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    <title>podcast &amp;mdash; Depuis les Gorces</title>
    <link>https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/tag:podcast</link>
    <description>Depuis les Gorces</description>
    <pubDate>Mon, 20 Apr 2026 10:04:02 +0200</pubDate>
    <item>
      <title>Éoliennes, citoyen·es et dette démocratique</title>
      <link>https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/eoliennes-citoyen-es-et-dette-democratique</link>
      <description>&lt;![CDATA[#Ecologie #Podcast&#xA;Je viens d&#39;écouter un nouvel épisode du podcast a href=&#34;https://podcasts.lemonde.fr/chaleur-humaine&#34;Chaleur humaine/a sur les éoliennes. Et c&#39;était un très bon épisode, comme d&#39;habitude 🙂. &#xA;J&#39;ai ressenti le besoin d&#39;en faire un article de blog, et ce n&#39;est pas pour partager quelques fun-facts sur les éoliennes ; quoi que, j&#39;en ai quand même fait un premier paragraphe. C&#39;est surtout parce que ce podcast m&#39;a fait re réfléchir au conflit qu&#39;on a par ici sur la réforme de la gestion des déchets, et au lien entre démocratie et acceptabilité des projets dits écologiques. &#xA;!--more--&#xA;a href=&#34;https://podcasts.lemonde.fr/chaleur-humaine/202410290600-climat-faut-il-compter-sur-les-eoliennes&#34;Lien vers l&#39;épisode /a&#xA;a href=&#34;https://www.lespetitsmatins.fr/collections/essais/300-eoliennes-pourquoi-tant-de-haine-.html&#34;Lien vers le livre de Cédric Philibert, l&#39;invité de l&#39;épisode./a&#xA;&#xA;img src=&#34;https://www.lespetitsmatins.fr/302-largedefault/eoliennes-pourquoi-tant-de-haine-.jpg&#34; alt=&#34;Couverture du livre de Cédric Philibert : éoliennes, pourquoi tant de haine. La couverture montre un champ d&#39;éolienne sous un orage avec de la foudre&#34; width=&#34;150&#34;&#xA;&#xA;Miscellanées sur les éoliennes&#xA;J&#39;ai donc appris plusieurs fun-facts sur les éoliennes. Je commence par ça parce que c&#39;est facile et léger, mais ce n&#39;est pas l&#39;objet de ce post 😈. &#xA;&#xA;Les éoliennes produisent de l&#39;énergie de manière contra-cyclique avec le solaire. C&#39;est-à-dire qu&#39;elles produisent surtout de l&#39;énergie en hiver, et la nuit. Quand le solaire produit surtout de l&#39;énergie l&#39;été, et la journée. Donc ça se complète bien. &#xA;On reproche aux éoliennes leur intermittence. Parfois il n&#39;y a pas de vent. C&#39;est vrai, surtout si on regarde la production d&#39;un petit parc. Mais si on moyenne sur une région, ou sur un pays, ou même sur tout un système interconnecté (comme l&#39;europe), alors les moments où il n&#39;y a pas du tout d&#39;énergie éolienne produite existent, mais ils sont rares. &#xA;Les éoliennes produisent à leur capacité nominale sur une grande plage de vitesses de vent. Alors là, c&#39;est un truc d&#39;ingénieure, mais ça m&#39;a plu. Une éolienne est une machine qui est optimisée pour tourner à une certaine vitesse. C&#39;est à cette vitesse que le rendement est le meilleur, et là disons qu&#39;elle produit 4 MW. Et bien l&#39;éolienne est conçue pour atteindre 4 MW de puissance mettons dès que le vent souffle à 9 m/s. Et quand le vent souffle plus fort, elle tourne ses pales (comme l&#39;hélice d&#39;un avion à pas variable) pour produire toujours la même puissance. Et donc elle est dans un régime optimal pour une large palette de vents. &#xA;En France, on a une des réglementations les plus restrictives pour l&#39;implantation des éoliennes au regard des bases aériennes militaires et des radars. C&#39;est un peu un fun fact, mais en fait ça limite réellement les zones où on peut implanter des éoliennes. &#xA;Et le dernier point que je connaissais déjà, mais que ça fait toujours du bien de rappeler : oui les éoliennes tuent des oiseaux. Peut-être quelques milliers par an (je ne sais pas de quelle échelle géographique Cédric Philibert parle quand il dit ce nombre), mais pendant ce temps là, les pesticides ou le réchauffement climatique ou les baies vitrées vont tuer des millions d&#39;oiseaux.  En plus, on sait que financer ce genre d&#39;*études qui sèment le doute , c&#39;est l&#39;un des leviers des big corp (ici le pétrole) pour lutter contre le développement des énergies renouvelables. &#xA;    a href=&#34;https://www.notre-planete.info/actualites/4626-mortalite-oiseaux-eoliennes&#34;Un article de  planete-info qui regarde les études sur la mortalité des oiseaux dues aux éoliennes/a. &#xA;    a href=&#34;https://www.ted.com/talks/naomioreskeswhyweshouldtrustscientists/transcript?Conf&amp;language=fr&#34;Lien vers le TedX de Naomi Oreskes sur les semeurs de doute./a&#xA;&#xA;Des éoliennes à la dette démocratique&#xA;Comme je le disais en intro, si j&#39;ai voulu prendre le temps de faire cet article de blog, c&#39;est surtout parce que ça m&#39;a fait réfléchir sur les liens entre la démocratie locale et les grands projets écologiques. &#xA;&#xA;Des citoyens qui râlent&#xA;Cédric Philibert évoque dans la conversation le fait que les éoliennes sont un cas typique de &#34;Not In My Backyard&#34;. Le fait que globalement on est pour, mais on n&#39;en veut pas chez soi. &#xA;Il poursuit en disant qu&#39;il y a des cas de personnes qui râlent en disant que c&#39;est moche ou que c&#39;est bruyant. Et en effet, quand on subit quelque chose qu&#39;on ne voulait pas, ça peut être vraiment stressant. Mais pour lui, ce sont souvent des manifestations du fait que quelque chose d&#39;autres ne va pas. &#xA;&#xA;Et ça m&#39;a rappelé un chouette podcast de France Culture (produit en 2008, c&#39;est un peu vintage), qui était allé interroger des habitant·es d&#39;un parc éolien en Haute Loire. On ressentait très bien la douleur de certain·es habitant·es dont la colère s&#39;était cristallisée autour de ces éoliennes. Le bruit était devenu une véritable source de stress. D&#39;autres habitant·es pour lesquel·les ces éoliennes étaient source de revenu le vivaient au contraire très bien. &#xA;&#xA;a href=&#34;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-feu-vert-les-francais-et-l-environnement&#34; Lien vers l&#39;épisode 1 du podcast &#34;Feu vert, les français et l&#39;environnement&#34; publié par France Culture en 2008/a. &#xA;&#xA;Cette réflexion fait écho à ce que l&#39;on vit en ce moment sur mon territoire. Une réforme de la gestion des déchets qui modifie le mode de collecte fait beaucoup de mécontents. Pourtant, je ne pense pas que la réforme soit mauvaise, et je suis convaincue que la plupart des personnes qui sont aujourd&#39;hui contre pourraient être pour dans un autre contexte. Notre territoire a été particulièrement mobilisé au moment des manifestations des gilets jaunes. Ces manifestations, blocages de ronds points, ont montré une énorme insatisfaction, et il n&#39;en est rien sorti. Macron a enterré les cahiers des doléances, et puis ça a été le confinement. On peut donc penser que chez nous, cette colère est toujours là. J&#39;ai l&#39;impression que cet épisode des déchets n&#39;a fait que re-souffler sur les braises de cette insatisfaction, réelle et plus générale, des citoyen·nes de notre territoire.&#xA;&#xA;a href=&#34;https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/visites-autour-des-dechets-en-nord-gironde&#34; Lien vers un article où je parle du sujet et d&#39;une visite que nous avons organisé avec le groupe local des verts/a. &#xA;a href=&#34;https://www.france.tv/france-3/nouvelle-aquitaine/la-france-en-vrai-aquitaine/5660031-les-doleances.html&#34; Lien vers le replay sur France TV du film les doléances qu&#39;on aimerait projeter dans un évènement organisé par les écolos du coin./a&#xA;&#xA;Les projets écolo et la dette démocratique&#xA;Cédric Philibert explique que les projets qui marchent très bien sont ceux qui sont portés par des citoyen·nes. Ils et elles investissent un peu d&#39;argent, décident ensemble de où les implanter, et bénéficient de l&#39;argent généré. &#xA;&#xA;Cette conversation m&#39;en a évoqué une autre sur la dette démocratique. J&#39;ai lu la première fois le mot de dette démocratique sous la plume de a href=&#34;https://mamot.fr/@n1k0&#34;@n1k0 sur mastodon /a. Il en parlait en référence à la dette technique dans le monde du logiciel. &#xA;&#xA;a href=&#34;https://mamot.fr/@n1k0/113854289719884649&#34;Lien vers la conversation sur Mastodon avec un post de @N1k0 qui aborde la notion de dette démocratique./a&#xA;&#xA;La dette technique c&#39;est une expression qu&#39;on utilise très couramment dans le monde du logiciel. En gros, pour gagner du temps, on écrit du code un peu crade. Quand il y a un bug, on crée un patch au lieu de réécrire une fonctionnalité. C&#39;est un peu l&#39;équivalent de mettre un pansement sur une jambe de bois. Ça marche à court terme, mais ça ne résout pas le problème. Et puis un jour, ça nous pète à la gueule, et la seule solution, c&#39;est de réécrire une grande partie du code depuis zéro. On est alors coincé·es pendant pas mal de temps avec un logiciel buggué le temps qu&#39;une nouvelle version sorte. Je connais bien ce concept car je l&#39;ai plusieurs fois vécu dans ma vie pro. &#xA;&#xA;a href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Dettetechnique&#34; Lien vers la page Wikipedia sur la dette technique /a.&#xA;&#xA;Bref, @N1k0 prend cet exemple pour faire une analogie avec la vie politique. Il est possible (et plus rapide) de prendre des décisions sans impliquer les personnes concernées, en général les citoyen·nes.  C&#39;est un peu l&#39;idée de la phrase de Nelson Mandela : Tout ce qui est fait pour moi, sans moi, est fait contre moi. &#xA;&#xA;Souvent, dans les grands projets du type &#34;installation d&#39;un parc d&#39;éoliennes&#34;, ou &#34;réforme de la gestion des déchets&#34;, il y a une phase de consultation citoyenne. Mais cette phase est souvent limitée à de l&#39;information, il y a rarement beaucoup de négociations possibles. On est en général très loin du projet porté par les citoyens. Cela m&#39;évoque deux réflexions : &#xA;&#xA;La consultation citoyenne avant le démarrage du projet va probablement beaucoup moins bien se passer sur un territoire qui souffre d&#39;une forte dette démocratique. Si les citoyen·nes ont l&#39;habitude que tout se fasse sans elleux, que lorsqu&#39;on les consulte, c&#39;est pour faire joli, alors il est normal qu&#39;iels ne répondent pas vraiment présent·es lors des consultations citoyennes. Même si celles-ci étaient mieux organisées et avaient prévu de leur laisser une plus large place. &#xA;Ici, les écologistes ont l&#39;habitude de se positionner contre. Et c&#39;est vrai qu&#39;il y a des tas de projets contre lesquels il faut lutter. Mais comment favoriser l&#39;émergence de projets pour lesquels on pourrait se battre ? Comment favoriser l&#39;émergence de projets construits par et avec les citoyen·nes ? &#xA;&#xA;Ce dernier point fait écho à un mouvement que je découvre (après tout le monde, comme d&#39;habitude) : Le &#34; community organizing&#34;, ou l&#39;organisation collective en français. Ce mouvement s&#39;inspire des travaux d&#39;Alinsky, un sociologue qui a œuvré dans des quartiers noirs américains pour organiser des projets avec et pour les citoyens. Barack Obama a été un community organizer dans sa jeunesse et aurait construit sa campagne en en appliquant certains principes. Alexandria Ocasio-Cortez aurait aussi basé sa campagne sur les principes du community organizing*. &#xA;&#xA;a href=&#34;https://organisez-vous.org/guide-organisation-collective/&#34;Lien vers le guide de l&#39;organisation collective/a&#xA;&#xA;Bref, j&#39;en suis au stade où je découvre et où ça me fait envie car ça me donne un peu d&#39;espoir 🙂. Je me demande s&#39;il ne serait pas possible de faire germer des projets en suivant cette méthodologie pour se battre ensemble pour des projets locaux 💪 !&#xA;&#xA;#Lecture #Politique #Ecologie]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><a href="/depuis-les-gorces/tag:Ecologie" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Ecologie</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:Podcast" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Podcast</span></a>
Je viens d&#39;écouter un nouvel épisode du podcast <a href="https://podcasts.lemonde.fr/chaleur-humaine" rel="nofollow">Chaleur humaine</a> sur les éoliennes. Et c&#39;était un très bon épisode, comme d&#39;habitude 🙂.
J&#39;ai ressenti le besoin d&#39;en faire un article de blog, et ce n&#39;est pas pour partager quelques fun-facts sur les éoliennes ; quoi que, j&#39;en ai quand même fait un premier paragraphe. C&#39;est surtout parce que <strong>ce podcast m&#39;a fait re réfléchir</strong> au conflit qu&#39;on a par ici sur la réforme de la gestion des déchets, et <strong>au lien entre démocratie et acceptabilité des projets dits écologiques</strong>.

* <a href="https://podcasts.lemonde.fr/chaleur-humaine/202410290600-climat-faut-il-compter-sur-les-eoliennes" rel="nofollow">Lien vers l&#39;épisode </a>
* <a href="https://www.lespetitsmatins.fr/collections/essais/300-eoliennes-pourquoi-tant-de-haine-.html" rel="nofollow">Lien vers le livre de Cédric Philibert, l&#39;invité de l&#39;épisode.</a></p>

<p><img src="https://www.lespetitsmatins.fr/302-large_default/eoliennes-pourquoi-tant-de-haine-.jpg" alt="Couverture du livre de Cédric Philibert : éoliennes, pourquoi tant de haine. La couverture montre un champ d&#39;éolienne sous un orage avec de la foudre" width="150"></p>

<h2 id="miscellanées-sur-les-éoliennes" id="miscellanées-sur-les-éoliennes">Miscellanées sur les éoliennes</h2>

<p>J&#39;ai donc appris plusieurs fun-facts sur les éoliennes. Je commence par ça parce que c&#39;est facile et léger, mais ce n&#39;est pas l&#39;objet de ce post 😈.</p>
<ul><li>Les <strong>éoliennes</strong> produisent de l&#39;énergie de manière contra-cyclique avec le <strong>solaire</strong>. C&#39;est-à-dire qu&#39;elles produisent surtout de l&#39;énergie en hiver, et la nuit. Quand le solaire produit surtout de l&#39;énergie l&#39;été, et la journée. Donc ça se complète bien.</li>
<li>On reproche aux éoliennes leur <strong>intermittence</strong>. Parfois il n&#39;y a pas de vent. C&#39;est vrai, surtout si on regarde la production d&#39;un petit parc. Mais si on moyenne sur une région, ou sur un pays, ou même sur tout un système interconnecté (comme l&#39;europe), alors les moments où il n&#39;y a pas du tout d&#39;énergie éolienne produite existent, mais ils sont rares.</li>
<li><strong>Les éoliennes produisent à leur capacité nominale sur une grande plage de vitesses de vent</strong>. Alors là, c&#39;est <strong>un truc d&#39;ingénieure</strong>, mais ça m&#39;a plu. Une éolienne est une machine qui est optimisée pour tourner à une certaine vitesse. C&#39;est à cette vitesse que le rendement est le meilleur, et là disons qu&#39;elle produit 4 MW. Et bien l&#39;éolienne est conçue pour atteindre 4 MW de puissance mettons dès que le vent souffle à 9 m/s. Et quand le vent souffle plus fort, elle tourne ses pales (comme l&#39;hélice d&#39;un avion à pas variable) pour produire toujours la même puissance. Et donc elle est dans un régime optimal pour une large palette de vents.</li>
<li>En France, on a une des <strong>réglementations</strong> les plus restrictives pour l&#39;implantation des éoliennes au regard des bases aériennes militaires et des radars. C&#39;est un peu un fun fact, mais en fait ça limite réellement les zones où on peut implanter des éoliennes.</li>
<li>Et le dernier point que je connaissais déjà, mais que ça fait toujours du bien de rappeler : oui les éoliennes tuent des oiseaux. Peut-être quelques milliers par an (je ne sais pas de quelle échelle géographique Cédric Philibert parle quand il dit ce nombre), mais pendant ce temps là, les pesticides ou le réchauffement climatique ou les baies vitrées vont tuer des millions d&#39;oiseaux.  En plus, on sait que financer ce genre d&#39;**études qui <em>sèment le doute</em> **, c&#39;est l&#39;un des leviers des big corp (ici le pétrole) pour lutter contre le développement des énergies renouvelables.
<ul><li><a href="https://www.notre-planete.info/actualites/4626-mortalite-oiseaux-eoliennes" rel="nofollow">Un article de  planete-info qui regarde les études sur la mortalité des oiseaux dues aux éoliennes</a>.</li>
<li><a href="https://www.ted.com/talks/naomi_oreskes_why_we_should_trust_scientists/transcript?Conf&amp;language=fr" rel="nofollow">Lien vers le TedX de Naomi Oreskes sur les semeurs de doute.</a></li></ul></li></ul>

<h2 id="des-éoliennes-à-la-dette-démocratique" id="des-éoliennes-à-la-dette-démocratique">Des éoliennes à la dette démocratique</h2>

<p>Comme je le disais en intro, si j&#39;ai voulu prendre le temps de faire cet article de blog, c&#39;est surtout parce que ça m&#39;a fait réfléchir sur les <strong>liens entre la démocratie locale et les grands projets écologiques</strong>.</p>

<h3 id="des-citoyens-qui-râlent" id="des-citoyens-qui-râlent">Des citoyens qui râlent</h3>

<p>Cédric Philibert évoque dans la conversation le fait que les éoliennes sont un cas typique de “Not In My Backyard”. Le fait que globalement on est pour, mais on n&#39;en veut pas chez soi.
Il poursuit en disant qu&#39;il y a des cas de personnes qui râlent en disant que c&#39;est moche ou que c&#39;est bruyant. Et en effet, quand on subit quelque chose qu&#39;on ne voulait pas, ça peut être vraiment stressant. Mais pour lui, ce sont souvent <strong>des manifestations du fait que quelque chose d&#39;autres ne va pas</strong>.</p>

<p>Et ça m&#39;a rappelé un chouette podcast de France Culture (produit en 2008, c&#39;est un peu vintage), qui était allé interroger des habitant·es d&#39;un parc éolien en Haute Loire. On ressentait très bien la douleur de certain·es habitant·es dont la colère s&#39;était cristallisée autour de ces éoliennes. Le bruit était devenu une véritable source de stress. D&#39;autres habitant·es pour lesquel·les ces éoliennes étaient source de revenu le vivaient au contraire très bien.</p>
<ul><li><a href="https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-feu-vert-les-francais-et-l-environnement" rel="nofollow"> Lien vers l&#39;épisode 1 du podcast “Feu vert, les français et l&#39;environnement” publié par France Culture en 2008</a>.</li></ul>

<p>Cette réflexion fait écho à ce que l&#39;on vit en ce moment sur mon territoire. Une réforme de la gestion des déchets qui modifie le mode de collecte fait beaucoup de mécontents. Pourtant, je ne pense pas que la réforme soit mauvaise, et je suis convaincue que <strong>la plupart des personnes qui sont aujourd&#39;hui contre pourraient être pour dans un autre contexte</strong>. Notre territoire a été particulièrement mobilisé au moment des manifestations des <strong>gilets jaunes</strong>. Ces manifestations, blocages de ronds points, ont montré une énorme insatisfaction, et il n&#39;en est rien sorti. Macron a enterré les cahiers des doléances, et puis ça a été le confinement. On peut donc penser que chez nous, cette colère est toujours là. <strong>J&#39;ai l&#39;impression que cet épisode des déchets n&#39;a fait que re-souffler sur les braises de cette insatisfaction, réelle et plus générale, des citoyen·nes de notre territoire.</strong></p>
<ul><li><a href="https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/visites-autour-des-dechets-en-nord-gironde" rel="nofollow"> Lien vers un article où je parle du sujet et d&#39;une visite que nous avons organisé avec le groupe local des verts</a>.</li>
<li><a href="https://www.france.tv/france-3/nouvelle-aquitaine/la-france-en-vrai-aquitaine/5660031-les-doleances.html" rel="nofollow"> Lien vers le replay sur France TV du film les doléances qu&#39;on aimerait projeter dans un évènement organisé par les écolos du coin.</a></li></ul>

<h3 id="les-projets-écolo-et-la-dette-démocratique" id="les-projets-écolo-et-la-dette-démocratique">Les projets écolo et la dette démocratique</h3>

<p>Cédric Philibert explique que <strong>les projets qui marchent très bien sont ceux qui sont portés par des citoyen·nes</strong>. Ils et elles investissent un peu d&#39;argent, décident ensemble de où les implanter, et bénéficient de l&#39;argent généré.</p>

<p>Cette conversation m&#39;en a évoqué une autre sur la dette démocratique. J&#39;ai lu la première fois le mot de dette démocratique sous la plume de <a href="https://mamot.fr/@n1k0" rel="nofollow">@n1k0 sur mastodon </a>. Il en parlait en référence à la dette technique dans le monde du logiciel.</p>
<ul><li><a href="https://mamot.fr/@n1k0/113854289719884649" rel="nofollow">Lien vers la conversation sur Mastodon avec un post de @N1k0 qui aborde la notion de dette démocratique.</a></li></ul>

<p>La <strong>dette technique</strong> c&#39;est une expression qu&#39;on utilise très couramment dans le monde du logiciel. En gros, pour gagner du temps, on écrit du code un peu crade. Quand il y a un bug, on crée un patch au lieu de réécrire une fonctionnalité. C&#39;est un peu l&#39;équivalent de mettre un pansement sur une jambe de bois. Ça marche à court terme, mais ça ne résout pas le problème. Et puis un jour, ça nous <em>pète à la gueule</em>, et la seule solution, c&#39;est de réécrire une grande partie du code depuis zéro. On est alors coincé·es pendant pas mal de temps avec un logiciel buggué le temps qu&#39;une nouvelle version sorte. Je connais bien ce concept car je l&#39;ai plusieurs fois vécu dans ma vie pro.</p>
<ul><li><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Dette_technique" rel="nofollow"> Lien vers la page Wikipedia sur la dette technique </a>.</li></ul>

<p>Bref, @N1k0 prend cet exemple pour faire une analogie avec la vie politique. Il est possible (et plus rapide) de prendre des décisions sans impliquer les personnes concernées, en général les citoyen·nes.  C&#39;est un peu l&#39;idée de la phrase de Nelson Mandela : <em>Tout ce qui est fait pour moi, sans moi, est fait contre moi</em>.</p>

<p>Souvent, dans les grands projets du type “installation d&#39;un parc d&#39;éoliennes”, ou “réforme de la gestion des déchets”, il y a une phase de consultation citoyenne. Mais cette phase est souvent limitée à de l&#39;information, il y a rarement beaucoup de négociations possibles. On est en général très loin du projet porté par les citoyens. Cela m&#39;évoque deux réflexions :</p>
<ol><li><strong>La consultation citoyenne avant le démarrage du projet va probablement beaucoup moins bien se passer sur un territoire qui souffre d&#39;une forte dette démocratique</strong>. Si les citoyen·nes ont l&#39;habitude que tout se fasse sans elleux, que lorsqu&#39;on les consulte, c&#39;est pour faire joli, alors il est normal qu&#39;iels ne répondent pas vraiment présent·es lors des consultations citoyennes. Même si celles-ci étaient mieux organisées et avaient prévu de leur laisser une plus large place.</li>
<li>Ici, les écologistes ont l&#39;habitude de se positionner <em>contre</em>. Et c&#39;est vrai qu&#39;il y a des tas de projets <em>contre</em> lesquels il faut lutter. Mais <strong>comment favoriser l&#39;émergence de projets <em>pour</em> lesquels on pourrait se battre ?</strong> Comment favoriser l&#39;émergence de projets construits par et avec les citoyen·nes ?</li></ol>

<p>Ce dernier point fait écho à un mouvement que je découvre (après tout le monde, comme d&#39;habitude) : Le “ community organizing”, ou l&#39;organisation collective en français. Ce mouvement s&#39;inspire des travaux d&#39;Alinsky, un sociologue qui a œuvré dans des quartiers noirs américains pour organiser des projets avec et pour les citoyens. Barack Obama a été un community organizer dans sa jeunesse et aurait construit sa campagne en en appliquant certains principes. Alexandria Ocasio-Cortez aurait aussi basé sa campagne sur les principes du <em>community organizing</em>.</p>
<ul><li><a href="https://organisez-vous.org/guide-organisation-collective/" rel="nofollow">Lien vers le guide de l&#39;organisation collective</a></li></ul>

<p>Bref, j&#39;en suis au stade où je découvre et où ça me fait envie car ça me donne un peu d&#39;espoir 🙂. Je me demande s&#39;il ne serait pas possible de faire germer des projets en suivant cette méthodologie pour se battre ensemble <strong>pour</strong> des projets locaux 💪 !</p>

<p><a href="/depuis-les-gorces/tag:Lecture" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Lecture</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:Politique" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Politique</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:Ecologie" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Ecologie</span></a></p>
]]></content:encoded>
      <guid>https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/eoliennes-citoyen-es-et-dette-democratique</guid>
      <pubDate>Sun, 23 Feb 2025 12:05:21 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Michel Feher et le producérisme</title>
      <link>https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/michel-feher-et-le-producerisme</link>
      <description>&lt;![CDATA[#Podcast #Politique&#xA;J’ai écouté récemment un épisode du podcast «  a href=&#34;https://spectremedia.org/minuit-dans-le-siecle/&#34;Minuit dans le siècle/a » qui m’a beaucoup éclairé sur la politique au sens axiologique. Dans a href=&#34;https://spectremedia.org/podcast/aux-sources-du-vote-fn-rn-4-pourquoi-limaginaire-de-lextreme-droite-peut-il-etre-desirable/?episode=1896&#34;cet épisode/a, Ugo Palheta reçoit le philosophe a href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/MichelFeher&#34;Michel Feher/a pour parler de son dernier livre : « Producteurs et parasites » aux éditions de la découverte.&#xA;!--more--&#xA;Dans ce podcast (et donc j’imagine dans son livre), Michel Feher revient sur l’histoire d’un concept peu usité en France, le producérisme. Cette axiologie serait au cœur de la pensée politique de Pierre Joseph Proudhon au dix-neuvième siècle, et que l’on retrouve aujourd’hui au rassemblement national. &#xA;&#xA;Image avec une foule. La majorité des personnages sont en noir, ce sont les producteurs. Quelques personnes sont en jaune, ce sont les parasites&#xA;&#xA;J’avais déjà entendu parler de Proudhon, mais je ne savais rien ou presque de lui. Et je ne connaissais rien de la pensée politique du RN à part qu’elle était raciste, et contre les « assistés », tout en étant populiste, et parfois contre les grands patrons et l’état dans les discours&#xA;&#xA;Le producérisme&#xA;Pour Michel Feher, le producérisme, c’est le fait d’opposer les travailleurs, qui produisent, aux parasites, qui profitent du travail des autres. C’est une autre division du monde que celle, que je connaissais déjà, des ouvriers – qui produisent – contre ceux qui détiennent le capital et les moyens de production. &#xA;&#xA;Les producteurs &#xA;Les travailleurs du producérisme, c’est la frange « du milieu » de la France. Ils et elles sont ouvriers, artisans, médecins, petits patrons : ils travaillent, et ils gagnent de l’argent à la mesure du travail qu’ils et elles fournissent. &#xA;&#xA;À l’opposé des producteurs, il y a donc les profiteurs – les parasites. Il y a les parasites du haut, et les parasites du bas. &#xA;&#xA;Les parasites du haut&#xA;Parmi les parasites du haut, on retrouve les banquiers et la finance qui s’enrichissent sans travailler, mais parce que leur argent travaille. Aujourd’hui, y met aussi les grands patrons qui s’enrichissent sans rien faire, ou les spéculateurs parmi les parasites du haut. &#xA;Mais dans cette famille des parasites du haut, on retrouve aussi les artistes, les journalistes. Là, j’avoue que je n’ai pas complètement compris en quoi c’était des parasites, mais le fait est qu’ils sont honnis au RN comme chez Proudhon.&#xA;&#xA;Les parasites du bas&#xA;De l’autre côté du spectre, on trouve les travailleurs du bas, les profiteurs du système. &#xA;&#xA;Il y a évidemment les bénéficiaires des aides sociales, ces assistés qui touchent de l’argent sans produire ! Aux états-unis, c’est la welfare queen. En France, c’est le bénéficiaire du RSA qui refait sa maison sans faire tourner l’économie. &#xA;&#xA;Les fonctionnaires sont aussi dans cette pensée des profiteurs du système. Ils touchent un salaire quoi qu’ils fassent, même s’ils ne font rien. Car c’est bien connu que la majorité des fonctionnaires ne font rien et que comme ils ont un emploi à vie, et que l’état est en situation de monopole sans concurrence, c’est forcément des profiteurs. &#xA;&#xA;Le producérisme et le racisme et l’antisémitisme&#xA;Cette doctrine est raciste, antisémite et nauséabonde car dans ce cadre : &#xA;&#xA;les producteurs correspondent au bon peuple de chez nous,&#xA;les parasites, ce sont des étrangers&#xA;&#xA;À l&#39;époque de Proudhon, les juifs étaient soit des banquiers soit des dangereux communistes. Aux Etats-Unis les assistés sont forcément des noirs, et plus précisément des femmes noires comme dans le mythe de la welfare queen qui s’achète une Cadillac rose avec les allocations. En France, ce sont les immigrés de première et deuxième génération. &#xA;&#xA;Le producérisme aujourd’hui&#xA;La droite &#xA;La droite, c’est la lutte contre les parasites du bas, sans regarder les parasites du haut. Il n’y a rien de pire que l’oisiveté, la seule valeur qui vaille est celle du travail. C’est ce qui nourrit par exemple la réforme du RSA où on force les personnes à travailler 15h par semaine pour le système, alors même qu’on manque d’emploi pour tout le monde. &#xA;&#xA;Selon la droite, il suffirait de se prendre en main pour s’en sortir, de traverser la rue et de trouver un travail.&#xA;&#xA;La gauche&#xA;La gauche, c’est la lutte contre les parasites du haut qui empêchent la redistribution de l’argent des riches aux pauvres. &#xA;&#xA;L’extrême droite&#xA;L’extrême droite, c’est le en même temps. On lutte contre l’évasion fiscale, contre les fonctionnaires, contre les banquiers, et contre les pauvres au RSA. On veut protéger le bon français qui travaille et qui ne profite pas. &#xA;&#xA;Et comme le veut le modèle, les profiteurs – les parasites, ne sont pas français. Ils profitent du système et il faut donc améliorer la société en expurgeant les parasites. Dans le producérisme, il y a vraiment cette idée de purifier la nation. C&#39;est ce qui a collé avec l’extermination des juifs pendant la seconde guerre mondiale, ou aujourd’hui avec la volonté d’expulser les français qui ne sont pas français de souche. &#xA;&#xA;Que penser de la valeur travail / production ? &#xA;Je suis un pur produit de la valeur travail, surtout côté paternel. Mon grand-père, ma grand-mère, et mon père se sont émancipés par le travail. On gagne le respect parce qu’on travaille. Tout passe après le travail. &#xA;&#xA;À partir de la prépa, j’ai perdu la capacité d’être oisive. J’ai énormément de mal à lire un roman : à quelle production ça sert de lire un roman ? Je mesure la qualité d’une journée à la quantité de choses, matérielles ou immatérielles que j’ai produites. Je suis contente quand je peux cocher des cases. &#xA;&#xA;Et pourtant, je voudrais défendre un droit à la paresse, à l’oisiveté. Les gains de productivité énormes qu’on a eu grâce au pétrole n’auraient-ils pas du nous donner plus de temps ? J’ai à l’inverse l’impression qu’on court toujours plus, qu’il y a de plus en plus de mal-être au travail, et que la planète va de plus en plus mal. &#xA;&#xA;Je n’ai pas tout retenu de ce podcast, mais il m’a donné beaucoup à penser, et j’ai désormais ajouté ce livre sur ma wish-list ! &#xA;&#xA;PS : Si vous maîtrisez le sujet, n’hésitez pas à m’écrire pour que j’édite cet article si j’ai dit des bêtises...&#xA;&#xA;#Lecture #Politique]]&gt;</description>
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<em>J’ai écouté récemment un épisode du podcast «  <a href="https://spectremedia.org/minuit-dans-le-siecle/" rel="nofollow">Minuit dans le siècle</a> » qui m’a beaucoup éclairé sur la politique au sens axiologique. Dans <a href="https://spectremedia.org/podcast/aux-sources-du-vote-fn-rn-4-pourquoi-limaginaire-de-lextreme-droite-peut-il-etre-desirable/?episode=1896" rel="nofollow">cet épisode</a>, Ugo Palheta reçoit le philosophe <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Feher" rel="nofollow">Michel Feher</a> pour parler de son dernier livre : « Producteurs et parasites » aux éditions de la découverte.</em>

Dans ce podcast (et donc j’imagine dans son livre), Michel Feher revient sur l’histoire d’un concept peu usité en France, le <strong>producérisme</strong>. Cette axiologie serait au cœur de la pensée politique de Pierre Joseph Proudhon au dix-neuvième siècle, et que l’on retrouve aujourd’hui au rassemblement national.</p>

<p><img src="https://acloud7.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/Bbj8HoM57iP2ajL?file=/&amp;fileId=6598597&amp;x=2560&amp;y=1600&amp;a=true&amp;etag=41975fd42aae02b40cb7450dfc63ae82" alt="Image avec une foule. La majorité des personnages sont en noir, ce sont les producteurs. Quelques personnes sont en jaune, ce sont les parasites"></p>

<p>J’avais déjà entendu parler de Proudhon, mais je ne savais rien ou presque de lui. Et je ne connaissais rien de la pensée politique du RN à part qu’elle était raciste, et contre les « assistés », tout en étant populiste, et parfois contre les grands patrons et l’état dans les discours</p>

<h2 id="le-producérisme" id="le-producérisme">Le producérisme</h2>

<p>Pour Michel Feher, le <strong>producérisme</strong>, c’est le fait d’opposer les travailleurs, qui produisent, aux parasites, qui profitent du travail des autres. C’est une autre division du monde que celle, que je connaissais déjà, des ouvriers – qui produisent – contre ceux qui détiennent le capital et les moyens de production.</p>

<h3 id="les-producteurs" id="les-producteurs">Les producteurs</h3>

<p>Les travailleurs du producérisme, c’est la frange « du milieu » de la France. Ils et elles sont ouvriers, artisans, médecins, petits patrons : ils travaillent, et ils gagnent de l’argent à la mesure du travail qu’ils et elles fournissent.</p>

<p>À l’opposé des producteurs, il y a donc les profiteurs – les parasites. Il y a les parasites du haut, et les parasites du bas.</p>

<h3 id="les-parasites-du-haut" id="les-parasites-du-haut">Les parasites du haut</h3>

<p>Parmi les parasites du haut, on retrouve les banquiers et la finance qui s’enrichissent sans travailler, mais parce que leur argent travaille. Aujourd’hui, y met aussi les grands patrons qui s’enrichissent sans rien faire, ou les spéculateurs parmi les parasites du haut.
Mais dans cette famille des parasites du haut, on retrouve aussi les artistes, les journalistes. Là, j’avoue que je n’ai pas complètement compris en quoi c’était des parasites, mais le fait est qu’ils sont honnis au RN comme chez Proudhon.</p>

<h3 id="les-parasites-du-bas" id="les-parasites-du-bas">Les parasites du bas</h3>

<p>De l’autre côté du spectre, on trouve les travailleurs du bas, les <strong>profiteurs</strong> du système.</p>

<p>Il y a évidemment les bénéficiaires des aides sociales, ces assistés qui touchent de l’argent sans produire ! Aux états-unis, c’est la welfare queen. En France, c’est le bénéficiaire du RSA qui refait sa maison sans faire tourner l’économie.</p>

<p>Les fonctionnaires sont aussi dans cette pensée des profiteurs du système. Ils touchent un salaire quoi qu’ils fassent, même s’ils ne font rien. Car c’est bien connu que la majorité des fonctionnaires ne font rien et que comme ils ont un emploi à vie, et que l’état est en situation de monopole sans concurrence, c’est forcément des profiteurs.</p>

<h2 id="le-producérisme-et-le-racisme-et-l-antisémitisme" id="le-producérisme-et-le-racisme-et-l-antisémitisme">Le producérisme et le racisme et l’antisémitisme</h2>

<p>Cette doctrine est raciste, antisémite et nauséabonde car dans ce cadre :</p>
<ul><li>les producteurs correspondent au bon peuple de chez nous,</li>
<li>les parasites, ce sont des étrangers</li></ul>

<p>À l&#39;époque de Proudhon, les juifs étaient soit des banquiers soit des dangereux communistes. Aux Etats-Unis les assistés sont forcément des noirs, et plus précisément des femmes noires comme dans le mythe de la welfare queen qui s’achète une Cadillac rose avec les allocations. En France, ce sont les immigrés de première et deuxième génération.</p>

<h2 id="le-producérisme-aujourd-hui" id="le-producérisme-aujourd-hui">Le producérisme aujourd’hui</h2>

<h3 id="la-droite" id="la-droite">La droite</h3>

<p>La droite, c’est la lutte contre les parasites du bas, sans regarder les parasites du haut. Il n’y a rien de pire que l’oisiveté, la seule valeur qui vaille est celle du travail. C’est ce qui nourrit par exemple la réforme du RSA où on force les personnes à travailler 15h par semaine pour le système, alors même qu’on manque d’emploi pour tout le monde.</p>

<p>Selon la droite, il suffirait de se prendre en main pour s’en sortir, de traverser la rue et de trouver un travail.</p>

<h3 id="la-gauche" id="la-gauche">La gauche</h3>

<p>La gauche, c’est la lutte contre les parasites du haut qui empêchent la redistribution de l’argent des riches aux pauvres.</p>

<h3 id="l-extrême-droite" id="l-extrême-droite">L’extrême droite</h3>

<p>L’extrême droite, c’est le en même temps. On lutte contre l’évasion fiscale, contre les fonctionnaires, contre les banquiers, et contre les pauvres au RSA. On veut protéger le bon français qui travaille et qui ne profite pas.</p>

<p>Et comme le veut le modèle, les profiteurs – les parasites, ne sont pas français. Ils profitent du système et il faut donc améliorer la société en expurgeant les parasites. Dans le producérisme, il y a vraiment cette idée de purifier la nation. C&#39;est ce qui a collé avec l’extermination des juifs pendant la seconde guerre mondiale, ou aujourd’hui avec la volonté d’expulser les français qui ne sont pas français de souche.</p>

<h2 id="que-penser-de-la-valeur-travail-production" id="que-penser-de-la-valeur-travail-production">Que penser de la valeur travail / production ?</h2>

<p>Je suis un pur produit de la valeur travail, surtout côté paternel. Mon grand-père, ma grand-mère, et mon père se sont émancipés par le travail. On gagne le respect parce qu’on travaille. Tout passe après le travail.</p>

<p>À partir de la prépa, j’ai perdu la capacité d’être oisive. J’ai énormément de mal à lire un roman : à quelle production ça sert de lire un roman ? Je mesure la qualité d’une journée à la quantité de choses, matérielles ou immatérielles que j’ai produites. Je suis contente quand je peux cocher des cases.</p>

<p>Et pourtant, je voudrais défendre un droit à la paresse, à l’oisiveté. <strong>Les gains de productivité énormes qu’on a eu grâce au pétrole n’auraient-ils pas du nous donner plus de temps ?</strong> J’ai à l’inverse l’impression qu’on court toujours plus, qu’il y a de plus en plus de mal-être au travail, et que la planète va de plus en plus mal.</p>

<p>Je n’ai pas tout retenu de ce podcast, mais il m’a donné beaucoup à penser, et j’ai désormais ajouté ce livre sur ma wish-list !</p>

<p>PS : Si vous maîtrisez le sujet, n’hésitez pas à m’écrire pour que j’édite cet article si j’ai dit des bêtises...</p>

<p><a href="/depuis-les-gorces/tag:Lecture" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Lecture</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:Politique" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Politique</span></a></p>
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      <pubDate>Fri, 24 Jan 2025 18:13:49 +0100</pubDate>
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