le chemin s'éloigne les herbes montrent le ciel l'horizon blanc attend
le voyageur ne quitte pas le banc il imagine seulement que son vélo est déjà loin
Photo “Contemplating where to go next” by Chocolate Geek is licensed under CC BY 2.0.
le chemin s'éloigne les herbes montrent le ciel l'horizon blanc attend
le voyageur ne quitte pas le banc il imagine seulement que son vélo est déjà loin
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la forêt voit trouble à la surface elle se ride sous la pluie qui danse mais le ciel est plus vrai dans le tremblement de l'eau
Photo “Rain” by arripay is licensed under CC BY-SA 2.0.
dans le long sommeil des monts sous le fuyant des nuages
les lèvres de la rivière s'écartent vers la vallée
l'eau plus libre s'autorise un méandre paresseux pour enlacer la première prairie
ses herbes ploient dans le courant qui les caresse
“Lidder river at Betab valley, Kashmir, India” by sandeepachetan.com is licensed under CC BY-NC-ND 2.0.
demain nous serons discrets liserons nous nous entortillerons autour des ronces des jours qui nous percent le cœur pour ralentir les heures où reste un peu d'amour
la pluie dégouline à gros bouillons des tuiles aux tuyaux on ne sait combien de temps les gouttières qui ploient résisteront au torrent plus de chéneaux pour faire barrage à l'orage déchaîné à la rage de l'eau qui bondit par-dessus le toit
sous la nappe lourde la forêt sourdement suffoque l'immense bleu invite à l'envol vers l'air pur il suffirait d'un bond léger pour tomber vers le ciel
Photo par Gilles Le Corre – « Ciel bleu au dessus des nuages, un jeudi matin – 27 juin 2024 vers 08:30… » Courtesy of © Gilles Le Corre & ADAGP
pauvre sale espoir qui marche en titubant ivre des lueurs aperçues loin là-bas
nous te prenons la main et marchons avec toi vers le fuyant feu follet qui court d'un cœur à l'autre
allumant autant de feux qui lancent avec ardeur un peu de lumière dans la nuit
au-dessus du mur il fait signe à l'éclaircie — sarment audacieux
pour dormir un peu moins tard 20 milligrammes d'espoir — ne pas dépasser la dose prescrite
un trou dans le tronc un creux dans le cœur rien de bien profond
on pense alors longtemps à l'arbre encore vivant qui était là avant
seule une lueur qui n’a pas de nom tente une couleur sur l'aubier éteint
on quittera le bois en fredonnant tout seul le petit air flûté qu’on a juste inventé pour n’y plus penser
fleurs bleues feux follets pour guider vers l'orchidée — haute flamme blanche
les derniers rayons du jour embrasent nos vies obscures
sombre chemin forêt profonde seule lueur la beauté fière
Photo par Gilles Le Corre – “Redescendant vers les humains, une orchidée (platanthère à 2 feuilles) comme un fantôme dans l'ombre de la forêt…” Courtesy of © Gilles Le Corre & ADAGP