yamanashi

#ASTRONOMIE été 2022

En revenant du 14e marathon des sciences du festival d’astronomie de Fleurance, les nouvelles météorologiques ne sont pas bonnes pour la France. Une 4e vague de canicule est annoncée la semaine suivante alors que la sécheresse bat son plein sur tout l’hexagone. Contrairement aux soirs précédents, le vent, parfois violent, ne se lève pas après le coucher du Soleil. La température reste extrêmement clémente. Le ciel est parfaitement clair. Comme l’année dernière, j’ai amené avec moi ma vieille paire de jumelles tout terrain qui me suit depuis plus de 22 ans : une Nikon 7 X 25. Également avec moi, « l’Atlas des constellations » et le « Petit guide d’observation de la Lune ». Les 2 soirées précédentes n’ayant pas été particulièrement fructueuses avec cet équipement minimaliste, je n’ai pas d’attentes particulières pour cette soirée au cours de laquelle la Lune est encore plus grosse, un bon Premier Quartier. La soirée commence bien sûr par la Lune. Les mers sont bien visibles à l’Ouest. Le pôle Sud est très cratérisé. Je n’utilise pas le petit guide car les cratères sont trop petits aux jumelles et je préfère me régaler du spectacle. J’en profite pour bien régler mes jumelles. L’équilibre entre les 2 yeux est toujours délicat à trouver et la recherche de la vision binoculaire est un exercice difficile. Pour des observations précises, je préfère fermer un œil et me concentrer en vision décalée. La Lune est dans la constellation du Scorpion. Antarès, l’étoile principale de la constellation, garde une couleur chaude malgré la présence de sa brillante voisine. Une étoile brille juste à gauche de notre satellite naturel. Mais j’y reviendrai un peu plus tard. Nous sommes dans un camping gersois en bordure de champ, face à l’horizon Ouest. Le Soleil s’est couché au Nord-Ouest, ce qui est normal à cette période de l’année. L’étoile Spica de la Vierge scintille entre l’Ouest et le Nord-Ouest et va rapidement rejoindre le Soleil sous l’horizon. La veille, j’avais exploré les étoiles de la Constellation d’Ophiucus au-dessus du Scorpion. Le couvert des arbres, salvateur pendant les chaudes journées, est un handicap lors des observations astronomiques nocturnes. Je me concentre sur ce que je peux voir. Je repère à peu près la Grande Ourse et la Petite Ourse. Cassiopée est bien visible entre les arbres. Je tente d’aller observer Saturne dans la constellation du Capricorne en me déplaçant. J’ai un doute. Saturne ? Altaïr ? Les Jumelles ne m’aident pas car je ne grossis pas assez. Un peu déçu, je reviens à la tente et pose mes jumelles sur la Lune. Il me semble que l’étoile à gauche de la Lune s’est « rapprochée » de Sélène. D’après l’atlas, il s’agit de l’étoile Delta. Elle est assez lumineuse pour être visible à l’œil nu malgré le halo de sa voisine. Cette fois pas de doute, elle va passer derrière la partie non-éclairée de la Lune. Même en imaginant la Lune complète, il est difficile d’estimer le temps avant son occultation. Je décide de rester face à ce spectacle en me disant que j’ai encore un peu de temps avant l’instant critique. Je regarde mon Atlas. Les amas globulaires M4 et M80 ne sont bien sûr pas visibles dans cette clarté. Je parcours les étoiles du Scorpion ou celles d’Ophiucus au-dessus tout en surveillant Delta. Le moment s’approche. Je décide de me concentrer sur Delta. Je ne regarde rien d’autre. Je pense à la seule occultation que j’ai observée dans ma vie. C’était il y a dix ans, peut-être davantage. Nous étions 5 ou 6 observateurs sur les hauteurs de Loubieng. On se relayait à l’oculaire de notre télescope motorisé pour voir Saturne ressortir de la partie éclairée de la Lune. Il devait s’agit d’un Premier Quartier comme ce soir. Bizarrement je n’ai pas de souvenir du début de l’occultation, uniquement de la fin. Je pense qu’il y a explication : à ce moment là, c’était mon tour derrière l’oculaire. Je me rappelle d’une bizarrerie sur le bord Ouest de la Lune. J’ai compris qu’il s’agissait des anneaux. Très vite, la sphère de la planète est apparue. Puis l’autre extrémité des anneaux. Dans mon souvenir, cela était assez rapide. Peut-être une minute en tout. Je garde le souvenir précis de la planète géante, minuscule à côté de notre Satellite, s’éloignant lentement. En même temps que je fixe Delta. Je repense à ces moments là. J’essaie de ne pas cligner des yeux. D’un coup Delta s’éteint. Elle est passée derrière la partie noire de la Lune. La suite se passe essentiellement dans la Constellation de Cassiopée. Les 5 étoiles de l’astérisme sont entourées d’énormément d’étoiles. Je repère M103 assez facilement, malgré mes toutes petites jumelles. Il y a tellement d’étoiles que mon atlas n’est pas assez précis. Je situe également M52 sans vraiment l’observer. Plus bas, le double amas de Persée devient de plus en plus visible entre les arbres grâce à la rotation de la Terre. Mais la cascade de Kumble reste invisible à mes yeux. Entre les feuilles un phare ! Jupiter se dévoile. La planète est très brillante. Le chromatisme est important. Avec un peu de concentration, je parviens à déceler les 4 satellites : 2 à droite et 2 à gauche. Incroyable. Vers 1 heure du matin, je reviens vers l’horizon Ouest. Le Premier Quartier de Lune a pris une coloration presque orange et frôle le bosquet d’arbre en face. Vite, je prends mes jumelles. Delta est passée de l’autre côté. Ouf quelques minutes de plus et elle n’était plus visible. J’ai les 2 moments de l’occultation bien en tête. L’extinction en direct et immédiate. La réapparition dans les couches basses de l’atmosphère. La fête est complète. La Lune « couchée », j’observe quelques beautés de la Voie Lactée entre la constellation du Sagittaire et celle de l’Aigle : – M11 l’amas du canard sauvage, presque visible à l’œil nu, – M8 la nébuleuse de la Lagune ou bien M24, – M22, l’amas globulaire géant du Sagittaire est bien visible au jumelles – ...

C’est une magnifique nuit d’observation astronomique gersoise.

date : samedi 6 août 2022 observation : 22 heures à 2 heures. météo : ciel parfait (les 7 étoiles de la Petite Ourse sont bien visibles) 25° environ matériel : jumelles Nikon 7 x 25 objets : occultation de Delta Scorpius, Jupiter et 4 satellites, M103, M22, M11, double amas de Persée...

#SAVOIRS été 2022

introduction : L’acquisition et l’accumulation du « Savoir » sont inhérents à l’homme et à son histoire et on peut se surprendre qu’il soit, aujourd’hui, si souvent contesté, voire dévalué, au profit de croyances ou de simples opinions. Pour tenter de comprendre cette désaffection, il convient tout d’abord de s’interroger sur le mot « Savoir » lui-même et sur ce qu’il signifie. De quoi parle-t-on ? Qu’est-ce qui distingue le savoir de la connaissance ? De la croyance ? De la conviction ? Y-a-t-il UN savoir ou une diversité de savoirs ? Le savoir est-il nécessairement scientifique ? N’existe-t-il pas un savoir technique, un savoir animal, un savoir empirique, un savoir des machines (intelligence artificielle) ? Et que dire des savoir-faire ? Y-a-t-il d’ailleurs, un seul savoir scientifique ou au contraire plusieurs selon les méthodes mises en œuvre pour l’acquérir : sont-elles les mêmes en mathématiques, en biologie, en sciences humaines ? Ce qui conduit à se poser la question : comment sait-on ce que l’on sait dans chaque domaine ? Mais aussi, comment est-on sûr de ce que l’on sait ? Sans oublier la question essentielle de la transmission du savoir. Ce « marathon » des 12 conférences doit permettre d’aborder ces sujets avec des philosophes des sciences, des scientifiques et un journaliste… Et de se faire soi-même une idée, avant de méditer sur cette phrase du philosophe Alain : « Savoir, c’est savoir qu’on sait ».

conférence n°1 : savoir et sciences Catherine Larrère

définition de la science : Un certain « ethos » de la science, c’est à dire un ensemble de valeurs et de normes intellectuelles et morales qui régissent l’activité scientifique et l’orientent.

conférence n°2 : Sait-on, sait-on jamais ce qu’on prouve (paroles d’une chanson d’Anne Sylvestre) Cédric Villani

  • présentation des grands mathématiciens grecs
  • la démonstration doit-être rigoureuse ET originale (rappel de son livre « théorème vivant »)

conférence n°3 : Méfiance envers les sciences ? Bernadette, université de Montpellier (en remplacement d’Étienne Klein)

  • La démocratie est en danger.
  • Il existe plusieurs sciences : mathématiques, botanique…
  • Les gens ont confiance en la science (sauf pharmacie, chimie…).
  • Mais la recherche n’est pas autonome : elle est officiellement pilotée par la politique et les fonds viennent du privé.
  • Le doute ne vient pas du public mais de l’intérieur de la science. La science n’est pas neutre. Exemple 1 : Elle met en œuvre des protocoles. Mais faire varier un paramètre dans les laboratoires pour étudier les seuils de tolérance ne permet pas d’éviter les effets cocktails. Exemple 2 : La climatologie travaille sur des statistiques, or la corrélation ne signifie pas causalité. La situation des experts n’est pas simple. En conclusion : Il faut douter. Le doute du « public » n’est pas irrationnel. Le doute partagé est peut-être la clé. La méfiance c’est dénoncer, disqualifier. La défiance, c’est la vigilance. La position des experts est difficile. Il faut profiter de cette crise pour progresser. L’incertitude ne doit pas être un frein mais un vecteur d’espoirs.

conférence n°4 : Entre savoirs vernaculaires et savoirs scientifiques, un dialogue possible ? Béatrice Collignon, université de Bordeaux

  • Se mettre d’accord sur un langage commun.
  • Chez les inuits, il n’y a pas de savoir s’il n’est pas partagé.
  • Le savoir inuit n’est pas stable.
  • Il est reconfiguré.
  • Il est rétif à la généralisation. Le savoir inuit est une expérience en soi.

conférence n°5 : Des corbeaux qui bricolent et des baleines qui chantent. Savoirs et cultures chez les autres animaux. Agatha Liévin Bazin

  • Le propre de l’homme ou pas ?
  • Observation des macaques japonais de l’île de Kojimo. Ils lavent les patates douces qu’on leur lance. Plus tard, ils apprennent à les laver à l’eau de mer pour les rendre plus goûteuses.

conférence n°6 : Que pouvons-nous savoir des origines de l’homme ? Claudine Cohen

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#ASTRONOMIE été 2021

Le lever nocturne gersois est troublant, dangereux. Le ciel apparaît nu, sans filtre. Les étoiles s’imposent à mes yeux perdus. Elles sont si nombreuses que la nuit n’est plus noire. Elle est lumineuse !

Un point lumineux dépasse en intensité tous les autres. C’est Jupiter. L’observation aux jumelles est plutôt décevante. Le chromatisme est trop fort : la lumière est si intense que cela forme une boule floue. Je n’insiste pas pour obtenir une image nette. Il me semble distinguer 2 satellites vers l’Est de la planète géante. Pour me rassurer je passe à des objets connus. Je repère les 3 « belles d’été ». Je pointe la constellation de la Flèche et je tombe directement sur l’astérisme du Cintre. Je l’avais oublié. Il y a bien plus d’étoiles que je ne pensais mais le Cintre est bien visible. Je me mets en quête de la nébuleuse de Dumbell. Je reconnais les 5 étoiles qui forment un « mini-Cassiopée » à proximité. M 27, le trognon de pomme, est devant l’étoile centrale de mes 5 étoiles « guides ». Mon cheminement est bon. La nébuleuse est plutôt faible, même sous le ciel gersois. Je commence à me dire que le grossissement de 10 fois de mes jumelles ne va pas m’apporter de bonnes surprises. La cible suivante semble le confirmer. J’observe la constellation de la Lyre. Je repère les étoiles formant le parallélogramme. Je fouille la région de la nébuleuse planétaire M57. Il y a énormément d’étoiles mais point de nébuleuses de la Lyre. Nouvelle déception ! Je cherche une cible plus accessible aux jumelles. Je « descends » le long de la constellation de l’Aigle et repère sans difficulté M 11, l’amas du « Canard Sauvage ». Ouf ! La voie lactée reste le meilleur chemin pour profiter du ciel aux jumelles. Je la remonte jusqu’à la constellation de Cassiopée. C’est magnifique. Je repère un astérisme et je finis de me convaincre qu’il s’agit de M 103, souvent observé au télescope. En revanche pour l’astérisme « E. T. » il faudra revenir avec un autre instrument. Je continue mon chemin et je m’arrête sur le Double Amas de Persée. Mes jumelles sont parfaites pour l’observer. Il remplit presque tout le champ. Magique !

Je ne suis pas assez couvert pour continuer l’observation. Je me risque à une conclusion. Mes jumelles sont parfaites pour une observation immédiate et courte. Elles sont transportables partout, même en vacances. Elles sont particulièrement performantes pour observer l’astérisme du « Cintre » et le double amas de Persée et explorer la Voie Lactée.