personnes qui communiquent beaucoup entre elles, et ignorent plus ou moins le reste du groupe. &#xA;Ce sont les personnes à qui il faut demander pour qu&#39;une décision soit prise pour le groupe.  &#xA;&#xA;Dans un groupe que j&#39;ai rejoint récemment, j&#39;ai parlé d&#39;une idée à une autre personne qui m&#39;a directement répondu : « Faut que tu en parles à C. ». J&#39;ai donc ainsi appris que C. était en haut de cette hiérarchie informelle et que c&#39;est elle qu&#39;il faudrait convaincre (courtiser ?) si je veux rejoindre cette élite et faire avancer mes idées / participer aux décisions du groupe. &#xA;&#xA;Comment faire partie de l&#39;élite ? &#xA;La façon la plus simple, c&#39;est évidemment la co-optation en trouvant une genre de parrain / marraine dans l&#39;élite. Sinon, il faut jouer avec les mêmes règles que pour se faire des ami·es : partager les mêmes codes sociaux, les mêmes valeurs, socialiser dans les mêmes lieux, courtiser, etc. En gros, c&#39;est la cour de récré du collège. Et pas de bol pour moi, j&#39;y étais globalement assez nulle pour intégrer les groupes en vue... &#xA;&#xA;  The characteristics prerequisite for participating in the informal elites of the movement, and thus for exercising power, concern one&#39;s background, personality, or allocation of time. They do not include one&#39;s competence, dedication to feminism, talents, or potential contribution to the movement. The former are the criteria one usually uses in determining one&#39;s friends. The latter are what any movement or organization has to use if it is going to be politically effective.&#xA;&#xA;  Ces prérequis à la participation au sein des élites informelles, et donc à l’exercice du pouvoir, concernent surtout l’origine, la personnalité, ou le temps passé à contribuer au mouvement. Ils n’ont rien à voir avec les compétences, le dévouement au féminisme, les aptitudes ou les contributions potentielles au mouvement. La première catégorie de prérequis est celle qu’on applique généralement lorsqu’on choisit ses amis. La seconde concerne plutôt les compétences dont n’importe quel mouvement ou organisation a besoin s’il veut avoir un réel impact en politique.&#xA;&#xA;Un critère d&#39;appartenance à l&#39;élite d&#39;un groupe, c&#39;est donc d&#39;avoir du temps pour socialiser avec ce groupe, et aussi d&#39;avoir du temps tout court pour bosser pour le collectif.  &#xA;&#xA;De facto, on exclue les personnes qui n&#39;ont pas tout ce temps : &#xA;&#xA;Handies, personnes fatiguées, etc&#xA;Parents, personnes aidantes &#xA;Personnes engagées au travail car carriériste, ou personnes qui cumulent plein d&#39;emploi juste pour réussir à nourrir leurs familles&#xA;&#xA;Quand on exclue ces personnes de l&#39;élite (sans en avoir conscience), on les exclut des prises de décision, et à la fin on fait sans elles, et pas vraiment en leur nom. &#xA;&#xA;3. Le star-system &#xA;Une des conséquences négatives d&#39;un fonctionnement purement informel, c&#39;est qu&#39;il renforce le star-system. Puisqu&#39;il n&#39;y a pas de chef·fe ou de représentant·e officiel·les, les personnes à l&#39;extérieur du groupe érigeront certaines stars du groupe en porte-parole. &#xA;&#xA;Il y a un groupe féministe qui se veut totalement horizontal sur notre territoire et je me posais la question de leur position sur un incident. L&#39;une d&#39;entre elles me dit : « Toutes nos paroles ont la même valeur, il n&#39;y a pas de cheffe ». Et ça sonnait ultra faux pour moi. J&#39;étais convaincue que la parole d&#39;une des femmes moins populaire dans leur groupe risquait d&#39;être désavouée ensuite. En tous cas, pour moi, de l&#39;extérieur, les représentantes étaient les grandes gueules / les personnes les plus connues du groupe, même si ça n&#39;était pas leur volonté. &#xA;&#xA;J&#39;ai l&#39;impression que c&#39;est aussi ce qui est beaucoup arrivé dans le cadre des gilets jaunes. Certaines personnalités charismatiques sont devenues des porte parole sans avoir été désignées comme tel par leur groupe. &#xA;&#xA;  But because there are no official spokespeople nor any decision-making body that the press can query when it wants to know the movement&#39;s position on a subject, these women are perceived as the spokespeople. Thus, whether they want to or not, whether the movement likes it or not, women of public note are put in the role of spokespeople by default.&#xA;&#xA;  Mais parce qu’il n’existe pas de porteparole officiel ou d’organe décisionnel que la presse peut interroger lorsqu’elle désire connaître le point de vue du mouvement sur un sujet donné, ces femmes sont amenées à jouer le rôle de porte-parole. Ainsi, qu’elles le veuillent ou non, et que cela plaise ou non au mouvement, les femmes bénéficiant d’une certaine notoriété se voient attribuer cette fonction par défaut.&#xA;&#xA;Parfois, les femmes qui deviennent des stars sont stigmatisées dans leur groupe où les autres leur en veulent, et elles finissent parfois malheureusement par quitter le mouvement. Ce qui n&#39;est jamais une bonne chose. &#xA;&#xA;4. L&#39;impuissance politique&#xA;Le dernier reproche que fait Jo Freeman aux collectifs qui refusent de s&#39;organiser, c&#39;est leur impuissance politique. &#xA;&#xA;Il y a quelques collectifs non structurés qui fonctionnent, mais ils sont rares, et ils partagent les caractéristiques suivantes : &#xA;&#xA;Le groupe a pour but la réalisation d&#39;une tâche précise, comme publier un journal ou organiser une conférence. &#xA;Le groupe est de petite taille et homogène. En gros, c&#39;est le groupe de copaines du départ. &#xA;Les personnes communiquent bien au sein du groupe. &#xA;Les tâches à réaliser sont peu spécialisées : chacun peut faire chaque tâche. &#xA;&#xA;Quand ces conditions ne sont pas réunies, ces groupes fonctionnent mal et ne sont pas efficaces selon Jo Freeman. C&#39;est ce qui explique, selon elle, que les seuls collectifs qui se font entendre à large échelle sont des collectifs bien structurés. &#xA;&#xA;La solution : structurer le groupe de manière formelle &#xA;La seule solution est de structurer démocratiquement le groupe, et pour ça, Jo Freeman recommande 6 principes. &#xA;&#xA;Les mandats : Déléguer une forme d’autorité spécifique à des individus spécifiques, dans le but d’accomplir des tâches spécifiques, via des procédures démocratiques &#xA;Exiger de tous ceux à qui une forme d’autorité a été déléguée qu’ils rendent des comptes à ceux qui les ont sélectionnés. &#xA;« C’est ainsi que le groupe peut exercer un contrôle sur ceux qui détiennent l’autorité. Même si le pouvoir est entre les mains d’individus, au final, c’est le groupe qui décide comment ce pouvoir est exercé. »&#xA;Répartir l’autorité entre le plus d’individus possible, dans les limites du raisonnable.&#xA; Ceci évite le monopole du pouvoir, et force les détenteurs de l’autorité à consulter de nombreuses autres personnes lorsqu’ils l’exercent. &#xA;Ces personnes ont alors l’opportunité d’être responsables de tâches spécifiques, et par conséquent d’acquérir différentes compétences.&#xA;Faire tourner les tâches entre les individus. &#xA;Si une personne conserve les mêmes responsabilités trop longtemps, de manière formelle ou informelle, ces responsabilités en viennent à être perçues comme « appartenant » à cette personne, qui a alors du mal à y renoncer, et tout contrôle par le groupe devient difficile.&#xA;Diffuser l’information à tous les membres le plus souvent possible. &#xA;L’information est le pouvoir. Accéder à l’information augmente le pouvoir des individus. Je trouve que c&#39;est beaucoup plus facile aujourd&#39;hui avec les boucles de diffusion type Signal. &#xA;Donner à toustes le même accès aux ressources dont le groupe a besoin. Jo Freeman prend ici l&#39;exemple de la presse à imprimer et je ne suis pas sûre de ce que seraient les équivalents dans les collectifs que je connais. Le budget ? Les clés du local ? &#xA;&#xA;Conclusion&#xA;J&#39;ai ré-ouvert ce texte car aujourd&#39;hui je suis davantage dans une phase où  je rejoins des collectifs que dans une phase où j&#39;en crée. Je suis surprise car quand j&#39;échange sur mastodon, tout le monde connaît ces grands principes et se targue de les appliquer super bien. &#xA;Et pourtant, je reproduis encore et encore l&#39;erreur de rejoindre des collectifs dans lesquels les réseaux informels dominent et où il faut dépenser beaucoup d&#39;énergie pour pouvoir contribuer... &#xA;En un an, j&#39;ai rejoins 3 collectifs non structurés : &#xA;&#xA;Le premier, je n&#39;ai rien demandé, j&#39;y suis allée en pensant qu&#39;entre gens de gauche motivés ça se passerait bien et que je serais écoutée. Je n&#39;ai pas réussi à dire non quand on m&#39;a demandé de faire des choses juste car l&#39;une des stars l&#39;avait décidé. Je suis partie sans rien dire. &#xA;Le deuxième, je me suis engagée rapidement car la personne avec qui je devais partager la mission semblait très progressiste. J&#39;y ai laissé beaucoup d&#39;énergie et je m&#39;en suis dégoutée. &#xA;Le troisième, j&#39;ai demandé comment les décisions étaient prises avant de m&#39;engager. On m&#39;a répondu : « C&#39;est super ouvert tout le monde peut participer et est écouté », et j&#39;y ai cru (aussi parce que j&#39;avais envie d&#39;y croire). En réalité, on peut parler, oui, mais il n&#39;y a aucune structuration de la prise de décision, et on retrouve tous les défauts pointés par Jo Freeman. &#xA;&#xA;Ma morale personnelle de cette histoire c&#39;est qu&#39;avant de m&#39;engager dans un collectif, il faut vraiment que j&#39;enquête sur l&#39;existence, ou pas, d&#39;une structuration.  Et que je sache dire non, ou partir. &#xA;&#xA;#Feminisme #AutoOrganisation #Collectifs #Societe #Lecture]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><a href="/depuis-les-gorces/tag:Soci%C3%A9t%C3%A9" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Société</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:Politique" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Politique</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:Lecture" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Lecture</span></a>
<em>On aimerait toustes qu&#39;un groupe puisse fonctionner bien sans avoir besoin de perdre du temps à construire des règles. Si on a réuni que des gens très bien, ça devrait marcher, non ?</em>.
</p>

<h1 id="rêve-d-horizontalité" id="rêve-d-horizontalité">Rêve d&#39;horizontalité</h1>

<p>Il y a presque 10 ans, je créais une association avec quelques copines pour développer la recherche participative dans le monde du cheval. À cette époque, j&#39;avais deux craintes pour cette association :</p>
<ul><li>Que ça ne soit que MON association.
J&#39;assistais aux déboires d&#39;une association centrée sur une personne autocratique qui en avait été 40 ans à la tête et qui avait fait souffrir un peu tout le monde. Je voulais que l&#39;association qu&#39;on créait soit une association <strong>au service d&#39;un projet</strong> et pas d&#39;une personne.</li>
<li>Que les gens nouveaux ne trouvent pas facilement leur place.
J&#39;avais envie qu&#39;<strong>on soit débordées de nouvelles personnes</strong> et que ça ne reste pas que le projet d&#39;une bande de copines.</li></ul>

<p>Je crois qu&#39;on a bien réussi. Au bout d&#39;un an on était déjà 100 membres de toute la France. Au bout de 3 ans, comme je l&#39;avais annoncé au départ, j&#39;ai quitté le poste de présidente. Et aujourd&#39;hui, il n&#39;y a plus personne de l&#39;équipe de départ dans le bureau, et l&#39;association vit sa meilleure vie !</p>
<ul><li><a href="https://sciencesequines.fr/" rel="nofollow"> Site de l&#39;association Sciences Équines </a></li></ul>

<h2 id="la-découverte-d-un-vieil-article-féministe" id="la-découverte-d-un-vieil-article-féministe">La découverte d&#39;un vieil article féministe</h2>

<p>Du coup, à l&#39;époque, j&#39;avais fait de la biblio pour comprendre un peu mieux les organisations, et j&#39;étais tombée sur cet article absolument génial de Jo Freeman :</p>
<ul><li><a href="https://www.jofreeman.com/joreen/tyranny.htm" rel="nofollow">The tyranny of Structurelessness</a></li>
<li><a href="https://organisez-vous.org/tyrannie-horizontalite-jo-freeman/" rel="nofollow"> Une traduction en français sur le site organisez-vous </a></li>
<li><a href="https://infokiosques.net/spip.php?article2" rel="nofollow">Une vieille traduction en français que je trouve moins facile à lire mais dont le titre est plus fidèle </a></li></ul>

<p>Il s&#39;agit d&#39;un article écrit par une femme militante féministe qui analyse les jeux de pouvoir au sein des collectifs féministes des années 1970. Elle montre qu&#39;<strong>en l&#39;absence de structuration explicite, tout collectif reproduit les systèmes de domination en cours dans nos sociétés</strong> 😔.</p>

<blockquote><p>« Le laisser-faire au sein du groupe est à peu près aussi réaliste que le laissez-faire dans la société. L’idée [d&#39;une absence de structure] devient un écran de fumée qui permet aux forts ou aux chanceux d’exercer sur les autres un pouvoir que personne ne viendra remettre en question »</p></blockquote>

<p>Passons donc au résumé de l&#39;article.</p>

<h2 id="1-il-y-a-toujours-des-structures-informelles-dans-les-groupes" id="1-il-y-a-toujours-des-structures-informelles-dans-les-groupes">1. Il y a toujours des structures informelles dans les groupes</h2>

<p>La première idée forte de cet article serait assez banale en sociologie. Quel que soit le groupe ou le collectif, il y a toujours une structuration qui se fait, le plus souvent de manière informelle, c&#39;est-à-dire sans que personne ne l&#39;ait vraiment décidé.</p>

<blockquote><p>Any group of people of whatever nature that comes together for any length of time for any purpose will inevitably structure itself in some fashion.</p>

<p><em>N’importe quel groupe d’individus – quel que soit sa nature, sa longévité ou son but – va inévitablement se structurer d’une manière ou d’une autre.</em></p></blockquote>

<p>L&#39;absence de structure ne conduit pas à une absence de hiérarchies ou de jeux de pouvoir, au contraire, elle donne davantage de pouvoir à certaines personnes sans que ça ne soit le fruit d&#39;une décision collective.</p>

<blockquote><p>Thus structurelessness becomes a way of masking power, and within the women&#39;s movement is usually most strongly advocated by those who are the most powerful (whether they are conscious of their power or not).</p>

<p><em>Ainsi, l’absence de structures devient une façon de cacher le pouvoir, et ce sont en général les membres les plus puissantes des mouvements féministes (qu’elles soient conscientes ou non de leur pouvoir) qui en sont les plus ferventes partisantes.</em></p></blockquote>

<h2 id="2-le-pouvoir-de-l-élite" id="2-le-pouvoir-de-l-élite">2. Le pouvoir de l&#39;élite</h2>

<p>Jo Freeman constate qu&#39;un petit nombre de personnes prend toujours le pouvoir informellement dans les groupes. C&#39;est ce qu&#39;elle appelle l&#39;<strong>élite</strong> de ce groupe.</p>

<blockquote><p>Correctly, an elite refers to a small group of people who have power over a larger group of which they are part, usually without direct responsibility to that larger group, and often without their knowledge or consent.</p>

<p><em>Correctement utilisé, le terme « élite » fait référence à un petit groupe de gens qui détiennent du pouvoir sur un groupe plus large dont ils font partie, généralement sans avoir à lui rendre de comptes et souvent, sans que le groupe plus large ne le sache ou ait donné son consentement.</em></p></blockquote>

<p>Une copine de militantisme me disait que quand on rejoint un tel groupe, on a la sensation de venir « <em>à leur table</em> ». On n&#39;est pas égaux, on est invités, et donc on doit bien se tenir et ne pas trop mettre le bazar.</p>

<h3 id="le-groupe-d-ami-es" id="le-groupe-d-ami-es">Le groupe d&#39;ami·es</h3>

<p>L&#39;élite est très souvent un groupe d&#39;ami·es qui pré-existait au collectif. Ces personnes se connaissent, elles s&#39;appellent en dehors des réunions, elles partagent des infos entre elles. Et lors des réunions, elles font en général bloc contre les nouveaux sans s&#39;en rendre compte.</p>

<blockquote><p>Elites are nothing more, and nothing less, than groups of friends who also happen to participate in the same political activities. They would probably maintain their friendship whether or not they were involved in political activities;</p>

<p><em>Les élites ne sont ni plus ni moins qu’un groupe d’amis dont il s’avère qu’ils sont impliqués dans les mêmes activités politiques. Leur amitié persisterait sûrement en dehors de tout engagement politique et, de même, leur engagement politique perdurerait même s’ils n’étaient plus amis</em>.</p></blockquote>

<p>Une copine militante me faisait récemment remarquer qu&#39;une règle d&#39;or pour elle c&#39;est que <strong>toutes les décisions soient prises pendant les réunions</strong>. Ou son corollaire qui est plus clair : <strong>qu&#39;aucune décision ne soit prise en dehors des réunions</strong>. Cette règle permet d&#39;éviter qu&#39;on prenne une décision pendant la réunion du groupe, avec tout le monde présent, et qu&#39;ensuite quelques hommes aillent boire des bières ensemble et décident dans leur discussion qu&#39;en fait non, c&#39;était pas la bonne décision.</p>

<h3 id="plusieurs-élites" id="plusieurs-élites">Plusieurs élites</h3>

<p>Quand le groupe est grand (comme dans un parti politique), il peut y avoir plusieurs élites qui correspondent en général à plusieurs courants. Ces courants se <em>battent</em> pour remporter l&#39;adhésion de l&#39;ensemble du groupe pour le pouvoir formel.</p>

<blockquote><p> In a Structured group, two or more such friendship networks usually compete with each other for formal power. This is often the healthiest situation, as the other members are in a position to arbitrate between the two competitors for power and thus to make demands on those to whom they give their temporary allegiance.</p>

<p><em>Dans les groupes structurés, ce sont généralement deux ou plus de ces réseaux informels qui sont en compétition pour l’obtention du pouvoir formel. Cette situation est souvent la plus saine, dans la mesure où elle permet aux autres membres du groupe d’arbitrer la compétition entre les deux prétendants au pouvoir, et ainsi d’imposer leurs revendications à ceux à qui ils prêtent temporairement allégeance.</em></p></blockquote>

<h3 id="c-est-qui-l-élite" id="c-est-qui-l-élite">C&#39;est qui l&#39;élite ?</h3>

<p>Il est relativement simple de savoir qui forme l&#39;élite d&#39;un groupe.</p>
<ol><li>Ce sont des personnes qui <strong>communiquent beaucoup entre elles, et ignorent plus ou moins le reste du groupe</strong>.</li>
<li>Ce sont les personnes <strong>à qui il faut demander</strong> pour qu&#39;une décision soit prise pour le groupe.<br></li></ol>

<p>Dans un groupe que j&#39;ai rejoint récemment, j&#39;ai parlé d&#39;une idée à une autre personne qui m&#39;a directement répondu : « <em>Faut que tu en parles à C.</em> ». J&#39;ai donc ainsi appris que C. était en haut de cette hiérarchie informelle et que c&#39;est elle qu&#39;il faudrait convaincre (courtiser ?) si je veux rejoindre cette élite et faire avancer mes idées / participer aux décisions du groupe.</p>

<h3 id="comment-faire-partie-de-l-élite" id="comment-faire-partie-de-l-élite">Comment faire partie de l&#39;élite ?</h3>

<p>La façon la plus simple, c&#39;est évidemment la co-optation en trouvant une genre de parrain / marraine dans l&#39;élite. Sinon, il faut jouer avec les mêmes règles que pour se faire des ami·es : partager les mêmes codes sociaux, les mêmes valeurs, socialiser dans les mêmes lieux, courtiser, etc. En gros, c&#39;est la cour de récré du collège. Et pas de bol pour moi, j&#39;y étais globalement assez nulle pour intégrer les groupes <em>en vue</em>...</p>

<blockquote><p>The characteristics prerequisite for participating in the informal elites of the movement, and thus for exercising power, concern one&#39;s background, personality, or allocation of time. They do not include one&#39;s competence, dedication to feminism, talents, or potential contribution to the movement. The former are the criteria one usually uses in determining one&#39;s friends. The latter are what any movement or organization has to use if it is going to be politically effective.</p>

<p><em>Ces prérequis à la participation au sein des élites informelles, et donc à l’exercice du pouvoir, concernent surtout l’origine, la personnalité, ou le temps passé à contribuer au mouvement. Ils n’ont rien à voir avec les compétences, le dévouement au féminisme, les aptitudes ou les contributions potentielles au mouvement. La première catégorie de prérequis est celle qu’on applique généralement lorsqu’on choisit ses amis. La seconde concerne plutôt les compétences dont n’importe quel mouvement ou organisation a besoin s’il veut avoir un réel impact en politique.</em></p></blockquote>

<p>Un critère d&#39;appartenance à l&#39;élite d&#39;un groupe, c&#39;est donc d&#39;avoir du temps pour socialiser avec ce groupe, et aussi d&#39;avoir du temps tout court pour bosser pour le collectif.</p>

<p>De facto, on exclue les personnes qui n&#39;ont pas tout ce temps :</p>
<ul><li>Handies, personnes fatiguées, etc</li>
<li>Parents, personnes aidantes</li>
<li>Personnes engagées au travail car carriériste, ou personnes qui cumulent plein d&#39;emploi juste pour réussir à nourrir leurs familles</li></ul>

<p>Quand on exclue ces personnes de l&#39;élite (sans en avoir conscience), on les exclut des prises de décision, et à la fin on fait sans elles, et pas vraiment en leur nom.</p>

<h2 id="3-le-star-system" id="3-le-star-system">3. Le star-system</h2>

<p>Une des conséquences négatives d&#39;un fonctionnement purement informel, c&#39;est qu&#39;il renforce le star-system. Puisqu&#39;il n&#39;y a pas de chef·fe ou de représentant·e officiel·les, les personnes à l&#39;extérieur du groupe érigeront certaines <em>stars</em> du groupe en porte-parole.</p>

<p>Il y a un groupe féministe qui se veut totalement horizontal sur notre territoire et je me posais la question de leur position sur un incident. L&#39;une d&#39;entre elles me dit : « Toutes nos paroles ont la même valeur, il n&#39;y a pas de cheffe ». Et ça sonnait ultra faux pour moi. J&#39;étais convaincue que la parole d&#39;une des femmes moins populaire dans leur groupe risquait d&#39;être désavouée ensuite. En tous cas, pour moi, de l&#39;extérieur, les représentantes étaient les grandes gueules / les personnes les plus connues du groupe, même si ça n&#39;était pas leur volonté.</p>

<p>J&#39;ai l&#39;impression que c&#39;est aussi ce qui est beaucoup arrivé dans le cadre des gilets jaunes. Certaines personnalités charismatiques sont devenues des <em>porte parole</em> sans avoir été désignées comme tel par leur groupe.</p>

<blockquote><p>But because there are no official spokespeople nor any decision-making body that the press can query when it wants to know the movement&#39;s position on a subject, these women are perceived as the spokespeople. Thus, whether they want to or not, whether the movement likes it or not, women of public note are put in the role of spokespeople by default.</p>

<p><em>Mais parce qu’il n’existe pas de porteparole officiel ou d’organe décisionnel que la presse peut interroger lorsqu’elle désire connaître le point de vue du mouvement sur un sujet donné, ces femmes sont amenées à jouer le rôle de porte-parole. Ainsi, qu’elles le veuillent ou non, et que cela plaise ou non au mouvement, les femmes bénéficiant d’une certaine notoriété se voient attribuer cette fonction par défaut.</em></p></blockquote>

<p>Parfois, les femmes qui deviennent des stars sont stigmatisées dans leur groupe où les autres leur en veulent, et elles finissent parfois malheureusement par quitter le mouvement. Ce qui n&#39;est jamais une bonne chose.</p>

<h2 id="4-l-impuissance-politique" id="4-l-impuissance-politique">4. L&#39;impuissance politique</h2>

<p>Le dernier reproche que fait Jo Freeman aux collectifs qui refusent de s&#39;organiser, c&#39;est leur impuissance politique.</p>

<p>Il y a quelques collectifs non structurés qui fonctionnent, mais ils sont rares, et ils partagent les caractéristiques suivantes :</p>
<ol><li><strong>Le groupe a pour but la réalisation d&#39;une tâche précise</strong>, comme publier un journal ou organiser une conférence.</li>
<li><strong>Le groupe est de petite taille et homogène</strong>. En gros, c&#39;est le groupe de copaines du départ.</li>
<li><strong>Les personnes communiquent bien au sein du groupe</strong>.</li>
<li><strong>Les tâches à réaliser sont peu spécialisées</strong> : chacun peut faire chaque tâche.</li></ol>

<p>Quand ces conditions ne sont pas réunies, ces groupes fonctionnent mal et ne sont pas efficaces selon Jo Freeman. C&#39;est ce qui explique, selon elle, que les seuls collectifs qui se font entendre à large échelle sont des collectifs bien structurés.</p>

<h2 id="la-solution-structurer-le-groupe-de-manière-formelle" id="la-solution-structurer-le-groupe-de-manière-formelle">La solution : structurer le groupe de manière formelle</h2>

<p>La seule solution est de structurer démocratiquement le groupe, et pour ça, Jo Freeman recommande 6 principes.</p>
<ol><li><strong>Les mandats</strong> : Déléguer une forme d’autorité spécifique à des individus spécifiques, dans le but d’accomplir des tâches spécifiques, via des procédures démocratiques</li>
<li>Exiger de tous ceux à qui une forme d’autorité a été déléguée qu’ils <strong>rendent des comptes</strong> à ceux qui les ont sélectionnés.
« <em>C’est ainsi que le groupe peut exercer un contrôle sur ceux qui détiennent l’autorité. Même si le pouvoir est entre les mains d’individus, au final, c’est le groupe qui décide comment ce pouvoir est exercé.</em> »</li>
<li><strong>Répartir l’autorité entre le plus d’individus possible</strong>, dans les limites du raisonnable.
Ceci évite le monopole du pouvoir, et force les détenteurs de l’autorité à consulter de nombreuses autres personnes lorsqu’ils l’exercent.
Ces personnes ont alors l’opportunité d’être responsables de tâches spécifiques, et par conséquent d’acquérir différentes compétences.</li>
<li><strong>Faire tourner</strong> les tâches entre les individus.
Si une personne conserve les mêmes responsabilités trop longtemps, de manière formelle ou informelle, ces responsabilités en viennent à être perçues comme « appartenant » à cette personne, qui a alors du mal à y renoncer, et tout contrôle par le groupe devient difficile.</li>
<li><strong>Diffuser l’information</strong> à tous les membres le plus souvent possible.
L’information est le pouvoir. Accéder à l’information augmente le pouvoir des individus. Je trouve que c&#39;est beaucoup plus facile aujourd&#39;hui avec les boucles de diffusion type Signal.</li>
<li>Donner à toustes le <strong>même accès aux ressources</strong> dont le groupe a besoin. Jo Freeman prend ici l&#39;exemple de la presse à imprimer et je ne suis pas sûre de ce que seraient les équivalents dans les collectifs que je connais. Le budget ? Les clés du local ?</li></ol>

<h2 id="conclusion" id="conclusion">Conclusion</h2>

<p>J&#39;ai ré-ouvert ce texte car aujourd&#39;hui je suis davantage dans une phase où  je rejoins des collectifs que dans une phase où j&#39;en crée. Je suis surprise car quand j&#39;échange sur mastodon, tout le monde connaît ces grands principes et se targue de les appliquer super bien.
Et pourtant, je reproduis encore et encore l&#39;erreur de rejoindre des collectifs dans lesquels les réseaux informels dominent et où il faut dépenser beaucoup d&#39;énergie pour pouvoir contribuer...
En un an, j&#39;ai rejoins 3 collectifs non structurés :</p>
<ul><li>Le premier, je n&#39;ai rien demandé, j&#39;y suis allée en pensant qu&#39;entre gens de gauche motivés ça se passerait bien et que je serais écoutée. Je n&#39;ai pas réussi à dire <em>non</em> quand on m&#39;a demandé de faire des choses juste car l&#39;une des stars l&#39;avait décidé. Je suis partie sans rien dire.</li>
<li>Le deuxième, je me suis engagée rapidement car la personne avec qui je devais partager la mission semblait très <em>progressiste</em>. J&#39;y ai laissé beaucoup d&#39;énergie et je m&#39;en suis dégoutée.</li>
<li>Le troisième, j&#39;ai demandé comment les décisions étaient prises avant de m&#39;engager. On m&#39;a répondu : « <em>C&#39;est super ouvert tout le monde peut participer et est écouté</em> », et j&#39;y ai cru (aussi parce que j&#39;avais envie d&#39;y croire). En réalité, on peut parler, oui, mais il n&#39;y a aucune structuration de la prise de décision, et on retrouve tous les défauts pointés par Jo Freeman.</li></ul>

<p>Ma morale personnelle de cette histoire c&#39;est qu&#39;<strong>avant de m&#39;engager dans un collectif, il faut vraiment que j&#39;enquête sur l&#39;existence, ou pas, d&#39;une structuration</strong>.  Et que je sache dire non, ou partir.</p>

<p><a href="/depuis-les-gorces/tag:Feminisme" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Feminisme</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:AutoOrganisation" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">AutoOrganisation</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:Collectifs" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Collectifs</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:Societe" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Societe</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:Lecture" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Lecture</span></a></p>
]]></content:encoded>
      <guid>https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/lecture-la-tyrannie-de-labsence-de-structures-jo-freeman</guid>
      <pubDate>Sun, 11 May 2025 09:58:08 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Qui décide qu&#39;on a été un·e bon·ne allié·e ?</title>
      <link>https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/qui-decide-quon-a-ete-un-e-bon-ne-allie-e</link>
      <description>&lt;![CDATA[#Féminisme #Société&#xA;« Je crois qu&#39;on n&#39;a rien à se reprocher, on a fait ce qu&#39;il fallait. » &#xA;« Je suis un homme féministe.  »&#xA;« J&#39;ai agi par sororité. »&#xA;!--more--&#xA;&#xA;« Je crois qu&#39;on n&#39;a rien à se reprocher »&#xA;Je fais partie d&#39;un groupe qui a géré un incident de violences verbales il y a quelques temps maintenant.  Après la séquence, un homme m&#39;a dit : « Je crois qu&#39;on n&#39;a rien à se reprocher, on a fait ce qu&#39;il fallait faire », sous-entendant qu&#39;on avait très bien réagi. &#xA;&#xA;Je ne suis pas convaincue qu&#39;on ait très bien réagi, mais je ne suis pas non plus convaincue de l&#39;opposé. &#xA;&#xA;Après avoir raccroché de notre conversation, j&#39;ai réalisé ce qui m&#39;avait gênée. Ce n&#39;est pas à nous de décider de si on a bien réagi ou pas. On peut à la rigueur juger de si on a suivi les procédures ou pas. Et dans notre cas, il n&#39;y avait pas de procédures. &#xA;&#xA;En fait, il n&#39;y a que les victimes qui peuvent réellement juger de si on a été un·e bon·nne allié·e, de si on a été à la hauteur. Et la seule manière de le savoir c&#39;est de leur demander, et on ne l&#39;a pas fait. &#xA;Donc on ne sait pas si on a fait ce qu&#39;il fallait. On a fait ce qu&#39;on pensait qu&#39;il fallait faire, petite nuance. &#xA;&#xA;« Je suis un homme féministe »&#xA;Je parle souvent de féminisme, alors j&#39;ai souvent entendu des hommes me déclarer qu&#39;ils étaient féministes. De vrais alliés pour la cause. Au moment où j&#39;écris ce billet de blog, je repense à trois d&#39;entre eux : &#xA;&#xA;L&#39;un m&#39;explique qu&#39;il a connu les vraies années du féminismes (les années 70-80) et que le féminisme est une valeur très importante pour lui. Pourtant, il monopolise la parole lors de nos échanges et passe beaucoup de temps à m&#39;expliquer des choses que je sais déjà, voir que je lui ai dites. &#xA;Le second m&#39;explique que le vrai problème des femmes ce n&#39;est pas l&#39;écriture inclusive, mais le fait qu&#39;elle ne soit pas aussi bien payées que les hommes à travail égal. Je lui réponds que le vrai problème des femmes c&#39;est quand ce sont les hommes qui décident pour elles de ce que sont leurs vrais problèmes. &#xA;Un troisième m&#39;explique qu&#39;il apprend et qu&#39;il n&#39;y connait pas grand chose en féminisme comparativement à d&#39;autres hommes du groupe qui connaissent des mots compliqués comme l&#39;intersectionnalité. Pourtant, c&#39;est l&#39;homme qui a le moins de comportements virilistes de notre groupe. Vu de ma fenêtre, c&#39;est le plus féministe. &#xA;&#xA;Pour moi les deux premiers ne sont pas des masculinistes toxiques. Mais les deux ne sont pas franchement des féministes engagés. Ils auraient beaucoup à apprendre et à déconstruire pour être de bons alliés. Ils gagneraient à écouter pour de vrai les femmes qui les entourent sur ce qu&#39;ils peuvent faire pour elles comme le fait le troisième larron de mon histoire. &#xA;&#xA;Une bonne alliée des copines ?  &#xA;En écrivant ce billet, je repense à deux évènements où je pouvais être la bonne alliée. &#xA;&#xA;Quand j&#39;ai merdé et qu&#39;une copine m&#39;a dit que j&#39;avais agit par sororité&#xA;Récemment j&#39;ai merdé. Une femme m&#39;a confié un incident qu&#39;il lui est arrivé, je l&#39;ai écouté, je l&#39;ai crue, et je l&#39;ai soutenue. &#xA;&#xA;Le lendemain j&#39;ai eu l&#39;impression qu&#39;il était important que j&#39;en parle à une amie qui s&#39;entend bien avec les personnes impliquées, car elles ne se rendent pas compte de l&#39;impact de certains de leurs comportements. J&#39;avais l&#39;impression qu&#39;on pouvait améliorer les choses. &#xA;&#xA;Quelques heures plus tard, j&#39;ai réalisé que j&#39;avais surement merdé : je n&#39;avais pas demandé si je pouvais ou devais en parler. J&#39;ai recontacté la personne qui s&#39;était confiée, et effectivement, elle ne souhaitais pas que j&#39;en parle. J&#39;ai alors exprimé mes remords à ma copine, et je lui ai dit que je m&#39;en voulais. Elle m&#39;a répondu que j&#39;avais agit en pensant bien faire, par sororité, donc je ne devais pas m&#39;en vouloir.&#xA;&#xA;Et là, le mot sororité a sonné très faux pour moi quand elle l&#39;a dit.&#xA;&#xA;Ce n&#39;était pas de la sororité même si quelque part je voulais aider des femmes. C&#39;était plutôt une forme de paternalisme : Je me suis autorisée à penser à la place de la personne ce qui serait bien. La seule personne qui aurait pu me dire que c&#39;était de la sororité, c&#39;est la personne concernée, et j&#39;ai bien l&#39;impression qu&#39;elle ne l&#39;a pas vécu comme ça. &#xA;&#xA;Quand j&#39;ai bien réagi&#xA;Il y a quelques temps, un Jean-Michel Boomer a été pénible avec une copine. Rien de très grave, mais un petit a href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Mansplaining&#34;mansplaining/a comme il sait bien faire. &#xA;J&#39;en ai parlé avec la copine et je lui ai demandé si elle voulait que je lui réponde en privé. J&#39;avais le statut dans ce groupe pour le faire, elle m&#39;a dit que oui, ça l&#39;arrangeait si je lui écrivais. J&#39;ai donc écrit à Jean-Michel Boomer un message mesuré car ce n&#39;était pas moi la victime, donc c&#39;était plus facile que pour ma copine. Et j&#39;ai ensuite montré le message à ma copine. &#xA;&#xA;Quelques semaines plus tard, elle m&#39;a dit qu&#39;elle l&#39;avait vraiment vécu cet évènement comme un moment de sororité. Moi j&#39;avais vraiment l&#39;impression de pas avoir fait grand chose.  Ça m&#39;a fait vraiment plaisir d&#39;avoir été sur le coup une bonne alliée.  &#xA;&#xA;Poser la question&#xA;Ces trois petits incidents m&#39;ont fait réaliser deux choses : &#xA;&#xA;Ce n&#39;est pas aux alliés de décider qu&#39;ils sont de bons alliés. &#xA;Ce n&#39;est pas aux hommes de se déclarer féministes : c&#39;est aux femmes autour d&#39;eux qu&#39;il faut le demander. &#xA;On devient un·e bon allié·e en demandant leur avis aux victimes d&#39;oppression&#xA;&#xA;Pour être une bonne alliée, je ne dois pas penser à la place des autres. Je dois leur demander : &#xA;&#xA;Comment iels ont perçu mon action ? &#xA;Qu&#39;est-ce que je peux faire pour les aider ? &#xA;&#xA;J&#39;espère qu&#39;avoir écrit ce post va m&#39;aider à moins merder dans le futur. &#xA;&#xA;Pour aller plus loin &#xA;&#xA;J&#39;ai récemment découvert a href=&#34;https://lapiscine.substack.com/p/etre-allie-e-kesako-rencontre-avec-magali-milbergue?r=2p9mwm&amp;utmcampaign=post&amp;utmmedium=web&amp;showWelcomeOnShare=false&amp;triedRedirect=true&#34;cette newsletter/a dans laquelle Apolline, l&#39;autrice de PloufLetter, échange avec Magali Milbergue sur « comment être une bonne alliée ».  À la fin de la newsletter, elle donne quelques liens pour aller plus loin et approfondir la question. Cet échange parle beaucoup de posture, et je trouve ça super intéressant. Ça fait écho à beaucoup de mes lectures autour de l&#39;entretien motivationnel... À suivre. &#xA;&#xA;#Feminisme #Paternalisme #Sororité #Societe&#xA;]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><a href="/depuis-les-gorces/tag:F%C3%A9minisme" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Féminisme</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:Soci%C3%A9t%C3%A9" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Société</span></a>
« <em>Je crois qu&#39;on n&#39;a rien à se reprocher, on a fait ce qu&#39;il fallait.</em> »
« <em>Je suis un homme féministe.</em>  »
« <em>J&#39;ai agi par sororité.</em> »
</p>

<h2 id="je-crois-qu-on-n-a-rien-à-se-reprocher" id="je-crois-qu-on-n-a-rien-à-se-reprocher">« <em>Je crois qu&#39;on n&#39;a rien à se reprocher</em> »</h2>

<p>Je fais partie d&#39;un groupe qui a géré un incident de violences verbales il y a quelques temps maintenant.  Après la séquence, un homme m&#39;a dit : « <em>Je crois qu&#39;on n&#39;a rien à se reprocher, on a fait ce qu&#39;il fallait faire</em> », sous-entendant qu&#39;on avait très bien réagi.</p>

<p>Je ne suis pas convaincue qu&#39;on ait très bien réagi, mais je ne suis pas non plus convaincue de l&#39;opposé.</p>

<p>Après avoir raccroché de notre conversation, j&#39;ai réalisé ce qui m&#39;avait gênée. <strong>Ce n&#39;est pas à nous de décider de si on a bien réagi ou pas</strong>. On peut à la rigueur juger de si on a suivi les procédures ou pas. Et dans notre cas, il n&#39;y avait pas de procédures.</p>

<p>En fait, il n&#39;y a que les victimes qui peuvent réellement juger de si on a été un·e bon·nne allié·e, de si on a été à la hauteur. Et la seule manière de le savoir c&#39;est de leur demander, et on ne l&#39;a pas fait.
Donc on ne sait pas si on a fait ce qu&#39;il fallait. On a fait ce qu&#39;on pensait qu&#39;il fallait faire, petite nuance.</p>

<h2 id="je-suis-un-homme-féministe" id="je-suis-un-homme-féministe">« <em>Je suis un homme féministe</em> »</h2>

<p>Je parle souvent de féminisme, alors j&#39;ai souvent entendu des hommes me déclarer qu&#39;ils étaient féministes. De vrais alliés pour la cause. Au moment où j&#39;écris ce billet de blog, je repense à trois d&#39;entre eux :</p>
<ul><li>L&#39;un m&#39;explique qu&#39;<em>il a connu les vraies années du féminismes</em> (les années 70-80) et que <em>le féminisme est une valeur très importante pour lui</em>. Pourtant, <em>il monopolise la parole</em> lors de nos échanges et passe beaucoup de temps à <em>m&#39;expliquer des choses que je sais déjà, voir que je lui ai dites</em>.</li>
<li>Le second m&#39;explique que <em>le vrai problème des femmes ce n&#39;est pas l&#39;écriture inclusive, mais le fait qu&#39;elle ne soit pas aussi bien payées que les hommes à travail égal</em>. Je lui réponds que le vrai problème des femmes c&#39;est quand ce sont les hommes qui décident pour elles de ce que sont leurs vrais problèmes.</li>
<li>Un troisième m&#39;explique qu&#39;il apprend et qu&#39;il n&#39;y connait pas grand chose en féminisme comparativement à d&#39;autres hommes du groupe qui connaissent des mots compliqués comme l&#39;intersectionnalité. Pourtant, c&#39;est l&#39;homme qui a le moins de comportements virilistes de notre groupe. Vu de ma fenêtre, c&#39;est le plus <em>féministe</em>.</li></ul>

<p>Pour moi les deux premiers ne sont pas des masculinistes toxiques. Mais les deux ne sont pas franchement des féministes engagés. Ils auraient beaucoup à apprendre et à déconstruire pour être de bons alliés. Ils gagneraient à écouter pour de vrai les femmes qui les entourent sur ce qu&#39;ils peuvent faire pour elles comme le fait le troisième larron de mon histoire.</p>

<h2 id="une-bonne-alliée-des-copines" id="une-bonne-alliée-des-copines">Une bonne alliée des copines ?</h2>

<p>En écrivant ce billet, je repense à deux évènements où je pouvais être la bonne alliée.</p>

<h3 id="quand-j-ai-merdé-et-qu-une-copine-m-a-dit-que-j-avais-agit-par-sororité" id="quand-j-ai-merdé-et-qu-une-copine-m-a-dit-que-j-avais-agit-par-sororité">Quand j&#39;ai merdé et qu&#39;une copine m&#39;a dit que j&#39;avais agit par sororité</h3>

<p>Récemment j&#39;ai merdé. Une femme m&#39;a confié un incident qu&#39;il lui est arrivé, je l&#39;ai écouté, je l&#39;ai crue, et je l&#39;ai soutenue.</p>

<p>Le lendemain j&#39;ai eu l&#39;impression qu&#39;il était important que j&#39;en parle à une amie qui s&#39;entend bien avec les personnes impliquées, car elles ne se rendent pas compte de l&#39;impact de certains de leurs comportements. J&#39;avais l&#39;impression qu&#39;on pouvait améliorer les choses.</p>

<p>Quelques heures plus tard, j&#39;ai réalisé que j&#39;avais surement merdé : je n&#39;avais pas demandé si je pouvais ou devais en parler. J&#39;ai recontacté la personne qui s&#39;était confiée, et effectivement, elle ne souhaitais pas que j&#39;en parle. J&#39;ai alors exprimé mes remords à ma copine, et je lui ai dit que je m&#39;en voulais. Elle m&#39;a répondu que j&#39;avais agit en pensant bien faire, par <strong>sororité</strong>, donc je ne devais pas m&#39;en vouloir.</p>

<p>Et là, le mot <strong>sororité</strong> a sonné très faux pour moi quand elle l&#39;a dit.</p>

<p>Ce n&#39;était <strong>pas</strong> de la <strong>sororité</strong> même si quelque part je voulais aider des femmes. C&#39;était plutôt une forme de <strong>paternalisme</strong> : <em>Je me suis autorisée à penser à la place de la personne ce qui serait bien</em>. La seule personne qui aurait pu me dire que c&#39;était de la sororité, c&#39;est la personne concernée, et j&#39;ai bien l&#39;impression qu&#39;elle ne l&#39;a pas vécu comme ça.</p>

<h3 id="quand-j-ai-bien-réagi" id="quand-j-ai-bien-réagi">Quand j&#39;ai bien réagi</h3>

<p>Il y a quelques temps, un Jean-Michel Boomer a été pénible avec une copine. Rien de très grave, mais un petit <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mansplaining" rel="nofollow">mansplaining</a> comme il sait bien faire.
J&#39;en ai parlé avec la copine et je lui ai demandé si elle voulait que je lui réponde en privé. J&#39;avais le <em>statut</em> dans ce groupe pour le faire, elle m&#39;a dit que oui, ça l&#39;arrangeait si je lui écrivais. J&#39;ai donc écrit à Jean-Michel Boomer un message mesuré car ce n&#39;était pas moi la victime, donc c&#39;était plus facile que pour ma copine. Et j&#39;ai ensuite montré le message à ma copine.</p>

<p>Quelques semaines plus tard, elle m&#39;a dit qu&#39;<em>elle l&#39;avait vraiment vécu cet évènement comme un moment de sororité</em>. Moi j&#39;avais vraiment l&#39;impression de pas avoir fait grand chose.  Ça m&#39;a fait vraiment plaisir d&#39;avoir été sur le coup une bonne alliée.</p>

<h2 id="poser-la-question" id="poser-la-question">Poser la question</h2>

<p>Ces trois petits incidents m&#39;ont fait réaliser deux choses :</p>
<ol><li><strong>Ce n&#39;est pas aux alliés de décider qu&#39;ils sont de bons alliés</strong>.
Ce n&#39;est pas aux hommes de se déclarer féministes : c&#39;est aux femmes autour d&#39;eux qu&#39;il faut le demander.</li>
<li><strong>On devient un·e bon allié·e en demandant leur avis aux victimes d&#39;oppression</strong></li></ol>

<p>Pour être une bonne alliée, je ne dois pas penser à la place des autres. Je dois leur demander :</p>
<ul><li>Comment iels ont perçu mon action ?</li>
<li>Qu&#39;est-ce que je peux faire pour les aider ?</li></ul>

<p>J&#39;espère qu&#39;avoir écrit ce post va m&#39;aider à moins merder dans le futur.</p>

<h1 id="pour-aller-plus-loin" id="pour-aller-plus-loin">Pour aller plus loin</h1>
<ul><li>J&#39;ai récemment découvert <a href="https://lapiscine.substack.com/p/etre-allie-e-kesako-rencontre-avec-magali-milbergue?r=2p9mwm&amp;utm_campaign=post&amp;utm_medium=web&amp;showWelcomeOnShare=false&amp;triedRedirect=true" rel="nofollow">cette newsletter</a> dans laquelle Apolline, l&#39;autrice de PloufLetter, échange avec Magali Milbergue sur « comment être une bonne alliée ».  À la fin de la newsletter, elle donne quelques liens pour aller plus loin et approfondir la question. Cet échange parle beaucoup de posture, et je trouve ça super intéressant. Ça fait écho à beaucoup de mes lectures autour de l&#39;entretien motivationnel... À suivre.</li></ul>

<p><a href="/depuis-les-gorces/tag:Feminisme" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Feminisme</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:Paternalisme" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Paternalisme</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:Sororit%C3%A9" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Sororité</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:Societe" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Societe</span></a></p>
]]></content:encoded>
      <guid>https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/qui-decide-quon-a-ete-un-e-bon-ne-allie-e</guid>
      <pubDate>Thu, 08 May 2025 17:39:14 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Ma petite vie sur Mastodon</title>
      <link>https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/ma-petite-vie-sur-mastodon</link>
      <description>&lt;![CDATA[#Société #Numérique&#xA;Je suis depuis 2022 sur Mastodon, et j&#39;y suis plutôt pas mal. Je voulais réfléchir sur mon usage de Mastodon car j&#39;ai plusieurs copaines qui ont entendu parler de Mastodon mais qui n&#39;ont pas franchi le pas et qui voulaient en savoir un peu plus. &#xA;!--more--&#xA;Alors, pourquoi Mastodon ?&#xA;Pour répondre à cette question, j&#39;ai eu besoin de revenir un peu sur mon histoire sur les internets. Comme ce billet devenait vraiment trop long, je l&#39;ai coupé pour mettre la partie historique de mon usage nombriliste d&#39;internet sur un autre article de blog. &#xA;&#xA;Le lien vers le-dit-article quand il sera publié-il-ne-faut-pas-que-joublie&#xA;a href=&#34;https://social.sciences.re/@AudeCaussarieu&#34;Le lien vers mon compte Mastodon/a parce que c&#39;est peut-être par là qu&#39;il fallait que je commence ?&#xA;&#xA;De Twitter à Mastodon &#xA;J&#39;étais bien sur Twitter, bon, yavait bien quelques trucs pénibles comme le harcèlement de fachos, ou le starisme de certaines micro-célébrités du twitterESR. Et puis j&#39;y passais surement un peu trop de temps. Je me rappelle que certaines personnes parlaient déjà de Mastodon, mais ça me paraissait un truc de geek à l&#39;époque et on était jeunes et heureux et insouciant·es... [insert image of a vibrant sunset]&#xA;La migration de 2022&#xA;En 2022, Musk rachète Twitter et commence à en faire n&#39;importe quoi. Je me rappelle que ça m&#39;avait fâchée, mais je ne sais plus exactement ce qui a été le déclencheur. Je me rappelle aussi que plein de personnes migraient vers Mastodon et donnaient plein de conseils. Ça donnait l&#39;impression que c&#39;était compliqué, un truc de spécialiste. &#xA;Je me rappelle que le fait de devoir choisir une instance / un serveur était vraiment un point de blocage pour moi. J&#39;ai une tendance à avoir besoin de tout comparer, de tout bien réfléchir quand je dois choisir parmi plusieurs options. &#xA;Et puis un jour j&#39;ai fait un petit comparatif des instances, et j&#39;ai choisi chapril. Je trouvais le nom marrant, et puis il y avait des personnes que je connaissais qui avaient choisi cette instance. J&#39;ai créé mon premier compte Mastodon. &#xA;D&#39;ailleurs, j&#39;ai depuis rédigé un article de blog pour présenter différentes instances, et surtout désacraliser ce choix !&#xA;&#xA;a href=&#34;https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/les-instances-mastodon&#34; Lien vers mon article de blog sur les instances Mastodon /a&#xA;&#xA;Au début, c&#39;était calme&#xA;Au début, comme tout le monde l&#39;a dit, c&#39;était calme. Comme il n&#39;y a pas d&#39;algorithme qui te propose du contenu, tu ne vois rien si tu ne suis pas des gens. J&#39;ai donc suivi des gens. &#xA;&#xA;J&#39;ai commencé par rechercher les gens que je connaissais de Twitter, à la mano. Maintenant il y a un outil pour faire ça (HelloQuitX je crois).&#xA;Puis j&#39;ai suivi les gens qui répondaient des trucs marrants aux gens que je suivais déjà. &#xA;&#xA;Et déjà, c&#39;était moins calme 😆. Je suis tombée dans une petite communauté avec un peu le même esprit que sur Twitter, mais en plus bienveillant. &#xA;&#xA;J&#39;ai commencé à pouetter comme on dit sur Mastodon : &#xA;&#xA;Des trucs de la vie de tous les jours en mode micro-blogging, et de nombreuses râleries sur les #JeanMichelBoomer &#xA;Des photos de mon chat (#CatsOfMastodon) ou de mon chien (#DogsOfMastodon) ou de mon jardin (#FleurisTonFil). Sur Mastodon, la règle c&#39;est de mettre un ALT, c&#39;est-à-dire une description de la photo pour que les personnes qui voient mal ou pas puissent avoir accès au média avec leur lecteur. &#xA;   a href=&#34;https://rivals.space/@serenity/114104169300886166&#34;Post mastodon de @Serenity qui explique l&#39;intérêt de mettre un texte alternatif aux médias /a&#xA;   a href=&#34;https://rivals.space/@serenity/114111258665814794&#34;Post mastodon de @Serenity qui donne quelques conseils sur comment rédiger les textes alternatifs /a&#xA;   a href=&#34;https://www.copsae.fr/partager-image-accessible/&#34; Guide en ligne super complet de @Copsae sur comment rédiger un texte alternatif /a&#xA;   a href=&#34;https://disabled.social/@A11yAwareness&#34; Un compte mastodon qui délivre plein de tips autour de l&#39;accessibilité du numérique /a. &#xA;Quelques trucs de travail en mode vulgarisation, un peu de #BiblioDidactique, un peu d&#39;écologie. Souvent, ça n&#39;intéresse pas grand monde, mais parfois ça suscite des échanges intéressants 🙂.&#xA;Des réponses aux pouets des copaines, pour montrer qu&#39;on les lit, qu&#39;on comprend leurs peines et leurs joies, pour répondre à des questions quand on a une réponse, et évidemment... pour blaguer un peu 😎. L&#39;humour est vraiment l&#39;une des choses qui me plait sur ces réseaux sociaux.&#xA;Et évidemment des partages des pouets chouettes parce que sur Mastodon, l&#39;algorithme c&#39;est toi. Repartager les pouets permet aux gens qui te suivent de découvrir ce contenu. &#xA;&#xA;Et j&#39;ai commencé aussi à être un peu suivie. &#xA;&#xA;Façonner ma TL&#xA;Il y avait beaucoup beaucoup de geeks qui installent des distributions linux et qui font du gravel le week-end dans mon fil. &#xA;&#xA;Comme depuis Twitter je me suis un peu beaucoup sensibilisée aux questions féministes, j&#39;ai décidé d&#39;orienter ma TL (il parait que ça veut dire TimeLine... En gros, les messages qu&#39;on voit sur la page d&#39;accueil de l&#39;application). Voici quelques unes des pratiques qui m&#39;ont aidé à avoir un fil qui me plait pas mal. &#xA;&#xA;Une règle pour &#34;suivre&#34; les gens &#xA;Sur Mastodon, c&#39;est classique d&#39;appliquer la règle du &#34;Follow-back&#34; : si tu me suis, alors je te suis. Beaucoup de personnes appliquent cette règle à condition que ton compte ne soit pas vide, que tu aies une bio et un message d&#39;introduction  avec le mot-clé #IntroductionFR qu&#39;il est d&#39;usage d&#39;épingler à son profil (le message, pas le mot clé !).  &#xA;   &#xA;Pour ma part, j&#39;ai décidé de suivre une règle un peu différente pour choisir les comptes auxquels je m&#39;abonne. &#xA;&#xA;J&#39;applique la règle Follow-back pour les femmes ou les personnes queer ou racisées, &#xA;et je ne l&#39;applique pas, ou très rarement, avec les hommes blancs cis. Je vais attendre qu&#39;on interagisse un peu. &#xA;&#xA;Le blocage facile &#xA;J&#39;ai aussi pris l&#39;habitude de bloquer très facilement les personnes que je trouve trop désagréables avec des copaines ou avec moi. Le profil type que je bloque, c&#39;est le militant insoumis ou anti-spécistes agressif et condescendant. &#xA;&#xA;Lutter contre le contenu qui ne me plait pas&#xA;Quand je vois un contenu qui ne me plait pas, je me demande comment il est arrivé sur mon fil. Trois options : &#xA;&#xA;C&#39;est quelqu&#39;un que je suis. Je mets alors une petite note sur le profil (on a cette option sur mastodon) qui dit : &#34;pénible&#34;. Si quand j&#39;ouvre le profil de la personne, j&#39;ai déjà mis la petite note, alors j&#39;arrête de lea suivre. &#xA;C&#39;est un partage de quelqu&#39;un que je suis. Dans ce cas je clique sur le profil de la personne, et je clique sur : Masquer les partages de ... &#xA;C&#39;est un hashtag auquel je suis abonnée. Alors je réfléchis... Est-ce que je veux me désabonner de ce hashtag ? Mon cas de conscience actuel est le hastag #Vegan. Plein de recettes chouettes, pleins de militants pénibles.  &#xA;&#xA;Afficher du contenu qui me plait &#xA;Et pour avoir du contenu qui me plait, je suis certains hashtags : #BiblioDidactique (je crois qu&#39;actuellement j&#39;en suis la seule utilisatrice), #feminisme, #LesEcologistes, #jardinierdudimanche, #bordeaux, #HorsesOfMastodon. En vrai, je n&#39;utilise pas plus que ça l&#39;option de suivre des hashtag car je vais plus sur mastodon pour les interactions entre humain·es que pour suivre des sujets... &#xA;&#xA;Mon usage de Mastodon aujourd&#39;hui&#xA;Aujourd&#39;hui, je passe environ une heure et demi sur Mastodon par jour. Je le sais car j&#39;ai mis un bloqueur de temps pour l&#39;application Tusky avec laquelle je vais sur Mastodon sur mon téléphone à 1h30. Je l&#39;atteins environ une ou deux fois par semaine, mais je vais aussi sur Mastodon par mon ordinateur. &#xA;&#xA;Un compte « officiel » et un compte anonyme &#xA;En 2024, j&#39;ai changé d&#39;instance, c&#39;est-à-dire de serveur. J&#39;avais envie de me créer un compte un peu plus pro, pour parler à visage découvert, et un compte plus confidentiel, anonyme, pour partager avec un plus petit réseau de trucs plus perso. &#xA;Pour le compte pro, je suis allée sur l&#39;instance a href=&#34;https://social.sciences.re&#34;sciences.re/a car c&#39;est une instance qui regroupe pas mal de scientifiques, et c&#39;est souvent de là où je parle. En vrai, les instances c&#39;est pas si important. J&#39;en ai parlé un peu plus dans un billet un peu plus technique. Ce qu&#39;il faut retenir, c&#39;est que si tu ne veux pas te prendre la tête, tu peux aller sur piaille.fr. &#xA;&#xA;a href=&#34;https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/les-instances-mastodon&#34; Mon billet de blog sur les instances Mastodon /a&#xA;&#xA;De l&#39;interaction &#xA;On ne va pas trop se mentir, quand j&#39;ouvre Mastodon, le premier truc que je regarde, ce sont mes notifications. &#xA;&#xA;Ce que je préfère, ce sont les mentions. Ça veut dire que quelqu&#39;un m&#39;a parlé, et que je vais pouvoir répondre. 9 fois sur 10, c&#39;est chouette. Parfois c&#39;est un·e relou·e, mais c&#39;est rare. Donc si tu viens sur Mastodon, viens papoter, ça me fera super plaisir.  &#xA;Ensuite, ce sont les partages. Je me dis : « Chouette, ce que j&#39;ai dit t&#39;a paru suffisamment intéressant pour le repartager ! »&#xA;Et enfin, les likes / favoris. C&#39;est bien parce qu&#39;on se dit : &#xA;« Tiens quelqu&#39;un·e m&#39;a lue et me le fait savoir, merci copaine ». On a moins l&#39;impression de parler dans le vide. &#xA;&#xA;J&#39;interagis aussi évidemment en répondant aux messages des copaines qui racontent leur quotidien et qui posent des questions. Et en racontant moi aussi un peu ma vie (ce qui m&#39;amuse ou qui m&#39;énerve)...&#xA;&#xA;Poser des questions&#xA;Un truc que j&#39;adore sur Mastodon, c&#39;est de raconter une situation qui m&#39;est arrivée, et de demander aux autres comment iels auraient réagi. Je suis toujours surprise de réparties auxquelles je n&#39;aurais pas pensés. Et puis, c&#39;est marrant de voir comment aurait réagi un homme blanc et ça me décomplexe un peu. &#xA;&#xA;Et je pose aussi des questions sur un peu tout et n&#39;importe quoi #MastoHelp, et j&#39;ai toujours des réponses intéressantes. &#xA;&#xA;Qu&#39;est-ce qu&#39;il faut penser de cette nouvelle application de messagerie bretonne treebal qui se dit écolo ? &#xA;Vous avez des recos de livres sur l&#39;histoire des sciences pour un ado de 14 ans ? &#xA;&#xA;Un peu de distraction de gauchiste&#xA;J&#39;ouvre mastodon le matin sur mon téléphone pour me réveiller doucement. Je vois en général surtout des messages de la nuit, donc de ce qui s&#39;est passé aux USA et au Canada, et puis des copaines qui ont mal dormi 😬. Je regarde aussi quasi-systématiquement le soir en me couchant. &#xA;&#xA;Je suis abonnée à quelques journaux comme Mediapart ou LeMonde, ça me fait ma petite revue de presse de gauche. C&#39;est le truc que j&#39;ai oublié de dire depuis le début, alors que c&#39;est l&#39;une des plus grandes qualités de Mastodon : c&#39;est un réseau social de gauchistes 🤩 ! &#xA;&#xA;Des recos &#xA;Sur mastodon, je me cultive en lisant quelques articles de blogs ou de presse partagés par les personnes que je suis. Et un truc chouette, c&#39;est qu&#39;il y a beaucoup de recommandations ! J&#39;aime beaucoup le Hashtag #VendrediLecture par exemple. &#xA;&#xA;Donc quand je tombe sur une reco qui me parle, je bookmarque. &#xA;Mettre un signet sur un message (un pouet ou un toot selon les instances) permet de le retrouver facilement plus tard. De temps en temps je parcours mes signets et je mets à jour ma liste de livres à lire et de films et de séries à regarder, et de podcasts à écouter.  &#xA;&#xA;Partager mon travail &#xA;J&#39;essaie de faire des fils / threads une fois par semaine pour parler un peu de mon travail : les sciences de l&#39;éducation et la formation au sens large. Ça fait un peu partie de mon plan de com&#39; global pour ma petite auto-entreprise, et je publie en général un contenu un peu similaire sur Linkedin et sur Mastodon. Maintenant, comme je le disais dans l&#39;article sur comment quitter Facebook, j&#39;essaie que les infos un peu intéressantes soient aussi dans un article de blog. Parfois, c&#39;est plus spontané, je lis un article, et je partage en utilisant le hashtag #BiblioDidactique. Ou bien je partage juste mon quotidien au travail. &#xA;&#xA;Militer un peu&#xA;Je partage aussi autour de mes lectures, ou de ce que j&#39;écris sur les sujets de société qui me tiennent à cœur : le féminisme, l&#39;écologie, la cuisine végétarienne, le numérique hors gafam... &#xA;&#xA;Petite liste de mes plaisirs sur Mastodon&#xA;Ça va faire 3 ans que je suis sur Mastodon, et globalement, c&#39;est une plateforme dont je suis très contente. Je voulais faire une petite liste à la Prévert des petits plaisirs de Mastodon : &#xA;&#xA;Pas de publicité. C&#39;est con à dire mais c&#39;est vraiment trop bien. Je vis à la campagne, je surfe sur Mozilla avec un bloqueur de pub, et je traine sur Mastodon. J&#39;ai perdu l&#39;habitude d&#39;être agressée par de la pub non sollicitée partout et ... pffff... c&#39;est BIEN. &#xA;Des copaines. Sur mastodon on peut vraiment se faire des copaines, voir même des amies. On se soutient, on s&#39;écoute, on se rend des services. C&#39;est ... bien 🥰. &#xA;De la bienveillance et de l&#39;humilité. Alors oui, ya du mansplaining et de la pureté militante : ça reste un réseau social avec beaucoup d&#39;informaticiens ou de cyclistes hommes blancs ou de vegan hommes blancs, mais globalement, il y en a beaucoup qui sont éduqués sur ces questions. J&#39;ai souvent lu : « est-ce que tu écris pour avoir du soutien ou tu souhaites avoir aussi des conseils ? ». Ou bien « Tu en sais probablement déjà beaucoup sur le sujet, mais ... ». &#xA;De la poésie et un peu de beauté. Ce n&#39;est pas du tout ce que je venais chercher, mais #FleurisTonFil, #SilentSunday, #Caturday sont des hashtags qui font du bien à ton fil. J&#39;ai par contre masqué #Mastobada 😬. &#xA;De l&#39;humour et de la rigolade. On cite évidemment la grande a href=&#34;https://piaille.fr/@scudery&#34;Scu /a, mais j&#39;aime surtout les échanges de pouet où on enchaîne sur des mauvaises définitions d&#39;un mot, ou bien le hashtag #Ironeme où l&#39;on détourne des expressions toutes faites. &#xA;Une fenêtre d&#39;overton enfin tirée à gauche. Ya plein de gens très engagés sur Mastodon. J&#39;ai l&#39;impression que les gens passent leur vie en manif (ou à faire du vélo), à lire des livres féministes trop intéressant et à cuisiner vegan. Parfois c&#39;est un peu pénible car certains sont assez Yakafokon ou pureté militante, mais au quotidien, ça fait quand même du bien. Ça change de Linkedin on va dire.   &#xA;Il n&#39;y a pas une infinité de messages à lire, au moins sur mon fil principal. Alors je mets cet argument à la fin car c&#39;était surtout vrai à mes débuts sur mastodon. Au début, comme tu ne suis qu&#39;un petit nombre de personnes, bah il n&#39;y a qu&#39;un petit nombre de messages à lire. En 20 minutes, pouf, j&#39;avais tout vu. C&#39;est beaucoup moins addictif que les réseaux sociaux à algorithmes et j&#39;aimais beaucoup ça. Sur mon compte, pro, ça n&#39;est plus du tout le cas. C&#39;est aussi pour ça que je me suis recréé un petit compte anonyme pour n&#39;y suivre pas grand monde, et retrouver ce côté fini. &#xA;&#xA;To be continued... &#xA;&#xA;#FediTips #Quotidien #Numerique]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><a href="/depuis-les-gorces/tag:Soci%C3%A9t%C3%A9" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Société</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:Num%C3%A9rique" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Numérique</span></a>
<em>Je suis depuis 2022 sur Mastodon, et j&#39;y suis plutôt pas mal. Je voulais réfléchir sur mon usage de Mastodon car j&#39;ai plusieurs copaines qui ont entendu parler de Mastodon mais qui n&#39;ont pas franchi le pas et qui voulaient en savoir un peu plus.</em>

Alors, pourquoi Mastodon ?
Pour répondre à cette question, j&#39;ai eu besoin de revenir un peu sur mon histoire sur les internets. Comme ce billet devenait vraiment trop long, je l&#39;ai coupé pour mettre la partie historique de mon usage nombriliste d&#39;internet sur un autre article de blog.</p>
<ul><li>Le lien vers le-dit-article quand il sera publié-il-ne-faut-pas-que-joublie</li>
<li><a href="https://social.sciences.re/@AudeCaussarieu" rel="nofollow">Le lien vers mon compte Mastodon</a> parce que c&#39;est peut-être par là qu&#39;il fallait que je commence ?</li></ul>

<h2 id="de-twitter-à-mastodon" id="de-twitter-à-mastodon">De Twitter à Mastodon</h2>

<p>J&#39;étais bien sur Twitter, bon, yavait bien quelques trucs pénibles comme le harcèlement de fachos, ou le starisme de certaines micro-célébrités du twitterESR. Et puis j&#39;y passais surement un peu trop de temps. Je me rappelle que certaines personnes parlaient déjà de Mastodon, mais ça me paraissait un truc de geek à l&#39;époque et on était jeunes et heureux et insouciant·es... [insert image of a vibrant sunset]</p>

<h3 id="la-migration-de-2022" id="la-migration-de-2022">La migration de 2022</h3>

<p>En 2022, Musk rachète Twitter et commence à en faire n&#39;importe quoi. Je me rappelle que ça m&#39;avait fâchée, mais je ne sais plus exactement ce qui a été le déclencheur. Je me rappelle aussi que plein de personnes migraient vers Mastodon et donnaient plein de conseils. Ça donnait l&#39;impression que c&#39;était compliqué, un truc de spécialiste.
Je me rappelle que le fait de devoir choisir une instance / un serveur était vraiment un point de blocage pour moi. J&#39;ai une tendance à avoir besoin de tout comparer, de tout bien réfléchir quand je dois choisir parmi plusieurs options.
Et puis un jour j&#39;ai fait un petit comparatif des instances, et j&#39;ai choisi chapril. Je trouvais le nom marrant, et puis il y avait des personnes que je connaissais qui avaient choisi cette instance. J&#39;ai créé mon premier compte Mastodon.
D&#39;ailleurs, j&#39;ai depuis rédigé un article de blog pour présenter différentes instances, et surtout désacraliser ce choix !</p>
<ul><li><a href="https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/les-instances-mastodon" rel="nofollow"> Lien vers mon article de blog sur les instances Mastodon </a></li></ul>

<h3 id="au-début-c-était-calme" id="au-début-c-était-calme">Au début, c&#39;était calme</h3>

<p>Au début, comme tout le monde l&#39;a dit, c&#39;était calme. Comme il n&#39;y a pas d&#39;algorithme qui te propose du contenu, tu ne vois rien si tu ne <em>suis</em> pas des gens. J&#39;ai donc suivi des gens.</p>
<ul><li>J&#39;ai commencé par rechercher les gens que je connaissais de Twitter, à la mano. Maintenant il y a un outil pour faire ça (HelloQuitX je crois).</li>
<li>Puis j&#39;ai suivi les gens qui répondaient des trucs marrants aux gens que je suivais déjà.</li></ul>

<p>Et déjà, c&#39;était moins calme 😆. Je suis tombée dans une petite communauté avec un peu le même esprit que sur Twitter, mais en plus bienveillant.</p>

<p>J&#39;ai commencé à <em>pouetter</em> comme on dit sur Mastodon :</p>
<ul><li>Des <strong>trucs de la vie de tous les jours</strong> en mode micro-blogging, et de nombreuses râleries sur les <a href="/depuis-les-gorces/tag:JeanMichelBoomer" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">JeanMichelBoomer</span></a></li>
<li>Des <strong>photos</strong> de mon chat (<a href="/depuis-les-gorces/tag:CatsOfMastodon" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">CatsOfMastodon</span></a>) ou de mon chien (<a href="/depuis-les-gorces/tag:DogsOfMastodon" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">DogsOfMastodon</span></a>) ou de mon jardin (<a href="/depuis-les-gorces/tag:FleurisTonFil" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">FleurisTonFil</span></a>). Sur Mastodon, la règle c&#39;est de mettre un ALT, c&#39;est-à-dire une description de la photo pour que les personnes qui voient mal ou pas puissent avoir accès au média avec leur lecteur.
<ul><li><a href="https://rivals.space/@serenity/114104169300886166" rel="nofollow">Post mastodon de @Serenity qui explique l&#39;intérêt de mettre un texte alternatif aux médias </a></li>
<li><a href="https://rivals.space/@serenity/114111258665814794" rel="nofollow">Post mastodon de @Serenity qui donne quelques conseils sur comment rédiger les textes alternatifs </a></li>
<li><a href="https://www.copsae.fr/partager-image-accessible/" rel="nofollow"> Guide en ligne super complet de @Copsae sur comment rédiger un texte alternatif </a></li>
<li><a href="https://disabled.social/@A11yAwareness" rel="nofollow"> Un compte mastodon qui délivre plein de tips autour de l&#39;accessibilité du numérique </a>.</li></ul></li>
<li>Quelques <strong>trucs de travail</strong> en mode <strong>vulgarisation</strong>, un peu de <a href="/depuis-les-gorces/tag:BiblioDidactique" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">BiblioDidactique</span></a>, un peu d&#39;écologie. Souvent, ça n&#39;intéresse pas grand monde, mais parfois ça suscite des échanges intéressants 🙂.</li>
<li><strong>Des réponses aux pouets des copaines</strong>, pour montrer qu&#39;on les lit, qu&#39;on comprend leurs peines et leurs joies, pour répondre à des questions quand on a une réponse, et évidemment... pour <strong>blaguer</strong> un peu 😎. L&#39;humour est vraiment l&#39;une des choses qui me plait sur ces réseaux sociaux.</li>
<li>Et évidemment <strong>des partages des pouets chouettes</strong> parce que sur Mastodon, l&#39;algorithme c&#39;est toi. Repartager les pouets permet aux gens qui te suivent de découvrir ce contenu.</li></ul>

<p>Et j&#39;ai commencé aussi à être un peu suivie.</p>

<h3 id="façonner-ma-tl" id="façonner-ma-tl">Façonner ma TL</h3>

<p>Il y avait beaucoup beaucoup de geeks qui installent des distributions linux et qui font du gravel le week-end dans mon fil.</p>

<p>Comme depuis Twitter je me suis un peu beaucoup sensibilisée aux questions féministes, j&#39;ai décidé d&#39;orienter ma TL (il parait que ça veut dire TimeLine... En gros, les messages qu&#39;on voit sur la page d&#39;accueil de l&#39;application). Voici quelques unes des pratiques qui m&#39;ont aidé à avoir un fil qui me plait pas mal.</p>

<h4 id="une-règle-pour-suivre-les-gens" id="une-règle-pour-suivre-les-gens">Une règle pour “suivre” les gens</h4>

<p>Sur Mastodon, c&#39;est classique d&#39;appliquer la règle du “Follow-back” : <em>si tu me suis, alors je te suis</em>. Beaucoup de personnes appliquent cette règle à condition que ton compte ne soit pas vide, que tu aies une bio et un message d&#39;introduction  avec le mot-clé <a href="/depuis-les-gorces/tag:IntroductionFR" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">IntroductionFR</span></a> qu&#39;il est d&#39;usage d&#39;épingler à son profil (le message, pas le mot clé !).</p>

<p>Pour ma part, j&#39;ai décidé de suivre une règle un peu différente pour choisir les comptes auxquels je m&#39;abonne.</p>
<ul><li>J&#39;applique la règle <em>Follow-back</em> pour les femmes ou les personnes queer ou racisées,</li>
<li>et je ne l&#39;applique pas, ou très rarement, avec les hommes blancs cis. Je vais attendre qu&#39;on interagisse un peu.</li></ul>

<h4 id="le-blocage-facile" id="le-blocage-facile">Le blocage facile</h4>

<p>J&#39;ai aussi pris l&#39;habitude de <strong>bloquer très facilement</strong> les personnes que je trouve trop désagréables avec des copaines ou avec moi. Le profil type que je bloque, c&#39;est le militant insoumis ou anti-spécistes agressif et condescendant.</p>

<h4 id="lutter-contre-le-contenu-qui-ne-me-plait-pas" id="lutter-contre-le-contenu-qui-ne-me-plait-pas">Lutter contre le contenu qui ne me plait pas</h4>

<p>Quand je vois un contenu qui ne me plait pas, je me demande comment il est arrivé sur mon fil. Trois options :</p>
<ol><li><strong>C&#39;est quelqu&#39;un que je suis</strong>. Je mets alors une petite note sur le profil (on a cette option sur mastodon) qui dit : “pénible”. Si quand j&#39;ouvre le profil de la personne, j&#39;ai déjà mis la petite note, alors j&#39;arrête de lea suivre.</li>
<li><strong>C&#39;est un partage de quelqu&#39;un que je suis</strong>. Dans ce cas je clique sur le profil de la personne, et je clique sur : Masquer les partages de ...</li>
<li><strong>C&#39;est un hashtag</strong> auquel je suis abonnée. Alors je réfléchis... Est-ce que je veux me désabonner de ce hashtag ? Mon cas de conscience actuel est le hastag <a href="/depuis-les-gorces/tag:Vegan" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Vegan</span></a>. Plein de recettes chouettes, pleins de militants pénibles.<br></li></ol>

<h4 id="afficher-du-contenu-qui-me-plait" id="afficher-du-contenu-qui-me-plait">Afficher du contenu qui me plait</h4>

<p>Et pour avoir du contenu qui me plait, je suis certains hashtags : <a href="/depuis-les-gorces/tag:BiblioDidactique" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">BiblioDidactique</span></a> (je crois qu&#39;actuellement j&#39;en suis la seule utilisatrice), <a href="/depuis-les-gorces/tag:feminisme" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">feminisme</span></a>, <a href="/depuis-les-gorces/tag:LesEcologistes" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">LesEcologistes</span></a>, <a href="/depuis-les-gorces/tag:jardinierdudimanche" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">jardinierdudimanche</span></a>, <a href="/depuis-les-gorces/tag:bordeaux" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">bordeaux</span></a>, <a href="/depuis-les-gorces/tag:HorsesOfMastodon" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">HorsesOfMastodon</span></a>. En vrai, je n&#39;utilise pas plus que ça l&#39;option de suivre des hashtag car je vais plus sur mastodon pour les interactions entre humain·es que pour suivre des sujets...</p>

<h2 id="mon-usage-de-mastodon-aujourd-hui" id="mon-usage-de-mastodon-aujourd-hui">Mon usage de Mastodon aujourd&#39;hui</h2>

<p>Aujourd&#39;hui, je passe environ une heure et demi sur Mastodon par jour. Je le sais car j&#39;ai mis un bloqueur de temps pour l&#39;application Tusky avec laquelle je vais sur Mastodon sur mon téléphone à 1h30. Je l&#39;atteins environ une ou deux fois par semaine, mais je vais aussi sur Mastodon par mon ordinateur.</p>

<h3 id="un-compte-officiel-et-un-compte-anonyme" id="un-compte-officiel-et-un-compte-anonyme">Un compte « officiel » et un compte anonyme</h3>

<p>En 2024, j&#39;ai changé d&#39;instance, c&#39;est-à-dire de serveur. J&#39;avais envie de me créer un compte un peu plus pro, pour parler <em>à visage découvert</em>, et un compte plus confidentiel, anonyme, pour partager avec un plus petit réseau de trucs plus perso.
Pour le compte pro, je suis allée sur l&#39;instance <a href="https://social.sciences.re" rel="nofollow">sciences.re</a> car c&#39;est une instance qui regroupe pas mal de scientifiques, et c&#39;est souvent de là où je parle. En vrai, les instances c&#39;est pas si important. J&#39;en ai parlé un peu plus dans un billet un peu plus technique. Ce qu&#39;il faut retenir, c&#39;est que si tu ne veux pas te prendre la tête, tu peux aller sur piaille.fr.</p>
<ul><li><a href="https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/les-instances-mastodon" rel="nofollow"> Mon billet de blog sur les instances Mastodon </a></li></ul>

<h3 id="de-l-interaction" id="de-l-interaction">De l&#39;interaction</h3>

<p>On ne va pas trop se mentir, quand j&#39;ouvre Mastodon, le premier truc que je regarde, ce sont mes notifications.</p>
<ul><li>Ce que je préfère, ce sont les <strong>mentions</strong>. Ça veut dire que quelqu&#39;un m&#39;a parlé, et que je vais pouvoir répondre. 9 fois sur 10, c&#39;est chouette. Parfois c&#39;est un·e relou·e, mais c&#39;est rare. Donc si tu viens sur Mastodon, viens papoter, ça me fera super plaisir.<br></li>
<li>Ensuite, ce sont les <strong>partages</strong>. Je me dis : « <em>Chouette, ce que j&#39;ai dit t&#39;a paru suffisamment intéressant pour le repartager !</em> »</li>
<li>Et enfin, les likes / <strong>favoris</strong>. C&#39;est bien parce qu&#39;on se dit :
« <em>Tiens quelqu&#39;un·e m&#39;a lue et me le fait savoir, merci copaine</em> ». On a moins l&#39;impression de parler dans le vide.</li></ul>

<p>J&#39;interagis aussi évidemment en répondant aux messages des copaines qui racontent leur quotidien et qui posent des questions. Et en racontant moi aussi un peu ma vie (ce qui m&#39;amuse ou qui m&#39;énerve)...</p>

<h3 id="poser-des-questions" id="poser-des-questions">Poser des questions</h3>

<p>Un truc que j&#39;adore sur Mastodon, c&#39;est de raconter une situation qui m&#39;est arrivée, et de demander aux autres comment iels auraient réagi. Je suis toujours surprise de réparties auxquelles je n&#39;aurais pas pensés. Et puis, c&#39;est marrant de voir comment aurait réagi un homme blanc et ça me décomplexe un peu.</p>

<p>Et je pose aussi des questions sur un peu tout et n&#39;importe quoi <a href="/depuis-les-gorces/tag:MastoHelp" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">MastoHelp</span></a>, et j&#39;ai <em>toujours</em> des réponses intéressantes.</p>
<ul><li>Qu&#39;est-ce qu&#39;il faut penser de cette nouvelle application de messagerie bretonne treebal qui se dit écolo ?</li>
<li>Vous avez des recos de livres sur l&#39;histoire des sciences pour un ado de 14 ans ?</li></ul>

<h3 id="un-peu-de-distraction-de-gauchiste" id="un-peu-de-distraction-de-gauchiste">Un peu de distraction de gauchiste</h3>

<p>J&#39;ouvre mastodon le matin sur mon téléphone pour me réveiller doucement. Je vois en général surtout des messages de la nuit, donc de ce qui s&#39;est passé aux USA et au Canada, et puis des copaines qui ont mal dormi 😬. Je regarde aussi quasi-systématiquement le soir en me couchant.</p>

<p>Je suis abonnée à quelques journaux comme Mediapart ou LeMonde, ça me fait ma petite revue de presse de gauche. C&#39;est le truc que j&#39;ai oublié de dire depuis le début, alors que c&#39;est l&#39;une des plus grandes qualités de Mastodon : c&#39;est un réseau social de gauchistes 🤩 !</p>

<h3 id="des-recos" id="des-recos">Des recos</h3>

<p>Sur mastodon, je me cultive en lisant quelques articles de blogs ou de presse partagés par les personnes que je suis. Et un truc chouette, c&#39;est qu&#39;il y a beaucoup de recommandations ! J&#39;aime beaucoup le Hashtag <a href="/depuis-les-gorces/tag:VendrediLecture" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">VendrediLecture</span></a> par exemple.</p>

<p>Donc quand je tombe sur une reco qui me parle, je <strong>bookmarque</strong>.
Mettre un signet sur un message (un pouet ou un toot selon les instances) permet de le retrouver facilement plus tard. De temps en temps je parcours mes signets et je mets à jour ma liste de livres à lire et de films et de séries à regarder, et de podcasts à écouter.</p>

<h3 id="partager-mon-travail" id="partager-mon-travail">Partager mon travail</h3>

<p>J&#39;essaie de faire des fils / threads une fois par semaine pour parler un peu de mon travail : les sciences de l&#39;éducation et la formation au sens large. Ça fait un peu partie de mon plan de com&#39; global pour ma petite auto-entreprise, et je publie en général un contenu un peu similaire sur Linkedin et sur Mastodon. Maintenant, comme je le disais dans l&#39;article sur comment quitter Facebook, j&#39;essaie que les infos un peu intéressantes soient aussi dans un article de blog. Parfois, c&#39;est plus spontané, je lis un article, et je partage en utilisant le hashtag <a href="/depuis-les-gorces/tag:BiblioDidactique" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">BiblioDidactique</span></a>. Ou bien je partage juste mon quotidien au travail.</p>

<h3 id="militer-un-peu" id="militer-un-peu">Militer un peu</h3>

<p>Je partage aussi autour de mes lectures, ou de ce que j&#39;écris sur les sujets de société qui me tiennent à cœur : le féminisme, l&#39;écologie, la cuisine végétarienne, le numérique hors gafam...</p>

<h2 id="petite-liste-de-mes-plaisirs-sur-mastodon" id="petite-liste-de-mes-plaisirs-sur-mastodon">Petite liste de mes plaisirs sur Mastodon</h2>

<p>Ça va faire 3 ans que je suis sur Mastodon, et globalement, c&#39;est une plateforme dont je suis très contente. Je voulais faire une petite liste à la Prévert des petits plaisirs de Mastodon :</p>
<ol><li>Pas de <strong>publicité</strong>. C&#39;est con à dire mais c&#39;est vraiment trop bien. Je vis à la campagne, je surfe sur Mozilla avec un bloqueur de pub, et je traine sur Mastodon. J&#39;ai perdu l&#39;habitude d&#39;être agressée par de la pub non sollicitée partout et ... pffff... c&#39;est BIEN.</li>
<li>Des <strong>copaines</strong>. Sur mastodon on peut vraiment se faire des copaines, voir même des amies. On se soutient, on s&#39;écoute, on se rend des services. C&#39;est ... bien 🥰.</li>
<li>De la <strong>bienveillance et de l&#39;humilité</strong>. Alors oui, ya du mansplaining et de la pureté militante : ça reste un réseau social avec <em>beaucoup</em> d&#39;informaticiens ou de cyclistes hommes blancs ou de vegan hommes blancs, mais globalement, il y en a beaucoup qui sont éduqués sur ces questions. J&#39;ai souvent lu : « est-ce que tu écris pour avoir du soutien ou tu souhaites avoir aussi des conseils ? ». Ou bien « Tu en sais probablement déjà beaucoup sur le sujet, mais ... ».</li>
<li>De la <strong>poésie et un peu de beauté</strong>. Ce n&#39;est pas du tout ce que je venais chercher, mais <a href="/depuis-les-gorces/tag:FleurisTonFil" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">FleurisTonFil</span></a>, <a href="/depuis-les-gorces/tag:SilentSunday" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">SilentSunday</span></a>, <a href="/depuis-les-gorces/tag:Caturday" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Caturday</span></a> sont des hashtags qui font du bien à ton fil. J&#39;ai par contre masqué <a href="/depuis-les-gorces/tag:Mastobada" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Mastobada</span></a> 😬.</li>
<li>De <strong>l&#39;humour et de la rigolade</strong>. On cite évidemment la grande <a href="https://piaille.fr/@scudery" rel="nofollow">Scu </a>, mais j&#39;aime surtout les échanges de pouet où on enchaîne sur des mauvaises définitions d&#39;un mot, ou bien le hashtag <a href="/depuis-les-gorces/tag:Ironeme" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Ironeme</span></a> où l&#39;on détourne des expressions toutes faites.</li>
<li>Une <strong>fenêtre d&#39;overton</strong> enfin tirée <strong>à gauche</strong>. Ya plein de gens très engagés sur Mastodon. J&#39;ai l&#39;impression que les gens passent leur vie en manif (ou à faire du vélo), à lire des livres féministes trop intéressant et à cuisiner vegan. Parfois c&#39;est un peu pénible car certains sont assez Yakafokon ou pureté militante, mais au quotidien, ça fait quand même du bien. Ça change de Linkedin on va dire.<br></li>
<li>Il n&#39;y a <strong>pas une infinité de messages à lire</strong>, au moins sur mon fil principal. Alors je mets cet argument à la fin car c&#39;était surtout vrai à mes débuts sur mastodon. Au début, comme tu ne suis qu&#39;un petit nombre de personnes, bah il n&#39;y a qu&#39;un petit nombre de messages à lire. En 20 minutes, pouf, j&#39;avais tout vu. C&#39;est beaucoup moins addictif que les réseaux sociaux à algorithmes et j&#39;aimais beaucoup ça. Sur mon compte, pro, ça n&#39;est plus du tout le cas. C&#39;est aussi pour ça que je me suis recréé un petit compte anonyme pour n&#39;y suivre pas grand monde, et retrouver ce côté <em>fini</em>.</li></ol>

<p>To be continued...</p>

<p><a href="/depuis-les-gorces/tag:FediTips" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">FediTips</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:Quotidien" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Quotidien</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:Numerique" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Numerique</span></a></p>
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      <guid>https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/ma-petite-vie-sur-mastodon</guid>
      <pubDate>Sun, 20 Apr 2025 19:21:22 +0200</pubDate>
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