Un Spicilège

Le Soldat désaccordé

En un instant, toutes les permissions refusées défilèrent. La voix du médecin qui me dit avec la plus grande douceur dont il pouvait faire preuve que j'allais me remettre de cette amputation, que j'allais apprendre à vivre autrement et que j'allais pouvoir retourner chez moi quelques jours. Et moi. Non. Retourner chez moi. Impossible. Ma place est ici.
Ma
Place
Est
Ici.
Ma saleté de place est ici.

Entre deux guerres, un ancien combattant trop esquinté pour rester soldat est chargé de retrouver un fils perdu sur les champs de bataille. En découvrant la grande histoire d'amour de ce disparu, il se jette à corps perdu dans cette quête insensée, à la recherche d'un homme, de l'amour, de la rédemption dans un monde glissant vers une prochaine guerre.

De cette histoire bouleversante, Gilles Marchand tire un roman d'une grande poésie et d'une profonde mélancholie. Mêlant judicieusement le récit de guerre à l'enquête et à une idylle passionnée, il réussit à nous emporter dans les méandres de la progression de son personnage principal, obsédé tout autant par ses investigations que par ses propres démons.
Il réussit également parfaitement à retranscrire l'impact de la guerre sur les corps et les âmes, et l'ambiance si paradoxale de l'après-guerre, sa profonde transformation de la société.
L'écriture de Gilles Marchand est inventive et colorée, s'adaptant à merveille au réel comme à l'onirisme. Évocatrice, aussi...

Je l'ai déjà dit, les histoires d'amour m'emmerdent le plus souvent. Celle du Soldat désaccordé va cependant tellement au-delà d'une simple romance. C'est un récit aussi désespéré qu'optimiste, un véritable vortex de sentiments. Une lecture très émotionnelle.


Le soldat désaccordé | Gilles Marchand | Aux Forges de Vulcain

Entre ciel et terre

Ils avancent à vive allure — juvéniles jambes, feu qui flambe — , livrant également contre les ténèbres une course tout à fait bienvenue puisque l'existence humaine se résume à une course contre la noirceur du monde, les traîtrises, la cruauté, la lâcheté, une course qui paraît si souvent tellement désespérée, mais que nous livrons tout de même tant que l'espoir subsiste.

En Islande, il y a un siècle, un pêcheur, trop absorbé par les vers du Paradis perdu de Milton, en oublie sa vareuse avant de prendre la mer, et meurt de froid. À terre, le gamin qui le considère comme son meilleur ami, se lance dans un voyage sans autre sens que la recherche du deuil, pour rendre le livre incriminé à son propriétaire.

J'ai lu Entre ciel et terre dans le cadre de mon challenge 12 mois, 12 livres, 12 (masto)potes. Il m'a été recommandé par Septie que je remercie beaucoup. Je ne connaissais absolument pas le livre, ni l'auteur, ma lecture n'en a été que plus déroutante.
C'est, je pense, (pour le moment, du moins) le livre dans lequel j'ai eu le plus de mal à rentrer. Peut-être en raison du roman lui-même, peut-être en raison de mon état d'esprit du moment, en proie à la fatigue morale et intellectuelle qui me touche souvent à cette période. Toujours est-il que les mots et le récit de Jón Kalman Stefánsson m'ont fait entrer dans une profonde mélancolie qu'il a été compliqué de dépasser pour trouver la lumière de la poésie incrustée dans ce texte.

L'Islande y est une terre rude, âpre, et les existences qui peuplent ce roman sont périlleuses, faites de travail exténuant, de difficultés, de chagrins... Il me fut impossible de ne pas être douloureusement touchée par leurs histoires.
Cependant, tout comme “le gamin” trouve dans sa quête des raisons de continuer, je me suis accrochée aux mots, à leur puissante poésie, à leur force évocatrice, à l'amour que l'on voue toujours aux terres les plus ingrates comme on aime parfois encore plus intensément ce qui nous met en difficulté.

Entre ciel et terre est un roman que j'ai trouvé difficile, dont la lecture fut une véritable expérience émotionnelle, dont je suis sortie étourdie.


Entre ciel et terre | Jón Kalman Stefánsson | Traduit par Eric Boury | Gallimard/folio

Tu ne trahiras point

Dans ce monde nocturne et souterrain, les rames sont des tombes. Le tumulte de la surface n'est plus perceptible depuis les profondeurs. Les problèmes de filles, de bandes, de famille ne sont plus que des murmures lointains et plus rien ne peut entamer cet état de grâce ténébreuse qui recouvre son corps et son âme, tel un suaire.

Je voue une véritable admiration aux ouvrages des Éditions Marchialy. Il s'agit d'une des maisons dont les choix éditoriaux me paraissent les plus brillants. Chacun de leurs ouvrages semble juste et en accord avec leur esprit, ce que je tenais vraiment à souligner.
C'est également le cas avec Tu ne trahiras point qui m'a tenté par son sujet et que j'ai donc acheté en toute confiance (charmée également encore une fois par le travail de couverture et de maquette de Guillaume Guilpart).

Dans cet ouvrage, l'écrivain et journaliste Karim Madani narre l'histoire d'une poignée de graffeurs parisiens : d'où ils viennent, comment ils en sont arrivés au graph, quelle obsession les pousse à marquer de leurs noms chaque espace libre sur les murs, les rames de métro, les couloirs de RER... Il raconte aussi comment une lutte de l'ampleur de celle qu'on mène contre le grand banditisme finit par éclore avec la cellule gare du Nord de la police et comment elle mènera au procès de Versailles, au cours duquel 56 graffeurs seront jugés.

Il dresse surtout le portrait d'une jeunesse radicale, de sa rage d'exister, de ses rêves, de ses codes, à l'époque où cette culture n'était qu'underground, avant qu'on s'intéresse à l'art de la rue. Ses héros sont si différents mais partagent le fait d'être trop vivants dans une société dans laquelle ils ne trouvent pas de place. En face se dresse une police qui se fourvoie, persuadée qu'elle poursuit des gangs de rues avec les trafics en tous genres qui peuvent y être liés. Paris ne pouvait être que le terrain parfait pour cette guerre effrénée. Une ville dont les graffeurs connaissent tous les recoins, qui est ici sublimée par les enjeux.

Écrit comme un roman, mettant pourtant en scène des personnes bien réelles, Tu ne trahiras point joui en plus d'une écriture passionnelle d'une grande beauté, réussissant à nous plonger au cœur de l'action, au cœur des passions avec une sincère poésie. De véritables envolées lyriques ponctuent en effet le récit de véritables émotions.

Une nouvelle fois j'ai été plongée dans le Paris que j'aime, et j'ai aimé le voyage.


Tu ne trahiras point | Karim Madani | Marchialy

Gagarine

Après le bien intéressant PHIL, biographie de Philip K. Dick (dont j'ai parlé sur mon ancien blog), je retrouve les éditions 21g, spécialistes de la question, pour découvrir la vie d'un autre grand homme : Youri Gagarine.

Qui ne connaît pas Gagarine ? Peu de monde, j'imagine, tant son nom est cité dès que l'on parle de l'histoire de la conquête spatiale. Mais qui le connaît vraiment ?
Qui sait par exemple qu'il a été présélectionné, entre autres, parce qu'il n'était pas très grand ? Qui sait qu'après son exploit, il n'est au final jamais retourné dans l'espace ? Qui sait vraiment quelle a été la vie du premier homme dans l'espace ?

Je me suis vraiment passionnée pour la question à la lecture de cet album qui s'attarde également beaucoup sur le contexte historique et la course que se livraient alors l'URSS et les États-Unis. Le destin tragique de Gagarine est remarquablement raconté dans le scénario d'Alex Nikolavitch.
Porté par le trait clair de Félix Ruiz, L'ange du prolétariat est de plus un album très réussi graphiquement, original dans ses couleurs et aux pages de garde à l'image de sa couverture : splendides.


L'ange du prolétariat, une vie de Youri Gagarine | Alex Nikolavitch (scénario) | Felix Ruiz (illustration) | 21g

station K

Depuis que je connais l'existence du métro fantôme de Noisy-Le-Grand, à deux pas de chez moi, depuis que je connais l'histoire assez incroyable de ce drôle de gâchis, je rêve de descendre un jour découvrir la station de mes yeux.

C'est chose faite grâce aux journées du patrimoine, et ce fut une sacrée expérience de concrétiser enfin ce souhait.

L'espace est très dégradé à présent, et son état tel quel compté car un projet de réhabilitation semble bien avancé.

Ce fut tout de même très émouvant de découvrir l'atmosphère incroyable qui se dégage de ce lieu.

vango

Il avait beau vivre la plupart du temps dans les airs, ses pieds restaient enfoncés dans sa terre. Il avait peur pour son pays.
Une lente et tragique dérive.
Il fallait faire quelque chose. De petits gestes. Presque rien. Une petite résistance, un léger frottement, pour freiner la chute.
Il appelait cela la résistance de l'air.

J'ai lu Vango dans le cadre de mon challenge 12 mois, 12 livres, 12 (masto)potes, il m'a été recommandé par Monsieur B. que je remercie énormément.
Comme je l'ai déjà évoqué dans mon billet sur Le fil du destin, je n'ai pas vraiment l'habitude de lire de la littérature jeunesse, j'ai donc toujours un peu d'appréhension avant de me lancer.

Avec Vango, Timothée de Fombelle a choisi cependant de s'éloigner du roman d'initiation pour embrasser tous les attraits du roman d'aventures : un héros attachant et mystérieux, beaucoup de secrets, de l'action, le tout avec une certaine légèreté. Plaçant tout de même son histoire au coeur de l'Europe des années 30 (une époque évidemment chargée en évènements tragiques qui sont un des points d'ancrage du récit), il parvient également à introduire des enjeux forts et une vraie tension dramatique autour du destin de son personnage principal.
Le jeune Vango lance ses aventures par sa fuite à Paris, alors qu'il allait se faire ordonner prêtre, accusé d'un crime qu'il n'a (évidemment pour l'intérêt de l'histoire) pas commis. Poursuivi par la police française mais également par des hommes mystérieux, il lui faut réussir à se sortir de ce mauvais pas en perçant le mystère de sa naissance (qui pourrait bien être la clé pour résoudre ses problèmes).

Pour être honnête, je n'ai pas trouvé le récit d'une folle originalité. Son intérêt réside plutôt dans le contexte historique dans lequel il est placé, ainsi que dans la parfaite maîtrise de l'auteur de ses personnages et du rythme de ses actions.
On ne s'ennuie pas en lisant Vango. On est transporté, on peut sans doute en apprendre plus sur cette époque, et l'auteur distille exactement la bonne dose de mystères et de résolutions pour garder intact l'envie de lire la suite.

S'il m'a encore une fois manqué ce qui fait que je m'investis complètement dans une lecture, je reste emballée par la qualité de ce roman jeunesse, assez exigeant, et d'ailleurs sans doute parfois difficilement accessible (ma nièce ne m'a pas caché qu'elle avait abandonné sa lecture, ayant été perdue par les différentes temporalités du récit).
Je le conseille donc à qui a besoin de s'évader intelligemment.


Vango T1 : Entre ciel et terre | Timothée de Fombelle | Gallimard Jeunesse

alphago

Depuis le temps... j'ai enfin regardé AlphaGo, ce documentaire qui revient sur l'histoire du programme d'intelligence artificielle développé par DeepMind (appartenant à Google), ayant disputé un duel contre l'un des meilleurs joueurs de Go du monde : Lee Sedol.
Si vous vous intéressez un peu au sujet, vous connaissez forcément l'histoire et son issue. Je la connaissais, et cela ne m'a pas empêchée d'être en tension la majorité du temps.
Dans ce documentaire, Greg Kohs parvient à raconter une croisade, à faire monter le suspens, retranscrire les enjeux, nous plonger au coeur de l'action, qui, si peu spectaculaire qu'elle puisse paraître, n'en est pas moins impressionnante.

En présentant les coulisses de l'affrontement, AlphaGo nous énonce tous les enjeux liés à ce type d'évènement, tant scientifiques que philosophiques, ce qui n'est pas négligeable quand on touche à l'intelligence artificielle. En mettant en avant l'équipe de DeepMind, il évite l'écueil qu'aurait été une trop grande personnification d'AlphaGo qui est et restera un programme informatique, aussi brillant soit-il. L'ensemble des protagonistes et la façon dont leurs propres motivations et doutes sont abordés fait d'ailleurs tout l'intérêt du film.

AlphaGo est un film passionnant, parfaitement accessible et très enrichissant ; au final, très humain.


AlphaGo | Greg Kohs | 2017

Les fils de l'homme

  • Oui. La colonie pénitentiaire de Man. Vous savez ce qui s'y passe ? Vous êtes au courant des meurtres, de la famine, de l'anarchie galopante ?
  • Oui, fit Xan. La question est de savoir comment toi, tu es au courant ?”
    Theo ne répondit pas. La question impliquait une menace dont il avait pleinenement conscience.

Des Fils de l'homme, j'ai surtout entendu parler (en bien) du film de Alfonso Cuarón, que je n'ai pas vu (j'ai bien l'intention de le voir, mais j'écris volontairement cette chronique avant). Une histoire d'anticipation sombre, une humanité stérile...
J'ai ensuite trouvé le livre de P.D. James au hasard de mes fouilles dans une librairie d'occasion. J'ignorais totalement que le film était inspiré d'un livre de cette grande dame du roman policier, et, si j'ai lu dans mes jeunes années quelques-unes de ses œuvres, j'ignorais également qu'elle s'était frottée au genre fantastique. Forte de ces découvertes, j'ai immédiatement eu envie de le lire.

Les fils de l'homme est donc un roman d'anticipation écrit en 1992 et se déroulant en Angleterre en 2001. Quand l'intrigue commence, le dernier humain né sur terre vient de mourir à l'âge de 25 ans. 25 ans donc, sans aucune nouvelle grossesse : l'humanité est mourante, condamnée. Le gouvernement a profité de ce désespoir et de la peur qu'il engendre pour instaurer un régime dictatorial, sous la coupe du Gouverneur Xan Lyppiatt. Le protagoniste principal de l'histoire en est le cousin. Ayant renoncé à un poste à responsabilités, il est historien et est bientôt abordé par un groupuscule de résistants.

Je n'en dirai pas plus sur l'histoire, ni sur l'élément central qui se retrouve aussi dans le film (sait-on jamais...). Ce n'est honnêtement pas cela qui m'a le plus marqué. J'ai surtout été épatée par l'immense dimension politique et sociétale de l'ouvrage. En effet, P.D. James a savamment décortiqué les impacts sociaux que l'épidémie de stérilité a engendrés.
Que dire de l'évolution des membres de la dernière génération, qui, fatalement élevés au rang de miracles, sont devenus des tyrans ? Condamnés à ne pas trouver de sens à leur arrivée sur Terre, ils laissent libre cours à leur brutalité.
Que dire de ce qui reste de l'humanité qui, désespéré, s'agglutine dans les villes pour y trouver un semblant de repères faussement rassurants ? Sans espoir aucun, sans transmission possible, les gens perdent peu à peu le goût du changement jusqu'à en développer une peur panique.
Que dire du gouvernement en place qui, aussi totalitaire que lâche, se borne à maintenir un semblant de normalité, de constance dans un monde qui court à sa perte ? Sans résistance ou presque, il ne lui est pas difficile de conserver son hégémonie en instillant l'idée d'une stabilité illusoire, entretenue par des choix intolérables.

C'est donc une ambiance assez désespérée qui s'offre à nous. Le roman garde certains codes du thriller comme un rythme qui s'accélère et des rebondissements qui dynamisent la lecture et m'ont tenue en haleine, tournant les pages, avalant les lignes, cherchant des réponses... jusqu'à une fin assez brutale, qui prolonge les réflexions au-delà de la lecture.

Les fils de l'homme est un excellent livre, si on n'a pas peur de se frotter à la désespérance. Intelligent et réaliste, il secoue profondément et interroge...


Les fils de l'homme | P.D. James | Traduit par Éric Diacon | Fayard/Le livre de poche

cell worlds

Cell Worlds est un documentaire aussi beau que fascinant, mêlant l'art et la science pendant 26 minutes que je n'ai pas du tout vues passer.
Renaud Pourpre et Terence Saulnier, deux scientifiques accoutumés à la vulgarisation, ont parfaitement réussi à rendre au monde cellulaire sa magnificence, secondés en cela par la très immersive musique de Youenn Lerb.
Cell Worlds est un instant de poésie suspendu, pendant lequel on est plongé dans l'extravagante diversité du monde cellulaire, représentée par les images de plus d'une vingtaine de laboratoires différents. Des images d'une beauté limpide, portées par une narration qui nous invite à un voyage introspectif à la rencontre de cet univers hors du commun. Véritable hommage à la recherche scientifique, c'est également un objet d'art subitement émouvant qui nous est proposé.
Mes vieux souvenirs de fac de biologie ont refait surface, il est impossible de rester de marbre face à l'étrange perfection qui se dégage du monde cellulaire. Je vous encourage donc ardemment à plonger !

Le documentaire est complété d'une exposition aux Bassins des lumières à Bordeaux, que je n'ai malheureusement pas eu l'occasion de voir.
Toutes les informations (et même plus !) sont à retrouver sur le site internet du projet.


Cell Worlds, mondes cellulaires | Terence Saulnier et Renaud Pourpre | 2022

Myala : seconde chance

On ne va pas se mentir : je connais le travail de Lilian Peschet depuis longtemps. Depuis Mon donjon, mon dragon, je pense, et déjà, à l'époque, je me suis dit qu'il avait un sacré talent pour les histoires. Je fus donc très contente d'apprendre qu'il allait (enfin) sortir un nouveau roman car après l'excellente (et bien violente !) série de nouvelles Empenn police (Empenn ? ça me dit quelque chose...) pour l'excellent (!!!!!!) podcast Vous aurez de nos nouvelles d'Olivier Gechter (qui n'est pas non plus la moitié d'un gars bourré de talent, d'ailleurs, mais je digresse...), j'avais très envie de retrouver sa prose.

Avec Myala : seconde chance, il nous transporte dans un futur dystopique cyberpunk bien crade, dans lequel certains criminels se voient proposer de purger leur peine en passant quelques années sous l'uniforme de la police. Myala y encadre donc une brigade aussi hétérogène que soudée dans l'adversité, bientôt en charge de l'enquête sur une série de meurtres violents et irrationnels, qui pourrait être leur rédemption.

Alors, je sais, et je suis la première à le penser : la dystopie, le cyberpunk, on connaît... Mais il faut avouer que Lilian Peschet enchaîne les idées brillantes dans ce roman. L'idée de mêler tout ça au polar noir... l'idée d'un futur sale, dans lequel les discriminations sont palpables, le manque de moyens criant... l'idée magistrale, surtout, de faire de ses héros d'anciens délinquants devenus policiers, pour lesquels on se doute dès le début que rien ne sera juste.
Après avoir posé cet univers solide, il déroule une intrigue rythmée, efficace, qui n'est pas dénouée de certaines surprises. Un sentiment de malaise ne m'aura pas quitté de ma lecture, inspiré par l'aspect sordide et abusif de l'histoire. On est vraiment dans le très sombre... Le style très direct de l'auteur donne le ton d'un roman qui ne tergiverse pas mais expose crûement l'essence même du monde qu'il décrit : obscur et désespéré.

Chaque point de lumière est alors une respiration, et, la fin arrivant vite, on ne peut qu'avoir envie d'une suite. Mais mon petit doigt me dit que ça pourrait bien arriver...


Myala : seconde chance | Lilian Peschet | Editions du 38