Un Spicilège

Nos héros sont malades Le cinéma, c'est parfois un peu comme cet ami/connaissance/parent ou professeur très érudit qui peut gloser des heures sur tous les sujets et dont vous buvez les paroles. J'ai eu par exemple un professeur de cet acabit en licence de librairie.
Arrive le moment où il aborde un sujet que vous maîtrisez. Vous commencez alors à vous dire qu'il raconte quelques bêtises quand même, ou qu'il fait de graves approximations pour servir son récit. Ce professeur m'a par exemple perdue dès qu'il a commencé à parler sciences.
À partir de cet instant, vous vous posez des questions sur tout ce qu'il a dit auparavant, en vous demandant quelle était la part de vérité et celle d'approximation dans tout ça.

C'est, je pense, un processus assez logique dans une vie d'amateur de cinéma, qui arrive dès qu'on a un socle culturel solide et qui permet d'exercer son esprit critique.

Il est cependant des sujets qui manquent tellement de visibilité qu'il est parfois difficile de faire la part des choses, et j'imagine que la maladie mentale est de ceux-là. Sujet encore très tabou et véhiculant un nombre hallucinant d'idées reçues, son traitement dans la fiction a contribué à tout un tas de clichés que le livre Nos héros sont malades s'attelle à démonter.

Extrêmement abordable et des plus passionnants, il est divisé en 7 chapitres ayant chacun pour thème une pathologie. Par le prisme du cinéma (et de quelques séries) et en démontrant la plupart du temps les distorsions qui existent entre la façon dont le sujet est traité sur un écran et la réalité, le Dr Debien abat les clichés et évoque, sans détour ni sensiblerie et de façon extrêmement claire, en quoi consiste vraiment la maladie mentale.

Soyons honnêtes, si vous connaissez le sujet, vous n'apprendrez peut-être pas grand-chose. Si vous ne vous êtes jamais trop penché sur la question, ce livre pourrait en revanche vous surprendre sur vos propres a priori, tant ceux-ci sont profondément ancrés dans notre quotidien, entre autres par la fiction.
Le travail pédagogique amorcé dans ce livre ne vous en paraîtra que d'autant plus important.

Ce livre propose de plus une formidable liste de films et séries remarquables sur le sujet, comme Jacob's Ladder d'Adrian Lyne qui, s'il est fantastique, traite également de façon très graphique de stress post-traumatique, Spider de David Cronenberg, (un de mes films préférés) qui propose un vision, certes noir, mais des plus réaliste d'une personne atteint de psychose ou American Psycho, de Marry Harron et son effroyable psychopathe...

Je terminerais par un mot sur les illustrations de Ben Fligans, qui enrichit le livre de son talent. Je l'ai découvert à cette occasion et j'ai trouvé son travail remarquable.

Nos héros sont malades | Dr Christophe Debien | Illustré par Ben Fligans | HumenSciences

enter image description here Vie™ est le second roman que je lis de Jean Baret, après Bonheur™, qui m'avait déjà fait forte impression.
Tous deux font partie de la trilogie Trademark, qui doit son nom à ces marques déposées qui semblent maîtresses des sociétés décrites dans les romans. L'auteur continue à y explorer “la question fondamentale du sens de la vie”.

Vie™ est un livre tout aussi aliénant que son prédécesseur.
Cette dystopie décrit une société régie par les algorithmes, dans laquelle les temps de loisirs, d'amitié et d'amour (de sexe) sont savamment calculés et doivent être régulièrement dépensés, au risque de voir apparaître un algorithme du bonheur, qui se chargera de rééquilibrer les choses coûte que coûte. Dans ce monde absurde, le personnage principal, Sylvester Staline, comme tout bon citoyen (lui-même porte le n° X23T800S13E616), passe son temps à travailler (il fait tourner des cubes colorés) sans jamais sortir de son logement, muni de ses lentilles de contact et de ses prothèses auditives à réalité augmentée (premiers réflexes du matin) qui lui permettent d'être constamment connecté. Malheureusement, il a la fâcheuse habitude de se suicider tous les soirs.

Tout le talent de Jean Baret est de faire ressentir l'aliénation du personnage en aliénant le lecteur par une succession de chapitres très semblables les uns aux autres, chacun décrivant un jour de la vie de Sylvester. Dans cette course en rond, où se répètent jusqu'à l’écœurement les mêmes gestes, les mêmes paroles, les mêmes situations, le grain de sable qui s'immisce discrètement devient la planche de salut du lecteur, qui espère sortir enfin de ce puits sans fond.

Le monde décrit dans Vie™ est, je crois, encore plus glaçant que celui de Bonheur™. En effet, en suivant les aventures de Sylvester, qui semble ne pas aimer la vie que les algorithmes ont choisie pour lui, on est confronté à une réalité des plus perverses : rien ne “l'oblige” à la vivre. Il n'a simplement pas l'idée d'une alternative. Sa vie est ainsi depuis sa naissance et elle est la même pour toute personne avec qui il est en contact. C'est juste “comme ça”.

Difficile de sortir de cette lecture sans un abîme de réflexion sur l'ineptie de notre propre société, d'autant plus dans ses dérives actuelles. Difficile d'en sortir non plus sans saluer le talent de Jean Baret, encore une fois confirmé dans cet ouvrage.

Vie™ | Jean Baret | Le Belial'

Six promenades Ce court livre est la synthèse d'une série de 6 conférences qu'Umberto Eco a données pour les Norton Lectures de Harvard. Il y propose un voyage au cœur du processus de narration, durant lequel il s'attachera à décomposer plusieurs œuvres, dont, entre autres, Le meurtre de Roger Ackroyd, Casino Royale, Les trois mousquetaires et surtout la Sylvie, de Gérard de Nerval, qui sera le dénominateur commun de toutes ses réflexions.

J'aime beaucoup Umberto Eco. Comme beaucoup de libraires, j'ai dévoré Le nom de la Rose, je me suis passionnée également pour Le Pendule de Foucault. J'admets cependant qu'Eco est un auteur très exigeant. Lire ses romans nécessite des efforts. Son style est riche, ses écrits complexes.

Ce n'est pas du tout ce que j'ai retrouvé dans ce livre. Sans doute car il retranscrit des conférences orales, je l'ai trouvé limpide, incroyablement facile d'accès en regard de l'étendue des connaissances qui y sont distillées.
Eco y déploie toutes ses facultés de vulgarisateur pour le plus grand plaisir du lecteur.

Le lecteur est en effet l'ingrédient majeur de ces réflexions. Il se voit défini comme l'élément central autour duquel tout narrateur construit son intrigue.

Suivre le cheminement de Eco permet au lecteur de jouir d'autant plus des romans qu'il décrit.
Véritable bijou qui serait profitable à tout écrivain ou lecteur, j'ai fini ma lecture nettement plus instruite que je l'ai commencée, en apprenant avec avidité et plaisir.

Umberto Eco | Six promenades dans les bois du roman et d'ailleurs | Traduit par Myriem Bouzaher | Grasset/Livre de Poche

l'exorciste L'exorciste, voyez-vous, est, je crois, le film qui m'a le plus terrifiée... de toute ma vie.

Je l'ai découvert au cinéma, à l'occasion de la sortie de la version intégrale. J'ai bien vérifié... j'avais 20 ans...

J'ai été tellement terrorisée que, pendant plusieurs mois, je me suis endormie avec les lumières et la télévision allumées, les volets ouverts. Habitant à l'époque un studio minuscule au rez-de-chaussée d'un vieil immeuble de Rennes, je ne sais toujours pas aujourd'hui si c'était l'idée du siècle, mais c'était non négociable pour pouvoir aligner quelques heures de sommeil.

Nous avons tous, je pense, une peur viscérale. Celle qui ne laisse pas de place à la raison. Cela peut être la peur du noir, des monstres, de l'impuissance, de la déliquescence du corps ou de la mort... pour moi c'est clairement, avant tout, les histoires de possession. Mettez ça sur le compte de mon éducation chrétienne ou peut-être qu'un psy aurait beaucoup à dire, toujours est-il que ce genre d'intrigue m'épouvante (ne commencez donc pas à me parler de l'exorcisme d'Emily Rose, ou autres Conjuring...).

Pourtant, j'étais vraiment impatiente de lire le roman qui a inspiré le film. Est-ce du masochisme ? de la curiosité malsaine ? Encore une fois, je ne saurais le dire, toujours est-il que j'ai (globalement) dévoré le livre de William P. Blatty.

Je peux vous dire qu'il est tout aussi éprouvant que le film, qui en est, selon moi, une adaptation des plus fidèles.

L'écriture tout en finesse de Blatty permet de mettre en place un roman d'horreur à l'ambiance lourde, au rythme saccadé, dans lequel les scènes de terreur alternent avec des moments plus calmes à l'infini pessimisme, qui ne permettent pas vraiment de faire retomber la tension. Le roman nous permet d'approfondir la psychologie des personnages, notamment celle de la mère, Chris, et du prêtre/psychologue Damien Karras, dont on perçoit plus pleinement le déchirement.

Le thème principal étant bien celui de la foi et du doute, celui-ci est distillé comme un poison tout au long du récit. Affabulation, maladie ou force supérieure ? Cela restera l'enjeu principal, et l'auteur cultive une certaine ambiguïté, entrainant une montée en tension crescendo.

Les scènes de terreur sont particulièrement efficaces (j'ai dû arrêter ma lecture un soir et ai eu du mal à m'endormir...) mais le sentiment le plus palpable à la lecture a plutôt été le désenchantement... C'est aussi un livre triste, qui sait faire naître bien d'autres émotions que la peur.

Je n'ai absolument pas regretté cette lecture que j'ai dévorée en quelques jours... ça m'a même donné envie de revoir le film... mais je vais peut-être attendre encore un peu...

L'exorciste | William P. Blatty | Traduit par Jacqueline Remillet | J'ai Lu

La Bombe La bombe est de ces bandes dessinées qui sublime le médium et nous offre une véritable expérience de lecture.

Parue dans la collection 1000 feuilles, chez Glénat, elle rentre dans la catégorie qu'on appelle pompeusement les “romans graphiques” (bandes dessinées ne faisant pas assez “sérieux”, voyez-vous!).

Album né de l'idée originale de Didier Alcante (qui est avant tout pour moi le scénariste de la série Pandora Box, que je conseille énormément), il est rejoint au scénario par Laurent-Frédéric Bollée et au dessin par Denis Rodier.
La bombe est un énorme pavé de près de 500 pages, entièrement en noir et blanc.

Les dessins particulièrement soignés de Denis Rodier mettent en valeur l'histoire que fut celle de la bombe atomique. Revenant à la genèse du projet, il nous entraîne aux quatre coins du monde, à la suite des hommes qui ont fait, consciemment ou non, basculer l'histoire de l'humanité.
On s'attache en effet précisément dans cet ouvrage à souligner que cette histoire est avant tout une histoire d'hommes. Politiques, scientifiques ou victimes, chaque personnalité est incarnée, chaque émotion est appuyée, chaque colère, chaque questionnement, chaque doute...
À l'image de Ebb Cade, ce premier cobaye humain du plutonium, à qui on a injecté à son insu du plutonium pour en étudier les effets...
À l'image du scientifique Leó Szilàrd, qui fera tout pour aider au développement de la bombe et tout, par la suite, pour qu'elle ne soit jamais employée.

Avec une précision documentaire, La bombe ne nous épargnera aucune des folles décisions qui ont conduit à la tragédie.
Alors que l'histoire nous entraîne avec effroi vers l’inéluctable, que l'uranium prend régulièrement la parole pour clamer sa soif, on ne peut qu'être épouvanté par l'abominable dénouement et on ressort lessivé de cette lecture.

Pour finir, je l'ai transmis à mon fils de 12 ans qui l'a dévoré aussi vite que moi.

La bombe | Scénario de Alcante et Laurent-Frédéric Bollée | Dessin de Denis Rodier | Glénat

## Ce qui est sans être tout à fait Etienne Klein est sans doute le scientifique faisant de la vulgarisation que je préfère (avec Jean-Pierre Luminet, peut-être...). J'ai toujours trouvé ses sujets passionnants et ses explications limpides.

Dans cet Essai sur le vide, il s'éloigne un peu de ce que j'ai déjà pu lire de lui et s'approprie complètement sa casquette de philosophe des sciences.

Qu'est-ce que le vide, de quoi est-il “constitué”, comment le définir, l’appréhender, pourquoi nous attire-t-il tant ?

En s'attaquant au concept de “vide”, il invite dans un premier temps les grands philosophes à disserter avec lui sur cette notion si difficile à caractériser tout en le distinguant du néant. Il évoque ses implications dans l'art, les émotions, et même l'alpinisme. Il joue avec ce concept et en extrait sa substance intrinsèque, celle qui nous fascine et nous effraie à la fois.

Dans un second temps, il se recentre sur les concepts physiques qui régissent la notion de vide et nous offre une leçon d'histoire des sciences passionnante.

Ce qui est sans être tout à fait est un livre qui se lit avec une immense facilité, et grâce auquel l'auteur nous imprègne de son érudition avec générosité.

Ce qui est sans être tout à fait | Essai sur le vide | Etienne Klein | Actes Sud

indécence manifeste Quelle figure intrigante que celle d'Alan Turing. Mathématicien de génie, précurseur de l'informatique, héros de guerre méconnu, homosexuel condamné... depuis sa réhabilitation auprès du grand public dans les années 80, tant de choses ont été dites sur celui qui semble s'être suicidé à l'aide d'une pomme trempée dans le cyanure.

Je me suis passionnée cet été pour la série de podcasts L'énigmatique Alan Turing, signé Amaury Chardeau pour France Culture. 8 heures de documentaire audio plongeant dans tous les détails de la vie de Turing, de son génie à son excentricité, de ses succès à sa marginalité subie. J'y ai beaucoup appris sur sa vie. Loin du romanesque et des symboles qu'on lui impute à présent, j'y ai découvert un homme au parcours chaotique, un savant obsessionnel, un génie en avance sur son temps, mais également un homme qui n'a jamais compris ce qu'il y avait d'indécent dans son homosexualité.

David Lagercrantz intervient dans le dernier épisode de la série, et m'a donné envie de découvrir son roman : Indécence manifeste.

Prenant pour point de départ la découverte du corps sans vie de Turing, l'auteur imagine ce qu'aurait pu être l'enquête policière autour de son décès.
Dans la réalité, cette enquête a été bouclée en quelques jours, concluant au suicide ; dans le roman, un inspecteur à l'intelligence exercée ne se contente pas des apparences et s'intéresse de plus près à la vie et à l'oeuvre de Turing, pour percer le mystère de sa disparition.

Mêlant la fiction à la réalité, David Lagercrantz offre un roman extrêmement dense, hybridant le polar avec la biographie et le livre d'espionnage. Plongeant dans le passé du mathématicien, il met en avant la douleur qu'a été son rejet par une société qu'il avait pourtant aidé à faire triompher pendant la guerre. Livrant une réflexion profonde sur la marginalité, ce livre est en outre un bijou d'écriture. Il offre des personnages contrastés aux personnalités soignées et une construction tout en circonspection.
Ne vous attendez en effet pas à un polar d'action. Indécence manifeste est au contraire plutôt contemplatif, laissant une part non négligeable du roman à la réflexion et à l'introspection.

Grande traversée : l'énigmatique Alan Turing | Amaury Chardeau et Yvon Croizier, avec la collaboration de Romain Weber | France Culture

Indécence manifeste | David Lagercrantz | Traduit par Rémi Cassaigne | Actes Sud/Babel Noir

enter image description here Mortel est un recueil de strips signé Marc Dubuisson au scénario et Thierry Martin au dessin, mettant en scène la Mort (avec son habit noir, sa capuche et sa faux) dans l'exercice de son travail. Apparaissant quelques instants avant le décès d'individus souvent fâchés de la voir, elle s'acquitte de sa tâche avec conviction et nonchalance.

Elle constitue donc le motif parfait pour enchaîner les gags à l'humour noir prégnant, au cynisme décomplexé et au sadisme jubilatoire, frappant sans vergogne toute une ribambelle de personnages ayant rarement d'échappatoire. Chaque planche est courte, nette, et la chute est souvent inattendue.

Tout au long de la centaine de pages du recueil, les auteurs parviennent à éviter les redondances et m'ont fait passer un bon moment de rigolade.

Je n'aurais cependant pas été contre une immersion plus profonde dans la noirceur. Si vous êtes comme moi, admiratrice des Idées noires de Franquin, il vous manquera peut-être un petit quelque chose.

Mortel | Marc Dubuisson & Thierry Martin | Delcourt – Pataquès

Fouloscopie La fouloscopie, mes amis est vraiment une discipline que je trouve passionnante !

Terme inventé par la dessinatrice et vulgarisatrice Marion Montaigne, c'est grâce à son billet de blog que j'ai eu un premier contact avec ce courant scientifique qui étudie le comportement des foules humaines.
Si vous me connaissez, vous savez que j'ai fait des études de biologie. Si vous me connaissez bien, vous savez que ces études se sont focalisées sur la biologie des populations et l'éthologie : l'étude du comportement. Si je me suis intéressée aux animaux, l'auteur de ce livre, le chercheur Mehdi Moussaïd s'intéresse, lui, depuis longtemps, au comportement humain.

C'est en retraçant son parcours de chercheur depuis le début de son doctorat qu'il aborde en 12 chapitres autant de facettes de cette discipline : le comportement d'un piéton dans la foule, les stratégies d'évitement, les phénomènes de bousculade, de propagation de la panique, mais également l'enseignement que l'on peut tirer des réseaux sociaux. Il présente tour à tour l'étude des foules du point de vue biologique, physique, psychologique...

Il nous plonge au cœur de la recherche, en n’omettant pas d'en détailler les difficultés et les limites. Difficile par exemple d'étudier en conditions reproductibles un vrai mouvement de panique sans poser de problèmes éthiques. On découvre alors les évolutions de la discipline et ce que les caméras dans l'espace public, mondes virtuels et autres technologies modernes ont pu lui apporter.

Étant très intéressée, voir fascinée par toutes ces questions (le comportement d'une foule me semble absolument dingue!), j'ai très logiquement englouti ce livre avec plaisir. Même si certains aspects biographiques m'ont laissée de marbre (Mehdi Moussaïd semble très sympathique, mais j'avoue que les détails de ses déménagements ou la façon dont il a rencontré sa femme ne m'intéressent guère), ils ne cassent pas le rythme de lecture. L'ouvrage étant de la vulgarisation, il reste parfois en surface des choses, mais il est largement référencé et la bibliographie est conséquente pour qui veut approfondir le sujet.

Pour finir, je vous conseille évidemment le blog de Mehdi Moussaïd, très qualitatif et régulièrement alimenté, ainsi que sa chaîne Youtube.

Fouloscopie, ce que la foule dit de nous | Mehdi Moussaïd | Illustré par Wozniak | humenSciences

Les meilleures histoires de la Quatrième dimension Il est des couvertures qui vous inspirent immédiatement un souffle de nostalgie. Ce fut le cas pour celle de ce livre, découvert chez un bouquiniste et aussitôt embarqué. Il faut dire que la couverture de feu la collection Futurama-Superlights aux Presses de la Cité est particulièrement réussie.

Trop jeune pour Temps X, c'est dans La une est à vous que je me souviens avoir découvert La Quatrième Dimension, cette série de science fiction de Rod Serling. Son générique faisait peur à l'enfant que j'étais alors, et ses histoires aussi. Mes souvenirs vont vers des récits troublants et souvent cruels.

Je les ai retrouvés intacts en lisant ce livre, qui reprend la trame de certains des épisodes les plus emblématiques sous forme de nouvelles (dont le premier de la première saison “ Where is everybody?”). On y retrouve un mélange d'étrangeté, d’inattendu, et un sentiment final toujours plus sombre. J'ai beaucoup aimé me replonger dans cette ambiance à la fois attractive et dérangeante, développée avec talent par Rod Serling.

Les meilleurs histoires de la quatrième dimension | Rod Serling | Traduit par Odile Rickin | Presses de la Cité